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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Malv&#233;si, monstre toxique</title>
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		<dc:date>2026-05-01T22:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>D&#233;a Guili</dc:subject>
		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Malv&#233;si est un site de traitement de l'uranium qui s&#233;vit depuis sept d&#233;cennies, &#224; deux pas de Narbonne. Une bombe toxique auquel le journaliste S&#233;bastien Navarro, plume occasionnelle de CQFD, a consacr&#233; un ouvrage tout juste publi&#233;, Malv&#233;si. Entretien. 26 f&#233;vrier 1960 : de Gaulle pavoise &#224; Narbonne. Il est l&#224; pour vanter sa politique &#233;nerg&#233;tique en mati&#232;re nucl&#233;aire, notamment dans le Languedoc. Au c&#339;ur de son discours, le tout frais site de Malv&#233;si, &#224; trois kilom&#232;tres de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no252-mai-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;252 (mai 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Dea-Guili" rel="tag"&gt;D&#233;a Guili&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH126/malvesi-41a9e.png?1777681479' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='126' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Malv&#233;si est un site de traitement de l'uranium qui s&#233;vit depuis sept d&#233;cennies, &#224; deux pas de Narbonne. Une bombe toxique auquel le journaliste S&#233;bastien Navarro, plume occasionnelle de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, a consacr&#233; un ouvrage tout juste publi&#233;, &lt;i&gt;Malv&#233;si&lt;/i&gt;. Entretien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6497 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/png/malvesi.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH419/malvesi-36631.png?1777681550' width='500' height='419' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;26 f&#233;vrier 1960 : de Gaulle pavoise &#224; Narbonne. Il est l&#224; pour vanter sa politique &#233;nerg&#233;tique en mati&#232;re nucl&#233;aire, notamment dans le Languedoc. Au c&#339;ur de son discours, le tout frais site de Malv&#233;si, &#224; trois kilom&#232;tres de la sous-pr&#233;fecture de l'Aude, site dont l'activit&#233; n'a depuis jamais cess&#233;. Des myriades de bassins y traitent &#224; grands coups de substances chimiques des quantit&#233;s invraisemblables d'uranium. C'est &#224; ce monstre toxique &#171; &lt;i&gt;aux sept d&#233;cennies de rejets d&#233;gueulasses&lt;/i&gt; &#187; que s'attaque &lt;i&gt;Malv&#233;si &lt;/i&gt;(&#201;ditions du bout de la ville, 2025), de S&#233;bastien Navarro. Il y donne notamment la parole &#224; des militants engag&#233;s dans une lutte isol&#233;e contre les nuisances de ce complexe par o&#249; transite &#171; &lt;i&gt;un quart de la production mondiale d'uranium&lt;/i&gt; &#187;, tout en interrogeant la d&#233;liquescence des luttes antinucl&#233;aires. Un sujet complexe qu'il aborde d'une plume tremp&#233;e dans l'acide, enrobant son enqu&#234;te d'une atmosph&#232;re de polar &#233;cologique. Dissection d'une course vers le vide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi l'histoire de Malv&#233;si est-elle si m&#233;connue alors que le site tourne depuis 1959 et brasse des quantit&#233;s d'uranium impressionnantes ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand l'usine s'installe dans le coin &#224; la fin des ann&#233;es 1950, Narbonne est un bled c&#244;tier de 30 000 &#226;mes dont le dynamisme &#233;conomique est port&#233; par la viticulture.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Depuis des d&#233;cennies, Malv&#233;si purifie peinard de l'uranium venu des quatre coins du globe &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; Le tourisme de masse n'existe pas encore. L'implantation de l'usine est soutenue par Georges Guille (1909-1985), conseiller g&#233;n&#233;ral SFIO et &#233;ph&#233;m&#232;re secr&#233;taire d'&#201;tat charg&#233; de l'&#233;nergie atomique. L'usine est construite sur le site d'une ancienne mine de soufre, comme si une industrie en rempla&#231;ait une autre. Tout se passe dans une certaine discr&#233;tion. Surtout, l'&#233;nergie nucl&#233;aire est vendue comme vectrice de progr&#232;s et cr&#233;atrice d'emplois. On conna&#238;t la rengaine qui perdure aujourd'hui. C'est ainsi que pendant des d&#233;cennies, Malv&#233;si purifie peinard de l'uranium venu des quatre coins du globe. La population locale sait vaguement ce qui s'y passe mais tant qu'il n'y a pas de p&#233;pin s&#233;rieux, le business uranif&#232;re ronronne. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que s'est-il pass&#233; le 20 mars 2004 ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pr&#233;cisons d'abord que le processus de purification de l'uranium, un truc bien d&#233;gueulasse consommant des quantit&#233;s ph&#233;nom&#233;nales d'acides nitrique et fluorhydrique, g&#233;n&#232;re des d&#233;chets qui, &#224; l'instar de toute la fili&#232;re du nucl&#233;aire, sont impossibles &#224; traiter. Depuis 1959, tout est donc conserv&#233; sur place dans d'immenses bassins : 350 000 m&#232;tres cubes d'effluents liquides radioactifs. Inutile de pr&#233;ciser qu'au d&#233;part, les d&#233;chets &#233;taient stock&#233;s sans aucune s&#233;curit&#233; ni aucuns travaux d'&#233;tanch&#233;it&#233;, sachant que le coin est farci de canaux qui traversent ensuite Narbonne et que sous l'usine se trouve une nappe phr&#233;atique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2004, suite &#224; de fortes pluies, la digue d'un bassin de r&#233;tention c&#232;de et lib&#232;re dans la nature de fortes quantit&#233;s de boue. Des riverains ont l'id&#233;e d'en pr&#233;lever un &#233;chantillon et de les faire analyser par la Commission de recherche et d'information ind&#233;pendantes sur la radioactivit&#233; (Criirad). Stupeur, on y d&#233;couvre des trucs bien craignos du type am&#233;ricium et plutonium, qui n'auraient jamais d&#251; se trouver l&#224;, puisque l'usine &#233;tait cens&#233;e traiter uniquement de l'uranium naturel. De fait, Areva admet avoir trait&#233; en douce, pendant une vingtaine d'ann&#233;es, 17 500 tonnes d'uranium appauvri issu de combustibles retrait&#233;s. Un genre d'activit&#233; secondaire totalement opaque et autrement plus dangereuse. On touche l&#224; un des c&#339;urs de l'empire nucl&#233;aire : sa capacit&#233; industrielle &#224; produire du mensonge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'accident de 2004, l'usine appara&#238;t pour la premi&#232;re fois aux yeux du public. Quelques m&#233;dias nationaux s'emparent du sujet. La revue &lt;i&gt;XXI&lt;/i&gt; publie une longue enqu&#234;te critique sous la plume de la journaliste Viviane Thivent. Mais tout cela finit par retomber et l'usine retrouve son rythme de croisi&#232;re. Il faut attendre 2017 et le projet Traitement des nitrates, sorte de m&#233;gafour cens&#233; traiter les d&#233;chets accumul&#233;s, pour que le peuple narbonnais descende et gueule dans la rue. Il faut dire que ce projet pr&#233;voit la construction d'une &#233;norme chemin&#233;e et l'envol des fum&#233;es de calcination directement sur Narbonne. D'o&#249; l'&#233;moi bien compr&#233;hensible de la population. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'un de tes personnages d&#233;crit les Narbonnais comme des &#171; cobayes &#187; de l'industrie nucl&#233;aire. Tu partages cette vision des choses ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est marrant que tu cites ce qualificatif de &#8220; cobayes &#8221; car je l'ai utilis&#233; en mars 2018 pour un article de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; sur les mobilisations contre le projet TDN&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; D&#233;chets nucl&#233;aires pr&#232;s de Narbonne : les cobayes de Malv&#233;si &#187;, CQFD n&#176; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; ! Dans le bouquin, je rencontre entre autres Michel Leclerc, ancien sous-traitant de l'usine, r&#233;compens&#233; de son dur labeur par une leuc&#233;mie. Michel est une force de la nature et il a bataill&#233; pendant des ann&#233;es contre Areva, pour que lui soient allou&#233;s des d&#233;dommagements honorables. Sachant que rien ne peut r&#233;parer une vie bousill&#233;e. Les victimes de l'usine, s'il y a quelques situations document&#233;es, sont un vrai angle mort. Aucune enqu&#234;te sanitaire s&#233;rieuse n'a &#233;t&#233; diligent&#233;e alors que Narbonne enregistre une incidence des cancers du poumon sup&#233;rieure &#224; toutes les villes d'Occitanie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu as visit&#233; les installations de Malv&#233;si. Qu'en as-tu retir&#233; ? La propagande est efficace ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Oui elle l'est. Aujourd'hui et plus que jamais, l'industrie nucl&#233;aire joue la carte de sa normalisation et de son importance strat&#233;gique dans le fameux mix &#233;nerg&#233;tique. Certains &#8220; &#233;colos &#8221; voient m&#234;me l'atome comme une solution d'avenir pour d&#233;carboner l'&#233;conomie. Un type comme Jean-Marc Jancovici participe &#224; cette sombre banalisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La visite de Malv&#233;si n'&#233;tait pas pr&#233;vue au programme, l'id&#233;e &#233;tant plut&#244;t que je tourne autour en la maudissant. Puis l'occas' s'est pr&#233;sent&#233;e et je n'en dirai pas plus pour ne pas d&#233;voiler cet &#233;pisode croustillant si ce n'est qu'Orano&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Entreprise d&#233;tenue par l'&#201;tat et charg&#233;e de la gestion de Malv&#233;si, qui a (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, l'industriel qui exploite le site, sait la jouer fine : il se pr&#233;sente avant tout comme complexe chimique traitant de l'uranium naturel. Une vaste blague car des panneaux indiquant &#8220; site nucl&#233;aire &#8221; &#233;taient toujours pr&#233;sents au moment de mon enqu&#234;te en 2022. Et les volumes d'uranium trait&#233;s sont tels que, naturel ou non, n'importe quel compteur Geiger&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Appareil qui sert &#224; mesurer la radioactivit&#233;.