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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; On veut que ces questions soient prises en compte ! &#187;</title>
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		<dc:creator>Alexandre Hyacinthe</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;&#171; Il est o&#249; le patron ? &#187; Cette question, de nombreuses paysannes l'ont d&#233;j&#224; entendue. Une phrase sexiste r&#233;currente qui illustre bien les probl&#233;matiques auxquelles elles font face. C'est aussi le titre qu'ont choisi les Paysannes en polaire, cinq agricultrices du Sud-Est qui se sont alli&#233;es &#224; la dessinatrice Maud B&#233;n&#233;zit pour mettre en bande dessin&#233;e ces situations, les d&#233;noncer et se donner de la force pour lutter. Environ un quart des exploitant&#183;es agricoles en France sont des femmes. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no201-septembre-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;201 (septembre 2021)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Il est o&#249; le patron ?&lt;/i&gt; &#187; Cette question, de nombreuses paysannes l'ont d&#233;j&#224; entendue. Une phrase sexiste r&#233;currente qui illustre bien les probl&#233;matiques auxquelles elles font face. C'est aussi le titre qu'ont choisi les Paysannes en polaire, cinq agricultrices du Sud-Est qui se sont alli&#233;es &#224; la dessinatrice Maud B&#233;n&#233;zit pour mettre en bande dessin&#233;e ces situations, les d&#233;noncer et se donner de la force pour lutter.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3726 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH282/-1860-5846e.jpg?1779921190' width='500' height='282' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Maud B&#233;n&#233;zit
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Environ un quart des exploitant&#183;es agricoles en France sont des femmes. Si ces derni&#232;res d&#233;cennies, les agricultrices ont conquis certains droits, comme la cr&#233;ation en 1980 du statut de &#171; co-exploitante &#187; ou encore l'obtention d'un cong&#233; maternit&#233; &#233;quivalent &#224; celui des salari&#233;es en 2008, le tableau est loin d'&#234;tre reluisant&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#224; ce sujet le rapport du S&#233;nat intitul&#233; &#171; &#202;tre agricultrice en 2017 &#187; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Par des logiques patriarcales, entre autres, en mati&#232;re d'h&#233;ritage, l'acc&#232;s au foncier, aux ressources en capitaux n&#233;cessaires &#224; l'installation, leur est plus compliqu&#233;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#224; ce propos le rapport du S&#233;nat titr&#233; &#171; Femmes et agriculture : pour (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Comme dans d'autres secteurs, leurs revenus sont inf&#233;rieurs &#224; ceux des hommes, tant pour les exploitantes que pour les salari&#233;es ou encore les retrait&#233;es. Et dans bien des cas, elles cumulent des t&#226;ches visibles et invisibilis&#233;es, &#224; la fois dans la sph&#232;re priv&#233;e et dans l'activit&#233; agricole &#8211; si tant est qu'il y ait une limite entre les deux. Face &#224; cette situation, des paysannes s'organisent pour rendre visibles leurs r&#233;alit&#233;s et lutter pour les transformer. C'est dans cette dynamique que s'inscrit la bande dessin&#233;e &lt;i&gt;Il est o&#249; le patron ?&lt;/i&gt;, parue cette ann&#233;e aux &#233;ditions Marabout, co-&#233;crite par cinq Paysannes en polaire et illustr&#233;e par Maud B&#233;n&#233;zit. Discussion &#224; sept voix.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;***&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En quelques mots, que raconte votre bande dessin&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les Paysannes en polaire (Pep) :&lt;/strong&gt; &#171; On suit trois paysannes au long d'une saison agricole. Jo reprend la ferme d'un chevrier qui part en retraite. Coline fait du fromage de brebis avec son mari sur la ferme de ses parents. Anouk est apicultrice et vit en coloc'. Le r&#233;cit raconte comment ces trois femmes sont confront&#233;es au sexisme ordinaire dans leur vie quotidienne et comment, petit &#224; petit, elles tissent des liens d'amiti&#233; et se donnent de la force les unes aux autres. Si on voulait d&#233;crire des situations &#224; d&#233;noncer, on a aussi eu envie que ce soit une BD qui donne la p&#234;che, l'envie de faire des choses ensemble et des pistes d'&#233;mancipation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les travaux agricoles et leurs techniques sont retranscrits de mani&#232;re tr&#232;s pr&#233;cise. Comment avez-vous proc&#233;d&#233; ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Maud :&lt;/strong&gt; &#171; Les paysannes avaient une exigence de v&#233;racit&#233;, que ce soit techniquement cr&#233;dible. J'ai pass&#233; du temps sur les fermes, vu des plans, eu besoin de conceptualiser. Et c'est leur regard qui a permis d'affiner mes croquis. Elles me disaient par exemple : &#8220;&lt;i&gt;Une brebis ne s'allonge pas comme &#231;a.&lt;/i&gt;&#8221; Ou bien : &#8220;&lt;i&gt;Il n'y a pas de pommes &#224; cette p&#233;riode de l'ann&#233;e&lt;/i&gt;.&#8221; Etc. Ces retours m'ont aiguis&#233; l'&#339;il, me permettant d'ensuite ajouter des choses qui venaient de moi. On avait envie de porter des histoires cr&#233;dibles, qui ne soient pas fantasm&#233;es par une vision urbaine, pour que d'autres s'y reconnaissent. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si c'est une fiction, toutes les situations d&#233;crites sont issues de vos v&#233;cus et de t&#233;moignages d'autres paysannes...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pep :&lt;/strong&gt; &#171; On a recueilli des t&#233;moignages autour de nous, dans diff&#233;rents r&#233;seaux : au sein du groupe femmes de la Conf&#233;d&#233;ration paysanne, dans le cadre d'ateliers d'&#233;criture en mixit&#233; choisie avec &lt;i&gt;[le r&#233;seau impliqu&#233; dans les luttes pour la terre]&lt;/i&gt; Reclaim The Fields, dans un groupe au sein des Civam&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Centres d'initiatives pour valoriser l'agriculture et le milieu rural.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; et dans le cadre d'un travail de th&#233;&#226;tre-forum&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L&#226;che pas la ferme ! &#187;, th&#233;&#226;tre-forum mis en place avec l'association (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; o&#249; plusieurs d'entre nous s'&#233;taient rencontr&#233;es. Il y a aussi des situations issues de nos propres exp&#233;riences ou de celles qui nous entourent et avec qui on travaille. Ce sont des petites histoires, allant des plus banales aux plus graves, mais qui, mises bout &#224; bout, retranscrivent une soci&#233;t&#233; dans son ensemble. Au-del&#224; du c&#244;t&#233; l&#233;ger de la BD, on ne voulait pas juste partager des anecdotes qui arrivent &#224; l'une ou l'autre, mais expliquer que tout &#231;a est le fruit d'une soci&#233;t&#233; patriarcale et de la domination masculine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne partir que de faits r&#233;els est aussi li&#233; &#224; une question de l&#233;gitimit&#233;. En tant que f&#233;ministes, on a toutes v&#233;cu des situations o&#249; l'on nous reprochait d'exag&#233;rer, d'en rajouter. Sauf que non, on n'a pas besoin d'exag&#233;rer : la r&#233;alit&#233; est suffisamment difficile, &#224; tel point qu'on a d'ailleurs plut&#244;t tendance &#224; l'att&#233;nuer. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il ne s'agit pas de dire que le monde agricole et rural serait plus sexiste, plus patriarcal qu'ailleurs, mais plut&#244;t d&#233;crire les sp&#233;cificit&#233;s que vous vivez...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pep :&lt;/strong&gt; &#171; En effet, le monde agricole n'est pas plus sexiste que le reste de la soci&#233;t&#233;. Il l'est, comme partout. Simplement, nous, on le conna&#238;t bien. On sait quelles en sont les sp&#233;cificit&#233;s : par exemple le peu de fronti&#232;res entre l'activit&#233; professionnelle et la vie priv&#233;e. &#202;tre son propre patron a des avantages, mais les limites peuvent &#234;tre plus floues. C'est d'autant plus vrai quand il s'agit de travail en couple. Une &#233;tude de la MSA &lt;i&gt;[S&#233;curit&#233; sociale agricole]&lt;/i&gt; sur les couples en agriculture a ainsi fait ressortir qu'une femme r&#233;alisait en moyenne douze fois plus de t&#226;ches diff&#233;rentes dans la journ&#233;e qu'un homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut aussi prendre en compte un facteur d&#233;terminant : l'isolement g&#233;ographique. On passe la majeure partie de notre temps sur nos fermes, &#233;loign&#233;es des coll&#232;gues. &#199;a peut avoir des cons&#233;quences graves quand il y a besoin de soutien, notamment en cas de violences conjugales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre particularit&#233; : c'est un m&#233;tier physique. Cons&#233;quence de quoi, une question revient tout le temps : &lt;i&gt;&#8220;Comment tu fais physiquement toute seule ?&#8221;&lt;/i&gt; Parce que subsiste encore cet imaginaire du paysan viril, du tracteur, de la m&#233;canique. Dans le m&#234;me temps, il existe peu de repr&#233;sentations positives des paysannes, alors qu'elles ont toujours &#233;t&#233; pr&#233;sentes dans l'agriculture. Elles sont renvoy&#233;es aux t&#226;ches domestiques, aux &#8220;petites mains&#8221; et au statut de &#8220;femme de&#8221;. Soit, en gros : femme de chef d'exploitation. C'est pour cela qu'il est important d'ouvrir l'imaginaire et de montrer que si ! &#199;a existe, c'est possible. Qu'une femme peut &#233;videmment &#234;tre paysanne et qu'il n'y a pas besoin de soulever 200 kilos chaque matin pour faire de l'agriculture. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3727 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH282/-1861-20a26.jpg?1779921191' width='500' height='282' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Maud B&#233;n&#233;zit
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On voit dans la BD la mise en place d'actions collectives f&#233;ministes. Vous arrivez &#224; vous organiser autour de ces questions malgr&#233; l'isolement g&#233;ographique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pep : &lt;/strong&gt;&#171; Il existe diff&#233;rents groupes f&#233;ministes actifs dans les endroits o&#249; l'on vit, malgr&#233; les contraintes de distance et d'emploi du temps. Car au-del&#224; de l'isolement g&#233;ographique, on doit aussi faire avec un mode de vie atypique. En &#233;levage, par exemple, il est difficile de s'absenter sans s'organiser en amont : si on garde&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Garder &#187; au sens pastoral : soit les brebis p&#226;turent en parc, soit elles (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; les brebis, on n'a pas de week-end. Il y a une grosse contrainte de rythme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre les groupes f&#233;ministes, il y a aussi des r&#233;seaux plus informels : entre copines paysannes, on essaie de se serrer les coudes et de faire attention les unes aux autres. Le processus d'&#233;criture de ce livre a aussi jou&#233; ce r&#244;le entre nous. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans les r&#233;seaux agricoles en rupture avec l'agriculture conventionnelle, de la Conf' &#224; Reclaim The Fields en passant par les Civam ou les Adear &lt;/strong&gt;&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Associations pour le d&#233;veloppement de l'emploi agricole et rural.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;strong&gt;, quel espace existe pour discuter les questions du sexisme et du patriarcat ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pep&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt; :&lt;/strong&gt; &#171; &#199;a a clairement &#233;volu&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es. Les Adear ou les Civam sont maintenant plut&#244;t sensibles &#224; ces questions. Il y a par exemple des groupes techniques en mixit&#233; choisie&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#224; ce propos &#171; Contre le sexisme, des agricultrices s'organisent &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;. &#192; Reclaim The Fields par exemple, le f&#233;minisme a longtemps &#233;t&#233; vu comme un sujet secondaire et plut&#244;t rel&#233;gu&#233; &#224; des r&#233;unions &#224; la marge. On proclamait qu'il fallait lutter contre le patriarcat, mais ce n'&#233;tait pas vraiment incarn&#233;. Aujourd'hui, par contre, c'est une &#233;vidence, d'autant qu'on voit arriver des personnes pour qui ce sont des bases d&#233;j&#224; acquises. Si, par le pass&#233;, on a vu le cas de r&#233;unions libertaires o&#249; les gars sortaient tous fumer des clopes au moment d'aborder les questions f&#233;ministes, ce n'est plus trop le cas ces derniers temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a huit ans, je me souviens avoir lanc&#233; &lt;i&gt;&#8220;Je suis f&#233;ministe&#8221;&lt;/i&gt; dans un tour de table d'une rencontre entre paysannes et que c'&#233;tait tr&#232;s mal pass&#233;. Ce jour-l&#224;, un formateur mec devait nous apprendre &#224; nous servir d'un enregistreur &#8211; c'est-&#224;-dire, dans ce cas pr&#233;cis, juste appuyer sur le bouton &#8220;Enregistrer&#8221;. Aujourd'hui, on n'aurait plus id&#233;e de faire appel &#224; un homme dans ce type de situation. Des fronti&#232;res bougent et les bases communes sont plus claires. Avec ce constat : il y a des mots qui ne font plus peur. On a l'impression d'&#234;tre pass&#233;es de &#8220;on se retrouve entre femmes&#8221; &#224; &#8220;on se retrouve entre f&#233;ministes&#8221;. Et puis la mixit&#233; choisie est devenue une &#233;vidence, alors que ce n'&#233;tait pas le cas avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fond, c'est un processus classique, qui commence par des groupes de femmes qui s'organisent en divers endroit avant de lancer des ultimatums : &lt;i&gt;&#8220;On veut que ces questions soient prises en compte !&#8221;&lt;/i&gt; On est oblig&#233;es d'imposer &#231;a parce qu'en face il y a des personnes qui freinent, car elles vont perdre des privil&#232;ges. Il y a aussi toujours le risque de se reposer sur nos acquis, de se dire &#8220;Nous on est cool, on a d&#233;construit&#8221;, alors m&#234;me qu'il reste des r&#233;actions et comportements &lt;i&gt;craignos&lt;/i&gt;, y compris dans ces organisations. On ne doit pas proclamer &#8220;On en est sorti&#8221;, parce que ce n'est pas du tout le cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a aussi des moments de d&#233;pit, notamment quand on nous sort un discours de type : &#8220;&lt;i&gt;On aimerait aborder &#231;a, mais il n'y a pas de femmes dans nos orgas&lt;/i&gt;&#8221;. Or c'est &#233;videmment l'une des premi&#232;res questions &#224; se poser : pourquoi il n'y a pas de femmes ? Il y a de multiples raisons pour que m&#234;me les plus motiv&#233;es se d&#233;sinvestissent : la mani&#232;re de g&#233;rer les r&#233;unions, les horaires, la fa&#231;on de prendre et couper la parole... En clair, il y a beaucoup de choses &#224; questionner et &#224; travailler, partout. On n'a pas forc&#233;ment les outils, on exp&#233;rimente. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur les mobilisations collectives, il y avait aussi l'id&#233;e que cette BD serve de support pour impulser des dynamiques...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pep :&lt;/strong&gt; &#171; Il y a d&#233;j&#224; plein de paysannes et de non-paysannes qui s'y sont reconnues, dont des personnes qui ne sont pas proches de r&#233;seaux f&#233;ministes. La BD est un support populaire et facile d'acc&#232;s, qui peut permettre de toucher un public plus large, n'ayant pas forc&#233;ment l'&#233;nergie de se lancer dans un grand bouquin avec plein de concepts, mais qui peut se trouver pris dans la petite histoire et s'attacher aux personnages. D&#233;j&#224;, on esp&#232;re que le fait qu'elle soit lue et qu'elle circule fera son petit effet. Notre envie : casser l'isolement et cr&#233;er de la sororit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant qu'autodidactes et d&#233;butantes, on a montr&#233; que c'&#233;tait possible de mener ce genre de projet, donc si &#231;a peut donner envie &#224; d'autres de s'exprimer autour d'oppressions subies, ce serait &#233;videmment positif. On a envie de dire que ce que l'on vit au quotidien a de l'int&#233;r&#234;t, m&#233;rite d'&#234;tre transmis. Et on commence aussi &#224; avoir des retours de paysannes qui se sont rencontr&#233;es lors de sessions de pr&#233;sentation d'&lt;i&gt;Il est o&#249; le patron&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt;, et qui se disent qu'elles veulent rester en contact pour se soutenir, s'entraider. &#199;a fait vraiment chaud au c&#339;ur de savoir que cette BD permet aussi cela, qu'elle nous d&#233;passe ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une sc&#232;ne de la BD, o&#249; les paysannes lisent un article de magazine sur les femmes dans l'agriculture, d&#233;crit un processus de r&#233;assignation : en m&#234;me temps que les femmes cessent d'&#234;tre invisibles dans l'agriculture, elles restent cantonn&#233;es &#224; des r&#244;les tr&#232;s sp&#233;cifiques et souvent esth&#233;tis&#233;s comme la transformation et la vente directe...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pep :&lt;/strong&gt; &#171; Ces derni&#232;res ann&#233;es, c'est devenu politiquement correct de reconna&#238;tre que les paysannes existent. Mais d&#232;s qu'on gratte un peu, on voit bien qu'on tient &#224; ce qu'elles restent &#224; une certaine place : soutenir l'homme, &#233;videmment, mais aussi apporter de la diversit&#233; sur les fermes, y amener des pratiques &#233;cologiques ou encore prendre en charge l'accueil. Certes on fait une place aux femmes, mais une place qui ne bouleverse pas le mod&#232;le dominant. Et on ne sort pas des attentes d&#233;testables li&#233;es &#224; notre genre : c'est toujours d'abord sur des crit&#232;res physiques, esth&#233;tiques, que les femmes sont visibles, comme le montre cette sc&#232;ne de la BD sur le magazine. C'est aussi cela qu'on a voulu aborder dans la BD, en montrant des femmes qui sortent des normes de la &#8220;beaut&#233;&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, les productions agricoles sont tr&#232;s genr&#233;es : en plantes aromatiques et m&#233;dicinales, en &#233;levage de petits ruminants, dans la transformation fermi&#232;re, il y a beaucoup de femmes visibles. Mais elles le sont beaucoup moins d&#232;s qu'on va vers des exploitations avec de plus gros investissements, plus de capital, des grosses machines. En m&#234;me temps, ces grosses structures, nous, ce n'est pas ce qui nous fait r&#234;ver. &#199;a soul&#232;ve des questions d'articulation complexe entre f&#233;minisme et critique des mod&#232;les agricoles actuels. Lorsque des copines s'installent avec des petits troupeaux, peu de mat&#233;riel et en gal&#233;rant parfois financi&#232;rement, on peut se dire qu'elles ont plus de freins, de contraintes, qu'elles n'osent pas investir. Et en m&#234;me temps, c'est chouette de tenter de cr&#233;er un autre rapport &#224; la production et aux animaux ou encore de choisir de ne pas faire que &#231;a. La socialisation diff&#233;renci&#233;e qu'on a eue est peut-&#234;tre aussi une force pour remettre en cause le mod&#232;le agricole dominant. Globalement, on n'a pas envie de hi&#233;rarchiser, entre luttes f&#233;ministes et anticapitalistes : les deux sont &#233;videmment li&#233;es. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Propos recueillis par Alexandre Hyacinthe&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#224; ce sujet le rapport du S&#233;nat intitul&#233; &lt;a href=&#034;https://www.senat.fr/notice-rapport/2016/r16-579-notice.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; &#202;tre agricultrice en 2017 &#187;&lt;/a&gt; (13/06/2017).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#224; ce propos le rapport du S&#233;nat titr&#233; &lt;a href=&#034;https://www.senat.fr/notice-rapport/2016/r16-615-notice.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Femmes et agriculture : pour l'&#233;galit&#233; dans les territoires &#187;&lt;/a&gt; (05/07/2017).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Centres d'initiatives pour valoriser l'agriculture et le milieu rural.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; L&#226;che pas la ferme ! &#187;, th&#233;&#226;tre-forum mis en place avec l'association d'&#233;ducation populaire &#201;bullition.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Garder &#187; au sens pastoral : soit les brebis p&#226;turent en parc, soit elles sont &lt;i&gt;gard&#233;es&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire qu'une personne passe la journ&#233;e avec elles dans les zones de p&#226;ture, non cl&#244;tur&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Associations pour le d&#233;veloppement de l'emploi agricole et rural.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#224; ce propos &lt;a href=&#034;https://reporterre.net/Agricultrices-elles-s-organisent-contre-le-sexisme&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Contre le sexisme, des agricultrices s'organisent &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Reporterre &lt;/i&gt;(15/07/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Dans les ann&#233;es 1970, &#171; le mariage des Lip et du Larzac &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Dans-les-annees-1970-le-mariage</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alexandre Hyacinthe</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>L.L. de Mars</dc:subject>
		<dc:subject>paysans</dc:subject>
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		<dc:subject>rapports sociaux</dc:subject>
