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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Les vagues comme des barbel&#233;s</title>
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		<dc:date>2017-07-10T14:04:52Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Nenn&#232;s</dc:creator>


		<dc:subject>Actualit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Suzanne Friedel / SOS M&#233;diterrann&#233;e</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Depuis f&#233;vrier 2016, l'Aquarius sillonne les eaux internationales au large de la Libye pour porter secours aux migrants qui tentent la travers&#233;e vers l'Europe. L'une des routes les plus meurtri&#232;res au monde : plus de deux mille personnes s'y sont d&#233;j&#224; noy&#233;es en 2017. Affr&#233;t&#233; par SOS-M&#233;diterran&#233;e, L'Aquarius est l'un des huit bateaux de secours pr&#233;sents sur la zone &#8211; le seul &#224; y patrouiller toute l'ann&#233;e. CQFD a pu embarquer &#224; son bord pendant une dizaine de jours. Al'Est, les premi&#232;res (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no156-juillet-aout-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;156 (juillet-ao&#251;t 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Actualites" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Suzanne-Friedel-SOS-Mediterrannee" rel="tag"&gt;Suzanne Friedel / SOS M&#233;diterrann&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/j-ai" rel="tag"&gt;j'ai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-ils" rel="tag"&gt;qu'ils&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/sauvetage" rel="tag"&gt;sauvetage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/puis" rel="tag"&gt;puis&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis f&#233;vrier 2016, l'&lt;i&gt;Aquarius&lt;/i&gt; sillonne les eaux internationales au large de la Libye pour porter
secours aux migrants qui tentent la travers&#233;e vers l'Europe. L'une des routes les plus meurtri&#232;res
au monde : plus de deux mille personnes s'y sont d&#233;j&#224; noy&#233;es en 2017. Affr&#233;t&#233; par SOS-M&#233;diterran&#233;e, L'&lt;i&gt;Aquarius&lt;/i&gt; est l'un des huit bateaux de secours pr&#233;sents sur la zone &#8211; le seul &#224; y patrouiller toute
l'ann&#233;e. &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a pu embarquer &#224; son bord pendant une dizaine de jours.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Al'Est, les premi&#232;res lueurs se font plus pr&#233;cises. Il est 5h30. Depuis la passerelle, Basile scrute l'horizon aux jumelles depuis une bonne heure d&#233;j&#224;. En vain. L'&lt;i&gt;Aquarius&lt;/i&gt; est de retour dans la SAR zone&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Search and Rescue Zone commence &#224; 12 miles des c&#244;tes libyennes, &#224; la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; apr&#232;s douze jours de cale s&#232;che. Tout le monde est tendu. Pour un peu, on se sentirait coupables d'avoir &#233;t&#233; absents. Quelque part devant, un point noir dans la nuit noire attend peut-&#234;tre d&#233;sesp&#233;r&#233;ment du secours. Un canot pneumatique gris, sans lumi&#232;re, invisible pour les radars &#224; moins de cinq miles, avec &#224; son bord des centaines de personnes, sans eau, et de plus en plus souvent sans moteur. La mer est mauvaise, le vent souffle du nord. &#171; &lt;i&gt;Il ne se passera rien aujourd'hui&lt;/i&gt;, estime Andreas, le second. &lt;i&gt;Les canots ne peuvent pas quitter la c&#244;te par ce temps, ils n'arrivent pas &#224; franchir les premi&#232;res vagues.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1881 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;46&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH334/-177-8a69a.jpg?1779635957' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Suzanne Friedel / SOS M&#233;diterrann&#233;e
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Pas rester les bras crois&#233;s &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B&#233;n&#233;vole de SOS-M&#233;diterran&#233;e, Basile poursuit tout de m&#234;me sa veille, bient&#244;t relay&#233; par James, puis Svenja. Et ainsi de suite, toutes les deux heures, jusqu'&#224; la nuit. &#171; &lt;i&gt;Ce qui &#233;tait encore vrai l'ann&#233;e derni&#232;re l'est de moins en moins&lt;/i&gt;, explique Alain, solide Martiniquais ayant d&#233;j&#224; une dizaine de rotations derri&#232;re lui. &lt;i&gt;Avant, les trafiquants attendaient que la mer soit belle pour lancer les bateaux. Et certains passagers &#233;taient &#233;quip&#233;s de gilets de sauvetage. Aujourd'hui, des pneumatiques achet&#233;s 130 &#8364; sur Alibaba&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Concurrent chinois d'Amazon.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;i&gt;ont remplac&#233; les barques de p&#234;che. Et ils prennent la mer m&#234;me par mauvais temps. Ceux qui ne veulent pas monter sont flingu&#233;s dans les broussailles sur la plage. Les passeurs disent aux autres : &#8220;L'Italie, c'est tout droit, vous y serez dans trois heures !&#8221; Les moteurs pourris calent souvent au bout de quelques heures, faute de carburant. Ou alors, d'autres truands viennent voler le moteur et laissent les migrants &#224; la d&#233;rive.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la dizaine de b&#233;n&#233;voles de SOS-M&#233;diterran&#233;e, la journ&#233;e se passe en exercices de sauvetage : il faut roder les nouveaux&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les b&#233;n&#233;voles de SOS-M&#233;diterran&#233;e s'engagent pour trois rotations de trois (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, leur faire acqu&#233;rir des automatismes. Ce ne sont pas des novices, la plupart ont d&#233;j&#224; une exp&#233;rience de marin, mais ce travail est particulier. Face &#224; des gens paniqu&#233;s et &#224; leurs propres &#233;motions, ils doivent savoir r&#233;agir, calmer, rassurer. &#171; &lt;i&gt;Je me souviendrai toujours de mon premier sauvetage&lt;/i&gt;, raconte St&#233;phane Broc'h. &lt;i&gt;J'ai pris une grosse claque.&lt;/i&gt; &#187; Ce Breton un brin taciturne coordonne les secours sur l'eau. Il est la premi&#232;re main que saisit le naufrag&#233;. Il y a plusieurs mois d&#233;j&#224; qu'il a quitt&#233; son boulot de m&#233;canicien de marine dans le Pacifique pour s'engager avec SOS. &#171; &lt;i&gt; Je ne pouvais pas rester les bras crois&#233;s, j'avais besoin d'agir, pour dormir en paix, pouvoir me regarder dans une glace. J'avais les comp&#233;tences, donc je suis venu.