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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Les chiens anti-Porsche</title>
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		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Nos amis les animaux</dc:subject>

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&lt;p&gt;Les ma&#238;tres, c'est toujours des pelles &#224; merde, surtout quand ils sont friqu&#233;s. L'histoire le prouve. Toi-m&#234;me tu sais : le &#171; ni dieu ni ma&#238;tre &#187; n'est pas un conseil, c'est une exigence. Et c'est donc tout naturellement que les trois chiens d'un gros connard de Bavarois rupin, sans doute nazi (oui, c'est gratuit), ont ourdi un complot pour saloper sa Porsche de gros beauf. Ledit salopard teuton s'&#233;tant fait livrer un colis en perp&#233;tuant l'esclavage salari&#233;, ils ont gentiment foutu les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no253-juin-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;253 (juin 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nos-amis-les-animaux" rel="tag"&gt;Nos amis les animaux&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6585 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/png/cqfd_chien.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH500/cqfd_chien-0e728.png?1782865802' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les ma&#238;tres, c'est toujours des pelles &#224; merde, surtout quand ils sont friqu&#233;s. L'histoire le prouve. Toi-m&#234;me tu sais : le &#171; ni dieu ni ma&#238;tre &#187; n'est pas un conseil, c'est une exigence. Et c'est donc tout naturellement que les trois chiens d'un gros connard de Bavarois rupin, sans doute nazi (oui, c'est gratuit), ont ourdi un complot pour saloper sa Porsche de gros beauf. Ledit salopard teuton s'&#233;tant fait livrer un colis en perp&#233;tuant l'esclavage salari&#233;, ils ont gentiment foutu les chocottes au craintif livreur, tant et si bien qu'il s'est r&#233;fugi&#233; sur le toit du v&#233;hicule honni. Des belles bosses et admirables enfoncements de carrosserie en ont r&#233;sult&#233;. Et le saligaud bavarois a d&#233;cha&#238;n&#233; les rigueurs de la loi contre le livreur, en vain, puisque la justice, pour une fois pas trop b&#226;tarde, a d&#233;cid&#233; fin avril que ledit saccageur de Porsche n'aurait aucune r&#233;paration &#224; payer. &lt;i&gt;Cheh&lt;/i&gt;. Et puisqu'on parle de clebs, saluons Bear, toutou australien &#171; d&#233;tecteur de koalas &#187;, qui vient de prendre sa retraite apr&#232;s avoir sauv&#233; plus d'une centaine de ces petites peluches eucalyptophiles menac&#233;es par des incendies. Une belle fraternit&#233; qui, on l'esp&#232;re, sera de rigueur quand les b&#234;tes du monde entier s'uniront pour foutre une p&#226;t&#233;e aux mis&#233;rables bip&#232;des. Rappelons-nous &lt;i&gt;Demain les chiens&lt;/i&gt;, chouette roman de science-fiction de Clifford D. Simak, proph&#233;tisant le grand remplacement de l'humain par des canins.
&lt;i&gt;Wouf&lt;/i&gt;, le monde ou rien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#171; On ne vit pas que pour soi &#187;</title>
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		<dc:date>2026-05-30T14:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Garte</dc:subject>

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&lt;p&gt;La l&#233;gende dit que le jour de sa naissance elle a d&#233;barqu&#233; le poing lev&#233;, chantant &#171; La Semaine sanglante &#187; avec dans l'autre main un drapeau anarchiste. Intox ? Dur &#224; dire. Ce qui est s&#251;r, par contre, c'est que l'amie Fran&#231;oise, bient&#244;t 63 printemps, est un joyeux pilier du Marseille militant. Elle est de toutes les luttes, des Gilets jaunes aux collectifs aidant les jeunes migrants en gal&#232;re. Et quand la flicaille la malm&#232;ne, elle ne se laisse pas faire, quitte &#224; rameuter l'IGPN. Portrait. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no194-janvier-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;194 (janvier 2021)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Garte" rel="tag"&gt;Garte&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH79/logo_page_d_accueil_cqfd_7_-6-e2b44.png?1782663872' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La l&#233;gende dit que le jour de sa naissance elle a d&#233;barqu&#233; le poing lev&#233;, chantant &#171; La Semaine sanglante &#187; avec dans l'autre main un drapeau anarchiste. Intox ? Dur &#224; dire. Ce qui est s&#251;r, par contre, c'est que l'amie Fran&#231;oise, bient&#244;t 63 printemps, est un joyeux pilier du Marseille militant. Elle est de toutes les luttes, des Gilets jaunes aux collectifs aidant les jeunes migrants en gal&#232;re. Et quand la flicaille la malm&#232;ne, elle ne se laisse pas faire, quitte &#224; rameuter l'IGPN. Portrait.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6548 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_232_09_hirak_garte_1200px-3.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH791/web_232_09_hirak_garte_1200px-3-e4c83.jpg?1782663872' width='500' height='791' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Fran&#231;oise est d&#233;c&#233;d&#233;e en ce mois de mai 2026, une pens&#233;e rouge et noire &#224; sa m&#233;moire&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un dossier aussi mal foutu que mastoc. Po&#233;tiquement intitul&#233; &#171; 18330000927.pdf &#187;, il fait la bagatelle de 364 pages. La premi&#232;re donne le ton : on y lit que l'Inspection g&#233;n&#233;rale de la police nationale (IGPN) a &#233;t&#233; saisie le 16 novembre 2018 suite &#224; la plainte d'une d&#233;nomm&#233; P**** Fran&#231;oise pour &#171; violences par personne d&#233;positaire de l'autorit&#233; publique &#187;. Le reste est un fatras de photocopies plus ou moins bien class&#233;es, retra&#231;ant un &#233;pisode s'&#233;tant d&#233;roul&#233; le 16 octobre 2018 &#224; Marseille, vers 15 h 30, sur la place Jean-Jaur&#232;s (aka la Plaine), quand ladite Fran&#231;oise s'est retrouv&#233;e propuls&#233;e au sol suite &#224; une charge polici&#232;re. R&#233;sultat : une &#171; fracture de la t&#234;te hum&#233;rale &#187;, soit grosso modo une &#233;paule m&#233;chamment esquint&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce 16 octobre-l&#224;, la situation &#233;tait un chou&#239;a tendue sur la Plaine. Les travaux de &#171; requalification &#187; de la place venaient de commencer et les opposants exprimaient leur col&#232;re avec vigueur. Il y avait notamment des militants perch&#233;s dans les arbres, pour &#233;viter qu'on ne les tron&#231;onne. Et puis des bleus un peu chauds d&#233;gainant les gaz lacrymos et jouant aux cow-boys.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paradoxe : au moment o&#249; les flics ont violemment bouscul&#233; Fran&#231;oise et ses six d&#233;cennies, la situation s'&#233;tait plut&#244;t d&#233;tendue. Ce que montrent bien les vid&#233;os vers&#233;es au dossier. On y voit une rang&#233;e de CRS jaillir en direction des manifestants, man&#339;uvre baptis&#233;e &#171; bond offensif &#187; dans leur terminologie de pr&#233;dateurs. Fran&#231;oise est visible, qui recule prudemment vers un arbre pour se mettre &#224; l'abri, facilement reconnaissable &#224; sa silhouette longiligne et &#224; ses longs cheveux blancs tir&#233;s en queue de cheval. La suite est confuse, car film&#233;e de loin et de mauvaise qualit&#233;, mais deux CRS semblent la malmener en passant &#224; sa hauteur. Quelques instants plus tard, on retrouve Fran&#231;oise &#224; terre, visiblement mal en point.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je l'avais crois&#233;e peu de temps apr&#232;s l'agression, furibarde, le bras en &#233;charpe, d&#233;j&#224; clairement d&#233;termin&#233;e &#224; porter plainte : &#171; Le type m'a projet&#233;e &#224; terre&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une affirmation confirm&#233;e par un t&#233;moin cit&#233; dans le dossier : &#171; Un CRS de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; ! Pas question de laisser passer &#231;a ! &#187; Deux ans plus tard, elle n'en d&#233;mord pas : &#171; M&#234;me si &#231;a me co&#251;te du temps et de l'argent, je tiens &#224; ce que les responsables soient condamn&#233;s ! &#187; Ses d&#233;marches aupr&#232;s de l'IGPN n'ayant pas port&#233; leurs fruits, Fran&#231;oise a d&#233;cid&#233; de d&#233;poser une plainte avec constitution de partie civile. Une mani&#232;re de contraindre un juge d'instruction &#224; examiner son histoire. Oui, pas du genre &#224; l&#226;cher l'affaire, Fran&#231;oise, d'autant que sa blessure l'a handicap&#233;e pendant plus de trois mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quoi l'inciter &#224; rester chez elle ? Loin s'en faut, puisqu'elle n'a pas tard&#233; &#224; revenir en premi&#232;re ligne : &#171; J'avais en t&#234;te ma derni&#232;re chute &#224; v&#233;lo, suite &#224; laquelle je n'en ai plus jamais fait, explique-t-elle. Pas question que &#231;a se reproduise avec les manifs. Du coup j'&#233;tais au rassemblement sur la Plaine d&#232;s le lendemain matin. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Portrait de la militante en chanteuse&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un nom revient dans son dossier IGPN, celui du commissaire divisionnaire en charge de la compagnie de CRS ce jour-l&#224;. Fran&#231;oise raconte l'avoir crois&#233; plus tard, lors de la tentative d'occupation d'un commissariat d&#233;saffect&#233;, o&#249; le pandore lui aurait lanc&#233; &#171; Oh, c'&#233;tait vous l'&#233;paule ! &#187; Dans le dossier, il admet que Fran&#231;oise n'&#233;tait en rien mena&#231;ante et qu'il la connaissait : &#171; Il l'avait en revanche d&#233;j&#224; vue sur d'autres manifestations o&#249; elle chantait et invectivait les policiers &#187;, est-il mentionn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu m'&#233;tonnes : quiconque ici a un tant soit peu l'habitude des manifs et actions politiques la conna&#238;t forc&#233;ment. Elle est TOUJOURS pr&#233;sente, g&#233;n&#233;ralement accompagn&#233;e de son &#233;ternel drapeau de la CNT (elle est tr&#233;sori&#232;re de la section marseillaise du syndicat anarchiste) et de son vibrant organe vocal. Car elle aime chanter, Fran&#231;oise, &#224; tel point qu'elle est un pilier de la chorale r&#233;volutionnaire marseillaise &#171; La Lutte enchant&#233;e &#187;. Cons&#233;quence de quoi : en manif, elle est g&#233;n&#233;ralement bruyante. &#171; Dans le dossier, il y a des flics qui disent que je &#8220;vocif&#233;rais&#8221;, se marre-t-elle. Eh bien oui, je le revendique. &#187; Lors de son audition devant l'IGPN, elle en a remis une couche, indique le dossier susmentionn&#233; : &#171; Je leur ai dit &#8220;Cassez-vous !&#8221; Et je leur ai chant&#233; &#8220;Combien on vous paye pour faire &#231;a ?&#8221; Si &#231;a ne leur pla&#238;t pas, qu'ils changent de m&#233;tier ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quoi h&#233;risser le poil de la poulaille, rarement m&#233;lomane ? &#171; Je pense que c'&#233;tait une vengeance &#187;, estime-t-elle. Et d'ajouter : &#171; Ils ont pass&#233; leurs nerfs sur moi. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Nombrils, hors de nos luttes&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;oise, je la suspecte de se doper. &#192; chaque fois que je la croise, elle est en plein milieu d'un truc urgent. Qu'il s'agisse de filer &#224; la pr&#233;fecture pour aider un jeune Guin&#233;en &#224; d&#233;m&#234;ler sa situation administrative, de faire le guet pour une tentative de squat ou de filer la patte aupr&#232;s d'un collectif soutenant les personnes psychiatris&#233;es en gal&#232;re&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est dans ce cadre que je l'ai rencontr&#233;e. Voir l'article &#171; Marseille, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, elle galope sur tous les fronts. Cela lui vient peut-&#234;tre d'une enfance plut&#244;t heureuse en r&#233;gion parisienne aupr&#232;s de parents encart&#233;s au PC ; elle cantini&#232;re, lui tourneur-fraiseur : &#171; Mon p&#232;re &#233;tait toujours heureux de militer, de tracter, de discuter avec les camarades. Il m'a transmis cette vocation d'engagement festif, avec en point d'orgue le rituel des f&#234;tes de l'Huma et des 1er mai. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la suite, Fran&#231;oise a toujours conserv&#233; cette approche joyeuse de la lutte, cherchant des engagements qui ne riment pas avec ennui &#8211; &#171; Le jour o&#249; je m'emmerde j'arr&#234;te. &#187; Abonn&#233;e aux boulots d'int&#233;rim, notamment en secr&#233;tariat, puis catapult&#233;e dans le Sud-Ouest&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;O&#249; elle a notamment travaill&#233; comme assistante d'un vieil &#233;crivain surr&#233;aliste.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; avec celui qui a &#233;t&#233; son compagnon pendant vingt-cinq ans, elle a finalement atterri &#224; Marseille en 2009 suite &#224; leur rupture. L&#224;, elle s'est vite engag&#233;e dans diverses structures : outre la CNT, il y a notamment le Manba, pr&#233;cieux collectif de soutien aux migrants de passage &#224; Marseille &#8211; tout sauf une sin&#233;cure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle les appelle &#171; les gar&#231;ons &#187;. En ce moment, ils sont deux &#224; vivre chez elle, Seydouba et M'Bamba, originaires de Guin&#233;e-Conakry. Mais auparavant il y en a eu beaucoup d'autres, de passage pour quelques jours ou semaines : Karamba, Maleiny, Herv&#233;&#8230; Des adolescents ou des jeunes hommes qu'elle accompagne au quotidien, leur donnant des cours de fran&#231;ais, les aidant dans les proc&#233;dures administratives, cotisant pour l'achat de v&#233;los, etc. &#199;a a fini par lui prendre tellement d'&#233;nergie qu'elle a d&#233;cid&#233; d'en faire un emploi r&#233;mun&#233;r&#233; par le D&#233;partement, &#171; assistante familiale &#187;. Si &#231;a lui d&#233;pla&#238;t d'&#234;tre pay&#233;e par &#171; la Vassal &#187;, honnie pr&#233;sidente LR du Conseil d&#233;partemental, elle n'a pas vraiment le choix. En tout cas, ce qui la nourrit l&#224;-dedans n'est clairement pas l'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre son projet de se rendre en Guin&#233;e pour la r&#233;gularisation d'un des &#171; gar&#231;ons &#187; et ses consid&#233;rations sur l'&#233;ventualit&#233; d'acheter un b&#339;uf pour c&#233;l&#233;brer un &#233;v&#233;nement, Fran&#231;oise a toujours en t&#234;te le bien-&#234;tre de ses prot&#233;g&#233;s. Et celui d'autres proches : qu'elle &#233;voque son ami Ahmed, en gal&#232;re et &#224; qui elle pr&#234;te souvent son appart, ou cette famille originaire de Mongolie dont la fille est autiste, il est &#233;vident qu'elle carbure &#224; la solidarit&#233;. Son antirides ? &#171; Je garde la p&#234;che gr&#226;ce aux gens &#187;, l&#226;che celle qui n'a pas d'enfants mais a lanc&#233; en vain une proc&#233;dure d'adoption pour Seydouba et M'Bamba. Il faut dire que l'entraide n'est pas &#224; sens unique : &#171; Heureusement qu'ils &#233;taient l&#224; pour m'aider quand j'&#233;tais handicap&#233;e par mon bras... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au temps qui passe, ce n'est pas une obsession : &#171; Je veux vieillir en donnant du sens &#224; mon existence. On ne vit pas que pour soi. Vivre c'est participer, &#233;changer, ne pas &#234;tre indiff&#233;rent &#224; ce qu'il y a autour de soi. &#187; Et tant pis pour les nombrils de ce monde, clairement agents de l'ennemi&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Une affirmation confirm&#233;e par un t&#233;moin cit&#233; dans le dossier : &#171; Un CRS de la compagnie 3C a pouss&#233; la victime et un autre policier a alors attrap&#233; [son] bras et l'a projet&#233;e au sol. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;C'est dans ce cadre que je l'ai rencontr&#233;e. Voir l'article &lt;a href=&#034;https://www.cqfd-journal.org/Marseille-Occupy-la-psychiatrie&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Marseille, occupy la psychiatrie &#187;, CQFD n&#176;148 (novembre 2016)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;O&#249; elle a notamment travaill&#233; comme assistante d'un vieil &#233;crivain surr&#233;aliste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le phoque &#233;picurien</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Le-phoque-epicurien</link>
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		<dc:date>2026-05-23T00:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Nos amis les animaux</dc:subject>
		<dc:subject>Georges Debanne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Il dit que rien dans le r&#232;glement de la maison ne lui interdit de travailler couch&#233;&#8230; &#187; Ainsi s'&#233;nerve le g&#226;che-plaisir Fantasio, &#233;voquant un Gaston Lagaffe qui a tout compris &#224; la vie et au travail salari&#233; dans le premier tome &#233;ponyme de ses aventures dessin&#233;es. Travailler couch&#233;, pourtant, quelle trouvaille ! Si bien que Gaston a fait des &#233;mules, jusqu'aux cr&#233;atures marines. Ainsi de ce phoque altier qui, d&#233;but avril, a proclam&#233; son droit &#224; la paresse et au zbeul en s'endormant, entre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no252-mai-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;252 (mai 2026)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH79/logo_page_d_accueil_cqfd_6_-8-08c82.png?1782661148' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6540 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/georges_debanne_1_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH500/georges_debanne_1_-9da06.jpg?1782661148' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Il dit que rien dans le r&#232;glement de la maison ne lui interdit de travailler couch&#233;&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Ainsi s'&#233;nerve le g&#226;che-plaisir Fantasio, &#233;voquant un Gaston Lagaffe qui a tout compris &#224; la vie et au travail salari&#233; dans le premier tome &#233;ponyme de ses aventures dessin&#233;es. &lt;i&gt;Travailler couch&#233;&lt;/i&gt;, pourtant, quelle trouvaille ! Si bien que Gaston a fait des &#233;mules, jusqu'aux cr&#233;atures marines. Ainsi de ce phoque altier qui, d&#233;but avril, a proclam&#233; son droit &#224; la paresse et au zbeul en s'endormant, entre deux chasses aux poiscailles, sur l'art&#232;re routi&#232;re qui dessert la ville de Dromana, Australie. R&#233;sultat des non-courses : une route bloqu&#233;e et des revendications fi&#232;rement proclam&#233;es &#224; la face d'un monde v&#233;rol&#233; par l'obsession productive. Une lutte pour le roupillon perp&#233;tuel qui se double chez certains de ses confr&#232;res par la revendication du droit &#224; l'ap&#233;ro. Le pinnip&#232;de assoiff&#233; qui s'est point&#233; dans un bar n&#233;o-z&#233;landais en d&#233;cembre dernier &#233;tait clairement l&#224; pour se pinter le museau apr&#232;s une &#233;puisante journ&#233;e de glandouille. Note d'espoir niveau bip&#232;de : des ressortissants de ce grand sac &#224; vomi qu'est l'humanit&#233; ont mis en place il y a peu des &#171; &#238;lots de tranquillit&#233; &#187; &#224; destination des nombreux phoques veaux-marins et phoques gris qui roupillent sur la plage Fort-Mahon, station baln&#233;aire de la c&#244;te picarde. S'y introduire, c'est risquer la morsure, voire pire : le ronflement dans ta gueule. Comme le chantait Myl&#232;ne Farmer : &#171; Phoque them all &#187; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Malv&#233;si, monstre toxique</title>