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; flambe quand on passe le long du site. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi si peu de mobilisations contre les retomb&#233;es toxiques d'une usine situ&#233;e &#224; trois bornes de Narbonne ? Est-ce li&#233; &#224; l'efficacit&#233; de la communication d'Orano ? &#192; une sorte de zone grise o&#249; l'on ne sait plus ce qui est chimique ou nucl&#233;aire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est un peu tout &#231;a. Plus le fait qu'&#224; Narbonne comme ailleurs, la pieuvre atomique sait &#234;tre g&#233;n&#233;reuse avec les collectivit&#233;s territoriales abritant ses infrastructures. Sans oublier la sacro-sainte question des emplois. Dans une r&#233;gion &#233;conomiquement tendue comme l'Aude, on fait d'autant plus gaffe &#224; l'outil industriel qu'il est fort rare. Autre &#233;l&#233;ment &#224; prendre en compte : l'acculturation au risque industriel. Les citoyens ont peur ? Pas de souci, on va leur apprendre &#224; cohabiter avec cette industrie de la mort et &#224; adopter les bons gestes. Comme reconna&#238;tre les sir&#232;nes d'alerte. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La lutte antinucl&#233;aire a longtemps &#233;t&#233; l'une des composantes majeures des mobilisations &#233;cologiques. Elle semble devenue de plus en plus marginale, surtout chez les jeunes g&#233;n&#233;rations&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Effectivement, apr&#232;s les temps forts des ann&#233;es 1970 et 1980, la lutte antinucl&#233;aire est totalement pass&#233;e de mode. Les centrales sont l&#224;, les gens vivent avec et, aucune n'ayant p&#233;t&#233; depuis le lancement du plan Messmer en 1974, l'id&#233;e s'est r&#233;pandue que nous avions l&#224; une &#233;nergie pas pire que les autres. Tchernobyl et Fukushima ont eu beau provoquer de douloureux rappels &#224; l'ordre, &#231;a n'a pas suffi &#224; r&#233;veiller et armer les esprits. &#192; cette tragique indiff&#233;rence se rajoute le besoin d'&#233;lectricit&#233; pour nourrir la fringale des centres de donn&#233;es et des bagnoles &#233;lectriques. Pour sortir de cette nasse intellectuelle, il n'y a pas 36 chemins : il faut un d&#233;crochage radical avec le dogme &#233;nergivore de la soci&#233;t&#233; industrielle. Sinon, si ce n'est pas une centrale qui nous p&#233;tera &#224; la gueule, ce sera le mur &#233;cologique. Et l&#224;, aucune sir&#232;ne d'alerte ne nous sauvera. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; D&#233;chets nucl&#233;aires pr&#232;s de Narbonne : les cobayes de Malv&#233;si &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 163 (mars 2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Entreprise d&#233;tenue par l'&#201;tat et charg&#233;e de la gestion de Malv&#233;si, qui a remplac&#233; Areva en 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Appareil qui sert &#224; mesurer la radioactivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Zones &#192; D&#233;truire</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Zones-A-Detruire</link>
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		<dc:date>2026-03-27T23:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quand tu zieutes un planisph&#232;re, tout semble clair : 197 &#201;tats-nations et beaucoup de flotte. Et puis tu lis Le capitalisme de l'apocalypse, de Quinn Slobodian, et tu comprends que ce n'est pas si simple. Au sein de ces &#171; contenants que sont les nations &#187; se trouvent des &#171; enclaves qui &#233;chappent aux formes ordinaires de r&#233;glementation &#187;. Des zones qui constituent le fantasme des accros au n&#233;olib&#233;ralisme d&#233;brid&#233; et au sapage de la d&#233;mocratie. Ils veulent tout d&#233;r&#233;guler. Sabrer les imp&#244;ts. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no250-mars-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;250 (mars 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quand tu zieutes un planisph&#232;re, tout semble clair : 197 &#201;tats-nations et beaucoup de flotte. Et puis tu lis &lt;i&gt;Le capitalisme de l'apocalypse, &lt;/i&gt;de Quinn Slobodian, et tu comprends que ce n'est pas si simple. Au sein de ces &#171; &lt;i&gt;contenants que sont les nations&lt;/i&gt; &#187; se trouvent des &#171; &lt;i&gt; enclaves qui &#233;chappent aux formes ordinaires de r&#233;glementation&lt;/i&gt; &#187;. Des zones qui constituent le fantasme des accros au n&#233;olib&#233;ralisme d&#233;brid&#233; et au sapage de la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6453 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L395xH600/145140_couverture_hres_0-1770c.jpg?1774654203' width='395' height='600' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ils veulent tout d&#233;r&#233;guler. Sabrer les imp&#244;ts. Brider la d&#233;mocratie. Multiplier les zones o&#249; le droit des &#201;tats-nations ne s'applique plus. Bref : faire s&#233;cession avec toute entit&#233; bridant le sacro-saint r&#232;gne du capitalisme effr&#233;n&#233;. Et ils font office de flippant fil rouge du costaud mais tr&#232;s &#233;clairant essai de Quinn Slobodian &#8211; &lt;i&gt;Le capitalisme de l'apocalypse, ou le r&#234;ve d'un monde sans d&#233;mocratie&lt;/i&gt; (Le Seuil, 2025).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Ils &#187;, ce sont les libertariens, mais aussi les fondus de n&#233;olib&#233;ralisme ou les empereurs cingl&#233;s de la Tech. Et selon Mister Slobodian ils ont tellement le vent en poupe que leur utopie s&#233;cessionniste a grandement d&#233;teint sur l'ordonnancement du monde, d&#233;sormais &#171; &lt;i&gt;constell&#233; de trous [&#8230;] et de zones grises, r&#233;sultats de perforations et de d&#233;chirures&lt;/i&gt; &#187;. Au menu : ports francs sans droits de douane, zones &#224; fiscalit&#233; sabr&#233;e, technopoles semi-ind&#233;pendantes &#224; l'image de la future Neom en Arabie Saoudite, paradis fiscaux&#8230; Au total, estime Slobodian, ce sont plus de 5 400 zones de ce type qui pars&#232;ment la plan&#232;te. La &#171; classique &#187; carte du monde ? Totalement &lt;i&gt;has-been&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a ne date pas d'hier. Prenez cet enfoir&#233; fini de Milton Friedman, &#233;conomiste ultralib&#233;ral qui a pr&#233;cocement soutenu le r&#233;gime de Pinochet au Chili : d&#232;s les ann&#233;es 1970, il encense &#224; gros torrents le mod&#232;le &#233;conomique de Hongkong. La colonie britannique est alors pr&#233;curseuse en mati&#232;re de &#171; zones &#233;conomiques sp&#233;ciales &#187;. Bonus : il n'y a sur ce territoire ni syndicats ni &#233;lections, ces trucs relous qui entravent le capitalisme. Friedman pose donc Hongkong comme &#171; solution &#224; la crise &#187;, prot&#233;g&#233;e qu'elle est de l'enquiquinante &#171; souverainet&#233; populaire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essor des &#171; zones &#187; d&#233;r&#233;glement&#233;es a depuis explos&#233;, notamment au XXIe si&#232;cle, avec des territoires gonfl&#233;s aux st&#233;ro&#239;des financiers &#8211; comme Duba&#239; o&#249; sont diss&#233;min&#233;es une quarantaine de zones franches au r&#233;gime fiscal d&#233;rogatoire doubl&#233; d'une exemption de taxes. Impossible ici de rentrer dans le d&#233;tail ou de viser l'exhaustivit&#233;. On retiendra juste que les ultra-riches multiplient dans le monde entier les tentatives de s&#233;cession en vue d'accro&#238;tre leur magot et d'effacer tout contre-pouvoir. Processus encourag&#233; par des milliardaires comme le roi des libertariens high-tech Peter Thiel, qui &#233;ructe r&#233;guli&#232;rement contre les pare-feu d&#233;mocratiques. Et Slobodian d'enfoncer le clou : &#171; &lt;i&gt;Nous devons r&#233;aliser que pour les partisans radicaux du march&#233; &lt;/i&gt;[la zone] &lt;i&gt;n'est pas simplement le moyen de parvenir &#224; une fin &#233;conomique, mais une source d'inspiration pour la r&#233;organisation politique de la soci&#233;t&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quoi d&#233;cupler notre envie de perforer leurs grosses faces d'exploiteurs. Des p'tits trous, des p'tits trous&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Creuser la folie de l'Am&#233;rique trumpiste en mettant en sc&#232;ne mes propres doutes &#187; </title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Creuser-la-folie-de-l-Amerique</link>