&lt;/i&gt; &#187; Plus tard dans l'apr&#232;s-midi, c'est l'&#233;quipe de M&#233;decins sans fronti&#232;res (MSF) qui assurera la formation aux premiers secours, expliquant comment prendre en charge &#224; bord les r&#233;fugi&#233;s et &#224; quels sympt&#244;mes porter attention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce qui les hante&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Midi, le lendemain. Depuis la passerelle, Alexander Moroz, le capitaine bi&#233;lorusse, pr&#233;vient : il vient de recevoir un appel du MRCC&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Maritime Rescue Coordination Center est l'organisme italien qui coordonne (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Un canot est en perdition &#224; cinq heures de navigation &#224; l'est. L'&lt;i&gt;Aquarius&lt;/i&gt; est le bateau de sauvetage le plus proche, il faut y aller. La tension monte &#8211; arriverons-nous &#224; temps ? Puis elle retombe un peu : un cargo turc est &#224; proximit&#233;, il va recueillir les naufrag&#233;s, qui seront ensuite transf&#233;r&#233;s sur notre navire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fait nuit quand le transbordement commence. Pendant deux heures, le zodiac de sauvetage multiplie les allers-retours d'un bateau &#224; l'autre, transportant quinze personnes &#224; chaque fois. Hagards, les premiers rescap&#233;s posent un pied h&#233;sitant sur le pont, hiss&#233;s par les bras et les sourires de Charly et Christina : &#171; &lt;i&gt;Bienvenue, mon fr&#232;re, Welcome, Salam aleikoum.&lt;/i&gt; &#187; Une seule femme, enceinte, au milieu de 117 hommes. Maliens pour la plupart, mais aussi Ghan&#233;ens, Gambiens, S&#233;n&#233;galais : presque toute l'Afrique de l'Ouest est repr&#233;sent&#233;e. Tous sont pieds nus, certains m&#234;me torse nu. Leurs habits empestent le gasoil, la merde, la sueur et la peur. On les fait se d&#233;shabiller, se laver, se changer. Tous re&#231;oivent le m&#234;me kit : des habits propres, une couverture, de l'eau et des biscuits hypercaloriques. Le m&#233;decin rep&#232;re les bless&#233;s, organise les premiers soins. Certains s'effondrent de fatigue, d'autres tremblent sur leurs deux jambes. Peu &#224; peu, les visages se d&#233;tendent. Ce n'est qu'au bout de quelques heures qu'ils commencent &#224; raconter. La peur lors de la travers&#233;e, celle de se noyer sur cet esquif surcharg&#233;. Mais ce n'est pas elle qui tire les visages, creuse les orbites. Non, ce qui les hante, c'est la Libye.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Vendu comme une ch&#232;vre &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bouba, un Gambien costaud d'une trentaine d'ann&#233;es, bonnet en laine viss&#233; sur la t&#234;te et sourire inoxydable, se lance : &#171; &lt;i&gt;Je suis venu en Libye pour travailler. Je pensais pouvoir y trouver un futur, mais c'&#233;tait une mauvaise id&#233;e. J'y suis rest&#233; un an. C'est court, un an, mais l&#224;-bas &#231;a m'a sembl&#233; tr&#232;s long : la vie &#233;tait tr&#232;s difficile.&lt;/i&gt; &#187; Le sourire s'efface. &#171; &lt;i&gt;J'ai &#233;t&#233; kidnapp&#233; d&#232;s mon arriv&#233;e &#224; Sabha&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Oasis situ&#233;e &#224; 600 kilom&#232;tres au sud de Tripoli, porte d'entr&#233;e pour ceux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;Le passeur libyen rencontr&#233; &#224; Agad&#232;s m'avait vendu &#224; une bande de Beni Wali&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tribu libyenne.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;Ils m'ont enferm&#233; avec plusieurs centaines de personnes, hommes et femmes, jeunes et vieux. Je ne sais pas si c'&#233;tait une prison officielle, il y avait des prisonniers avec des papiers en r&#232;gle, permis de travail et tout. On ne m'a donn&#233; aucune explication.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;cit se fait difficile, Bouba a du mal &#224; d&#233;glutir : &#171; &lt;i&gt;Leur seule motivation, c'est l'argent. Ils te prennent tout ce que tu as, ils te mettent m&#234;me &#224; poil pour v&#233;rifier que tu ne caches rien. Ensuite, ils te demandent d'appeler ta famille pour qu'elle envoie de l'argent. Si tu n'en as pas, ils te frappent. Si tu en as, ils te frappent aussi, pour que les tiens entendent tes cris au t&#233;l&#233;phone. Moi, je suis seul, je n'ai personne, alors j'ai d&#251; travailler en esclave. Ils voulaient 3 500 dollars pour ma libert&#233; ! Et puis, un jour, ils m'ont laiss&#233; partir, sans que je sache pourquoi.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Omar, jeune S&#233;n&#233;galais de 19 ans, raconte une histoire semblable : &#171; &lt;i&gt;Je voulais aller en Europe, mais ils m'ont vendu. Comme une ch&#232;vre ! J'ai retrouv&#233; la libert&#233; contre de l'argent, mais j'ai &#233;t&#233; de nouveau captur&#233; quelques jours plus tard. Ils me frappaient tous les jours, ne me donnaient pas &#224; manger et m'ont oblig&#233; &#224; appeler ma famille. Et m&#234;me apr&#232;s le versement d'une ran&#231;on, ils ne m'ont pas lib&#233;r&#233;. Une nuit, j'ai g&#226;t&#233; la porte et j'ai fui.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;tention effroyable&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les histoires se suivent et se ressemblent, avec plus ou moins de violence, plus ou moins de chance. Beaucoup arborent de vilaines cicatrices, caus&#233;es par des menottes trop serr&#233;es aux poignets et aux chevilles. Certains souffrent de plaies infect&#233;es et de br&#251;lures, d'autres de maladies de peau contract&#233;es dans la promiscuit&#233; des centres de d&#233;tention. Pr&#232;s de la moiti&#233; d'entre eux n'avait aucune intention de passer en Europe au d&#233;part, mais ils n'ont eu d'autre choix que d'embarquer pour fuir le chaos libyen et sauver leur peau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s MSF, il existe 42 centres de d&#233;tention officiels en Libye, o&#249; sont enferm&#233;s les immigr&#233;s clandestins. L'ONG n'a acc&#232;s qu'&#224; huit d'entre eux. &#171; &lt;i&gt;Il n'y a pas de registres d'entr&#233;e ni de sortie&lt;/i&gt;, raconte une charg&#233;e de mission de MSF en Libye&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour des raisons de s&#233;curit&#233;, nous ne mentionnons pas son nom.