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		<dc:date>2026-05-02T00:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;a Guili</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Malv&#233;si est un site de traitement de l'uranium qui s&#233;vit depuis sept d&#233;cennies, &#224; deux pas de Narbonne. Une bombe toxique auquel le journaliste S&#233;bastien Navarro, plume occasionnelle de CQFD, a consacr&#233; un ouvrage tout juste publi&#233;, Malv&#233;si. Entretien. 26 f&#233;vrier 1960 : de Gaulle pavoise &#224; Narbonne. Il est l&#224; pour vanter sa politique &#233;nerg&#233;tique en mati&#232;re nucl&#233;aire, notamment dans le Languedoc. Au c&#339;ur de son discours, le tout frais site de Malv&#233;si, &#224; trois kilom&#232;tres de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH126/malvesi-41a9e.png?1782663872' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='126' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Malv&#233;si est un site de traitement de l'uranium qui s&#233;vit depuis sept d&#233;cennies, &#224; deux pas de Narbonne. Une bombe toxique auquel le journaliste S&#233;bastien Navarro, plume occasionnelle de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, a consacr&#233; un ouvrage tout juste publi&#233;, &lt;i&gt;Malv&#233;si&lt;/i&gt;. Entretien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6497 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/png/malvesi.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH419/malvesi-36631.png?1782663872' width='500' height='419' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;26 f&#233;vrier 1960 : de Gaulle pavoise &#224; Narbonne. Il est l&#224; pour vanter sa politique &#233;nerg&#233;tique en mati&#232;re nucl&#233;aire, notamment dans le Languedoc. Au c&#339;ur de son discours, le tout frais site de Malv&#233;si, &#224; trois kilom&#232;tres de la sous-pr&#233;fecture de l'Aude, site dont l'activit&#233; n'a depuis jamais cess&#233;. Des myriades de bassins y traitent &#224; grands coups de substances chimiques des quantit&#233;s invraisemblables d'uranium. C'est &#224; ce monstre toxique &#171; &lt;i&gt;aux sept d&#233;cennies de rejets d&#233;gueulasses&lt;/i&gt; &#187; que s'attaque &lt;i&gt;Malv&#233;si &lt;/i&gt;(&#201;ditions du bout de la ville, 2025), de S&#233;bastien Navarro. Il y donne notamment la parole &#224; des militants engag&#233;s dans une lutte isol&#233;e contre les nuisances de ce complexe par o&#249; transite &#171; &lt;i&gt;un quart de la production mondiale d'uranium&lt;/i&gt; &#187;, tout en interrogeant la d&#233;liquescence des luttes antinucl&#233;aires. Un sujet complexe qu'il aborde d'une plume tremp&#233;e dans l'acide, enrobant son enqu&#234;te d'une atmosph&#232;re de polar &#233;cologique. Dissection d'une course vers le vide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi l'histoire de Malv&#233;si est-elle si m&#233;connue alors que le site tourne depuis 1959 et brasse des quantit&#233;s d'uranium impressionnantes ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand l'usine s'installe dans le coin &#224; la fin des ann&#233;es 1950, Narbonne est un bled c&#244;tier de 30 000 &#226;mes dont le dynamisme &#233;conomique est port&#233; par la viticulture.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Depuis des d&#233;cennies, Malv&#233;si purifie peinard de l'uranium venu des quatre coins du globe &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; Le tourisme de masse n'existe pas encore. L'implantation de l'usine est soutenue par Georges Guille (1909-1985), conseiller g&#233;n&#233;ral SFIO et &#233;ph&#233;m&#232;re secr&#233;taire d'&#201;tat charg&#233; de l'&#233;nergie atomique. L'usine est construite sur le site d'une ancienne mine de soufre, comme si une industrie en rempla&#231;ait une autre. Tout se passe dans une certaine discr&#233;tion. Surtout, l'&#233;nergie nucl&#233;aire est vendue comme vectrice de progr&#232;s et cr&#233;atrice d'emplois. On conna&#238;t la rengaine qui perdure aujourd'hui. C'est ainsi que pendant des d&#233;cennies, Malv&#233;si purifie peinard de l'uranium venu des quatre coins du globe. La population locale sait vaguement ce qui s'y passe mais tant qu'il n'y a pas de p&#233;pin s&#233;rieux, le business uranif&#232;re ronronne. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que s'est-il pass&#233; le 20 mars 2004 ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pr&#233;cisons d'abord que le processus de purification de l'uranium, un truc bien d&#233;gueulasse consommant des quantit&#233;s ph&#233;nom&#233;nales d'acides nitrique et fluorhydrique, g&#233;n&#232;re des d&#233;chets qui, &#224; l'instar de toute la fili&#232;re du nucl&#233;aire, sont impossibles &#224; traiter. Depuis 1959, tout est donc conserv&#233; sur place dans d'immenses bassins : 350 000 m&#232;tres cubes d'effluents liquides radioactifs. Inutile de pr&#233;ciser qu'au d&#233;part, les d&#233;chets &#233;taient stock&#233;s sans aucune s&#233;curit&#233; ni aucuns travaux d'&#233;tanch&#233;it&#233;, sachant que le coin est farci de canaux qui traversent ensuite Narbonne et que sous l'usine se trouve une nappe phr&#233;atique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2004, suite &#224; de fortes pluies, la digue d'un bassin de r&#233;tention c&#232;de et lib&#232;re dans la nature de fortes quantit&#233;s de boue. Des riverains ont l'id&#233;e d'en pr&#233;lever un &#233;chantillon et de les faire analyser par la Commission de recherche et d'information ind&#233;pendantes sur la radioactivit&#233; (Criirad). Stupeur, on y d&#233;couvre des trucs bien craignos du type am&#233;ricium et plutonium, qui n'auraient jamais d&#251; se trouver l&#224;, puisque l'usine &#233;tait cens&#233;e traiter uniquement de l'uranium naturel. De fait, Areva admet avoir trait&#233; en douce, pendant une vingtaine d'ann&#233;es, 17 500 tonnes d'uranium appauvri issu de combustibles retrait&#233;s. Un genre d'activit&#233; secondaire totalement opaque et autrement plus dangereuse. On touche l&#224; un des c&#339;urs de l'empire nucl&#233;aire : sa capacit&#233; industrielle &#224; produire du mensonge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'accident de 2004, l'usine appara&#238;t pour la premi&#232;re fois aux yeux du public. Quelques m&#233;dias nationaux s'emparent du sujet. La revue &lt;i&gt;XXI&lt;/i&gt; publie une longue enqu&#234;te critique sous la plume de la journaliste Viviane Thivent. Mais tout cela finit par retomber et l'usine retrouve son rythme de croisi&#232;re. Il faut attendre 2017 et le projet Traitement des nitrates, sorte de m&#233;gafour cens&#233; traiter les d&#233;chets accumul&#233;s, pour que le peuple narbonnais descende et gueule dans la rue. Il faut dire que ce projet pr&#233;voit la construction d'une &#233;norme chemin&#233;e et l'envol des fum&#233;es de calcination directement sur Narbonne. D'o&#249; l'&#233;moi bien compr&#233;hensible de la population. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'un de tes personnages d&#233;crit les Narbonnais comme des &#171; cobayes &#187; de l'industrie nucl&#233;aire. Tu partages cette vision des choses ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est marrant que tu cites ce qualificatif de &#8220; cobayes &#8221; car je l'ai utilis&#233; en mars 2018 pour un article de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; sur les mobilisations contre le projet TDN&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; D&#233;chets nucl&#233;aires pr&#232;s de Narbonne : les cobayes de Malv&#233;si &#187;, CQFD n&#176; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; ! Dans le bouquin, je rencontre entre autres Michel Leclerc, ancien sous-traitant de l'usine, r&#233;compens&#233; de son dur labeur par une leuc&#233;mie. Michel est une force de la nature et il a bataill&#233; pendant des ann&#233;es contre Areva, pour que lui soient allou&#233;s des d&#233;dommagements honorables. Sachant que rien ne peut r&#233;parer une vie bousill&#233;e. Les victimes de l'usine, s'il y a quelques situations document&#233;es, sont un vrai angle mort. Aucune enqu&#234;te sanitaire s&#233;rieuse n'a &#233;t&#233; diligent&#233;e alors que Narbonne enregistre une incidence des cancers du poumon sup&#233;rieure &#224; toutes les villes d'Occitanie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu as visit&#233; les installations de Malv&#233;si. Qu'en as-tu retir&#233; ? La propagande est efficace ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Oui elle l'est. Aujourd'hui et plus que jamais, l'industrie nucl&#233;aire joue la carte de sa normalisation et de son importance strat&#233;gique dans le fameux mix &#233;nerg&#233;tique. Certains &#8220; &#233;colos &#8221; voient m&#234;me l'atome comme une solution d'avenir pour d&#233;carboner l'&#233;conomie. Un type comme Jean-Marc Jancovici participe &#224; cette sombre banalisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La visite de Malv&#233;si n'&#233;tait pas pr&#233;vue au programme, l'id&#233;e &#233;tant plut&#244;t que je tourne autour en la maudissant. Puis l'occas' s'est pr&#233;sent&#233;e et je n'en dirai pas plus pour ne pas d&#233;voiler cet &#233;pisode croustillant si ce n'est qu'Orano&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Entreprise d&#233;tenue par l'&#201;tat et charg&#233;e de la gestion de Malv&#233;si, qui a (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, l'industriel qui exploite le site, sait la jouer fine : il se pr&#233;sente avant tout comme complexe chimique traitant de l'uranium naturel. Une vaste blague car des panneaux indiquant &#8220; site nucl&#233;aire &#8221; &#233;taient toujours pr&#233;sents au moment de mon enqu&#234;te en 2022. Et les volumes d'uranium trait&#233;s sont tels que, naturel ou non, n'importe quel compteur Geiger&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Appareil qui sert &#224; mesurer la radioactivit&#233;.