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		<dc:subject>transformant radicalement</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ils s'allient aux dockers. Attaquent les grands propri&#233;taires. Et s'inspirent de la th&#233;ologie de la lib&#233;ration. Dans les ann&#233;es 1970, des paysans montent au front, affirmant que la lutte des classes traverse le monde agricole. Leur h&#233;ritage reste vivace. &#171; Nous ne renverserons pas la tyrannie industrielle en bichonnant une petite oasis bio arros&#233;e par les pluies nucl&#233;aires, mais en transformant radicalement les rapports sociaux, en d&#233;mantelant les machineries &#233;conomiques, industrielles et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no163-mars-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;163 (mars 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/bio-arrosee" rel="tag"&gt;bio arros&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/transformant-radicalement" rel="tag"&gt;transformant radicalement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ils s'allient aux dockers. Attaquent les grands propri&#233;taires. Et s'inspirent de la th&#233;ologie de la lib&#233;ration. Dans les ann&#233;es 1970, des paysans montent au front, affirmant que la lutte des classes traverse le monde agricole. Leur h&#233;ritage reste vivace.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2809 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH487/-1064-68f8c.jpg?1779605173' width='400' height='487' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par L. L. de Mars
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Nous ne renverserons pas la tyrannie industrielle en bichonnant une petite oasis bio arros&#233;e par les pluies nucl&#233;aires, mais en transformant radicalement les rapports sociaux, en d&#233;mantelant les machineries &#233;conomiques, industrielles et de contr&#244;le social.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en 2011, &#224; l'occasion de l'occupation paysanne d'une friche industrielle &#224; Gen&#232;ve, que ce constat est &#233;nonc&#233; (dans le manifeste &#171; Ce que nous voulons &#187;). Le discours prend le contre-pied de celui qu'on entend sempiternellement sur l'avenir de l'agriculture. Lequel pourrait se r&#233;sumer ainsi : il faut aider les agriculteurs &#224; s'adapter au changement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains s'y refusent, bien s&#251;r. Pr&#233;f&#233;rant construire des alternatives &#171; positives &#187;. Voire posant que le changement passe plut&#244;t par la mise &#224; bas du mod&#232;le agroalimentaire europ&#233;en. Un combat qui a commenc&#233; dans les fermes il y a longtemps, mais qui s'ancre plus particuli&#232;rement dans les ann&#233;es 1970. &lt;i&gt;Hop, back to the seventies !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Dissidence syndicale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Commen&#231;ons par un bref tableau du syndicalisme agricole dans la France de l'apr&#232;s-guerre &lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il serait difficile de rendre compte avec pr&#233;cision ici de ces ann&#233;es (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. La FNSEA (et sa branche jeune, le CNJA, Centre national des jeunes agriculteurs) est alors le syndicat unique de la profession. Il existe bien une alternative dans les d&#233;partements communistes, le Mouvement de d&#233;fense des exploitations familiales, cr&#233;&#233; &#224; l'initiative de paysan.ne.s, mais il reste sous la coupe du PCF et m&#232;ne une activit&#233; syndicale r&#233;duite. Quant &#224; la formation et &#224; l'&#233;ducation politique en zone rurale, elle passe par la Jeunesse agricole catholique (JAC, qui deviendra Mouvement rural de la jeunesse chr&#233;tienne). Les dirigeants de la FNSEA y ont us&#233; leurs fonds de culotte, ce qui ne les emp&#234;che pas de s'investir alors avec enthousiasme dans la diffusion du modernisme agricole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au tournant des ann&#233;es 1960, le contexte change. Les premiers effets du productivisme &#224; tout crin participent &#224; &#233;liminer un grand nombre de fermes et &#224; concentrer les outils de production aux mains des tenants du modernisme. Quant aux jeunes ruraux, appel&#233;s sous les drapeaux, beaucoup reviennent &#233;c&#339;ur&#233;s de la guerre d'Alg&#233;rie. Et d&#233;couvrent qu'en Am&#233;rique latine, des paysan.ne.s s'organisent, pr&#244;nent la r&#233;forme agraire et voient dans l'&#201;vangile comme dans &lt;i&gt;Le Capital&lt;/i&gt; de Marx des sources d'inspiration &#224; leur combat pour la justice sociale. Cette &#171; th&#233;ologie de la lib&#233;ration &#187; a ainsi des r&#233;percussions dans les campagnes fran&#231;aises : des jeunes ruraux prennent conscience qu'ils peuvent &#234;tre acteur de leur &#233;mancipation plut&#244;t que d'attendre un paradis ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exode rural joue aussi un r&#244;le : gr&#226;ce &#224; lui, des liens se tissent avec le monde ouvrier, les centrales syndicales et des mouvements politiques &#8211; du PSU au PC-MLF. Une nouvelle g&#233;n&#233;ration issue de la JAC s'engage alors dans le syndicalisme agricole, en refusant de voir dans le modernisme b&#233;at le salut de la paysannerie. Au long des ann&#233;es 1960, des actions communes entre salari&#233;s et paysans ont ainsi lieu, avec des occupations d'usine ou de terres en Rh&#244;ne-Alpes ou dans le Grand Ouest. Et la participation paysanne au Mai-68 nantais, lors duquel les fermes ravitaillent les ouvriers en gr&#232;ve, acc&#233;l&#232;re ce rapprochement.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Paysans, ouvriers, m&#234;me combat&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En 1970, au congr&#232;s du CNJA, un contre-rapport d'orientation, &#171; Pour un syndicalisme de travailleurs &#187;, est pr&#233;sent&#233; par un paysan de la Loire. Il affirme (sans remporter le vote d'orientation) que &#171; &lt;i&gt;le temps des illusions est termin&#233;. Nous sommes des chefs d'entreprise sans pouvoir&lt;/i&gt; [...]&lt;i&gt;. Nous nous exploitons nous-m&#234;mes.&lt;/i&gt;[...]&lt;i&gt; Donc notre combat syndical&lt;/i&gt; [...]&lt;i&gt; doit &#234;tre un combat de travailleurs&lt;/i&gt; &#187;. La m&#234;me ann&#233;e, Bernard Lambert, paysan de Loire-Atlantique et cadre du CNJA, publie&lt;i&gt;Les paysans dans la lutte des classes&lt;/i&gt;, ouvrage majeur qui r&#233;sume, dans une approche marxiste, les critiques que les nouveaux courants portent &#224; l'organisation de l'agriculture. Au sein du syndicat, l'opposition s'organise alors en tendances, avec notamment les Paysans-travailleurs et le Mouvement syndical des travailleurs de la terre. Ces courants cr&#233;ent en 1981 un syndicat &#224; part enti&#232;re, qui (avec d'autres) deviendra la Conf&#233;d&#233;ration paysanne en 1987.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En dehors des appareils, c'est aussi l'effervescence : les actions se multiplient. Ainsi de la gr&#232;ve du lait en 1972. Ou de la lutte du Larzac d&#232;s 1973. C'est d'ailleurs lors d'un rassemblement sur le plateau que Bernard Lambert r&#233;sume ce renouveau : &#171; &lt;i&gt;Nous sommes venus assister &#224; un mariage. Celui des Lip&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En juin 1973, les ouvriers du fabricant de montres Lip occupent l'usine pour (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;i&gt;et du Larzac, celui des ouvriers et des paysans. Jamais plus les paysans ne seront des Versaillais&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Versaillais &#187; fait ici r&#233;f&#233;rence au soutien paysan aux arm&#233;es de Thiers (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;i&gt;, jamais plus ils ne s'opposeront &#224; ceux qui veulent changer la soci&#233;t&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Et les paysan.ne.s le prouvent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1974 &#224; Aix-les-Bains, 200 d'entre eux prennent d'assaut une Conf&#233;rence europ&#233;enne sur l'agriculture, ne laissant pas grand-chose du buffet&#8230; Puis en 1975 voit le jour un Comit&#233; de lutte