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		<dc:date>2026-02-20T23:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard, Thelma Susbielle</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;a Guili</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En 2024, &#201;milien Bernard est parti couvrir l'&#233;lection pr&#233;sidentielle am&#233;ricaine &#224; la fronti&#232;re mexicaine, pour le compte de CQFD. Il en a tir&#233; un livre, La t&#234;te dans le mur, dans lequel il raconte &#224; la premi&#232;re personne la violence des politiques migratoires, la folie trumpiste et ses doutes face &#224; un monde qui d&#233;raille. &#192; l'automne 2024, pendant que les &#201;tats-Unis rejouaient leur trag&#233;die &#233;lectorale, CQFD d&#233;p&#234;chait deux envoy&#233;s sp&#233;ciaux chevronn&#233;s longer l'une des lignes les plus (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no249-fevrier-2026-251" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;249 (f&#233;vrier 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Dea-Guili" rel="tag"&gt;D&#233;a Guili&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH79/logo_page_d_accueil_cqfd-6-3795a.png?1771631997' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En 2024, &#201;milien Bernard est parti couvrir l'&#233;lection pr&#233;sidentielle am&#233;ricaine &#224; la fronti&#232;re mexicaine, pour le compte de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;. Il en a tir&#233; un livre, &lt;i&gt;La t&#234;te dans le mur&lt;/i&gt;, dans lequel il raconte &#224; la premi&#232;re personne la violence des politiques migratoires, la folie trumpiste et ses doutes face &#224; un monde qui d&#233;raille.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6410 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/la_tete_dans_le_mur_illus.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH708/la_tete_dans_le_mur_illus-1c7de.jpg?1771632051' width='500' height='708' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'automne 2024, pendant que les &#201;tats-Unis rejouaient leur trag&#233;die &#233;lectorale, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; d&#233;p&#234;chait deux envoy&#233;s sp&#233;ciaux chevronn&#233;s longer l'une des lignes les plus mortif&#232;res du monde occidental : la fronti&#232;re entre les &#201;tats-Unis et le Mexique. De San Diego &#224; Ciudad Ju&#225;rez, &#201;milien Bernard et Pauline Laplace sont all&#233;s documenter ce que le trumpisme fait aux corps, aux t&#234;tes et aux r&#233;cits. De cette travers&#233;e est n&#233; un dossier, publi&#233; dans notre num&#233;ro de d&#233;cembre 2024. Puis &#201;milien Bernard en a tir&#233; un livre : &lt;i&gt;La t&#234;te dans le mur. Un journaliste en d&#233;route au Trumpistan&lt;/i&gt; (Lux, 2026). Un r&#233;cit qui emprunte ses codes au gonzo, o&#249; le journaliste l&#226;che les garde-fous du reportage classique pour mieux raconter un monde devenu fou. Rassemblements trumpistes, d&#233;sert cribl&#233; de cadavres, centres de r&#233;tention, San Diego ravag&#233;e par le fentanyl&#8230; Pendant que Trump promet un &#171; &lt;i&gt;very very big wall &lt;/i&gt; &#187; pour sauver l'Am&#233;rique. Le d&#233;cor est absurde, sordide, inf&#226;me. Dans ce chaos, &#201;milien Bernard se cogne au mur, au sens propre comme au figur&#233; : celui de la fronti&#232;re, celui de la d&#233;mocratie am&#233;ricaine, celui d'un journalisme confront&#233; aux fantasmes s&#233;curitaires et au fascisme d&#233;complex&#233;. On a discut&#233; avec lui de ce choix du gonzo, de ses doutes de journaliste face &#224; la d&#233;tresse des exil&#233;s, de son passage par une ge&#244;le de la police des fronti&#232;res, et de ce qu'il reste, ou non, comme horizon d'espoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contrairement &#224; ton livre pr&#233;c&#233;dent, un r&#233;cit journalistique plus &#171; froid &#187;, tu as pr&#233;f&#233;r&#233; &#233;crire celui-ci en mode gonzo. Pourquoi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Forteresse Europe&lt;/i&gt; &#233;tait consacr&#233;e &#224; un sujet dont globalement personne ne parle : la mani&#232;re dont les pays de l'Union europ&#233;enne se barricadent face &#224; un pr&#233;tendu p&#233;ril migratoire. Son contenu : des reportages dans des lieux embl&#233;matiques de ce repli sur soi x&#233;nophobe et criminel, comme Lampedusa. Si j'ai essay&#233; de rendre ce livre le plus &#8220;vivant&#8221; possible, il restait dans les clous journalistiques.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; &#192; ma tr&#232;s petite &#233;chelle, j'ai tent&#233; d'aborder cet univers de post-v&#233;rit&#233; de mani&#232;re beaucoup plus libre &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;En m'attaquant &#224; la fronti&#232;re USA-Mexique, je savais que le sujet &#233;tait extr&#234;mement m&#233;diatis&#233;. Trump ne cessait de crier en tr&#233;pignant qu'il allait construire son &#8220;beau et magnifique&#8221; mur et les m&#233;dias occidentaux &#233;taient totalement fascin&#233;s par ce discours. C'&#233;tait l'ogre Trump, l'antith&#232;se de nos soci&#233;t&#233;s soi-disant &#8220;civilis&#233;es&#8221;. Mon objectif &#233;tait donc d'aller scruter cette fronti&#232;re, pour ensuite clamer : &#8220;&lt;i&gt;Mais on fait exactement la m&#234;me chose en Europe !&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me c'est que le narratif trumpien sur cette question (comme sur les autres) est compl&#232;tement hors-sol et d&#233;lirant. Lors de son premier mandat, les m&#233;dias am&#233;ricains &#8220;de r&#233;f&#233;rence&#8221; se sont cass&#233;s les dents sur cette question. Quand ils publiaient un &lt;i&gt;fact checking&lt;/i&gt;, le champion des MAGA &#233;tait d&#233;j&#224; pass&#233; &#224; un autre mensonge, puis un autre... &#192; ma tr&#232;s petite &#233;chelle, j'ai donc tent&#233; d'aborder cet univers de post-v&#233;rit&#233; de mani&#232;re beaucoup plus libre. Ce que le pape du gonzo Hunter S. Thompson avait pratiqu&#233; d&#232;s les ann&#233;es 1960, insufflant une grande part de subjectivit&#233; et de d&#233;lires narcotiques dans ses &#233;crits. Pour moi, c'&#233;tait davantage li&#233; aux m&#233;docs ou &#224; l'alcool, deux moyens plus ou moins efficaces d'att&#233;nuer mon angoisse... L'objectif : creuser la folie de l'Am&#233;rique trumpiste en mettant en sc&#232;ne mes propres doutes et les murs heurt&#233;s, dans ce territoire o&#249; plus rien ne semble avoir de sens. C'est ainsi que ma camarade de voyage Pauline Laplace appara&#238;t dans le r&#233;cit sous le nom d'Alicia, r&#233;f&#233;rence au terrier d&#233;routant d'&lt;i&gt;Alice au pays des merveilles&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au cours du r&#233;cit, tu &#233;voques tes doutes en tant que journaliste, notamment sur la situation des personnes exil&#233;es... Comment agir face &#224; la d&#233;tresse des gens quand on est dans cette position d'observateur ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est compliqu&#233;. &#192; Melilla comme dans le d&#233;sert d'Arizona, j'ai rencontr&#233; les m&#234;mes destins broy&#233;s par la fronti&#232;re. Et toujours cette m&#234;me question : pourquoi nous traite-t-on ainsi ? Terrible... C'est ici que le d&#233;lire gonzo de mon reportage s'arr&#234;te totalement. Face &#224; cette d&#233;tresse, l'id&#233;e d'exag&#233;rer ou d&#233;former ce type de paroles est impensable. Idem pour les personnes les aidant dans le d&#233;sert, ou pour les militants mexicains. Le doute d&#233;coule de la certitude que documenter ce genre de situations n'a aucun impact. Imposer un r&#233;cit objectif face &#224; une d&#233;ferlante politique et m&#233;diatique ultra mensong&#232;re semble vou&#233; &#224; l'&#233;chec. C'est une impasse absolue et terrifiante, un vide dans lequel s'engouffrent aussi bien le complotisme que l'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le collectif italien Wu Ming a creus&#233; ces questions, &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no242-en-kiosque' class=&#034;spip_in&#034;&gt;abord&#233;es dans un dossier de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; que j'ai coordonn&#233;&lt;/a&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire le dossier &#171; Combattre l'imaginaire complotiste &#187; CQFD num&#233;ro 242&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Selon eux, la gauche doit recr&#233;er un r&#233;cit collectif d&#233;sirable, aux antipodes de ses errances actuelles. Mais par o&#249; commencer ? Comment d&#233;sarmer la broyeuse de cerveaux, qui d&#233;sormais s'&#233;tend aux r&#233;seaux sociaux ? Des interrogations qui surgissent &#224; plusieurs reprises dans le livre &#8211; c'est mon obsession. Et l'approche gonzo, r&#233;serv&#233;e aux manifestions trumpistes que j'ai crois&#233;es (meeting de Trump &#224; Albuquerque, r&#233;union de notables trumpistes &#224; San Diego, etc.), permet de compenser ce d&#233;s&#233;quilibre : &#339;il pour &#339;il, moumoute pour moumoute. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je ne veux pas divulg&#226;cher, mais tu as finalement &#233;t&#233; incarc&#233;r&#233; une semaine dans un centre de r&#233;tention, o&#249; tu d&#233;couvres que la plupart de tes compagnons de chambr&#233;e soutiennent Trump...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cela rejoint par la bande la force du r&#233;cit mensonger trumpiste. Alors que Trump avait pass&#233; son temps &#224; clamer qu'il allait construire le mur et endiguer l'immigration clandestine, au d&#233;but, c'&#233;tait plus ou moins du pipeau. Durant son premier mandat, il avait encore les mains li&#233;es. Et les personnes exil&#233;es enferm&#233;es avec moi, en grande majorit&#233; latinos, savaient que Biden avait construit davantage de portions de mur, ou qu'Obama (surnomm&#233; &#8220;l'expulseur en chef&#8221;) avait men&#233; une politique migratoire plus rude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; cette ambiance surr&#233;aliste devant la t&#233;l&#233; retranscrivant la soir&#233;e &#233;lectorale du 5 novembre 2024, avec des consid&#233;rations telles que &#8220;&lt;i&gt;avec lui, on ne pas croupira pas&lt;/i&gt; &lt;i&gt;trop longtemps ici&lt;/i&gt;&#8221;. &#201;trange mais logique. Mes 60 camarades de chambr&#233;e s'appuyaient simplement sur ce qui &#224; leurs yeux semblait le moins pire. Et ils ne pouvaient pas anticiper la radicalisation monstrueuse de son deuxi&#232;me mandat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;sarroi de ces exil&#233;s enferm&#233;s est en certains points similaire &#224; celui des classes populaires &#233;tatsuniennes. Ici, il faut se d&#233;partir d'une forme de m&#233;pris, qu'on retrouve g&#233;n&#233;ralement dans le discours europ&#233;en : pourquoi les ricains votent-ils Trump ? Ils sont d&#233;biles ou quoi ? Non, c'est le r&#233;sultat logique d'un abandon des classes populaires par le parti d&#233;mocrate depuis 50 ans. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand on voit les meurtres commis par l'ICE ces derni&#232;res semaines, est-ce qu'on peut encore avoir de l'espoir pour la soci&#233;t&#233; &#233;tatsunienne ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il me semble (ou je veux croire) que la situation n'est pas totalement d&#233;sesp&#233;r&#233;e. D'abord parce que nombre de personnes se battent pour contrecarrer les politiques migratoires assassines, aux USA comme au Mexique. J'en ai rencontr&#233; beaucoup, de celles et ceux qui d&#233;posent des bidons d'eau dans le d&#233;sert, aux combattantes mexicaines qui s'organisent &#224; Tijuana pour fonder des centres sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la mobilisation collective massive est la seule forme de r&#233;sistance qui a du poids. On en a un exemple saisissant avec la situation &#224; Minneapolis &#224; l'heure actuelle. La milice ICE reste en place, mais il y a une micro-d&#233;faite trumpiste qui a force de symbole, car elle tient &#224; une solidarit&#233; collective. Comme me le disait &lt;a href='https://cqfd-journal.org/8-millions-dans-la-rue-et-apres' class=&#034;spip_in&#034;&gt;un camarade de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;install&#233; dans le Vermont au sujet des manifestations &#8220;No King&#8221;&lt;/a&gt; : &#8220;&lt;i&gt;Il y a une r&#233;sistance collective plus importante qu'on ne le croit en Europe !&lt;/i&gt;&#8221; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Thelma Susbielle&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire le dossier &#171; Combattre l'imaginaire complotiste &#187; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; num&#233;ro 242&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Finie la bamboche pour les gauchistes ?</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Finie-la-bamboche-pour-les</link>
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		<dc:date>2026-02-06T23:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#212; lord, on parcourt un livre verre de pif &#224; port&#233;e de main, et voil&#224; qu'au fil des pages on se surprend &#224; regarder ledit verre d'un &#339;il suspicieux. Ne serait-il pas un frein &#224; nos vell&#233;it&#233;s d'insurrection ? C'est en tout cas ce que pensaient pl&#233;thore de th&#233;oriciens anars de la fin du XIXe si&#232;cle et du d&#233;but du XXe. Avec de solides arguments. Le point de d&#233;part du passionnant livre de Mathieu L&#233;onard, Sobres pour la r&#233;volution. Cela peut sembler contre-intuitif. Voire rabat-joie. On (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no249-fevrier-2026-251" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;249 (f&#233;vrier 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#212; lord, on parcourt un livre verre de pif &#224; port&#233;e de main, et voil&#224; qu'au fil des pages on se surprend &#224; regarder ledit verre d'un &#339;il suspicieux. Ne serait-il pas un frein &#224; nos vell&#233;it&#233;s d'insurrection ? C'est en tout cas ce que pensaient pl&#233;thore de th&#233;oriciens anars de la fin du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle et du d&#233;but du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;. Avec de solides arguments. Le point de d&#233;part du passionnant livre de Mathieu L&#233;onard, &lt;i&gt;Sobres pour la r&#233;volution&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cela peut sembler contre-intuitif. Voire rabat-joie. On pensait que tout le monde r&#234;vait de trinquer au champagne sur une barricade enflamm&#233;e dans les jardins de l'&#201;lys&#233;e. Eh bien non. Dans le pass&#233; tout du moins. Ce que montre &lt;i&gt;Sobres pour la r&#233;volution &#8211; les anarchistes contre l'alcool&lt;/i&gt; (Nada, 2026), de l'ami et camarade CQFDien Mathieu L&#233;onard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remontons le temps en titubant. Le XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle a vu l'alcoolisme exploser, avec des chiffres vertigineux : de 1830 &#224; 1900, la consommation d'alcool annuelle est pass&#233;e de 15 &#224; 35 litres d'alcool pur par personne. Pour principaux soiffards, les classes populaires. Et les penseurs libertaires de faire un constat : la &#171; pieuvre alcool &#187; n'est plus seulement le &#171; sympt&#244;me des maux sociaux &#187; (exploitation par les patrons = refuge dans la boutanche), mais &#171; &lt;i&gt;cause profonde du frein &#224; la marche vers la libert&#233;&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;sume Mathieu L&#233;onard. Jusqu'&#224; l'anarchiste ill&#233;galiste &#201;tienne Monier, membre de la bande &#224; Bonnot, qui au moment de monter sur l'&#233;chafaud refuse le verre de rhum habituellement offert au condamn&#233; : &#171; &lt;i&gt;Je ne veux pas m'alcooliser&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Prophylaxie ultime !&lt;/i&gt; &#187;, s'exclame l'auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une tendance qui n'est pas du go&#251;t de tout le monde. Les discours portant sur &#171; le d&#233;terminisme biologique &#187; de l'alcoolisme ou relevant du camp n&#233;o-malthusien (pas de prog&#233;niture pour les adeptes de la picole) prennent vite du plomb dans l'aile. Il faut dire que la prohibition en terre ricaine, impos&#233;e par des ligues de vertu r&#233;acs, montre qu'interdire l'alcool ne fait que le rendre plus attirant &#8211; &#171; &lt;i&gt;Nulle part ailleurs on ne rencontre autant d'ivrognes que dans les villes acquises &#224; la prohibition&lt;/i&gt; &#187;, souligne Emma Goldman, militante anarchiste russe. Dans le m&#234;me temps, nombre d'anars s'insurgent face au mode de vie pr&#244;n&#233; : &#171; &lt;i&gt;[Les anarchistes individualistes] veulent l'ivresse, non point la tristesse de la vie&lt;/i&gt; &#187;, s'&#233;crie Lucien Ernest Juin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Seconde Guerre mondiale et &#171; &lt;i&gt;l'extermination de groupes jug&#233;s inf&#233;rieurs par la biopolitique nazie&lt;/i&gt; &#187; mettent un point quasi final aux id&#233;aux de lutte libertaire sobre. Hormis dans quelques territoires &#171; lib&#233;r&#233;s &#187;, &#224; l'image du Chiapas n&#233;ozapatiste o&#249; r&#232;gne une &#171; loi s&#232;che &#187; en partie propuls&#233;e par des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Morale de l'histoire : si lib&#233;ration de la bouteille il y a, ce sera en s'attaquant aux causes profondes de l'alcoolisme, &#224; savoir l'exploitation de la main-d'&#339;uvre sous la houlette du capitalisme vampire. Quant &#224; ma propre conviction, elle est limpide : la r&#233;volution sera anis&#233;e ou ne sera pas. Avec mod&#233;ration&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>le raton laveur punk</title>
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		<dc:date>2026-01-23T23:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>D&#233;a Guili</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Je t'apprends rien, fr&#233;rot, s&#339;urette, les temps sont foutrement durs : l'hiver, les r&#233;solutions 2026 d&#233;j&#224; bafou&#233;es, le retour au taf... De quoi p&#233;ter un c&#226;ble. Et pas seulement pour nous autres, foutus bip&#232;des d&#233;pressifs. Anticipant l'arriv&#233;e des f&#234;tes et de l'horrible p&#233;riode qui les suit, un adorable raton laveur s'est ainsi offert un interm&#232;de &#233;thylique pas piqu&#233; des hannetons, s'introduisant nuitamment dans un magasin d'alcool de la ville d'Ashland, en Virginie. Fastoche pour cet Ars&#232;ne (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no248-janvier-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;248 (janvier 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Dea-Guili" rel="tag"&gt;D&#233;a Guili&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6353 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/248_02_raton_deaguili.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH500/248_02_raton_deaguili-f6797.jpg?1769211008' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je t'apprends rien, fr&#233;rot, s&#339;urette, les temps sont foutrement durs : l'hiver, les r&#233;solutions 2026 d&#233;j&#224; bafou&#233;es, le retour au taf... De quoi p&#233;ter un c&#226;ble. Et pas seulement pour nous autres, foutus bip&#232;des d&#233;pressifs. Anticipant l'arriv&#233;e des f&#234;tes et de l'horrible p&#233;riode qui les suit, un adorable raton laveur s'est ainsi offert un interm&#232;de &#233;thylique pas piqu&#233; des hannetons, s'introduisant nuitamment dans un magasin d'alcool de la ville d'Ashland, en Virginie. Fastoche pour cet Ars&#232;ne Lupin au &#171; &lt;i&gt;masque noir bord&#233; de blanc&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;dixit&lt;/i&gt; mamie Wikip&#233;dia), qui a bris&#233; la dalle du faux plafond avant de s'offrir une teuf d'enfer en solo. Pour preuve, ces photos publi&#233;es par le refuge de protection des animaux du coin, charg&#233; d'accueillir les bestioles en petite forme. On y voit plusieurs &#233;tag&#232;res d&#233;valis&#233;es et les bouteilles bris&#233;es jalonnant le sol de belles tra&#238;n&#233;es alcoolis&#233;es. Ivre mort, l'h&#233;ro&#239;que raton laveur s'est ensuite tra&#238;n&#233; jusqu'aux toilettes o&#249; il s'est endormi en mode carpette, comme un prince. Cerise sur le baba au rhum, une responsable du refuge a d&#233;clar&#233; : &#171; &lt;i&gt;C'est la troisi&#232;me fois qu'il s'introduit par effraction.&lt;/i&gt; &#187; Comme l'a &#233;crit l'&#233;crivain britannique Samuel Johnson : &#171; &lt;i&gt; Les grandes &#339;uvres jaillissent non de la force, mais de la pers&#233;v&#233;rance.&lt;/i&gt; &#187; Bravo donc &#224; l'obstin&#233; punk quadrup&#232;de vandale, champion de l'impossible. Et &lt;i&gt;fuck&lt;/i&gt; les bonnes r&#233;solutions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Alcoolisme : &#171; Le cynisme est total &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Alcoolisme-Le-cynisme-est-total</link>