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;, en visite sur le bateau. &lt;i&gt;On ne peut pas effectuer de v&#233;ritable suivi. Un matin, tu te pointes, et il manque 300 personnes par rapport &#224; la veille... Impossible de savoir ce qu'elles sont devenues, si elles ont &#233;t&#233; tu&#233;es, lib&#233;r&#233;es, transf&#233;r&#233;es dans un autre centre ou mises dans des bateaux. Les prisonniers ne se plaignent pas, pour ne pas &#234;tre battus, mais les conditions de d&#233;tention sont effroyables.&lt;/i&gt; &#187; Elle explique aussi que personne ne sait combien de prisons clandestines viennent s'ajouter aux 42 officielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enroul&#233;s dans leurs couvertures, les r&#233;fugi&#233;s dorment en s&#233;curit&#233; pour la premi&#232;re fois depuis longtemps. Toute la nuit, des b&#233;n&#233;voles veillent, discutent avec ceux qui n'ont pas trouv&#233; le sommeil, posent une main bienveillante sur une &#233;paule, offrent un sourire. Demain matin, les r&#233;fugi&#233;s seront transf&#233;r&#233;s sur le bateau d'une autre ONG qui rentre en Italie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ibrahim, 40 kilos&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&lt;i&gt;Aquarius&lt;/i&gt; a repris sa veille &#224; l'ouest de Tripoli, dans les eaux internationales. La majorit&#233; des d&#233;parts se fait depuis cette portion de c&#244;te, au large de Sabratha. Cette fois, la radio crachote un appel, mentionnant trois embarcations. Un autre navire est d&#233;j&#224; sur place, mais il a besoin de renforts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur place, une embarcation manque &#224; l'appel. Les passagers des autres bateaux expliquent que son moteur est tomb&#233; en panne et qu'ils l'ont perdue de vue. Ont-ils fait demi-tour, se sont-ils noy&#233;s, d&#233;rivent-ils encore ? Comment savoir ? Il faut se concentrer sur ceux qui sont l&#224;, entass&#233;s dans un bateau en bois et un canot pneumatique &#224; moiti&#233; d&#233;gonfl&#233;. La ronde des canots de sauvetage reprend. Cette fois, il y a des femmes, des enfants, un b&#233;b&#233; d'un mois. Pakistanais, Bengalis, &#201;thiopiens, Soudanais, Marocains... Beaucoup de mineurs non accompagn&#233;s. En tout, 266 personnes. Et Ibrahim.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand il monte &#224; bord, le silence se fait. Il est grand, pas loin de deux m&#232;tres. Et d'une maigreur irr&#233;elle, &#224; peine 40 kilos. On dirait qu'il sort d'un camp de concentration. Il a de la fi&#232;vre, peut &#224; peine marcher, parle dans un souffle. Le m&#233;decin Craig Spencer l'emm&#232;ne dans la clinique. Il nous apprendra plus tard que le jeune homme est gambien, qu'il a seize ans, et souffre d'une septic&#233;mie. Il est en train de mourir de faim. D&#233;tenu pendant sept mois dans une prison clandestine de Sabratha, il est tomb&#233; malade apr&#232;s avoir d&#251; cohabiter une semaine avec le cadavre en d&#233;composition d'un compagnon d'infortune. &#192; deux reprises, il a pay&#233; pour monter dans un canot. Deux &#233;checs. La troisi&#232;me, c'est le trafiquant lui-m&#234;me, voyant qu'il allait mourir, qui l'a jet&#233; dans la barque que l'&lt;i&gt;Aquarius&lt;/i&gt; vient de secourir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; J'ai gagn&#233; une femme &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; bord, les femmes sont regroup&#233;es dans le Shelter&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Abri r&#233;serv&#233; aux femmes.&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;. Elles peuvent sortir sur le pont, mais aucun homme n'a le droit d'entrer dans leur refuge. C'est le royaume d'Alice, la sage-femme. Comme souvent, la majeure partie de ces femmes sont nig&#233;rianes, destin&#233;es aux r&#233;seaux de prostitution europ&#233;ens. Parfois, la &#171; &lt;i&gt;madame&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M&#232;re maquerelle.&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt; voyage avec elles. Certaines savent ce qui les attend, d'autres croyaient qu'elles seraient coiffeuses ou stylistes en Italie. Aucune n'a plus de vingt-cinq ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui arrive aux femmes africaines en Libye, c'est Koubra, une Togolaise voyageant avec son mari, qui le raconte : &#171; &lt;i&gt;Il suffit qu'un Libyen te rep&#232;re dans la rue, qu'il t'attrape, te mette dans sa voiture, puis te ram&#232;ne chez lui et t'enferme. Il appelle alors ses copains et leur dit : &#8220;J'ai gagn&#233; une femme.&#8221; Que tu sois enceinte ou non, seule ou avec ton enfant dans le dos, ils s'en moquent. Ils viennent &#224; cinq ou six, te menacent avec un fusil, puis te violent un &#224; un. Quand ils ont fini, ils te demandent d'appeler ton mari pour qu'il paye la ran&#231;on. S'il manque quelques dinars ou que le mari n'est pas &#224; l'heure, ils te gardent encore. &lt;/i&gt; &#187; Elle d&#233;crit un enfer sur terre. &#171; &lt;i&gt;Tu ne peux te fier &#224; personne. Certains chauffeurs de taxi t'obligent &#224; les sucer, puis t'abandonnent dans la rue. Et les Libyennes ne se comportent pas mieux. J'ai travaill&#233; pour une m&#232;re de famille qui, apr&#232;s m'avoir pay&#233; ce qu'elle me devait, a envoy&#233; son fils me couper la route. Il m'a tout repris.&lt;/i&gt; &#187; Apr&#232;s ce qu'elle a v&#233;cu, comment demander &#224; Koubra de faire dans la nuance ? &#171; &lt;i&gt;Un bon Libyen, &#231;a n'existe pas. Un bon Libyen, c'est celui qui te laisse la vie sauve, qui se contente de te torturer.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Souffler, enfin&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&lt;i&gt;Aquarius&lt;/i&gt; a re&#231;u l'ordre de d&#233;poser ses naufrag&#233;s &#224; Pozzalo, en Sicile. Deux jours de navigation, avec seulement 267 r&#233;fugi&#233;s &#224; bord &#8211; aberrant en termes de co&#251;t, mais c'est le MRCC qui d&#233;cide. L'Italie veut garder la main sur la gestion de cette vague ininterrompue de r&#233;fugi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le pont arri&#232;re, Alice a mis de la musique. Une &lt;i&gt;battle&lt;/i&gt; de danse s'improvise entre un jeune Bengali et un Marocain, tout &#224; leur joie d'&#234;tre en s&#233;curit&#233;. Nombreux sont ceux qui rient, tapent dans leurs mains, esquissent quelques pas. Mais beaucoup d'autres ont le regard perdu et se taisent, le visage ferm&#233;. Dans quelques heures, ils seront en Europe. Comment vont-ils &#234;tre accueillis ? &#171; &lt;i&gt;On les pr&#233;vient que &#231;a ne va pas &#234;tre facile, mais on ne brise pas tous