des &#233;leveurs int&#233;gr&#233;s, pour soutenir les fermes en difficult&#233;. Actions et initiatives fusent ainsi dans la France rurale. Un paysan dr&#244;mois se souvient : &#171; &lt;i&gt;Il suffisait de quelques coups de fil pour qu'on se retrouve &#224; 60 dans la cour d'un maquignon qui payait mal les b&#339;ufs. En g&#233;n&#233;ral, le litige &#233;tait vite r&#233;gl&#233;... &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;bellion paysanne&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Encore aujourd'hui, les luttes paysannes des ann&#233;es 1970 sont souvent renvoy&#233;es &#224; une &#171; onde de choc &#187; post Mai-68. Cette lecture historique erron&#233;e valide une id&#233;e diffusionniste : il y aurait eu un &#233;picentre (le Quartier latin), puis des r&#233;percussions dans &#171; l'arri&#232;re-pays &#187;. En r&#233;alit&#233;, l'effervescence dans les fermes depuis les ann&#233;es 1960 montre que les paysan.ne.s n'ont pas attendu qu'on vienne &#224; eux pour s'organiser et entamer une critique du modernisme, du d&#233;veloppement capitaliste de l'agriculture et de la cogestion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du m&#234;me &#233;lan, les nouveaux courants paysans balaient un puissant mythe : celui de l'unit&#233; paysanne. Ch&#232;re aux mouvements d'extr&#234;me droite agrariens des ann&#233;es 1930, puis &#224; P&#233;tain, pour qui &#171; &lt;i&gt; la terre ne ment pas &lt;/i&gt; &#187;, cette unit&#233; paysanne est reprise par le syndicalisme unique apr&#232;s-guerre. La paysannerie serait une, indivisible, partageant les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts, unie par son essence en somme. Ceux qui s'allient alors aux dockers de Saint-Nazaire ou attaquent les grands propri&#233;taires terriens affirment au contraire que la lutte des classes traverse le monde agricole. Il y a bien des exploiteurs, prenant une part active et profitable au d&#233;veloppement d'un mod&#232;le agricole d&#233;testable, et des exploit&#233;s, qui le subissent de plein fouet. Il y a m&#234;me des exploiteurs moins visibles : les industriels de l'agroalimentaire et les coop&#233;ratives, qui s'affirment alors simple &#171; &lt;i&gt;soupape&lt;/i&gt; &#187; du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Retourner le stigmate&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est aussi battu en br&#232;che, c'est la figure mill&#233;naire du &#171; paysan &#187;. Repr&#233;sentation folklorique d'un monde qui resterait en marge. Et trop souvent c&#233;l&#233;br&#233;e &#224; mauvais escient. Car ces soci&#233;t&#233;s paysannes n'&#233;taient pas tr&#232;s reluisantes : patriarcat, culte du travail et souvent de la propri&#233;t&#233;, conditions de vie difficiles. Avant de les regretter, il faudrait peut-&#234;tre s'interroger sur ce qu'on aurait voulu en garder.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces nouveaux courants paysans brisent donc cette image d'&#201;pinal en montrant qu'eux aussi sont exploit&#233;s dans une soci&#233;t&#233; capitaliste. S'ils revendiquent le terme de &#171; paysan &#187;, ce n'est pas pour se r&#233;clamer d'une figure revenue &#224; la mode, mais par conscience de classe. Le mot &#233;tait alors un marqueur du m&#233;pris, celui de la ville ou des modernistes aspirant &#224; devenir &#171; exploitants agricoles &#187;. En portant ce m&#233;pris en &#233;tendard, ces mouvements assument une communaut&#233; de v&#233;cu. Et clament : oui, c'est bien notre condition, c'est ainsi qu'on vit et c'est de l&#224; qu'on lutte. Entre le m&#233;pris du monde rural encore persistant et la survalorisation des alternatives, cette lutte de classes peut toujours &#234;tre une voie pour celles et ceux qui veulent mettre fin &#224; un mod&#232;le agricole destructeur.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Alexandre Hyacinthe&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Il serait difficile de rendre compte avec pr&#233;cision ici de ces ann&#233;es complexes. Pour plus de d&#233;tails, lire &lt;i&gt;Histoire de la nouvelle gauche paysanne&lt;/i&gt;, de Jean-Philippe Martin (La D&#233;couverte, 2005) ou &lt;i&gt;La forteresse agricole&lt;/i&gt;, de Gilles Luneau (Fayard, 2004).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En juin 1973, les ouvriers du fabricant de montres Lip occupent l'usine pour mettre en &#233;chec un plan social. Et suscitent un large mouvement de solidarit&#233; &#8211; dont celle d'&#233;leveurs du Doubs qui les alimentent en lait.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Versaillais &#187; fait ici r&#233;f&#233;rence au soutien paysan aux arm&#233;es de Thiers qui &#233;cras&#232;rent la Commune de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Le probl&#232;me n'est pas le touriste, mais le capitalisme &#187;</title>
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		<dc:date>2019-02-23T18:49:20Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alexandre Hyacinthe</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Plonk et Replonk</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>r&#233;fugie au-dessus</dc:subject>
		<dc:subject>Nunatak</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;*** &#171; Nunatak &#187;, en langue inuit, d&#233;signe une montagne o&#249; la vie se r&#233;fugie au-dessus des glaces pour perdurer pendant l'&#232;re glaciaire. Mais c'est aussi le nom d'une jeune revue &#171; d'histoires, cultures et luttes des montagnes &#187; qui sort deux fois par an &#8211; son dernier num&#233;ro traitait en partie de l'industrie touristique. Le collectif qui la r&#233;alise pr&#233;pare d&#233;j&#224; le prochain, mais il a quand m&#234;me pris le temps de revenir sur les sp&#233;cificit&#233;s de cette belle et intelligente publication. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no167-juillet-aout-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;167 (juillet-ao&#251;t 2018)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Plonk-et-Replonk" rel="tag"&gt;Plonk et Replonk&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/montagne" rel="tag"&gt;montagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/numero-943" rel="tag"&gt;num&#233;ro&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/revue" rel="tag"&gt;revue&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-ere-glaciaire" rel="tag"&gt;l'&#232;re glaciaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/refugie-au-dessus" rel="tag"&gt;r&#233;fugie au-dessus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nunatak" rel="tag"&gt;Nunatak&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2787 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH363/-1042-0d7a4.jpg?1779602883' width='500' height='363' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Plonk &amp; Replonk