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		<dc:date>2025-12-29T16:13:24Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>
		<dc:subject>Baptiste Alchourroun</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans Treize ann&#233;es &#224; te regarder mourir, Benjamin Daugeron d&#233;crit sans fard son enfance et son adolescence &#224; l'ombre d'un p&#232;re alcoolique, finalement d&#233;c&#233;d&#233; de sa maladie. Un court r&#233;cit coup de poing qui m&#234;le consid&#233;rations personnelles et politico-sociales. Car l'alcoolisme en ZUP est &#233;galement synonyme d'abandon &#233;tatique et de m&#233;pris de classe. &#171; Daniel, mon grand-p&#232;re, est malade de l'alcool comme ses fr&#232;res et s&#339;urs, et comme ses parents, ses oncles, ses tantes et peut-&#234;tre m&#234;me ses (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no248-janvier-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;248 (janvier 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Baptiste-Alchourroun" rel="tag"&gt;Baptiste Alchourroun&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH79/logo_page_d_accueil_cqfd_1_-6-c5dc2.png?1768648949' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Treize ann&#233;es &#224; te regarder mourir&lt;/i&gt;, Benjamin Daugeron d&#233;crit sans fard son enfance et son adolescence &#224; l'ombre d'un p&#232;re alcoolique, finalement d&#233;c&#233;d&#233; de sa maladie. Un court r&#233;cit coup de poing qui m&#234;le consid&#233;rations personnelles et politico-sociales. Car l'alcoolisme en ZUP est &#233;galement synonyme d'abandon &#233;tatique et de m&#233;pris de classe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6345 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/248_12_alcooldaugeron_alchourroun.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH335/248_12_alcooldaugeron_alchourroun-d782f.jpg?1768648949' width='500' height='335' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; D&lt;/span&gt;&lt;i&gt;aniel&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;mon grand-p&#232;re, est malade de l'alcool comme ses fr&#232;res et s&#339;urs, et comme ses parents, ses oncles, ses tantes et peut-&#234;tre m&#234;me ses grands-parents avant lui&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crit l'auteur de &lt;i&gt;Treize ann&#233;es &#224; te regarder mourir &lt;/i&gt;(&#233;ditions du Commun, 2025). Un terrible constat, l'h&#233;ritage de la maladie alcoolique frappant &#233;galement ce p&#232;re qui est au c&#339;ur du r&#233;cit. Cette perp&#233;tuation ne doit rien au hasard, bien au contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en faut du courage pour livrer cette histoire et en faire un t&#233;moignage magn&#233;tique, propuls&#233; par une plume pudique et incisive. Il en faut de la rage accumul&#233;e pour d&#233;noncer frontalement la chape &#233;thylique s&#233;vissant dans cette ville abandonn&#233;e du Berry qu'est Ch&#226;teauroux. Il en faut de l'amour pour tirer le portrait de ce p&#232;re en perdition, que jamais il ne juge. Car de bi&#232;re en bi&#232;re, son p&#232;re se d&#233;truit in&#233;luctablement, perp&#233;tuant la rel&#233;gation sociale associ&#233;e &#224; la vie en ZUP : &#171; &lt;i&gt; Nous sommes ce que les gens qui n'en sont pas appellent des &lt;/i&gt;&#8220;cas sociaux&#8221;&lt;i&gt; .&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Dans le cas de mon p&#232;re, l'alcool a &#233;t&#233; un d&#233;clencheur du d&#233;classement social dans sa dimension mat&#233;rielle &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Benjamin est l'exception qui confirme la r&#232;gle, lui qui s'arrache &#224; ce destin pour fuir le Berry direction Paris, s'&#233;mancipant du carcan de la reproduction sociale et de l'abandon &#233;tatique. De &#171; cassos &#187; &#224; &#233;crivain, il ne renie pourtant en rien ses origines. Entretien avec un jeune homme en col&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'alcoolisme est-il la cause du d&#233;classement social ou bien est-ce l'inverse ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans le cas de mon p&#232;re, l'alcool a &#233;t&#233; un d&#233;clencheur du d&#233;classement social dans sa dimension mat&#233;rielle. C'est non seulement la famille qui est touch&#233;e, mais aussi la maison, le travail, puis le corps. Ce d&#233;classement a toujours plan&#233; au-dessus de nous. Mon p&#232;re a vu sa m&#232;re souffrir avant lui, son p&#232;re mourir avant lui. Il sait bien que pour ce monde, pour cette soci&#233;t&#233; organis&#233;e autour du capital, il n'est rien. Et ce &#8220;&#234;tre rien&#8221;, il le vit au quotidien dans les humiliations inflig&#233;es par les petits patrons, par l'agence d'int&#233;rim qui &#8220;place&#8221; les personnes dans une entreprise, par la pr&#233;carisation du travail qui fait de l'ouvrier non qualifi&#233; de la chair &#224; faire tourner des machines.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Les alcooliques sont trait&#233;s comme des moins que rien par les m&#233;decins &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; tout, il faut avancer dans la vie et montrer qu'on coche des cases, se marier, avoir des enfants, acheter une maison&#8230; Tout &#231;a sous le regard m&#233;prisant des voisins. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ton p&#232;re est d&#233;crit comme n'arrivant pas &#224; d&#233;passer sa condition et int&#233;riorisant le m&#233;pris. C'est &#231;a qui le maintient dans l'alcoolisme ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il y a effectivement une int&#233;riorisation du m&#233;pris de classe qui se vit partout (&#224; la banque, &#224; la CAF, &#224; la S&#233;cu, aux imp&#244;ts, puisqu'&#224; l'&#233;poque on se d&#233;place dans les centres de finances publiques). Ce rejet du pauvre est avant tout v&#233;hicul&#233; par l'&#201;tat et les services publics. Il explique en grande partie la haine de mon p&#232;re envers lui-m&#234;me et ce qu'il incarne. Ce qui le maintient dans l'alcool, c'est aussi le manque total de prise en charge m&#233;dicale, que ce soit &#224; l'h&#244;pital ou en m&#233;decine de ville. Les alcooliques sont trait&#233;s comme des moins que rien par les m&#233;decins.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Poser l'alcool comme un enjeu sanitaire de premier plan, c'est prendre le risque pour les gouvernants de faire perdre des milliards d'euros de chiffre d'affaires &#224; leurs potos &#224; la t&#234;te des grands groupes &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Dans un pays o&#249; plusieurs millions de personnes ont un &#8220;probl&#232;me avec l'alcool&#8221; pour reprendre les termes d'une campagne de pr&#233;vention t&#233;l&#233;vis&#233;e des ann&#233;es 2010, aucun r&#233;seau de sant&#233; sp&#233;cialis&#233; n'existe. Les familles et avant tout les femmes et les enfants sont livr&#233;s &#224; eux-m&#234;mes et &#224; elles-m&#234;mes, souvent victimes de la violence des malades de l'alcool, qui provoque emportement, agressivit&#233; et troubles paranos. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi aucune institution n'a-t-elle pris en charge sa maladie ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Prendre en charge la maladie par l'institution, c'est reconna&#238;tre la responsabilit&#233; de l'&#201;tat dans ce qui repr&#233;sente un enjeu sanitaire majeur. Par ailleurs, les niveaux de connivence entre sph&#232;res &#233;conomiques et sph&#232;res politiques sont tels que le lobbying des grands groupes alcooliers joue un r&#244;le pr&#233;pond&#233;rant dans ce refus politique de traiter ce probl&#232;me. Poser l'alcool comme un enjeu sanitaire de premier plan, c'est prendre le risque pour les gouvernants de faire perdre des milliards d'euros de chiffre d'affaires &#224; leurs potos &#224; la t&#234;te des grands groupes et de d&#233;grader leur image. Il est bien plus commode de pointer du doigt la responsabilit&#233; individuelle dans la consommation d'alcool et de faire de l'alcoolique un coupable. Mais tous les alcooliques ne se valent pas. Les plus fortun&#233;s peuvent se mettre au vert dans de luxueux &#233;tablissements de d&#233;sintoxication et continuer &#224; jouir de tout un r&#233;seau social. Par contre, les malades des classes populaires meurent seuls chez eux et sont souvent retrouv&#233;s des jours apr&#232;s leur d&#233;c&#232;s, comme &#231;a a &#233;t&#233; le cas de mon p&#232;re. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu racontes le m&#233;pris social envers la ZUP, qui vous vaut le surnom de &#171; cassos &#187;&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le m&#233;pris social se manifeste d'abord par le regard. C'est souvent la premi&#232;re forme de contact entre &#234;tres humains. La personne de l'accueil &#224; la CAF, &#224; la mairie, au tribunal ou encore, au commissariat. Puis ce m&#233;pris se prolonge par la parole. Les populations plus pauvres ou isol&#233;es irritent par leur fa&#231;on de parler ou par leurs questions. Le premier regard porte sur le langage corporel et vestimentaire, puis les mots &#233;chang&#233;s trahissent notre condition et justifient les mauvais traitements de la part des agents de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; L'&#201;tat cherche &#224; minimiser les co&#251;ts du syst&#232;me social sur le dos des malades &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s &#234;tre all&#233; au commissariat &#224; 15 ans pour d&#233;noncer les faits de violence dont j'&#233;tais victime &#224; la maison, avec constatation des coups par le m&#233;decin mandat&#233; par l'institution, l'officier de police judiciaire d&#233;clare au procureur que ce n'est qu'une &#8220;petite baffe&#8221; et qu'on peut me renvoyer chez moi sans mesures de protection. Il ne se cache m&#234;me pas de cette discussion t&#233;l&#233;phonique. Il ment devant moi, impun&#233;ment. Parce que nos existences n'ont pas de valeur &#224; leurs yeux. Nous repr&#233;sentons un poids pour la police qui est form&#233;e pour aller au combat plut&#244;t que pour prot&#233;ger et assister la population. Par ailleurs, l'institution judiciaire fait preuve d'une ind&#233;niable haine &#224; l'&#233;gard des pauvres. En t&#233;moigne le nombre de personnes issues de milieux populaires emprisonn&#233;es sous des conditions abjectes dans ce pays. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu racontes que ta famille est consid&#233;r&#233;e comme improductive et donc rejet&#233;e du jeu social. Comment &#231;a se manifeste ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Par une volont&#233; d&#233;lib&#233;r&#233;e de limiter le co&#251;t financier imput&#233; par nos existences au syst&#232;me. Mon p&#232;re a par exemple &#233;t&#233; d&#233;clar&#233; invalide &#224; seulement 80 % alors qu'il ne pouvait plus avoir d'activit&#233; physiquement engageante. Il ne pouvait pas marcher plus de 10 ou 15 minutes, ne pouvait plus conduire. Il avait beaucoup de mal &#224; tenir un stylo ou rouler ses propres cigarettes. Il aurait d&#251; &#234;tre d&#233;clar&#233; invalide &#224; 100 %. Seulement, l'&#201;tat cherche &#224; minimiser les co&#251;ts du syst&#232;me social sur le dos des malades. Le cynisme est total.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sans-abri sont par exemple majoritairement issus de l'Aide sociale &#224; l'enfance quand ils &#233;taient mineurs. Une grande partie d'eux souffrent de pathologies psychiatriques graves, sans aucune prise en charge de l'&#201;tat. Ces personnes ont besoin d'un logement, d'un h&#244;pital et d'un revenu minimum qui leur permettraient de vivre dignement et de s'ins&#233;rer dans la soci&#233;t&#233;. Ce ne sont pas les pauvres qui rejettent le syst&#232;me, c'est le syst&#232;me qui ne veut pas d'eux. Pour que les riches soient toujours plus riches, les pauvres doivent &#234;tre toujours plus pauvres. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Colette est le personnage le plus &#171; positif &#187; du livre. Comment se diff&#233;rencie-t-elle des autres personnes faisant partie de ton environnement proche ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ma grand-m&#232;re Colette a &#233;t&#233; la seule personne de mon entourage familial &#224; ne jamais faire preuve de violence &#224; mon &#233;gard. Et ma seule source de douceur et de tendresse durant toute mon enfance, une tendresse et une douceur pudiques et discr&#232;tes qui ne se manifestaient pas par de l'affection physique ou des c&#226;lins mais par des regards et, parfois, des mots. Elle m'appelait &#8220;&lt;i&gt;Ch&#233;ri&lt;/i&gt;&#8221; quand elle s'adressait &#224; moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Colette a v&#233;cu une multitude de violences inflig&#233;es par son mari Daniel, que je n'ai heureusement pas connu. Elle a demand&#233; le divorce &#224; deux reprises, suite &#224; des violences dont elle n'a jamais voulu me raconter la nature. La justice le lui a refus&#233; &#224; chaque fois. Il a fallu attendre que Daniel se suicide dans l'appartement d'un coup de carabine pour que Colette soit lib&#233;r&#233;e de ce monstre. La justice justifiait son refus de lui accorder le divorce car Daniel, profond&#233;ment alcoolique, &#233;tait reconnu comme &#8220;malade&#8221; aux yeux du juge. Sa femme n'avait donc pas le droit de l'abandonner. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par &#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Bourdon, aka super-Bombus</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Matthieu Ossona de Mendez</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;T'es d&#233;prim&#233;&#183;e ? Plong&#233;&#183;e dans la morosit&#233; comme une gu&#234;pe estivale dans ton diabolo grenadine ? Rien de plus normal, suffit de se coltiner les infos pour avoir envie de crever dans une soupe de courge. Mais une solution existe : cohabite avec un bourdon ! Car, contrairement &#224; ce que l'expression &#224; la con &#171; avoir le bourdon &#187; sugg&#232;re, ces fiers repr&#233;sentants du genre Bombus sont les champions du transfert d'optimisme &#224; leurs copains copines. C'est ce que r&#233;v&#232;le une r&#233;cente &#233;tude men&#233;e par (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no247-decembre-2025" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;247 (d&#233;cembre 2025)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Matthieu-Ossona-de-Mendez" rel="tag"&gt;Matthieu Ossona de Mendez&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6327 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/247_02_bourdon_matthieuossonademendez.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH500/247_02_bourdon_matthieuossonademendez-a71e2.jpg?1768666123' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;T'es d&#233;prim&#233;&#183;e ? Plong&#233;&#183;e dans la morosit&#233; comme une gu&#234;pe estivale dans ton diabolo grenadine ? Rien de plus normal, suffit de se coltiner les infos pour avoir envie de crever dans une soupe de courge. Mais une solution existe : cohabite avec un bourdon ! Car, contrairement &#224; ce que l'expression &#224; la con &#171; avoir le bourdon &#187; sugg&#232;re, ces fiers repr&#233;sentants du genre Bombus sont les champions du transfert d'optimisme &#224; leurs copains copines. C'est ce que r&#233;v&#232;le une r&#233;cente &#233;tude men&#233;e par des scientifiques de la Southern Medical University de Canton. Je te passe les d&#233;tails et la complexit&#233; du truc (comment sait-on qu'un bourdon est optimiste ?) mais voil&#224;, la science est unanime : ces pollinisateurs d'&#233;lite peuvent transmettre leur humeur de type&lt;i&gt; j'ai trop la patate bande de d&#233;pressif&#183;ves&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce n'est pas tout : les bourdons savent faire vibrer les fleurs en mode &lt;i&gt;buzzing&lt;/i&gt; (terme officiel) pour faire jaillir le pollen, ma&#238;trisent les communications en Morse si on leur apprend et ne font pas de r&#233;serves de bouffe contrairement aux chiantes abeilles car ils s'en &lt;i&gt;balek&lt;/i&gt; de l'hiver &#224; venir. Outre l'aspect fascinant du champ scientifique qui les &#233;tudie et de son champion incontest&#233; le zoologiste Lars Chittka, on ne peut que saluer leurs aptitudes &#224; la bagarre. Tonton Wikip&#233;dia m'apprend ainsi que &#171; &lt;i&gt;les femelles peuvent injecter des peptides neurologiques&lt;/i&gt; &#187;. J'ignore tout de cette substance, mais je r&#234;ve d'un gros nuage d&#233;vers&#233; sur l'&#201;lys&#233;e ou sur un cort&#232;ge de fafs. &lt;i&gt;BOUM&lt;/i&gt;, vl&#224; les Bombus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; Propulser l'&#233;lan vital &#187;</title>
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		<dc:date>2025-12-12T23:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;lias</dc:subject>
		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nathalie Quintane n'est pas seulement une belle plume, aiguis&#233;e depuis la fin des ann&#233;es 1990 au fil d'une bibliographie prolifique, c'est aussi un regard transper&#231;ant et curieux. Dans Soixante-dix fant&#244;mes, elle laisse libre cours &#224; cette vocation, en qu&#234;te de f&#226;cheux stigmates politiques. Rencontre t&#233;l&#233;phonique avec une m&#233;t&#233;orologue du quotidien. En exergue de son dernier livre, il y a cette citation du barde Bob Dylan : &#171; Because something is happening here / But you don't know what is (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no247-decembre-2025" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;247 (d&#233;cembre 2025)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Elias-18275" rel="tag"&gt;&#201;lias&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH79/logo_page_d_accueil_cqfd_9_-3-3f456.png?1768666123' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nathalie Quintane n'est pas seulement une belle plume, aiguis&#233;e depuis la fin des ann&#233;es 1990 au fil d'une bibliographie prolifique, c'est aussi un regard transper&#231;ant et curieux. Dans &lt;i&gt;Soixante-dix fant&#244;mes&lt;/i&gt;, elle laisse libre cours &#224; cette vocation, en qu&#234;te de f&#226;cheux stigmates politiques. Rencontre t&#233;l&#233;phonique avec une m&#233;t&#233;orologue du quotidien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6322 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/247_16_quintane_elias.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH464/247_16_quintane_elias-8c590.jpg?1768666123' width='500' height='464' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;E&lt;/span&gt;n exergue de son dernier livre, il y a cette citation du barde Bob Dylan : &#171; &lt;i&gt;Because something is happening here / But you don't know what is &lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Ballad of a thin man &#187;, 1965.