leurs espoirs. Les trois jours qu'ils passent sur le bateau doivent constituer un r&#233;pit : ils peuvent souffler, reprendre des forces. On ne peut pas leur dire cr&#251;ment ce qui les attend&lt;/i&gt; &#187;, explique Marcella Kraay, chef de mission pour MSF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un trafic trop rentable&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous sur le bateau, b&#233;n&#233;voles de MSF et de SOS-M&#233;diterrann&#233;e, ont bien conscience qu'ils combattent les sympt&#244;mes, et non les causes. Que la solution est entre les mains des politiques, qui d&#233;tournent la t&#234;te. Combien de noy&#233;s faudra-t-il encore ? &#171; &lt;i&gt;Je ne comprends pas que les &#201;tats europ&#233;ens ne prennent pas la mesure de ce qui se passe en M&#233;diterran&#233;e et qu'ils s'obstinent &#224; financer un soi-disant &#201;tat libyen&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Trois gouvernements se disputent le pouvoir en Libye. S'y ajoutent un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;, s'&#233;nerve St&#233;phane.&lt;i&gt; Comme cet &#201;tat libyen n'existe pas, ils financent en r&#233;alit&#233; peut-&#234;tre les passeurs, peut-&#234;tre les milices qui organisent ce trafic humain. Pourquoi &#231;a s'arr&#234;terait ? C'est trop rentable. Les gens payent entre 500 et 2 500 &#8364; leur passage sur des bateaux de la mort&lt;/i&gt;. &#187; Le b&#233;n&#233;vole ne d&#233;col&#232;re pas : &#171; &lt;i&gt; Nous, ONG, sommes financ&#233; &#224; 99% par la soci&#233;t&#233; civile. Nous faisons le boulot des gouvernements et ils nous crachent &#224; la gueule en nous accusant d'&#234;tre de m&#232;che avec les passeurs. Les pays europ&#233;ens pr&#233;tendent se soucier des droits de l'homme, porter des valeurs humanistes, mais ils les pi&#233;tinent all&#232;grement.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin les c&#244;tes siciliennes. Presque plus personne ne parle. Les formalit&#233;s de d&#233;barquement prendront plusieurs heures, sous un soleil de plomb. Accueillis sur le quai par des silhouettes en combinaisons blanches, masqu&#233;es, les r&#233;fugi&#233;s seront tri&#233;s, num&#233;rot&#233;s, pass&#233;s au d&#233;tecteur de m&#233;taux, puis convoy&#233;s en bus vers des centres de r&#233;tention. Sur le bateau, tout le monde leur serrera une derni&#232;re fois la main. Alice se cachera pour pleurer. Les jointures de James blanchiront sur le bastingage. Les dents d'Anton grinceront d'impuissance. Puis ils se remettront au travail, nettoieront le bateau, prendront une cuite et repartiront le lendemain matin. Avec en t&#234;te cette phrase d'Albert Einstein : &#171; &lt;i&gt;Le monde ne sera pas d&#233;truit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La Search and Rescue Zone commence &#224; 12 miles des c&#244;tes libyennes, &#224; la limite des eaux internationales.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Concurrent chinois d'Amazon.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les b&#233;n&#233;voles de SOS-M&#233;diterran&#233;e s'engagent pour trois rotations de trois semaines chacune. Apr&#232;s quoi, ils doivent faire une pause. Certains rempilent, d'autres non.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le Maritime Rescue Coordination Center est l'organisme italien qui coordonne les actions des navires de secours pr&#233;sents sur zone. Rien ne se fait sans son accord pr&#233;alable.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Oasis situ&#233;e &#224; 600 kilom&#232;tres au sud de Tripoli, porte d'entr&#233;e pour ceux qui arrivent par le d&#233;sert et plaque tournante du trafic humain.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Tribu libyenne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour des raisons de s&#233;curit&#233;, nous ne mentionnons pas son nom.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Abri r&#233;serv&#233; aux femmes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;M&#232;re maquerelle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Trois gouvernements se disputent le pouvoir en Libye. S'y ajoutent un certain nombre de milices plus ou moins ind&#233;pendantes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Pied-rouge, &#171; idiot utile &#187; ?</title>
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		<dc:creator>Marie Nenn&#232;s</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Jeunes fran&#231;ais militants, engag&#233;s &#224; gauche, ils ont rejoint l'Alg&#233;rie &#224; partir de 1962 pour aider le nouveau pays &#224; se construire. Avant de plier bagage quelques ann&#233;es plus tard, d&#233;senchant&#233;s. On les appelle les pieds-rouges, et CQFD a rencontr&#233; l'un d'eux. En ce cinquanti&#232;me anniversaire de l'ind&#233;pendance de l'Alg&#233;rie, la presse d&#233;gouline de t&#233;moignages de pieds-noirs, &#171; cocus &#187; de l'histoire. Mais il en est d'autres, bien plus discrets, qui ont longtemps r&#233;pugn&#233; &#224; parler. Jusqu'&#224; ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no99-avril-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;99 (avril 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nardo-59" rel="tag"&gt;Nardo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/France" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/j-ai" rel="tag"&gt;j'ai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/puis" rel="tag"&gt;puis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/theatre" rel="tag"&gt;th&#233;&#226;tre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/presse-degouline" rel="tag"&gt;presse d&#233;gouline&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Jean-Marie-Boeglin" rel="tag"&gt;Jean-Marie Bo&#235;glin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Boeglin" rel="tag"&gt;Bo&#235;glin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Jean-Marie" rel="tag"&gt;Jean-Marie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Jeunes fran&#231;ais militants, engag&#233;s &#224; gauche, ils ont rejoint l'Alg&#233;rie &#224; partir de 1962 pour aider le nouveau pays &#224; se construire. Avant de plier bagage quelques ann&#233;es plus tard, d&#233;senchant&#233;s. On les appelle les pieds-rouges&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire Catherine Simon, Alg&#233;rie, les ann&#233;es pieds-rouges, La D&#233;couverte, 2009.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, et &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a rencontr&#233; l'un d'eux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En ce cinquanti&#232;me anniversaire de l'ind&#233;pendance de l'Alg&#233;rie, la presse d&#233;gouline de t&#233;moignages de pieds-noirs, &#171; cocus &#187; de l'histoire. Mais il en est d'autres, bien plus discrets, qui ont longtemps r&#233;pugn&#233; &#224; parler. Jusqu'&#224; ce qu'un jour&#8230; &lt;i&gt;&#171; J'ai &#233;t&#233; une sorte d'idiot utile. Mais si c'&#233;tait &#224; refaire, je recommencerais. Avec cette distance de savoir que l'homme est mal fait et que, quand on vous parle de collectif, il y a toujours un malin pour ramasser la mise, derri&#232;re&#8230; Mais oui, je recommencerais ! &#187;&lt;/i&gt;