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;Nunatak&lt;/i&gt; &#187;, en langue inuit&lt;/strong&gt;, d&#233;signe une montagne o&#249; la vie se r&#233;fugie au-dessus des glaces pour perdurer pendant l'&#232;re glaciaire. Mais c'est aussi le nom d'une jeune revue &#171; &lt;i&gt;d'histoires, cultures et luttes des montagnes&lt;/i&gt; &#187; qui sort deux fois par an &#8211; son dernier num&#233;ro traitait en partie de l'industrie touristique. Le collectif qui la r&#233;alise pr&#233;pare d&#233;j&#224; le prochain, mais il a quand m&#234;me pris le temps de revenir sur les sp&#233;cificit&#233;s de cette belle et intelligente publication. Questions et r&#233;ponses.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;*****&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Nunatak,&lt;/i&gt; qu'est-ce que c'est ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#192; l'origine, &lt;i&gt;Nunatak&lt;/i&gt; est une revue italienne, qui existe depuis 2006 et compte 50 num&#233;ros. Elle est n&#233;e autour de la lutte No-Tav du Val de Suse et de la contestation des Jeux olympiques de Turin. En 2015, lors d'une tourn&#233;e de pr&#233;sentation en France, les Italiens ont propos&#233; de faire traduire leur revue en fran&#231;ais. On a adh&#233;r&#233;, mais avec l'id&#233;e de faire une revue &#224; part enti&#232;re plut&#244;t qu'une simple traduction. Le premier num&#233;ro est ainsi sorti &#224; l'automne 2016. On garde des liens avec la r&#233;daction italienne, mais les deux revues sont autonomes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;part, notre collectif rassemble des personnes d'horizons divers &#8211; des C&#233;vennes, des Hautes-Alpes, des Pyr&#233;n&#233;es et des Vosges. Nous ne sommes ni journalistes, ni historiens : on veut seulement se donner les moyens d'analyser nous-m&#234;mes ce qu'on vit. La montagne nous rassemble, mais nos parcours sont diff&#233;rents : certains d'entre nous vivaient il y a peu en ville quand d'autres habitent depuis toujours la montagne. Et parmi nous, il y a des saisonniers, des paysans, des ch&#244;meurs, des int&#233;rimaires, des universitaires... La revue n'entend nullement porter une homog&#233;n&#233;it&#233; id&#233;ologique, mais nous nous retrouvons sur une base politique anticapitaliste et anti-autoritaire. Par contre, nous nous refusons &#224; ne diffuser que dans les r&#233;seaux militants. On souhaite parler au plus de monde possible, en diffusant de la main &#224; la main, lors de pr&#233;sentations, et dans les librairies, caf&#233;s, &#233;piceries et m&#234;me &#233;tals de march&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi centrer la revue sur la montagne ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour une premi&#232;re raison &#233;vidente : il s'agit de partir de r&#233;alit&#233;s partag&#233;es, l&#224; o&#249; on vit &#8211; c'est cela qui permet la rencontre et la discussion. Essentiel. S'il existe d&#233;j&#224; des revues sp&#233;cialis&#233;es sur la montagne, elles abordent le sujet par l'angle sportif, de terroir ou universitaire. Rien &#224; voir avec notre envie de porter un discours critique, politique, sur les r&#233;alit&#233;s des habitants de la montagne. Et d'y trouver le pr&#233;texte &#224; parler de plein d'autres choses. De ce qui nous relie, des mouvements de lutte aux histoires de bandits, des usages aux savoir-faire, de la faune et de la flore... &#199;a nous int&#233;resse de parler d'histoire : &#231;a nous nourrit et c'est une source d'inspiration. Mais on ne veut pas id&#233;aliser le pass&#233; montagnard. Commun&#233;ment, on a tendance &#224; voir les montagnes comme des milieux pr&#233;serv&#233;s, des lieux de passages, de refuges. Mais en r&#233;alit&#233;, ces espaces n'&#233;chappent pas &#224; l'uniformisation : il n'y a pas d'oasis &#233;pargn&#233; par la logique marchande. L'id&#233;e, c'est d'aller fouiller derri&#232;re les apparences, de comprendre les choses plus en profondeur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Votre dernier num&#233;ro aborde largement la question du tourisme &#8211; quels sont
les sujets trait&#233;s ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Trois papiers se penchent en effet sur le sujet. Le premier est une r&#233;flexion autour du &lt;i&gt;Fou d'Edenberg&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Albin Michel, 1967.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, un roman de Samivel qui raconte l'arriv&#233;e des sports d'hiver dans un village des Alpes. Un second, &#8220;Le tourisme ou la mort'', aborde les transformations du Queyras &lt;i&gt;[Hautes-Alpes]&lt;/i&gt;, et plus particuli&#232;rement de Saint-V&#233;ran, avec le d&#233;veloppement du tourisme dans cette zone r&#233;put&#233;e &#8220;authentique''. Et dans le troisi&#232;me, &#8220;Activit&#233;s de pleine nature'', un accompagnateur en moyenne montagne analyse la fa&#231;on dont ces activit&#233;s impactent son rapport &#224; l'environnement et au travail. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a des constats communs qui sous-tendent ces trois papiers ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Bien s&#251;r ! La premi&#232;re chose qu'on souhaitait poser, c'est que le tourisme fait syst&#232;me. Il s'agit d'un ensemble de rapports sociaux qui place les visiteurs dans une position de &#8220;touristes'', de consommateurs, et suscite &#224; la fois une d&#233;possession des habitants et une restructuration de l'&#233;conomie locale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La critique du tourisme de masse &#8211; sur la c&#244;te ou dans les stations &#8211; est d&#233;sormais assez r&#233;pandue. Un point positif ? Pas tellement, parce qu'il s'accompagne, en r&#233;action, de la cr&#233;ation d'une nouvelle forme de tourisme &#8220; &#233;coresponsable '', de proximit&#233;. Pour nous, ce sont l&#224; deux faces d'une m&#234;me industrie. L'&#233;cotourisme n'est rien d'autre qu'une nouvelle mani&#232;re d'&#233;tendre l'emprise touristique sur l'ensemble du territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La participation individuelle &#224; ces nouvelles formes de tourisme pr&#233;sente un c&#244;t&#233; lib&#233;ral, en fa&#231;ade. Qui tend justement &#224; faire oublier le c&#244;t&#233; syst&#233;mique du tourisme et la planification &#233;tatique qui l'accompagne &#8211; celle-ci se manifeste par des outils d'am&#233;nagement ou de gestion, comme les Parcs naturels r&#233;gionaux. Il s'agit d'un levier &#233;conomique cons&#233;quent, qui pousse chacun &#224; y participer : dans certaines zones, 90 % des habitants vivent du tourisme. En r&#233;alit&#233;, les rapports de classes se reproduisent, entre gal&#233;riens qui veulent s'en sortir et d'autres qui ont du capital, saisonniers et propri&#233;taires, etc. Un ensemble d'&#233;l&#233;ments, comme les labels, les parcs, les offices du tourisme font le lien entre l'individu et les institutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis longtemps, ce ph&#233;nom&#232;ne existe&lt;i&gt; &lt;/i&gt; : le d&#233;veloppement du tourisme apr&#232;s la Deuxi&#232;me Guerre mondiale a entra&#238;n&#233; dans les zones en d&#233;peuplement l'essor de la double activit&#233; pour les paysans. Le tourisme n'est ainsi pas une activit&#233; qui serait s&#233;par&#233;e des autres, mais quelque chose de transversal, qui s'inscrit dans l'ensemble du territoire. C'est une manifestation du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;possessions provoqu&#233;es sont multiples. Mat&#233;rielles, d'abord, avec la multiplication des r&#233;sidences secondaires et le cas de villages qui voient leur population quintupler pendant l'&#233;t&#233;. Et symboliques, ensuite. Ainsi des appellations d'origine, par exemple, qui mettent en avant une image d'authenticit&#233; sans lien avec les pratiques et les usages locaux &#8211; et jusqu'&#224; des fromages purement invent&#233;s&lt;i&gt; &lt;/i&gt; ! Le ph&#233;nom&#232;ne de mus&#233;ification des zones touristiques a tendance &#224; figer une image pass&#233;e, et emp&#234;che donc la r&#233;appropriation des usages, des savoirs, de l'habitat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On assiste aussi au d&#233;veloppement d'une forme d'illusion partag&#233;e&lt;i&gt; &lt;/i&gt; : pour que le tourisme fonctionne, il faut que tout le monde, dans les vall&#233;es, entonne un discours positif. D'o&#249; un foss&#233; entre la r&#233;alit&#233; v&#233;cue localement et le discours port&#233;, relevant de cette illusion. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette critique pose des bases pour r&#233;sister au syst&#232;me touristique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour l'instant, il y a peu de pratiques concr&#232;tes de luttes. Et elles sont souvent concentr&#233;es sur de gros projets touristiques. Les protestations &#224; Barcelone ou &#224; Venise contre les nuisances du tourisme de masse sont certes int&#233;ressantes, mais on veut aller un peu plus loin. Critiquer les rapports marchands. Et ne pas dissocier la critique du tourisme de celle du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit aussi de comprendre le r&#244;le de soupape de d&#233;compression jou&#233; par le tourisme pour les classes subalternes &#8211; rien d'autre que la reproduction de la force de travail. On ne veut pas porter un discours de m&#233;pris de classe sur le sujet. Ni jeter la pierre aux personnes qui partent &#224; la montagne pour &#233;viter le &lt;i&gt;burn-out&lt;/i&gt;. D'autant qu'on peut tr&#232;s bien subir le tourisme en &#233;tant exploit&#233; dans un camping hyper fr&#233;quent&#233;, puis devenir touriste &#224; notre tour. Encore une fois, le probl&#232;me n'est pas le touriste, mais le capitalisme.&lt;i&gt; &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et comment se pr&#233;sente votre prochain num&#233;ro ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cette fois, pas de th&#232;me principal : on fait avec les textes qu'on produit et qu'on nous propose. Dans ce quatri&#232;me num&#233;ro, on &#233;voquera notamment ce qui se passe dans les Alpes autour de la solidarit&#233; avec les migrant.es, la contrebande dans les Pyr&#233;n&#233;es ou la lutte des agriculteurs et agricultrices contre les normes... C'est d'ailleurs l'occasion d'inviter les gens &#224; participer &#224; la diffusion et &#224; nous contacter pour toute proposition, critique ou participation &lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Contact : revuenunatak@riseup.net ou Nunatak / c/o Caf&#233; du si&#232;cle &#8211; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Pour chacun de nos deux num&#233;ros annuels, on organise un week-end de r&#233;flexion ouvert &#224; chacun et chacune. Le prochain se tient &#224; la fin de cet &#233;t&#233;&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'&#233;t&#233; 2018 [Note du webmaster... &#224; la bourre !].&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#8211; n'h&#233;sitez pas ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Alexandre Hyacinthe&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_2739 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;66&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH558/-997-4cde7.jpg?1779603027' width='400' height='558' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;167 de CQFD, illustr&#233;e par Jean-Michel Bertoyas
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;
&lt;strong&gt;Cet article&lt;/strong&gt; est issu du dossier &#171; Tourisme : plus loin, plus vite, plus rien &#187;, publi&#233; dans le n&#176;167 de&lt;/i&gt; CQFD &lt;i&gt;en juillet-ao&#251;t 2018&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En voir &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no167' class=&#034;spip_in&#034;&gt;le sommaire&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Albin Michel, 1967.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Contact : revuenunatak@riseup.net ou Nunatak / c/o Caf&#233; du si&#232;cle &#8211; Biblioth&#232;que / 1 rue Biron / 34190 Ganges. Les num&#233;ros peuvent &#234;tre t&#233;l&#233;charg&#233;s sur &lt;a href='https://cqfd-journal.org/revuenunatak.noblogs.org'&gt;revuenunatak.noblogs.org&lt;/a&gt; ou command&#233;s en version papier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'&#233;t&#233; 2018 &lt;i&gt;[Note du webmaster... &#224; la bourre !]&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>D&#233;velopper le tourisme en inventant l'eau chaude</title>
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		<dc:creator>Alexandre Hyacinthe</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Petit bourg de l'Ain, Hauteville-Lompnes peut se targuer de compter un maire particuli&#232;rement inventif. Apr&#232;s avoir install&#233; des canons &#224; neige pour la micro-station bas&#233;e &#224; seulement 900 m&#232;tres d'altitude, il a d&#233;cid&#233; de forer le plateau karstique pour trouver de l'eau chaude &#224; m&#234;me d'alimenter un centre aqualudique. En face, la r&#233;sistance s'organise. *** Pendant trois semaines, ils ont pris la route pour informer et discuter. En avril, les opposant.e.s &#224; trois projets de Center Parcs (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no167-juillet-aout-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;167 (juillet-ao&#251;t 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/neige" rel="tag"&gt;neige&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Petit bourg de l'Ain, Hauteville-Lompnes peut se targuer de compter un maire particuli&#232;rement inventif. Apr&#232;s avoir install&#233; des canons &#224; neige pour la micro-station bas&#233;e &#224; seulement 900 m&#232;tres d'altitude, il a d&#233;cid&#233; de forer le plateau karstique pour trouver de l'eau chaude &#224; m&#234;me d'alimenter un centre aqualudique. En face, la r&#233;sistance s'organise.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2786 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH299/-1041-c654f.jpg?1779603028' width='400' height='299' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Mickomix
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pendant trois semaines&lt;/strong&gt;, ils ont pris la route pour informer et discuter. En avril, les opposant.e.s &#224; trois projets de Center Parcs &lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ceux de Poligny, du Rousset et de Roybon.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; ont uni leurs forces pour sillonner les routes entre Rh&#244;ne-Alpes et Bourgogne-Franche-Comt&#233; &#224; bord de la caravane Nina (Ni ici, ni ailleurs !). Chaque jour, ils ont fait rel&#226;che dans une ville diff&#233;rente, proposant discussions, pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre, projections et mise &#224; disposition de livres et de brochures. Dans le viseur, &#171; &lt;i&gt;la touristification et marchandisation du monde&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 11 avril&lt;/strong&gt;, la caravane passait par la salle des f&#234;tes d'Hauteville-Lompnes, dans le Haut-Bugey (Ain). Elle y a retrouv&#233; des membres du collectif local Hauteville-Valromey, en lutte contre l'installation de canons &#224; neige et contre des forages pour trouver de l'eau chaude. Une soixantaine de personnes ont ainsi &#233;chang&#233; autour de ce qui les unit : l'opposition &#224; des grands projets touristiques nuisibles. L'occasion d'un coup de projecteur sur ceux, particuli&#232;rement m&#233;galos, port&#233;s par la municipalit&#233; d'Hauteville-Lompnes et la communaut&#233; de communes du Plateau d'Hauteville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le bourg de 3 700 habitants&lt;/strong&gt; a connu, il y a longtemps, son heure de gloire gr&#226;ce &#224; ses nombreux sanatoriums, l'air local &#233;tant jug&#233; b&#233;n&#233;fique aux tuberculeux. Mais avec l'invention de la p&#233;nicilline en 1947, qui permet de soigner la tuberculose, patatras : au fil des ans, les curistes se font de plus en plus rares. Certains sanatoriums ferment, d'autres se reconvertissent tout en restant dans le m&#233;dical. Aujourd'hui, la ville compte ainsi un &#201;sat&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;tablissement et service d'aide par le travail.