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Soit : &#171; &lt;i&gt;Quelque chose est train de se passer, mais tu ignores ce que c'est&lt;/i&gt; &#187;. &#192; voir. Car si &lt;i&gt;ignorance &lt;/i&gt;il y a, elle se dissipe vite &#224; la lecture des pages tricot&#233;es par Nathalie Quintane. Les indices pullulent. Des voix auparavant discr&#232;tes qui soudainement se l&#226;chent pour brailler leurs insanit&#233;s r&#233;acs. Les regards noirs port&#233;s sur les habitu&#233;s d'un kebab. Les &#233;crans o&#249; s'agitent de sinistres haineux &#224; gueules de pr&#233;fets collabos.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; &lt;i&gt;Soixante-dix fant&#244;mes&lt;/i&gt; se veut une sorte de manuel d'&#233;ducation au regard, des r&#233;cits pour d&#233;crypter dans ses d&#233;tails l'avanc&#233;e du fascisme &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Autant de sympt&#244;mes que la po&#233;tesse et &#233;crivaine a d&#233;cid&#233; de traquer au lendemain de la dissolution de juin 2024 obnubil&#233;e par la mar&#233;e faf. Elle en a tir&#233; &lt;i&gt;Soixante-dix fant&#244;mes &lt;/i&gt;(La Fabrique, 2025), chronique &#224; fleur de plume d'un quotidien qui bascule.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Vent froid de secteur brun&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans un autre morceau mythique, &#171; Subterranean Homesick Blues &#187;, Dylan chantait &#171; &lt;i&gt;Pas besoin d'un m&#233;t&#233;orologue / Pour savoir dans quelle direction souffle le vent &lt;/i&gt; &#187;. C'est &#224; moiti&#233; vrai. Un regard ext&#233;rieur ac&#233;r&#233; &#233;claire parfois d'un jour nouveau les d&#233;pressions saisonni&#232;res. C'est l'une des ambitions de ce petit livre. &#171; Soixante-dix fant&#244;mes&lt;i&gt; se veut une sorte de manuel d'&#233;ducation au regard, des r&#233;cits pour d&#233;crypter dans ses d&#233;tails l'avanc&#233;e du fascisme&lt;/i&gt;, explique Nathalie Quintane. &lt;i&gt;Le message : Sachez d&#233;celer.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Install&#233;e dans une petite ville de province proven&#231;ale, o&#249; elle bosse comme prof de fran&#231;ais dans un coll&#232;ge, environnement&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Environnement plus d&#233;taill&#233; dans Un hamster &#224; l'&#233;cole, La Fabrique, 2021.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; qu'elle qualifie d'&#171; &lt;i&gt;excellent poste d'observation&lt;/i&gt; &#187;, elle se focalise dans &lt;i&gt;Soixante-dix fant&#244;mes&lt;/i&gt; sur les remous fachos &#224; hauteur d'homme, loin du pouvoir. &#171; &lt;i&gt;Comme j'y suis install&#233;e, je peux avoir une vision des choses qui n'est pas surplombante mais ancr&#233;e dans le quotidien&lt;/i&gt;, d&#233;taille-t-elle. &lt;i&gt;Je croise les habitants dans mon quotidien, au bar, au plan d'eau, &#224; la caisse du supermarch&#233;. Je suis dedans.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Flottant autour d'elle, ce qu'elle appelle la &#171; &lt;i&gt;brouillasse &lt;/i&gt; &#187;, atmosph&#232;re confuse et pesante o&#249; les signaux surgissent en &lt;i&gt;flashs&lt;/i&gt;. Ces enseignants &#224; qui l'on dit sur le march&#233; &#171; &lt;i&gt;Rentrez chez vous ! Allez bosser ! Les profs c'est dans leur classe ou chez eux&lt;/i&gt; &#187;. Un pauvre h&#232;re mis &#224; la porte du Lidl, houspill&#233; par &#171; &lt;i&gt;l'employ&#233; qui l'insult[e], le rabaiss[e]&lt;/i&gt; &#187;. Ou cette pancarte &#171; &lt;i&gt;propri&#233;t&#233; priv&#233;e &#8211; d&#233;fense d'entrer&lt;/i&gt; &#187; qui soudain bloque l'acc&#232;s &#224; la rivi&#232;re. Autant de perc&#233;es plus ou moins directes d'un nivellement par le faf. Aux yeux de l'autrice, le pire serait de s'habituer &#224; ce climat, de &#171; &lt;i&gt;prendre le pli&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le temps des salauds&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour caract&#233;riser ce d&#233;cryptage &#224; hauteur d'humain, Nathalie Quintane parle d'enqu&#234;te de &#171; &lt;i&gt;basse intensit&#233; &lt;/i&gt; &#187;. Une forme de microscope social. Par le pass&#233;, elle s'est aussi frott&#233;e &#224; la &#171; haute intensit&#233; &#187;, immersion par le haut et les ordures. &#171; &lt;i&gt;Dans &lt;/i&gt;Les Enfants vont bien&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;POL, 2019.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;i&gt; j'ai &#233;tudi&#233; le discours public autour des personnes exil&#233;es au lendemain du d&#233;mant&#232;lement de ladite jungle de Calais&lt;/i&gt;, explique-t-elle. &lt;i&gt;Il s'agissait alors de compiler des textes allant de paroles de ministres de l'int&#233;rieur &#224; des d&#233;crets particuli&#232;rement marquants, en passant par des fragments de textes de loi ou des articles de &lt;/i&gt;La Provence&lt;i&gt;. &lt;/i&gt; &#187; Une recension minutieuse visant &#224; d&#233;voiler les conditions de l'avanc&#233;e de l'extr&#234;me droite, aux discours valid&#233;s en haut lieu &#8211; par des &#171; &lt;i&gt;patrons &#224; la sant&#233; mentale chancelante&lt;/i&gt; &#187; ou &#171; &lt;i&gt;des yoyos maniaques&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Le tableau a beau &#234;tre sombre, Nathalie Quintane n'abdique pas&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pour appuyer son propos, elle cite cette phrase reprise par Hugues Jallon dans son r&#233;cent essai&lt;i&gt; Le Temps des salauds&lt;/i&gt; (Divergences, 2025) : &#171; &lt;i&gt;Le fascisme, &#231;a commence avec les fous, &#231;a se r&#233;alise gr&#226;ce aux salauds et &#231;a continue &#224; cause des cons.&lt;/i&gt; &#187; Lesdits &lt;i&gt;salauds&lt;/i&gt;, ce sont les irresponsables au pouvoir qui, dit-elle, &#171; &lt;i&gt;s'emploient &#224; rendre le projet fasciste acceptable, raisonnable &lt;/i&gt; &#187;. Des strates et des strates de paroles iniques qui ont propuls&#233; ce &#171; &lt;i&gt;bruit de fond diffus&lt;/i&gt; &#187; jusque dans son refuge du Sud-est, o&#249; le vote RN atteint les 30 %.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Les mots &#224; la rescousse&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le tableau a beau &#234;tre sombre, Nathalie Quintane n'abdique pas. &#171; &lt;i&gt; Il est imp&#233;ratif de ne pas d&#233;missionner face &#224; ce mouvement de fond&lt;/i&gt; &#187;, insiste celle qui dit avoir &#233;t&#233; profond&#233;ment marqu&#233;e par l'&#233;pisode Nuit debout. Elle n'id&#233;alise pas le pouvoir politique de la litt&#233;rature, qui n'est &#171; &lt;i&gt;pas l&#224; pour fournir un r&#233;pertoire d'actions in&#233;dites&lt;/i&gt; &#187; et ne saurait en rien se substituer &#224; l'intelligence collective d&#233;ploy&#233;e dans les mouvements sociaux. Mais elle estime dans le m&#234;me temps qu'elle peut offrir un &lt;i&gt;shoot&lt;/i&gt; de motivation : &#171; &lt;i&gt; Cela fait 30 ans que je m'emploie &#224; propulser l'&#233;lan vital, &#224; le transmettre par la langue et &#224; faire en sorte que la phrase en elle-m&#234;me retranscrive une d&#233;rive, une fantaisie, une imagination en action. Quand tu sors d'un bon livre ou du cin&#233;ma, ta vision des choses est d&#233;centr&#233;e, tu ne vois plus la rue de la m&#234;me mani&#232;re. Cette respiration, c'est le r&#244;le de la litt&#233;rature, de la musique du cin&#233;ma. C'est gr&#226;ce &#224; l'&#233;lan qu'ils provoquent que les gens ne se laissent pas mourir, r&#233;sistent. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ne pas s'y tromper : si &lt;i&gt;Soixante-dix fant&#244;mes &lt;/i&gt;aborde un th&#232;me noir (brun) au possible, il laisse une grande part au sourire et &#224; l'absurde. Il y a par exemple ces moqueries sur la &#171; &lt;i&gt;t&#234;te r&#233;duite&lt;/i&gt; &#187; du ministre de l'Int&#233;rieur et les &#171; &lt;i&gt;zombies catholiques&lt;/i&gt; &#187; qui l'adulent. Ou bien cette pancarte de manif proclamant &#171; Faf fuffit &#187;, avec la t&#234;te de Titi (l'ennemi de Gros Minet) propuls&#233; guerrier antifa. Car l'&#233;criture de Nathalie Quintane se permet des &#233;carts, des plong&#233;es dans les replis de son cerveau. Le premier texte de l'ouvrage, &#171; L'&#238;le des esclaves &#187;, offre ainsi un fantasme de r&#233;sistance. Alors qu'un &#233;l&#232;ve &#224; la fois baraqu&#233; et fort intelligent passe son oral de fran&#231;ais sur ce texte de Marivaux, elle se prend &#224; r&#234;ver d'une improbable chasse aux fascistes, men&#233;e par une bande d'ados alliant muscles et neurones : &#171; &lt;i&gt;J'imagine une milice qui aurait lu Marivaux [&#8230;], ils avancent &#224; la main de longues tiges de roseaux [...] ils jambisent&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;f&#233;rence &#224; une pratique violente utilis&#233;e par certains partisans de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;i&gt; de leurs longs fouets les fafs [&#8230;], ils les font courir sur le pont, les poursuivent et s'arr&#234;tent sur la rive oppos&#233;e&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une oasis po&#233;tique qui permet d'opposer un souffle d'imaginaire &#224; la d&#233;cr&#233;pitude du pr&#233;sent. D'o&#249; son premier objectif en tant qu'autrice : &#171; &lt;i&gt;ouvrir un espace o&#249; l'on peut respirer et trouver de la joie&lt;/i&gt; &#187;. Elle ajoute : &#171; &lt;i&gt;Si toute forme de plaisir a disparu, il n'y a plus qu'&#224; rester couch&#233;, au sens litt&#233;ral du terme&lt;/i&gt; &#187;. Debout les damn&#233;s de la &lt;i&gt;brouillasse &lt;/i&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Ballad of a thin man &#187;, 1965.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Environnement plus d&#233;taill&#233; dans &lt;i&gt;Un hamster &#224; l'&#233;cole&lt;/i&gt;, La Fabrique, 2021.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;POL, 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;R&#233;f&#233;rence &#224; une pratique violente utilis&#233;e par certains partisans de la lutte arm&#233;e en Italie contre des cibles politique : une balle dans la jambe.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>l'inestimable hirondelle</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/l-inestimable-hirondelle</link>