L'&#339;il bleu p&#233;tille sous la casquette. &#192; 85 ans, Jean-Marie Bo&#235;glin doit s'aider d'une canne pour marcher, mais ne cherche pas ses mots. Il a fallu le prier un peu pour le convaincre de convoquer les fant&#244;mes de ses ann&#233;es pieds-rouges. Il r&#226;le qu'il va mal dormir apr&#232;s, raconte que la derni&#232;re fois qu'il a ouvert un carton de souvenirs, il a tout balanc&#233; dans&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_363 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH639/99nardopiedrouge-b5f95.png?1779603222' width='400' height='639' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Nardo
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;l'Is&#232;re, juste en bas de chez lui, puis se lance. &lt;i&gt;&#171; Ce n'est m&#234;me pas par id&#233;ologie ou par militantisme que je me suis engag&#233; aupr&#232;s du FLN, je suis plus instinctuel&lt;/i&gt; [sic]&lt;i&gt;. Pour vous situer, &#224; 15 ans, je me suis fait virer des Jeunesses communistes parce que trop libertaire et, &#224; 17, de la F&#233;d&#233;ration anarchiste parce que trop marxiste ! Mais ma vie, c'&#233;tait le th&#233;&#226;tre. En 1957, je tra&#238;nais &#224; Lyon avec Roger Planchon. J'ai rencontr&#233; un jeune qui s'appelait Kader, passionn&#233; de th&#233;&#226;tre lui aussi. Peu de temps apr&#232;s, il a disparu et ses amis m'ont appris qu'il &#233;tait mort sous la torture dans un commissariat. Choqu&#233;, j'ai propos&#233; un coup de main, puis l'&#233;paule y est pass&#233;e, puis tout le reste. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son p&#232;re, ancien chef de r&#233;seau Francs-tireurs partisans (FTP) durant la seconde guerre mondiale, Jean-Marie Bo&#235;glin a appris les techniques de la clandestinit&#233;. En 1961, il est condamn&#233; &#224; dix ans de prison par contumace, et passe au Maroc. &#192; l'&#233;t&#233; 1962, il entre en Alg&#233;rie avec l'Arm&#233;e de lib&#233;ration nationale (ALN) et gagne Alger. &lt;i&gt;&#171; Toutes les nuits, on entendait des coups de feu. Tr&#232;s vite, je me suis aper&#231;u qu'il y avait une lutte pour le pouvoir mais bon, je me disais, c'est normal, c'est les s&#233;quelles du colonialisme. Quand je posais des questions, on me r&#233;pondait toujours : &#8220;Ce n'est pas le moment.&#8221; &#199;a m'a refroidi, mais en m&#234;me temps, on avait des moyens et puis, on se sentait un petit peu bolchevik quand m&#234;me ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le th&#233;&#226;tre, &#224; nouveau, dirige sa vie. Avec Mohamed Boudia&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mohamed Boudia, gavroche de la Casbah et dramaturge alg&#233;rien, fut l'un des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, qu'il a connu en France, et Mourad Bourboune, il fait partie de la commission culturelle du Front de lib&#233;ration nationale (FLN), qui cr&#233;e le Th&#233;&#226;tre national d'Alger en lieu et place de l'Op&#233;ra, et nationalise les salles d'Oran, Constantine et Annaba. La r&#233;volution est en marche, les pablistes&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On appelait ainsi les partisans de Michel Raptis, dit Pablo, trostkiste (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; ont l'oreille de Ben Bella, l'autogestion est le mot d'ordre sur toutes les l&#232;vres. Bo&#235;glin devient l'un des enseignants les plus en vue du tout nouveau Institut national des arts dramatiques. Ann&#233;es heureuses o&#249; il a le sentiment de participer &#224; la construction d'un monde et d'un homme nouveau. Jusqu'au coup d'&#233;tat du g&#233;n&#233;ral Boumediene, le 19 juin 1965. L'arm&#233;e prend le pouvoir, l'islam est proclam&#233; religion d'&#233;tat, l'arabisation d&#233;cr&#233;t&#233;e. &lt;i&gt;&#171; Les socialistes en peau de lapin &#187;&lt;/i&gt;, comme les appelle Boumediene, ne sont plus les bienvenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Le vrai visage d'un tas de gens s'est r&#233;v&#233;l&#233; &#224; ce moment l&#224;. Et il n'&#233;tait pas beau. Beaucoup de pieds-rouges sont partis, d'eux-m&#234;mes ou chass&#233;s. Malgr&#233; tout, j'y croyais, je croyais tr&#232;s fort au th&#233;&#226;tre, je ne voulais pas laisser tomber l'&#233;cole de com&#233;diens. Malgr&#233; l'exil de Boudia et de Bourboune, je me disais que tout n'&#233;tait pas termin&#233;. Et puis, en tant que petit blanc, je culpabilisais comme un fou. Alors, je ne suis pas parti. &#187;&lt;/i&gt; Il est arr&#234;t&#233;, brutalis&#233;, puis rel&#226;ch&#233; et retrouve son poste. En 1966, les actions commises contre la s&#251;ret&#233; de l'&#201;tat durant la guerre d'Alg&#233;rie sont amnisti&#233;es en France. Vex&#233; d'&#234;tre mis dans le m&#234;me sac que les militants de l'Organisation arm&#233;e secr&#232;te (OAS), Bo&#235;glin refuse de rentrer. Fin 1968, il est vir&#233; de sa ch&#232;re &#233;cole de th&#233;&#226;tre et trouve &#224; se recaser dans la communication. &lt;i&gt;&#171; J'avais la vanit&#233; de me dire : si je g&#234;ne, c'est que je sers &#224; quelque chose. Et puis, avec le recul, je me dis que quelques graines ont germ&#233;. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1979, des rumeurs l'accusent de sionisme et il comprend qu'il doit partir. Ce qu'il fera d&#233;finitivement en 1981. De retour en France, &#224; la Maison de la culture de Grenoble, il n'aura de cesse de mettre en sc&#232;ne des auteurs alg&#233;riens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soir est tomb&#233; dans l'appartement au bord de l'Is&#232;re. Jean-Marie B&#246;eglin tire sur sa pipe, en silence, puis l&#226;che : &lt;i&gt;&#171; Nous aussi, nous sommes les cocus de l'histoire. Pas de mani&#232;re aussi dramatique que les pieds-noirs ou les harkis mais quand m&#234;me un peu&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Cette fois, l'&#339;il bleu se voile. Pas longtemps. D'un revers de main, Jean-Marie Bo&#235;glin chasse les fant&#244;mes et ass&#232;ne : &lt;i&gt;&#171; Je survis parce que je suis en col&#232;re. Et cette col&#232;re me donne de l'&#233;nergie. Tout est en train de craquer et j'esp&#232;re que je ne cr&#232;verais pas avant d'avoir vu l'effondrement du syst&#232;me capitaliste. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire Catherine Simon, &lt;a href=&#034;http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Algerie__les_annees_pieds_rouges-9782707169730.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Alg&#233;rie, les ann&#233;es pieds-rouges&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, La D&#233;couverte, 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Mohamed Boudia, gavroche de la Casbah et dramaturge alg&#233;rien, fut l'un des responsables de la f&#233;d&#233;ration de France du FLN.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;On appelait ainsi les partisans de Michel Raptis, dit Pablo, trostkiste grec, leader de la quatri&#232;me Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Esclave, un m&#233;tier d'avenir ?</title>
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&lt;p&gt;La crise aidant, on h&#233;site moins &#224; exploiter son prochain, surtout s'il est vuln&#233;rable. L'esclavage contemporain est un ph&#233;nom&#232;ne qui traverse tous les milieux et toutes les classes sociales. Avec, toujours, la redoutable volont&#233; d'humilier l'autre. T&#233;moignages . &#171; JE SUIS SEULE, PERDUE DANS LE D&#201;SERT, sans aucun chemin &#224; suivre. Ou alors au milieu de la mer, j'ai froid, et l'horizon est vide. &#187; D'une voix h&#233;sitante, Mirana raconte les cauchemars qui la hantent. Pendant un an, de mars (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no-83-novembre-2010" rel="directory"&gt;CQFD n&#176; 83 (novembre 2010)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/D-une-voix" rel="tag"&gt;D'une voix&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La crise aidant, on h&#233;site moins &#224; exploiter son prochain, surtout s'il est vuln&#233;rable. L'esclavage contemporain est un ph&#233;nom&#232;ne qui traverse tous les milieux et toutes les classes sociales. Avec, toujours, la redoutable volont&#233; d'humilier l'autre. T&#233;moignages
.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; JE SUIS SEULE, PERDUE DANS LE D&#201;SERT, sans aucun chemin &#224; suivre. Ou alors au milieu de la mer, j'ai froid, et l'horizon est vide. &#187;&lt;/i&gt; D'une voix h&#233;sitante, Mirana&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233;.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; raconte les cauchemars qui la hantent. Pendant un an, de mars 2008 &#224; janvier 2009, cette jeune Malgache, venue comme fille au pair, a &#233;t&#233; l'esclave d'une riche famille anglaise du Var. Lev&#233;e &#224; 6 h, couch&#233;e &#224; 22 h, emp&#234;ch&#233;e de se laver, de t&#233;l&#233;phoner &#224; sa famille, de recevoir du courrier, priv&#233;e de contacts ext&#233;rieurs, humili&#233;e...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout avait pourtant commenc&#233; comme un
conte de f&#233;es. Depuis Madagascar, Mirana
s'inscrit sur un site web : aupairworld.net. Elle
veut continuer ses &#233;tudes de commerce en
France. Tr&#232;s vite, une famille la contacte avec &#224;
la cl&#233; un contrat en or : six heures de travail par
jour, deux jours de cong&#233;s par semaine, des
cours de fran&#231;ais pay&#233;s en plus de l'indemnit&#233;
l&#233;gale et quinze jours de cong&#233;s en Angleterre. Ses nouveaux patrons paient m&#234;me le billet d'avion. Les trois premiers mois &#224; l'essai se passent bien : la maison et son parc sont superbes, il y a m&#234;me une piscine. Certes, elle n'a qu'un jour de cong&#233; au lieu des deux pr&#233;vus, l'indemnit&#233; ne lui est pas vers&#233;e et les cours de fran&#231;ais tardent &#224; d&#233;marrer, mais on lui demande poliment d'&#234;tre patiente. Cependant, peu &#224; peu, &#231;a d&#233;g&#233;n&#232;re. La chambre de Mirana ne ferme pas &#224; cl&#233; : un jour, elle constate la disparition de son passeport. Elle n'a toujours pas de carte de s&#233;jour. Les enfants l'espionnent et rendent compte de ses moindres faits et gestes &#224; leurs parents. Remarques d&#233;sobligeantes et menaces se succ&#232;dent. On lui supprime son jour de cong&#233; : &lt;i&gt;&#171; Tu ne travailles pas assez, l'ancienne fille au pair &#233;tait plus courageuse &#187;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&#171; Tu es n&#233;e dans un pays pauvre, tu n'as pas ta place ici, tes dipl&#244;mes ne seront jamais
reconnus &#187;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&#171; Si tu parles &#224; quelqu'un, je
t'embarque directement &#224; l'a&#233;roport et je
te renvoie chez toi, je suis h&#244;tesse de l'air, je
peux acheter un billet tout de suite &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_13 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;9&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L318xH337/esclavage-66414.png?1779603666' width='318' height='337' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Roy
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mirana ne peut pas rentrer Madagascar sans avoir &#171; r&#233;ussi &#187; et elle
n'ose rien dire &#224; ses parents. &lt;i&gt;&#171; C'&#233;tait un
chantage permanent. J'essayais toujours
de trouver une solution amiable, mais ils
disaient toujours non. Je me sentais coupable de tout, d'&#234;tre venue, de rester. Je
me sentais redevable, car ils avaient pay&#233;
mon billet. D&#233;poser plainte ? J'aurais eu
l'impression de les trahir. &#187;&lt;/i&gt; Un jour pourtant, Mirana se confie aux membres de
l'&#233;glise adventiste qu'elle fr&#233;quente. Sa
&#171; lib&#233;ration &#187; est organis&#233;e avec l'aide
des autorit&#233;s et elle est prise en charge
par l'association &lt;a href=&#034;http://www.esclavage-stop.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Esclavage tol&#233;rance z&#233;ro (ETZ)&lt;/a&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'association ETZ &#171; prend en charge globalement toutes les victimes de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, bas&#233;e &#224; Marseille. Avec la crise, l'esclavage est devenu une