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; flambe quand on passe le long du site. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi si peu de mobilisations contre les retomb&#233;es toxiques d'une usine situ&#233;e &#224; trois bornes de Narbonne ? Est-ce li&#233; &#224; l'efficacit&#233; de la communication d'Orano ? &#192; une sorte de zone grise o&#249; l'on ne sait plus ce qui est chimique ou nucl&#233;aire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est un peu tout &#231;a. Plus le fait qu'&#224; Narbonne comme ailleurs, la pieuvre atomique sait &#234;tre g&#233;n&#233;reuse avec les collectivit&#233;s territoriales abritant ses infrastructures. Sans oublier la sacro-sainte question des emplois. Dans une r&#233;gion &#233;conomiquement tendue comme l'Aude, on fait d'autant plus gaffe &#224; l'outil industriel qu'il est fort rare. Autre &#233;l&#233;ment &#224; prendre en compte : l'acculturation au risque industriel. Les citoyens ont peur ? Pas de souci, on va leur apprendre &#224; cohabiter avec cette industrie de la mort et &#224; adopter les bons gestes. Comme reconna&#238;tre les sir&#232;nes d'alerte. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La lutte antinucl&#233;aire a longtemps &#233;t&#233; l'une des composantes majeures des mobilisations &#233;cologiques. Elle semble devenue de plus en plus marginale, surtout chez les jeunes g&#233;n&#233;rations&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Effectivement, apr&#232;s les temps forts des ann&#233;es 1970 et 1980, la lutte antinucl&#233;aire est totalement pass&#233;e de mode. Les centrales sont l&#224;, les gens vivent avec et, aucune n'ayant p&#233;t&#233; depuis le lancement du plan Messmer en 1974, l'id&#233;e s'est r&#233;pandue que nous avions l&#224; une &#233;nergie pas pire que les autres. Tchernobyl et Fukushima ont eu beau provoquer de douloureux rappels &#224; l'ordre, &#231;a n'a pas suffi &#224; r&#233;veiller et armer les esprits. &#192; cette tragique indiff&#233;rence se rajoute le besoin d'&#233;lectricit&#233; pour nourrir la fringale des centres de donn&#233;es et des bagnoles &#233;lectriques. Pour sortir de cette nasse intellectuelle, il n'y a pas 36 chemins : il faut un d&#233;crochage radical avec le dogme &#233;nergivore de la soci&#233;t&#233; industrielle. Sinon, si ce n'est pas une centrale qui nous p&#233;tera &#224; la gueule, ce sera le mur &#233;cologique. Et l&#224;, aucune sir&#232;ne d'alerte ne nous sauvera. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; D&#233;chets nucl&#233;aires pr&#232;s de Narbonne : les cobayes de Malv&#233;si &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 163 (mars 2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Entreprise d&#233;tenue par l'&#201;tat et charg&#233;e de la gestion de Malv&#233;si, qui a remplac&#233; Areva en 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Appareil qui sert &#224; mesurer la radioactivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Zones &#192; D&#233;truire</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Zones-A-Detruire</link>
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		<dc:date>2026-03-28T00:30:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quand tu zieutes un planisph&#232;re, tout semble clair : 197 &#201;tats-nations et beaucoup de flotte. Et puis tu lis Le capitalisme de l'apocalypse, de Quinn Slobodian, et tu comprends que ce n'est pas si simple. Au sein de ces &#171; contenants que sont les nations &#187; se trouvent des &#171; enclaves qui &#233;chappent aux formes ordinaires de r&#233;glementation &#187;. Des zones qui constituent le fantasme des accros au n&#233;olib&#233;ralisme d&#233;brid&#233; et au sapage de la d&#233;mocratie. Ils veulent tout d&#233;r&#233;guler. Sabrer les imp&#244;ts. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no250-mars-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;250 (mars 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quand tu zieutes un planisph&#232;re, tout semble clair : 197 &#201;tats-nations et beaucoup de flotte. Et puis tu lis &lt;i&gt;Le capitalisme de l'apocalypse, &lt;/i&gt;de Quinn Slobodian, et tu comprends que ce n'est pas si simple. Au sein de ces &#171; &lt;i&gt;contenants que sont les nations&lt;/i&gt; &#187; se trouvent des &#171; &lt;i&gt; enclaves qui &#233;chappent aux formes ordinaires de r&#233;glementation&lt;/i&gt; &#187;. Des zones qui constituent le fantasme des accros au n&#233;olib&#233;ralisme d&#233;brid&#233; et au sapage de la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6453 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L395xH600/145140_couverture_hres_0-1770c.jpg?1782640660' width='395' height='600' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ils veulent tout d&#233;r&#233;guler. Sabrer les imp&#244;ts. Brider la d&#233;mocratie. Multiplier les zones o&#249; le droit des &#201;tats-nations ne s'applique plus. Bref : faire s&#233;cession avec toute entit&#233; bridant le sacro-saint r&#232;gne du capitalisme effr&#233;n&#233;. Et ils font office de flippant fil rouge du costaud mais tr&#232;s &#233;clairant essai de Quinn Slobodian &#8211; &lt;i&gt;Le capitalisme de l'apocalypse, ou le r&#234;ve d'un monde sans d&#233;mocratie&lt;/i&gt; (Le Seuil, 2025).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Ils &#187;, ce sont les libertariens, mais aussi les fondus de n&#233;olib&#233;ralisme ou les empereurs cingl&#233;s de la Tech. Et selon Mister Slobodian ils ont tellement le vent en poupe que leur utopie s&#233;cessionniste a grandement d&#233;teint sur l'ordonnancement du monde, d&#233;sormais &#171; &lt;i&gt;constell&#233; de trous [&#8230;] et de zones grises, r&#233;sultats de perforations et de d&#233;chirures&lt;/i&gt; &#187;. Au menu : ports francs sans droits de douane, zones &#224; fiscalit&#233; sabr&#233;e, technopoles semi-ind&#233;pendantes &#224; l'image de la future Neom en Arabie Saoudite, paradis fiscaux&#8230; Au total, estime Slobodian, ce sont plus de 5 400 zones de ce type qui pars&#232;ment la plan&#232;te. La &#171; classique &#187; carte du monde ? Totalement &lt;i&gt;has-been&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a ne date pas d'hier. Prenez cet enfoir&#233; fini de Milton Friedman, &#233;conomiste ultralib&#233;ral qui a pr&#233;cocement soutenu le r&#233;gime de Pinochet au Chili : d&#232;s les ann&#233;es 1970, il encense &#224; gros torrents le mod&#232;le &#233;conomique de Hongkong. La colonie britannique est alors pr&#233;curseuse en mati&#232;re de &#171; zones &#233;conomiques sp&#233;ciales &#187;. Bonus : il n'y a sur ce territoire ni syndicats ni &#233;lections, ces trucs relous qui entravent le capitalisme. Friedman pose donc Hongkong comme &#171; solution &#224; la crise &#187;, prot&#233;g&#233;e qu'elle est de l'enquiquinante &#171; souverainet&#233; populaire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essor des &#171; zones &#187; d&#233;r&#233;glement&#233;es a depuis explos&#233;, notamment au XXIe si&#232;cle, avec des territoires gonfl&#233;s aux st&#233;ro&#239;des financiers &#8211; comme Duba&#239; o&#249; sont diss&#233;min&#233;es une quarantaine de zones franches au r&#233;gime fiscal d&#233;rogatoire doubl&#233; d'une exemption de taxes. Impossible ici de rentrer dans le d&#233;tail ou de viser l'exhaustivit&#233;. On retiendra juste que les ultra-riches multiplient dans le monde entier les tentatives de s&#233;cession en vue d'accro&#238;tre leur magot et d'effacer tout contre-pouvoir. Processus encourag&#233; par des milliardaires comme le roi des libertariens high-tech Peter Thiel, qui &#233;ructe r&#233;guli&#232;rement contre les pare-feu d&#233;mocratiques. Et Slobodian d'enfoncer le clou : &#171; &lt;i&gt;Nous devons r&#233;aliser que pour les partisans radicaux du march&#233; &lt;/i&gt;[la zone] &lt;i&gt;n'est pas simplement le moyen de parvenir &#224; une fin &#233;conomique, mais une source d'inspiration pour la r&#233;organisation politique de la soci&#233;t&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quoi d&#233;cupler notre envie de perforer leurs grosses faces d'exploiteurs. Des p'tits trous, des p'tits trous&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Creuser la folie de l'Am&#233;rique trumpiste en mettant en sc&#232;ne mes propres doutes &#187; </title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Creuser-la-folie-de-l-Amerique</link>