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		<dc:date>2025-11-28T23:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>L&#233;o Gillet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Chaque automne, la m&#234;me tristesse embue nos yeux. Non seulement l'&#233;t&#233; est parti, mais les hirondelles se sont barr&#233;es en piaillant, direction les cieux africains. Leur envol&#233;e laisse un vide si b&#233;ant qu'aux jours gris on se surprend &#224; revisiter leurs plus beaux exploits. Symboles de la renaissance printani&#232;re, ces merveilles ail&#233;es effectuent chaque ann&#233;e un aller-retour migratoire pouvant atteindre les 20 000 km, avec pour seuls vivres quelques grammes de graisse. Lasse, l'esp&#232;ce humaine (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no246-novembre-2025" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;246 (novembre 2025)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Leo-Gillet-18340" rel="tag"&gt;L&#233;o Gillet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH79/logo_page_d_accueil_cqfd_1_-5-66352.png?1768666124' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6298 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/246_02_animal_leogilet.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH503/246_02_animal_leogilet-e7c81.jpg?1768666124' width='500' height='503' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;C&lt;/span&gt;haque automne, la m&#234;me tristesse embue nos yeux. Non seulement l'&#233;t&#233; est parti, mais les hirondelles se sont barr&#233;es en piaillant, direction les cieux africains. Leur envol&#233;e laisse un vide si b&#233;ant qu'aux jours gris on se surprend &#224; revisiter leurs plus beaux exploits. Symboles de la renaissance printani&#232;re, ces merveilles ail&#233;es effectuent chaque ann&#233;e un aller-retour migratoire pouvant atteindre les 20 000 km, avec pour seuls vivres quelques grammes de graisse. Lasse, l'esp&#232;ce humaine pr&#233;f&#232;re&lt;i&gt; P&#233;kin Express&lt;/i&gt;. Et elle&lt;i&gt; &lt;/i&gt;est si d&#233;nu&#233;e d'&#226;me qu'elle a choisi l'horrible verbe &#171; trisser &#187; pour d&#233;signer ses gazouillements. Surtout, pesticides et autres calamit&#233;s concoct&#233;es par l'&lt;i&gt;homo saccagus&lt;/i&gt; s'allient pour drastiquement d&#233;cimer leur population en Europe et en Am&#233;rique du Nord.&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Alors parfois Madame se venge, anti-indus jusqu'au trognon. C'est le cas d'une poign&#233;e d'hirondelles des rivages qui mettent des b&#226;tons dans les roues d'un monstrueux projet de complexe h&#244;telier/Spa pr&#232;s de Saint-Malo. Cens&#233;e &#234;tre b&#226;tie en surplomb de la plage du Minihic, ladite monstruosit&#233; pourrait bien finir le bec dans l'eau, gr&#226;ce &#224; des couples d'hirondelles install&#233;es sur des falaises &#224; proximit&#233;. Car, oui, ces petites rebelles sont prot&#233;g&#233;es. Maxihic pour les promoteurs. Et l'occasion de rappeler &#224; quel point ces volatiles inspirent les plus belles envol&#233;es &#233;meuti&#232;res. Comme le disait Shakespeare dans &lt;i&gt;Richard III &lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;L'esp&#233;rance vertueuse va vite : elle poss&#232;de les ailes de l'hirondelle&lt;/i&gt; &#187;. M&#233;gachic.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>On n'ach&#232;ve pas les punks</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/On-n-acheve-pas-les-punks</link>
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		<dc:date>2025-11-26T14:57:21Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;D'aucuns disent de lui qu'il est &#171; l'&#233;crivain inconnu le plus connu d'Am&#233;rique &#187;. Et qu'on ne saurait trouver meilleur conteur de l'histoire des squats bord&#233;liques et des boucans punks. Pas faux. Ajoutons qu'apr&#232;s avoir lanc&#233; son iconique et p&#233;taradant fanzine Cometbus au d&#233;but des ann&#233;es 1980, Aaron Cometbus n'a rien l&#226;ch&#233;. Dans Post-mortem, il d&#233;roule l'une de ses obsessions : que reste-t-il des utopies underground fr&#233;quent&#233;es au fil des d&#233;cennies ? &#171; Comment faire durer les choses que (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no246-novembre-2025" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;246 (novembre 2025)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;D'aucuns disent de lui qu'il est &#171; l'&#233;crivain inconnu le plus connu d'Am&#233;rique &#187;. Et qu'on ne saurait trouver meilleur conteur de l'histoire des squats bord&#233;liques et des boucans punks. Pas faux. Ajoutons qu'apr&#232;s avoir lanc&#233; son iconique et p&#233;taradant fanzine &lt;i&gt;Cometbus&lt;/i&gt; au d&#233;but des ann&#233;es 1980&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour une description &#233;namour&#233;e de son approche de la micro-&#233;dition, lire &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, Aaron Cometbus n'a rien l&#226;ch&#233;. Dans &lt;i&gt;Post-mortem&lt;/i&gt;, il d&#233;roule l'une de ses obsessions : que reste-t-il des utopies underground fr&#233;quent&#233;es au fil des d&#233;cennies ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6300 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/246_14_cometbus.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH482/246_14_cometbus-da01f.jpg?1768666124' width='500' height='482' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; C&lt;/span&gt;&lt;i&gt;omment faire durer les choses que l'on aime ?&lt;/i&gt; &#187; La question n'a rien d'anodin. Surtout formul&#233;e par Aaron Cometbus, amoureux proclam&#233; des causes perdues &#8211; des squats autog&#233;r&#233;s aux micro-labels de punk, en passant par les librairies f&#233;rocement contre-culturelles ou les &#233;diteurs fondus de publications d&#233;jant&#233;es. De New York &#224; San Francisco en passant par Seattle, dans &lt;i&gt;Post-Mortem&lt;/i&gt; (Demain les flammes &amp; N&#339;uds &#233;ditions, 2025), il part en chasse de ses amours rebelles pass&#233;s, entre inventaire et autopsie. Pas simple. &#171; &lt;i&gt;Les nobles id&#233;aux, c'est mon truc&lt;/i&gt;, &#233;crit-il. &lt;i&gt;Mais je voulais d&#233;passer la rh&#233;torique et comprendre ce qui fonctionnait dans la r&#233;alit&#233;.&lt;/i&gt; &#187; En d&#233;coulent de belles retrouvailles et des constats d'&#233;chec, des tonnes de nostalgie et la joie de retrouver ce qui parfois perdure. En fond sonore, l'impression d'une &#233;pid&#233;mie de perdition, entre succ&#232;s qui tron&#231;onnent l'id&#233;al et disparition pour cause d'&#233;puisement. Rageant : &#171; &lt;i&gt;Nous &#233;tions si nombreux, pr&#234;ts &#224; &#339;uvrer gratuitement pour la cause. Nous devrions poss&#233;der le centre-ville de toutes les grandes villes &#224; l'heure qu'il est.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bilan en demi-teinte, donc. D'autant plus qu'il est difficile de d&#233;m&#234;ler ce qui est nostalgie de&lt;i&gt; boomer &lt;/i&gt;et vision objective. &#171; &lt;i&gt;Je dois vraiment r&#233;sister &#224; la tentation de devenir cette personne qui dit :&lt;/i&gt; &#8220;barrez-vous de ma pelouse, sales gamins&#8221; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; avoue l'un de ses interlocuteurs, roi de la BD underground d&#233;sormais un peu d&#233;phas&#233;. Et c'est l&#224; que la recension percute l'actualit&#233; de ce journal. Et que je d&#233;laisse mes pages et pages de notes sur l'excellent&lt;i&gt; Post-mortem &lt;/i&gt;pour rebondir sur&lt;i&gt; notre &lt;/i&gt;situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi-m&#234;me d&#233;sormais &lt;i&gt;vieux con&lt;/i&gt;, je suis d'autant plus &#233;pat&#233; par les capacit&#233;s de &lt;i&gt;CQFD &lt;/i&gt;&#224; se renouveler au fil des ans sans d&#233;vier d'une ligne intransigeante, ce &lt;i&gt;mordre et tenir &lt;/i&gt;qui anime le canard depuis sa naissance. &#199;a change, &#231;a &#233;volue, &#231;a rajeunit, mais le fond reste le m&#234;me, acharn&#233; &#224; ruer contre l'air du temps. Une certitude : tenir aussi longtemps est un exploit. Plus de vingt ans &#224; batailler contre vents et mar&#233;es dans les kiosques, l'exploit n'est pas mince. &#171; &lt;i&gt;Peut-on perdurer sans perdre son &#226;me ? &lt;/i&gt; &#187; s'interroge le barde punk. &#192; &#231;a, on peut r&#233;pondre sans rougir que&lt;i&gt; yep, on peut&lt;/i&gt; (m&#234;me si on a plus que jamais besoin de votre soutien ! ! !). Avec cette certitude : tant qu'on n'aura pas mordu la poussi&#232;re, on l&#226;chera rien. &lt;i&gt;Ta&#239;aut&lt;/i&gt;, encore et toujours.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour une description &#233;namour&#233;e de son approche de la micro-&#233;dition, lire &#171; Les fanzines ont des ailes (les punks et les bouquinistes aussi) &#187;,&lt;i&gt; CQFD&lt;/i&gt; n&#176;205 (janvier 2022).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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