tendance lourde : les signalements ont doubl&#233; depuis l'ann&#233;e derni&#232;re, environ deux cents &#224; ETZ, qui pourtant n'en re&#231;oit que 10 %. La tr&#232;s grande majorit&#233; des victimes sont des femmes et elles viennent &#224; 60 % d'Afrique, surtout du Maghreb. Un tiers d'entre elles sont arriv&#233;es mineures. Le recrutement est aussi bien intrafamilial que par Internet, ou par annonce directement en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hitesh Patel, lui, a &#233;t&#233; exploit&#233; par un
compatriote. En 2002, il arrive en France avec un visa touriste. Il trouve du travail dans un restaurant indien de Manosque, au noir, &#233;videmment. &lt;i&gt;&#171; Je devais &#234;tre pay&#233; 500 euros par mois,
nourri et log&#233;. Le patron m'avait dit qu'avec cet argent, il allait m'acheter un titre de s&#233;jour en Espagne. Puis il m'a dit que l'interm&#233;diaire l'avait arnaqu&#233;, qu'il avait vol&#233; mon passeport. J'&#233;tais coinc&#233;, j'avais peur. Je travaillais sept jours sur sept, midi et soir. Je n'avais droit qu'&#224; une douche par semaine, alors que je travaillais en cuisine. Pour &#233;conomiser l'&#233;lectricit&#233;, le patron refusait qu'on branche la hotte aspirante. Plusieurs fois, j'ai fait des malaises &#224; cause des gaz br&#251;l&#233;s. &#187;&lt;/i&gt; En 2005, un contr&#244;le de l'inspection du travail met fin &#224; son calvaire. Hitesh porte plainte aux prud'hommes et obtient une carte de s&#233;jour temporaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Aujourd'hui, il travaille &#224; Emma&#252;s et attend son proc&#232;s au p&#233;nal, pour travail dissimul&#233;. &lt;i&gt;&#171; Bien que la notion de traite des &#234;tres humains ait &#233;t&#233; introduite dans le Code p&#233;nal en 2003, elle n'a jamais &#233;t&#233; utilis&#233;e lors d'un proc&#232;s. Les faits sont toujours requalifi&#233;s en travail dissimul&#233;, maltraitance ou aide au s&#233;jour irr&#233;gulier. D'ailleurs, la traite n'est qu'un d&#233;lit, m&#234;me pas un crime &#187;&lt;/i&gt;, explique Nagham Hriech, directrice d'ETZ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mirana aussi a fini par d&#233;poser plainte et l'enqu&#234;te est en cours. Elle est toujours accompagn&#233;e par l'association et a repris une formation en droit. &lt;i&gt;&#171; C'est important pour moi qu'il y ait un proc&#232;s et que je sois reconnue victime, sinon, je n'arriverai pas &#224; tourner la page. J'avance, j'ai un boulot, je commence &#224; avoir des amis, mais c'est dur. Le soir surtout... M&#234;me pour des petites choses, j'ai peur de dire oui, j'ai peur de dire non. Parfois, je ne sais plus comment me comporter avec les autres. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'association ETZ &lt;i&gt;&#171; prend en charge globalement toutes les victimes de la traite des &#234;tres humains sous toutes ses formes (servitudes &#233;conomiques diverses, prostitution,mendicit&#233; contrainte,mariages forc&#233;s,esclavage
domestique...) dans une optique de reconstruction de l'identit&#233; de la personne et de sa dignit&#233;. Cette prise en charge est sociale, m&#233;dico-psychologique, juridique et administrative. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Atomes tr&#232;s crochus</title>
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		<dc:date>2004-02-20T11:54:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Marie Nenn&#232;s</dc:creator>


		<dc:subject>r&#233;gion</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;fi scientifique</dc:subject>
		<dc:subject>grands renforts</dc:subject>
		<dc:subject>publicit&#233;s pleine</dc:subject>
		<dc:subject>pleine page</dc:subject>
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		<dc:subject>toutefois l'internationale</dc:subject>
		<dc:subject>l'atome veut</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;gion PACA</dc:subject>
		<dc:subject>belle Provence</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;A peine remis du matraquage autour de la candidature marseillaise &#224; la coupe de l'Am&#233;rica, les gens du coin sont pri&#233;s de soutenir celle de Cadarache pour l'implantation d'un r&#233;acteur &#224; fusion nucl&#233;aire. Arguments de promo : le rayonnement de la France &#224; l'&#233;tranger, la cr&#233;ation de milliers d'emplois, une &#233;nergie propre et in&#233;puisable&#8230; Du flan. Mais un flan radieux. &#192; grands renforts de publicit&#233;s pleine page dans la presse, les diff&#233;rentes institutions politiques de la r&#233;gion PACA font de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no8-janvier-2004" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;8 (janvier 2004)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/region" rel="tag"&gt;r&#233;gion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/defi-scientifique" rel="tag"&gt;d&#233;fi scientifique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/grands-renforts" rel="tag"&gt;grands renforts&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-atome-veut" rel="tag"&gt;l'atome veut&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/region-PACA" rel="tag"&gt;r&#233;gion PACA&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/belle-Provence" rel="tag"&gt;belle Provence&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;A peine remis du matraquage autour de la candidature marseillaise &#224; la coupe de l'Am&#233;rica, les gens du coin sont pri&#233;s de soutenir celle de Cadarache pour l'implantation d'un r&#233;acteur &#224; fusion nucl&#233;aire. Arguments de promo : le rayonnement de la France &#224; l'&#233;tranger, la cr&#233;ation de milliers d'emplois, une &#233;nergie propre et in&#233;puisable&#8230; Du flan. Mais un flan radieux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; grands renforts de publicit&#233;s pleine page dans la presse, les diff&#233;rentes institutions politiques de la r&#233;gion PACA font de la retape pour le centre de recherche du Commissariat &#224; l'&#233;nergie atomique (CEA) de Cadarache : ce site est le meilleur, son &#233;quipe la plus comp&#233;tente et on ne vous parle m&#234;me pas de la qualit&#233; de vie dans notre belle Provence&#8230; Bien entendu, le &lt;i&gt;&#171; r&#233;acteur exp&#233;rimental thermonucl&#233;aire international &#187;&lt;/i&gt; (ITER) est un d&#233;fi scientifique &lt;i&gt;&#171; passionnant &#187; &lt;/i&gt; et une chance &lt;i&gt;&#171; sans pr&#233;c&#233;dent &#187;&lt;/i&gt; pour la r&#233;gion, si toutefois l'internationale de l'atome veut bien lui octroyer ce privil&#232;ge&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Parties prenantes d'ITER depuis quinze ans : la Chine, la Russie, le