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		<dc:date>2026-02-21T00:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard, Thelma Susbielle</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;a Guili</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En 2024, &#201;milien Bernard est parti couvrir l'&#233;lection pr&#233;sidentielle am&#233;ricaine &#224; la fronti&#232;re mexicaine, pour le compte de CQFD. Il en a tir&#233; un livre, La t&#234;te dans le mur, dans lequel il raconte &#224; la premi&#232;re personne la violence des politiques migratoires, la folie trumpiste et ses doutes face &#224; un monde qui d&#233;raille. &#192; l'automne 2024, pendant que les &#201;tats-Unis rejouaient leur trag&#233;die &#233;lectorale, CQFD d&#233;p&#234;chait deux envoy&#233;s sp&#233;ciaux chevronn&#233;s longer l'une des lignes les plus (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no249-fevrier-2026-251" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;249 (f&#233;vrier 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Dea-Guili" rel="tag"&gt;D&#233;a Guili&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH79/logo_page_d_accueil_cqfd-6-3795a.png?1782663190' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En 2024, &#201;milien Bernard est parti couvrir l'&#233;lection pr&#233;sidentielle am&#233;ricaine &#224; la fronti&#232;re mexicaine, pour le compte de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;. Il en a tir&#233; un livre, &lt;i&gt;La t&#234;te dans le mur&lt;/i&gt;, dans lequel il raconte &#224; la premi&#232;re personne la violence des politiques migratoires, la folie trumpiste et ses doutes face &#224; un monde qui d&#233;raille.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6410 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/la_tete_dans_le_mur_illus.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH708/la_tete_dans_le_mur_illus-1c7de.jpg?1782663190' width='500' height='708' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'automne 2024, pendant que les &#201;tats-Unis rejouaient leur trag&#233;die &#233;lectorale, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; d&#233;p&#234;chait deux envoy&#233;s sp&#233;ciaux chevronn&#233;s longer l'une des lignes les plus mortif&#232;res du monde occidental : la fronti&#232;re entre les &#201;tats-Unis et le Mexique. De San Diego &#224; Ciudad Ju&#225;rez, &#201;milien Bernard et Pauline Laplace sont all&#233;s documenter ce que le trumpisme fait aux corps, aux t&#234;tes et aux r&#233;cits. De cette travers&#233;e est n&#233; un dossier, publi&#233; dans notre num&#233;ro de d&#233;cembre 2024. Puis &#201;milien Bernard en a tir&#233; un livre : &lt;i&gt;La t&#234;te dans le mur. Un journaliste en d&#233;route au Trumpistan&lt;/i&gt; (Lux, 2026). Un r&#233;cit qui emprunte ses codes au gonzo, o&#249; le journaliste l&#226;che les garde-fous du reportage classique pour mieux raconter un monde devenu fou. Rassemblements trumpistes, d&#233;sert cribl&#233; de cadavres, centres de r&#233;tention, San Diego ravag&#233;e par le fentanyl&#8230; Pendant que Trump promet un &#171; &lt;i&gt;very very big wall &lt;/i&gt; &#187; pour sauver l'Am&#233;rique. Le d&#233;cor est absurde, sordide, inf&#226;me. Dans ce chaos, &#201;milien Bernard se cogne au mur, au sens propre comme au figur&#233; : celui de la fronti&#232;re, celui de la d&#233;mocratie am&#233;ricaine, celui d'un journalisme confront&#233; aux fantasmes s&#233;curitaires et au fascisme d&#233;complex&#233;. On a discut&#233; avec lui de ce choix du gonzo, de ses doutes de journaliste face &#224; la d&#233;tresse des exil&#233;s, de son passage par une ge&#244;le de la police des fronti&#232;res, et de ce qu'il reste, ou non, comme horizon d'espoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contrairement &#224; ton livre pr&#233;c&#233;dent, un r&#233;cit journalistique plus &#171; froid &#187;, tu as pr&#233;f&#233;r&#233; &#233;crire celui-ci en mode gonzo. Pourquoi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Forteresse Europe&lt;/i&gt; &#233;tait consacr&#233;e &#224; un sujet dont globalement personne ne parle : la mani&#232;re dont les pays de l'Union europ&#233;enne se barricadent face &#224; un pr&#233;tendu p&#233;ril migratoire. Son contenu : des reportages dans des lieux embl&#233;matiques de ce repli sur soi x&#233;nophobe et criminel, comme Lampedusa. Si j'ai essay&#233; de rendre ce livre le plus &#8220;vivant&#8221; possible, il restait dans les clous journalistiques.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; &#192; ma tr&#232;s petite &#233;chelle, j'ai tent&#233; d'aborder cet univers de post-v&#233;rit&#233; de mani&#232;re beaucoup plus libre &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;En m'attaquant &#224; la fronti&#232;re USA-Mexique, je savais que le sujet &#233;tait extr&#234;mement m&#233;diatis&#233;. Trump ne cessait de crier en tr&#233;pignant qu'il allait construire son &#8220;beau et magnifique&#8221; mur et les m&#233;dias occidentaux &#233;taient totalement fascin&#233;s par ce discours. C'&#233;tait l'ogre Trump, l'antith&#232;se de nos soci&#233;t&#233;s soi-disant &#8220;civilis&#233;es&#8221;. Mon objectif &#233;tait donc d'aller scruter cette fronti&#232;re, pour ensuite clamer : &#8220;&lt;i&gt;Mais on fait exactement la m&#234;me chose en Europe !&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me c'est que le narratif trumpien sur cette question (comme sur les autres) est compl&#232;tement hors-sol et d&#233;lirant. Lors de son premier mandat, les m&#233;dias am&#233;ricains &#8220;de r&#233;f&#233;rence&#8221; se sont cass&#233;s les dents sur cette question. Quand ils publiaient un &lt;i&gt;fact checking&lt;/i&gt;, le champion des MAGA &#233;tait d&#233;j&#224; pass&#233; &#224; un autre mensonge, puis un autre... &#192; ma tr&#232;s petite &#233;chelle, j'ai donc tent&#233; d'aborder cet univers de post-v&#233;rit&#233; de mani&#232;re beaucoup plus libre. Ce que le pape du gonzo Hunter S. Thompson avait pratiqu&#233; d&#232;s les ann&#233;es 1960, insufflant une grande part de subjectivit&#233; et de d&#233;lires narcotiques dans ses &#233;crits. Pour moi, c'&#233;tait davantage li&#233; aux m&#233;docs ou &#224; l'alcool, deux moyens plus ou moins efficaces d'att&#233;nuer mon angoisse... L'objectif : creuser la folie de l'Am&#233;rique trumpiste en mettant en sc&#232;ne mes propres doutes et les murs heurt&#233;s, dans ce territoire o&#249; plus rien ne semble avoir de sens. C'est ainsi que ma camarade de voyage Pauline Laplace appara&#238;t dans le r&#233;cit sous le nom d'Alicia, r&#233;f&#233;rence au terrier d&#233;routant d'&lt;i&gt;Alice au pays des merveilles&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au cours du r&#233;cit, tu &#233;voques tes doutes en tant que journaliste, notamment sur la situation des personnes exil&#233;es... Comment agir face &#224; la d&#233;tresse des gens quand on est dans cette position d'observateur ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est compliqu&#233;. &#192; Melilla comme dans le d&#233;sert d'Arizona, j'ai rencontr&#233; les m&#234;mes destins broy&#233;s par la fronti&#232;re. Et toujours cette m&#234;me question : pourquoi nous traite-t-on ainsi ? Terrible... C'est ici que le d&#233;lire gonzo de mon reportage s'arr&#234;te totalement. Face &#224; cette d&#233;tresse, l'id&#233;e d'exag&#233;rer ou d&#233;former ce type de paroles est impensable. Idem pour les personnes les aidant dans le d&#233;sert, ou pour les militants mexicains. Le doute d&#233;coule de la certitude que documenter ce genre de situations n'a aucun impact. Imposer un r&#233;cit objectif face &#224; une d&#233;ferlante politique et m&#233;diatique ultra mensong&#232;re semble vou&#233; &#224; l'&#233;chec. C'est une impasse absolue et terrifiante, un vide dans lequel s'engouffrent aussi bien le complotisme que l'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le collectif italien Wu Ming a creus&#233; ces questions, &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no242-en-kiosque' class=&#034;spip_in&#034;&gt;abord&#233;es dans un dossier de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; que j'ai coordonn&#233;&lt;/a&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire le dossier &#171; Combattre l'imaginaire complotiste &#187; CQFD num&#233;ro 242&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Selon eux, la gauche doit recr&#233;er un r&#233;cit collectif d&#233;sirable, aux antipodes de ses errances actuelles. Mais par o&#249; commencer ? Comment d&#233;sarmer la broyeuse de cerveaux, qui d&#233;sormais s'&#233;tend aux r&#233;seaux sociaux ? Des interrogations qui surgissent &#224; plusieurs reprises dans le livre &#8211; c'est mon obsession. Et l'approche gonzo, r&#233;serv&#233;e aux manifestions trumpistes que j'ai crois&#233;es (meeting de Trump &#224; Albuquerque, r&#233;union de notables trumpistes &#224; San Diego, etc.), permet de compenser ce d&#233;s&#233;quilibre : &#339;il pour &#339;il, moumoute pour moumoute. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je ne veux pas divulg&#226;cher, mais tu as finalement &#233;t&#233; incarc&#233;r&#233; une semaine dans un centre de r&#233;tention, o&#249; tu d&#233;couvres que la plupart de tes compagnons de chambr&#233;e soutiennent Trump...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cela rejoint par la bande la force du r&#233;cit mensonger trumpiste. Alors que Trump avait pass&#233; son temps &#224; clamer qu'il allait construire le mur et endiguer l'immigration clandestine, au d&#233;but, c'&#233;tait plus ou moins du pipeau. Durant son premier mandat, il avait encore les mains li&#233;es. Et les personnes exil&#233;es enferm&#233;es avec moi, en grande majorit&#233; latinos, savaient que Biden avait construit davantage de portions de mur, ou qu'Obama (surnomm&#233; &#8220;l'expulseur en chef&#8221;) avait men&#233; une politique migratoire plus rude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; cette ambiance surr&#233;aliste devant la t&#233;l&#233; retranscrivant la soir&#233;e &#233;lectorale du 5 novembre 2024, avec des consid&#233;rations telles que &#8220;&lt;i&gt;avec lui, on ne pas croupira pas&lt;/i&gt; &lt;i&gt;trop longtemps ici&lt;/i&gt;&#8221;. &#201;trange mais logique. Mes 60 camarades de chambr&#233;e s'appuyaient simplement sur ce qui &#224; leurs yeux semblait le moins pire. Et ils ne pouvaient pas anticiper la radicalisation monstrueuse de son deuxi&#232;me mandat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;sarroi de ces exil&#233;s enferm&#233;s est en certains points similaire &#224; celui des classes populaires &#233;tatsuniennes. Ici, il faut se d&#233;partir d'une forme de m&#233;pris, qu'on retrouve g&#233;n&#233;ralement dans le discours europ&#233;en : pourquoi les ricains votent-ils Trump ? Ils sont d&#233;biles ou quoi ? Non, c'est le r&#233;sultat logique d'un abandon des classes populaires par le parti d&#233;mocrate depuis 50 ans. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand on voit les meurtres commis par l'ICE ces derni&#232;res semaines, est-ce qu'on peut encore avoir de l'espoir pour la soci&#233;t&#233; &#233;tatsunienne ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il me semble (ou je veux croire) que la situation n'est pas totalement d&#233;sesp&#233;r&#233;e. D'abord parce que nombre de personnes se battent pour contrecarrer les politiques migratoires assassines, aux USA comme au Mexique. J'en ai rencontr&#233; beaucoup, de celles et ceux qui d&#233;posent des bidons d'eau dans le d&#233;sert, aux combattantes mexicaines qui s'organisent &#224; Tijuana pour fonder des centres sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la mobilisation collective massive est la seule forme de r&#233;sistance qui a du poids. On en a un exemple saisissant avec la situation &#224; Minneapolis &#224; l'heure actuelle. La milice ICE reste en place, mais il y a une micro-d&#233;faite trumpiste qui a force de symbole, car elle tient &#224; une solidarit&#233; collective. Comme me le disait &lt;a href='https://cqfd-journal.org/8-millions-dans-la-rue-et-apres' class=&#034;spip_in&#034;&gt;un camarade de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;install&#233; dans le Vermont au sujet des manifestations &#8220;No King&#8221;&lt;/a&gt; : &#8220;&lt;i&gt;Il y a une r&#233;sistance collective plus importante qu'on ne le croit en Europe !&lt;/i&gt;&#8221; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Thelma Susbielle&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire le dossier &#171; Combattre l'imaginaire complotiste &#187; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; num&#233;ro 242&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Finie la bamboche pour les gauchistes ?</title>
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		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#212; lord, on parcourt un livre verre de pif &#224; port&#233;e de main, et voil&#224; qu'au fil des pages on se surprend &#224; regarder ledit verre d'un &#339;il suspicieux. Ne serait-il pas un frein &#224; nos vell&#233;it&#233;s d'insurrection ? C'est en tout cas ce que pensaient pl&#233;thore de th&#233;oriciens anars de la fin du XIXe si&#232;cle et du d&#233;but du XXe. Avec de solides arguments. Le point de d&#233;part du passionnant livre de Mathieu L&#233;onard, Sobres pour la r&#233;volution. Cela peut sembler contre-intuitif. Voire rabat-joie. On (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no249-fevrier-2026-251" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;249 (f&#233;vrier 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#212; lord, on parcourt un livre verre de pif &#224; port&#233;e de main, et voil&#224; qu'au fil des pages on se surprend &#224; regarder ledit verre d'un &#339;il suspicieux. Ne serait-il pas un frein &#224; nos vell&#233;it&#233;s d'insurrection ? C'est en tout cas ce que pensaient pl&#233;thore de th&#233;oriciens anars de la fin du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle et du d&#233;but du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;. Avec de solides arguments. Le point de d&#233;part du passionnant livre de Mathieu L&#233;onard, &lt;i&gt;Sobres pour la r&#233;volution&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cela peut sembler contre-intuitif. Voire rabat-joie. On pensait que tout le monde r&#234;vait de trinquer au champagne sur une barricade enflamm&#233;e dans les jardins de l'&#201;lys&#233;e. Eh bien non. Dans le pass&#233; tout du moins. Ce que montre &lt;i&gt;Sobres pour la r&#233;volution &#8211; les anarchistes contre l'alcool&lt;/i&gt; (Nada, 2026), de l'ami et camarade CQFDien Mathieu L&#233;onard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remontons le temps en titubant. Le XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle a vu l'alcoolisme exploser, avec des chiffres vertigineux : de 1830 &#224; 1900, la consommation d'alcool annuelle est pass&#233;e de 15 &#224; 35 litres d'alcool pur par personne. Pour principaux soiffards, les classes populaires. Et les penseurs libertaires de faire un constat : la &#171; pieuvre alcool &#187; n'est plus seulement le &#171; sympt&#244;me des maux sociaux &#187; (exploitation par les patrons = refuge dans la boutanche), mais &#171; &lt;i&gt;cause profonde du frein &#224; la marche vers la libert&#233;&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;sume Mathieu L&#233;onard. Jusqu'&#224; l'anarchiste ill&#233;galiste &#201;tienne Monier, membre de la bande &#224; Bonnot, qui au moment de monter sur l'&#233;chafaud refuse le verre de rhum habituellement offert au condamn&#233; : &#171; &lt;i&gt;Je ne veux pas m'alcooliser&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Prophylaxie ultime !&lt;/i&gt; &#187;, s'exclame l'auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une tendance qui n'est pas du go&#251;t de tout le monde. Les discours portant sur &#171; le d&#233;terminisme biologique &#187; de l'alcoolisme ou relevant du camp n&#233;o-malthusien (pas de prog&#233;niture pour les adeptes de la picole) prennent vite du plomb dans l'aile. Il faut dire que la prohibition en terre ricaine, impos&#233;e par des ligues de vertu r&#233;acs, montre qu'interdire l'alcool ne fait que le rendre plus attirant &#8211; &#171; &lt;i&gt;Nulle part ailleurs on ne rencontre autant d'ivrognes que dans les villes acquises &#224; la prohibition&lt;/i&gt; &#187;, souligne Emma Goldman, militante anarchiste russe. Dans le m&#234;me temps, nombre d'anars s'insurgent face au mode de vie pr&#244;n&#233; : &#171; &lt;i&gt;[Les anarchistes individualistes] veulent l'ivresse, non point la tristesse de la vie&lt;/i&gt; &#187;, s'&#233;crie Lucien Ernest Juin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Seconde Guerre mondiale et &#171; &lt;i&gt;l'extermination de groupes jug&#233;s inf&#233;rieurs par la biopolitique nazie&lt;/i&gt; &#187; mettent un point quasi final aux id&#233;aux de lutte libertaire sobre. Hormis dans quelques territoires &#171; lib&#233;r&#233;s &#187;, &#224; l'image du Chiapas n&#233;ozapatiste o&#249; r&#232;gne une &#171; loi s&#232;che &#187; en partie propuls&#233;e par des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Morale de l'histoire : si lib&#233;ration de la bouteille il y a, ce sera en s'attaquant aux causes profondes de l'alcoolisme, &#224; savoir l'exploitation de la main-d'&#339;uvre sous la houlette du capitalisme vampire. Quant &#224; ma propre conviction, elle est limpide : la r&#233;volution sera anis&#233;e ou ne sera pas. Avec mod&#233;ration&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>le raton laveur punk</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/le-raton-laveur-punk</link>