Japon, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Que l'exp&#233;rimentation puisse durer cinquante ans sans garantie de r&#233;ussite et que la mise en exploitation industrielle puisse prendre cinquante piges de plus est un d&#233;tail. La preuve, personne ne s'attarde sur les risques et les contraintes que ce projet pharaonique (10 milliards d'euros sur trente ans, dont 4,7 pour la seule construction du r&#233;acteur) va faire peser sur ladite qualit&#233; de vie. De quoi s'agit-il ? En bref, de ma&#238;triser la r&#233;action qui se d&#233;veloppe dans les bombes H (dites &#224; hydrog&#232;ne) en recr&#233;ant en laboratoire ce qui se passe au c&#339;ur du soleil. L'objectif est de produire de l'&#233;lectricit&#233; avec l'&#233;nergie ainsi r&#233;cup&#233;r&#233;e. Actuellement, la fusion la plus facile &#224; r&#233;aliser est celle du deut&#233;rium et du tritium, deux isotopes de l'hydrog&#232;ne. Pour un gramme de ce m&#233;lange, l'&#233;nergie lib&#233;r&#233;e est de 100 000 kWh, soit autant que par la combustion de huit tonnes de p&#233;trole. Le deut&#233;rium se trouve en abondance dans la nature (chaque m&#232;tre cube d'eau en contient 35 grammes) et le tritium (radioactif) se fabrique &#224; partir du lithium, lui aussi abondant. Sauf que c'est loin d'&#234;tre simple : pour que ce m&#233;lange fusionne et se transforme en plasma, il faut le chauffer &#224; 100 millions de degr&#233;s et le maintenir dans des champs magn&#233;tiques d'une intensit&#233; d&#233;mentielle. Ensuite, il faut que le plasma soit assez dense, assez chaud et confin&#233; assez longtemps. Et &#231;a, on ne sait pas faire, m&#234;me si &#231;a fait d&#233;j&#224; trente ans que des sp&#233;cialistes du nucl&#233;aire r&#233;p&#232;tent que la solution est pour bient&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Cela me rappelle des souvenirs de jeunesse&lt;/i&gt;, raconte Philippe Chesneau, &#233;lu Vert au conseil r&#233;gional PACA et oppos&#233; au projet. &lt;i&gt;La surg&#233;n&#233;ration devait d&#233;j&#224; r&#233;gler tous nos probl&#232;mes &#233;nerg&#233;tiques. Malheureusement, l'histoire nous a appris que notre technologie n'&#233;tait pas suffisamment &#233;labor&#233;e, apr&#232;s quelques milliards d&#233;pens&#233;s et des comp&#233;tences gaspill&#233;es, sans parler de vies humaines. Sur plus de dix ans, Superph&#233;nix a fonctionn&#233; seulement trois mois au r&#233;gime normal : les contraintes thermiques, chimiques et autres causaient des fissurations et donc des fuites. Or, dans un r&#233;acteur &#224; fusion, ces contraintes seront bien sup&#233;rieures &#224; celles d'un surg&#233;n&#233;rateur &#187;&lt;/i&gt;. La fusion rencontre des oppositions au sein m&#234;me du lobby nucl&#233;aire : trop de probl&#232;mes techniques restent non r&#233;solus&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour plus de d&#233;tails, voir le site http://www.sortirdunucleaire.org&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; et la rentabilit&#233; &#233;conomique semble hors de port&#233;e. C'est d'ailleurs ce qui avait conduit les Etats-Unis &#224; se retirer du projet en 1998. En janvier 2003, Bush d&#233;cidait de revenir avec une participation financi&#232;re minime, de l'ordre de 10 %. Or les Etats-Unis ne font pas myst&#232;re de leur d&#233;sir de mettre au point des armes thermonucl&#233;aires miniatures.. La France y travaille &#233;galement pr&#232;s de Bordeaux, dans le cadre du projet militaire M&#233;gajoule (voir &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Hiroshima-de-poche'&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;6&lt;/a&gt;). L'&#233;tanch&#233;it&#233; entre les recherches nucl&#233;aires civile et militaire &#233;tant ce qu'elle est, il faudrait &#234;tre bigleux pour n'y voir qu'une co&#239;ncidence. Quant &#224; la qualit&#233; de vie&#8230; Il y a, bien s&#251;r, des risques d'accidents et de pollutions, sans compter les d&#233;chets radioactifs. Ensuite, il va falloir alimenter en &#233;lectricit&#233; le r&#233;acteur : &#224; lui seul, il devrait consommer la production de plusieurs centrales nucl&#233;aires classiques, ce qui va n&#233;cessiter la construction de nouvelles lignes &#224; haute tension. Le paysage et plus particuli&#232;rement la for&#234;t centenaire de Cadarache en feront les frais. La faune alentour (oiseaux, mouflons&#8230;) aussi. Mais la cerise sur le g&#226;teau, c'est le risque sismique. Cadarache est en effet situ&#233; sur la principale faille de Provence et &#224; quelques kilom&#232;tres de la faille de Tr&#233;vasse, qui provoqua en 1909 le plus gros tremblement de terre jamais enregistr&#233; en France, avec quarante-six morts et deux cents cinquante bless&#233;s &#224; Lambesc. M&#234;me le tr&#232;s mall&#233;able Institut de protection et de s&#251;ret&#233; nucl&#233;aire a jug&#233; le risque sismique suffisamment s&#233;rieux pour inciter en 1994 &#224; la fermeture de plusieurs ateliers, ceux notamment o&#249; la COGEMA fabriquait le MOX (combustible nucl&#233;aire tr&#232;s radioactif). Depuis, les diff&#233;rentes &#233;tudes officielles font &#233;tat d'un risque sismique consid&#233;rablement r&#233;duit et ne mena&#231;ant en rien le site de Cadarache. Par quel miracle, on ne sait pas. L'essentiel est que les Proven&#231;aux y croient. Et qu'ils soient convaincus qu'ITER est une chance inou&#239;e. Celle de voir un jour, entre deux inondations, deux incendies et, pourquoi pas, un petit accident de type Seveso&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il y a actuellement cinquante-sept installations class&#233;es Seveso 2 en r&#233;gion (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, un &lt;i&gt;&#171; incident &#187;&lt;/i&gt; radioactif pimenter leur quotidien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Parties prenantes d'ITER depuis quinze ans : la Chine, la Russie, le Japon, la Cor&#233;e du Sud, le Canada, les Etats-Unis et l'Union europ&#233;enne. Le choix du site d'implantation se fera en f&#233;vrier entre Cadarache et Rokkasho-Mura, au Japon.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour plus de d&#233;tails, voir le site &lt;a href=&#034;http://www.sortirdunucleaire.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.sortirdunucleaire.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Il y a actuellement cinquante-sept installations class&#233;es Seveso 2 en r&#233;gion PACA.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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