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		<dc:date>2026-01-24T00:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>D&#233;a Guili</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Je t'apprends rien, fr&#233;rot, s&#339;urette, les temps sont foutrement durs : l'hiver, les r&#233;solutions 2026 d&#233;j&#224; bafou&#233;es, le retour au taf... De quoi p&#233;ter un c&#226;ble. Et pas seulement pour nous autres, foutus bip&#232;des d&#233;pressifs. Anticipant l'arriv&#233;e des f&#234;tes et de l'horrible p&#233;riode qui les suit, un adorable raton laveur s'est ainsi offert un interm&#232;de &#233;thylique pas piqu&#233; des hannetons, s'introduisant nuitamment dans un magasin d'alcool de la ville d'Ashland, en Virginie. Fastoche pour cet Ars&#232;ne (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Dea-Guili" rel="tag"&gt;D&#233;a Guili&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6353 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/248_02_raton_deaguili.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH500/248_02_raton_deaguili-f6797.jpg?1782641152' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je t'apprends rien, fr&#233;rot, s&#339;urette, les temps sont foutrement durs : l'hiver, les r&#233;solutions 2026 d&#233;j&#224; bafou&#233;es, le retour au taf... De quoi p&#233;ter un c&#226;ble. Et pas seulement pour nous autres, foutus bip&#232;des d&#233;pressifs. Anticipant l'arriv&#233;e des f&#234;tes et de l'horrible p&#233;riode qui les suit, un adorable raton laveur s'est ainsi offert un interm&#232;de &#233;thylique pas piqu&#233; des hannetons, s'introduisant nuitamment dans un magasin d'alcool de la ville d'Ashland, en Virginie. Fastoche pour cet Ars&#232;ne Lupin au &#171; &lt;i&gt;masque noir bord&#233; de blanc&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;dixit&lt;/i&gt; mamie Wikip&#233;dia), qui a bris&#233; la dalle du faux plafond avant de s'offrir une teuf d'enfer en solo. Pour preuve, ces photos publi&#233;es par le refuge de protection des animaux du coin, charg&#233; d'accueillir les bestioles en petite forme. On y voit plusieurs &#233;tag&#232;res d&#233;valis&#233;es et les bouteilles bris&#233;es jalonnant le sol de belles tra&#238;n&#233;es alcoolis&#233;es. Ivre mort, l'h&#233;ro&#239;que raton laveur s'est ensuite tra&#238;n&#233; jusqu'aux toilettes o&#249; il s'est endormi en mode carpette, comme un prince. Cerise sur le baba au rhum, une responsable du refuge a d&#233;clar&#233; : &#171; &lt;i&gt;C'est la troisi&#232;me fois qu'il s'introduit par effraction.&lt;/i&gt; &#187; Comme l'a &#233;crit l'&#233;crivain britannique Samuel Johnson : &#171; &lt;i&gt; Les grandes &#339;uvres jaillissent non de la force, mais de la pers&#233;v&#233;rance.&lt;/i&gt; &#187; Bravo donc &#224; l'obstin&#233; punk quadrup&#232;de vandale, champion de l'impossible. Et &lt;i&gt;fuck&lt;/i&gt; les bonnes r&#233;solutions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Alcoolisme : &#171; Le cynisme est total &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Alcoolisme-Le-cynisme-est-total</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Alcoolisme-Le-cynisme-est-total</guid>
		<dc:date>2025-12-29T17:13:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>
		<dc:subject>Baptiste Alchourroun</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans Treize ann&#233;es &#224; te regarder mourir, Benjamin Daugeron d&#233;crit sans fard son enfance et son adolescence &#224; l'ombre d'un p&#232;re alcoolique, finalement d&#233;c&#233;d&#233; de sa maladie. Un court r&#233;cit coup de poing qui m&#234;le consid&#233;rations personnelles et politico-sociales. Car l'alcoolisme en ZUP est &#233;galement synonyme d'abandon &#233;tatique et de m&#233;pris de classe. &#171; Daniel, mon grand-p&#232;re, est malade de l'alcool comme ses fr&#232;res et s&#339;urs, et comme ses parents, ses oncles, ses tantes et peut-&#234;tre m&#234;me ses (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Baptiste-Alchourroun" rel="tag"&gt;Baptiste Alchourroun&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH79/logo_page_d_accueil_cqfd_1_-6-c5dc2.png?1782663872' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Treize ann&#233;es &#224; te regarder mourir&lt;/i&gt;, Benjamin Daugeron d&#233;crit sans fard son enfance et son adolescence &#224; l'ombre d'un p&#232;re alcoolique, finalement d&#233;c&#233;d&#233; de sa maladie. Un court r&#233;cit coup de poing qui m&#234;le consid&#233;rations personnelles et politico-sociales. Car l'alcoolisme en ZUP est &#233;galement synonyme d'abandon &#233;tatique et de m&#233;pris de classe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6345 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/248_12_alcooldaugeron_alchourroun.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH335/248_12_alcooldaugeron_alchourroun-d782f.jpg?1782663873' width='500' height='335' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; D&lt;/span&gt;&lt;i&gt;aniel&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;mon grand-p&#232;re, est malade de l'alcool comme ses fr&#232;res et s&#339;urs, et comme ses parents, ses oncles, ses tantes et peut-&#234;tre m&#234;me ses grands-parents avant lui&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crit l'auteur de &lt;i&gt;Treize ann&#233;es &#224; te regarder mourir &lt;/i&gt;(&#233;ditions du Commun, 2025). Un terrible constat, l'h&#233;ritage de la maladie alcoolique frappant &#233;galement ce p&#232;re qui est au c&#339;ur du r&#233;cit. Cette perp&#233;tuation ne doit rien au hasard, bien au contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en faut du courage pour livrer cette histoire et en faire un t&#233;moignage magn&#233;tique, propuls&#233; par une plume pudique et incisive. Il en faut de la rage accumul&#233;e pour d&#233;noncer frontalement la chape &#233;thylique s&#233;vissant dans cette ville abandonn&#233;e du Berry qu'est Ch&#226;teauroux. Il en faut de l'amour pour tirer le portrait de ce p&#232;re en perdition, que jamais il ne juge. Car de bi&#232;re en bi&#232;re, son p&#232;re se d&#233;truit in&#233;luctablement, perp&#233;tuant la rel&#233;gation sociale associ&#233;e &#224; la vie en ZUP : &#171; &lt;i&gt; Nous sommes ce que les gens qui n'en sont pas appellent des &lt;/i&gt;&#8220;cas sociaux&#8221;&lt;i&gt; .&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Dans le cas de mon p&#232;re, l'alcool a &#233;t&#233; un d&#233;clencheur du d&#233;classement social dans sa dimension mat&#233;rielle &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Benjamin est l'exception qui confirme la r&#232;gle, lui qui s'arrache &#224; ce destin pour fuir le Berry direction Paris, s'&#233;mancipant du carcan de la reproduction sociale et de l'abandon &#233;tatique. De &#171; cassos &#187; &#224; &#233;crivain, il ne renie pourtant en rien ses origines. Entretien avec un jeune homme en col&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'alcoolisme est-il la cause du d&#233;classement social ou bien est-ce l'inverse ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans le cas de mon p&#232;re, l'alcool a &#233;t&#233; un d&#233;clencheur du d&#233;classement social dans sa dimension mat&#233;rielle. C'est non seulement la famille qui est touch&#233;e, mais aussi la maison, le travail, puis le corps. Ce d&#233;classement a toujours plan&#233; au-dessus de nous. Mon p&#232;re a vu sa m&#232;re souffrir avant lui, son p&#232;re mourir avant lui. Il sait bien que pour ce monde, pour cette soci&#233;t&#233; organis&#233;e autour du capital, il n'est rien. Et ce &#8220;&#234;tre rien&#8221;, il le vit au quotidien dans les humiliations inflig&#233;es par les petits patrons, par l'agence d'int&#233;rim qui &#8220;place&#8221; les personnes dans une entreprise, par la pr&#233;carisation du travail qui fait de l'ouvrier non qualifi&#233; de la chair &#224; faire tourner des machines.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Les alcooliques sont trait&#233;s comme des moins que rien par les m&#233;decins &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; tout, il faut avancer dans la vie et montrer qu'on coche des cases, se marier, avoir des enfants, acheter une maison&#8230; Tout &#231;a sous le regard m&#233;prisant des voisins. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ton p&#232;re est d&#233;crit comme n'arrivant pas &#224; d&#233;passer sa condition et int&#233;riorisant le m&#233;pris. C'est &#231;a qui le maintient dans l'alcoolisme ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il y a effectivement une int&#233;riorisation du m&#233;pris de classe qui se vit partout (&#224; la banque, &#224; la CAF, &#224; la S&#233;cu, aux imp&#244;ts, puisqu'&#224; l'&#233;poque on se d&#233;place dans les centres de finances publiques). Ce rejet du pauvre est avant tout v&#233;hicul&#233; par l'&#201;tat et les services publics. Il explique en grande partie la haine de mon p&#232;re envers lui-m&#234;me et ce qu'il incarne. Ce qui le maintient dans l'alcool, c'est aussi le manque total de prise en charge m&#233;dicale, que ce soit &#224; l'h&#244;pital ou en m&#233;decine de ville. Les alcooliques sont trait&#233;s comme des moins que rien par les m&#233;decins.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Poser l'alcool comme un enjeu sanitaire de premier plan, c'est prendre le risque pour les gouvernants de faire perdre des milliards d'euros de chiffre d'affaires &#224; leurs potos &#224; la t&#234;te des grands groupes &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Dans un pays o&#249; plusieurs millions de personnes ont un &#8220;probl&#232;me avec l'alcool&#8221; pour reprendre les termes d'une campagne de pr&#233;vention t&#233;l&#233;vis&#233;e des ann&#233;es 2010, aucun r&#233;seau de sant&#233; sp&#233;cialis&#233; n'existe. Les familles et avant tout les femmes et les enfants sont livr&#233;s &#224; eux-m&#234;mes et &#224; elles-m&#234;mes, souvent victimes de la violence des malades de l'alcool, qui provoque emportement, agressivit&#233; et troubles paranos. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi aucune institution n'a-t-elle pris en charge sa maladie ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Prendre en charge la maladie par l'institution, c'est reconna&#238;tre la responsabilit&#233; de l'&#201;tat dans ce qui repr&#233;sente un enjeu sanitaire majeur. Par ailleurs, les niveaux de connivence entre sph&#232;res &#233;conomiques et sph&#232;res politiques sont tels que le lobbying des grands groupes alcooliers joue un r&#244;le pr&#233;pond&#233;rant dans ce refus politique de traiter ce probl&#232;me. Poser l'alcool comme un enjeu sanitaire de premier plan, c'est prendre le risque pour les gouvernants de faire perdre des milliards d'euros de chiffre d'affaires &#224; leurs potos &#224; la t&#234;te des grands groupes et de d&#233;grader leur image. Il est bien plus commode de pointer du doigt la responsabilit&#233; individuelle dans la consommation d'alcool et de faire de l'alcoolique un coupable. Mais tous les alcooliques ne se valent pas. Les plus fortun&#233;s peuvent se mettre au vert dans de luxueux &#233;tablissements de d&#233;sintoxication et continuer &#224; jouir de tout un r&#233;seau social. Par contre, les malades des classes populaires meurent seuls chez eux et sont souvent retrouv&#233;s des jours apr&#232;s leur d&#233;c&#232;s, comme &#231;a a &#233;t&#233; le cas de mon p&#232;re. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu racontes le m&#233;pris social envers la ZUP, qui vous vaut le surnom de &#171; cassos &#187;&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le m&#233;pris social se manifeste d'abord par le regard. C'est souvent la premi&#232;re forme de contact entre &#234;tres humains. La personne de l'accueil &#224; la CAF, &#224; la mairie, au tribunal ou encore, au commissariat. Puis ce m&#233;pris se prolonge par la parole. Les populations plus pauvres ou isol&#233;es irritent par leur fa&#231;on de parler ou par leurs questions. Le premier regard porte sur le langage corporel et vestimentaire, puis les mots &#233;chang&#233;s trahissent notre condition et justifient les mauvais traitements de la part des agents de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; L'&#201;tat cherche &#224; minimiser les co&#251;ts du syst&#232;me social sur le dos des malades &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s &#234;tre all&#233; au commissariat &#224; 15 ans pour d&#233;noncer les faits de violence dont j'&#233;tais victime &#224; la maison, avec constatation des coups par le m&#233;decin mandat&#233; par l'institution, l'officier de police judiciaire d&#233;clare au procureur que ce n'est qu'une &#8220;petite baffe&#8221; et qu'on peut me renvoyer chez moi sans mesures de protection. Il ne se cache m&#234;me pas de cette discussion t&#233;l&#233;phonique. Il ment devant moi, impun&#233;ment. Parce que nos existences n'ont pas de valeur &#224; leurs yeux. Nous repr&#233;sentons un poids pour la police qui est form&#233;e pour aller au combat plut&#244;t que pour prot&#233;ger et assister la population. Par ailleurs, l'institution judiciaire fait preuve d'une ind&#233;niable haine &#224; l'&#233;gard des pauvres. En t&#233;moigne le nombre de personnes issues de milieux populaires emprisonn&#233;es sous des conditions abjectes dans ce pays. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu racontes que ta famille est consid&#233;r&#233;e comme improductive et donc rejet&#233;e du jeu social. Comment &#231;a se manifeste ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Par une volont&#233; d&#233;lib&#233;r&#233;e de limiter le co&#251;t financier imput&#233; par nos existences au syst&#232;me. Mon p&#232;re a par exemple &#233;t&#233; d&#233;clar&#233; invalide &#224; seulement 80 % alors qu'il ne pouvait plus avoir d'activit&#233; physiquement engageante. Il ne pouvait pas marcher plus de 10 ou 15 minutes, ne pouvait plus conduire. Il avait beaucoup de mal &#224; tenir un stylo ou rouler ses propres cigarettes. Il aurait d&#251; &#234;tre d&#233;clar&#233; invalide &#224; 100 %. Seulement, l'&#201;tat cherche &#224; minimiser les co&#251;ts du syst&#232;me social sur le dos des malades. Le cynisme est total.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sans-abri sont par exemple majoritairement issus de l'Aide sociale &#224; l'enfance quand ils &#233;taient mineurs. Une grande partie d'eux souffrent de pathologies psychiatriques graves, sans aucune prise en charge de l'&#201;tat. Ces personnes ont besoin d'un logement, d'un h&#244;pital et d'un revenu minimum qui leur permettraient de vivre dignement et de s'ins&#233;rer dans la soci&#233;t&#233;. Ce ne sont pas les pauvres qui rejettent le syst&#232;me, c'est le syst&#232;me qui ne veut pas d'eux. Pour que les riches soient toujours plus riches, les pauvres doivent &#234;tre toujours plus pauvres. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Colette est le personnage le plus &#171; positif &#187; du livre. Comment se diff&#233;rencie-t-elle des autres personnes faisant partie de ton environnement proche ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ma grand-m&#232;re Colette a &#233;t&#233; la seule personne de mon entourage familial &#224; ne jamais faire preuve de violence &#224; mon &#233;gard. Et ma seule source de douceur et de tendresse durant toute mon enfance, une tendresse et une douceur pudiques et discr&#232;tes qui ne se manifestaient pas par de l'affection physique ou des c&#226;lins mais par des regards et, parfois, des mots. Elle m'appelait &#8220;&lt;i&gt;Ch&#233;ri&lt;/i&gt;&#8221; quand elle s'adressait &#224; moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Colette a v&#233;cu une multitude de violences inflig&#233;es par son mari Daniel, que je n'ai heureusement pas connu. Elle a demand&#233; le divorce &#224; deux reprises, suite &#224; des violences dont elle n'a jamais voulu me raconter la nature. La justice le lui a refus&#233; &#224; chaque fois. Il a fallu attendre que Daniel se suicide dans l'appartement d'un coup de carabine pour que Colette soit lib&#233;r&#233;e de ce monstre. La justice justifiait son refus de lui accorder le divorce car Daniel, profond&#233;ment alcoolique, &#233;tait reconnu comme &#8220;malade&#8221; aux yeux du juge. Sa femme n'avait donc pas le droit de l'abandonner. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par &#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Bourdon, aka super-Bombus</title>
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		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Matthieu Ossona de Mendez</dc:subject>

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&lt;p&gt;T'es d&#233;prim&#233;&#183;e ? Plong&#233;&#183;e dans la morosit&#233; comme une gu&#234;pe estivale dans ton diabolo grenadine ? Rien de plus normal, suffit de se coltiner les infos pour avoir envie de crever dans une soupe de courge. Mais une solution existe : cohabite avec un bourdon ! Car, contrairement &#224; ce que l'expression &#224; la con &#171; avoir le bourdon &#187; sugg&#232;re, ces fiers repr&#233;sentants du genre Bombus sont les champions du transfert d'optimisme &#224; leurs copains copines. C'est ce que r&#233;v&#232;le une r&#233;cente &#233;tude men&#233;e par (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Matthieu-Ossona-de-Mendez" rel="tag"&gt;Matthieu Ossona de Mendez&lt;/a&gt;

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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/247_02_bourdon_matthieuossonademendez.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH500/247_02_bourdon_matthieuossonademendez-a71e2.jpg?1782663873' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;T'es d&#233;prim&#233;&#183;e ? Plong&#233;&#183;e dans la morosit&#233; comme une gu&#234;pe estivale dans ton diabolo grenadine ? Rien de plus normal, suffit de se coltiner les infos pour avoir envie de crever dans une soupe de courge. Mais une solution existe : cohabite avec un bourdon ! Car, contrairement &#224; ce que l'expression &#224; la con &#171; avoir le bourdon &#187; sugg&#232;re, ces fiers repr&#233;sentants du genre Bombus sont les champions du transfert d'optimisme &#224; leurs copains copines. C'est ce que r&#233;v&#232;le une r&#233;cente &#233;tude men&#233;e par des scientifiques de la Southern Medical University de Canton. Je te passe les d&#233;tails et la complexit&#233; du truc (comment sait-on qu'un bourdon est optimiste ?) mais voil&#224;, la science est unanime : ces pollinisateurs d'&#233;lite peuvent transmettre leur humeur de type&lt;i&gt; j'ai trop la patate bande de d&#233;pressif&#183;ves&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce n'est pas tout : les bourdons savent faire vibrer les fleurs en mode &lt;i&gt;buzzing&lt;/i&gt; (terme officiel) pour faire jaillir le pollen, ma&#238;trisent les communications en Morse si on leur apprend et ne font pas de r&#233;serves de bouffe contrairement aux chiantes abeilles car ils s'en &lt;i&gt;balek&lt;/i&gt; de l'hiver &#224; venir. Outre l'aspect fascinant du champ scientifique qui les &#233;tudie et de son champion incontest&#233; le zoologiste Lars Chittka, on ne peut que saluer leurs aptitudes &#224; la bagarre. Tonton Wikip&#233;dia m'apprend ainsi que &#171; &lt;i&gt;les femelles peuvent injecter des peptides neurologiques&lt;/i&gt; &#187;. J'ignore tout de cette substance, mais je r&#234;ve d'un gros nuage d&#233;vers&#233; sur l'&#201;lys&#233;e ou sur un cort&#232;ge de fafs. &lt;i&gt;BOUM&lt;/i&gt;, vl&#224; les Bombus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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