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, un centre de repos et de r&#233;adaptation, un autre de traitement des addictions, un IME &lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Institut m&#233;dico-&#233;ducatif.&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; et un Ehpad &lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;tablissement d'h&#233;bergement pour personnes &#226;g&#233;es d&#233;pendantes.&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Bref, la sant&#233; et le social restent parmi les premiers secteurs d'activit&#233; pour la commune et le plateau alentour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce qui se retrouve&lt;/strong&gt; dans la sociologie locale : en ville, on croise notamment des pr&#233;caires des h&#244;pitaux (ainsi que de l'industrie du bois), des curistes, des travailleurs sociaux surmen&#233;s et des paysans fuyant la pression fonci&#232;re des plaines. Pas vraiment la client&#232;le r&#234;v&#233;e pour le casino implant&#233; &#224; l'entr&#233;e de la ville depuis 2003&#8230; Suppos&#233; dynamiser la vie locale, celui-ci a surtout multipli&#233; les pertes. &#192; tel point que son propri&#233;taire, le groupe Partouche, l'a revendu en 2015. Depuis, la municipalit&#233; a d&#233;cid&#233; de d&#233;velopper un autre secteur d'activit&#233; : les sports d'hiver. Et elle le fait &#224; sa mani&#232;re. Tr&#232;s particuli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Tourisme &#224; coup de canons&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 2015&lt;/strong&gt;, la municipalit&#233; et la communaut&#233; de commune se piquent ainsi de relancer la micro-station de la commune, qui s'&#233;tend de 925 &#224; 1 194 m&#232;tres d'altitude et comprend quatre t&#233;l&#233;skis pour huit pistes. Elles d&#233;cident alors d'installer des canons &#224; neige, aliment&#233;s par l'eau d'un lac semi-naturel. Co&#251;t du projet ? Un million d'euros &lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une facture r&#233;gl&#233;e par l'intercommunalit&#233; et le d&#233;partement, avec le soutien (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. Soit beaucoup d'argent pour une id&#233;e absurde : en ces temps de r&#233;chauffement climatique, il faut &#234;tre sacr&#233;ment optimiste (ou idiot) pour imaginer qu'une petite station situ&#233;e &#224; 900 m&#232;tres dans l'Ain et orient&#233;e plein ouest puisse b&#233;n&#233;ficier d'un enneigement suffisant, m&#234;me artificiel&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un collectif se constitue rapidement&lt;/strong&gt; pour contester le projet, mais la communaut&#233; de communes fait la sourde oreille. Ce n'est qu'en mena&#231;ant de perturber le passage du Tour de France que ses membres sont finalement re&#231;us. Et ils doivent aussi batailler pour avoir acc&#232;s aux &#233;tudes pr&#233;alables, r&#233;duites &#224; leur plus simple expression : &#171; &lt;i&gt; L'&#233;tude &#8220; faune et flore &#8221; a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e en l'espace d'une journ&#233;e, en juin &#8211; rien de repr&#233;sentatif&lt;/i&gt; &#187;, souligne une membre du collectif. &#171; &lt;i&gt;Quant &#224; l'&#233;tude &#8220; m&#233;t&#233;o &#8221;, elle est bas&#233;e sur des donn&#233;es recueillies &#224; la station des Rousses, situ&#233;e &#224; 70 kilom&#232;tres et plus haute de 200 m&#232;tres&#8230;&lt;/i&gt; &#187;, abonde un autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'importe&lt;/strong&gt;, les canons &#224; neige entrent en service en d&#233;cembre 2016. D&#233;montrant rapidement leur (presque) compl&#232;te inutilit&#233;. La station ne fonctionne qu'une dizaine de jours pour la saison 2016-2017. Et ne s'en tire pas mieux &#224; l'hiver suivant : &#171; &lt;i&gt;11 000 m&#232;tres cubes de neige artificielle ont &#233;t&#233; produits d&#233;but d&#233;cembre 2017,&lt;/i&gt; poursuit l'opposant. &lt;i&gt;Mais ils ne sont pas rest&#233;s longtemps : vu l'orientation des pistes, la premi&#232;re perturbation oc&#233;anique venue les a fait dispara&#238;tre en moins de deux jours&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Le bide total.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De ce bilan pas brillant&lt;/strong&gt;, la communaut&#233; de communes a tir&#233; des le&#231;ons&#8230; en initiant un projet similaire pour la micro-station voisine des Plans d'Hotonnes &#8211; neuf t&#233;l&#233;skis &#224; 1 100 m&#232;tres. L'orientation et l'altitude sont certes un peu plus favorables, mais il n'y a pas d'eau disponible pour alimenter les canons. &lt;i&gt;Bis repetita&lt;/i&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;sistances aux forages&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; Hauteville&lt;/strong&gt;, on n'a pas (beaucoup) de neige, mais on a des id&#233;es ! Enfin, surtout le maire&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Depuis la fusion de la commune avec trois voisines au 1er janvier 2019, il (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;. Bernard Argenti est all&#233; chercher sa derni&#232;re lubie dans les bas-fonds de ce plateau karstique : lancer un centre aqualudique aliment&#233; &#224; l'eau chaude ! Une sorte de station thermale, cr&#233;&#233;e &#224; grands coups de TNT. Le projet repose sur la supposition qu'il y aurait de l'eau &#224; 38&#176;C dans une faille karstique situ&#233;e &#224; 900 m&#232;tres de profondeur. &#171; Supposition &#187;, parce que ce sont juste les deux baguettes de noisetier d'un sourcier qui l'affirment...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La r&#233;action locale&lt;/strong&gt;, cette fois, est rapide. Il faut dire qu'&#224; force, les habitant.e.s s'y connaissent en forages. Il y a 30 ans, Esso a cherch&#233; du p&#233;trole sur le plateau &#8211; les recherches exploratoires ont souill&#233; une source, la rendant non potable. Puis le p&#233;trolier est reparti comme il &#233;tait venu, expliquant que l'exploitation du gisement ne serait pas rentable. D'autres compagnies ont retent&#233; le coup &#224; la fin des ann&#233;es 2000. Plus nombreux et mieux organis&#233;s, les opposant.e.s les ont mises en &#233;chec, r&#233;ussissant &#224; faire annuler le permis par l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bref&lt;/strong&gt;, &#224; Hauteville, la r&#233;sistance au forage tient d'une longue histoire. &#171; &lt;i&gt;Quand on a entendu parler de cette id&#233;e de creuser &#224; la recherche d'eau chaude, on a tout de suite cherch&#233; &#224; en savoir plus, &lt;/i&gt;explique une opposante. &lt;i&gt;Ici, c'est un plateau karstique, milieu complexe et tr&#232;s fragile. Forer aura forc&#233;ment des cons&#233;quences. &lt;/i&gt; &#187; Un recours est donc lanc&#233; contre le projet, mais il n'est pas suspensif &#8211; les travaux devraient commencer d'ici peu et co&#251;ter une fois et demie plus cher que pr&#233;vu. Une pr&#233;cipitation qui n'&#233;tonne m&#234;me plus les habitant.e.s : &#171; &lt;i&gt;C'est la strat&#233;gie habituelle : le maire fonce avant d'obtenir des garanties financi&#232;re, juridique et technique. Ce qui laisse moins de temps pour organiser la lutte. &lt;/i&gt; &#187; Pour l&#233;gitimer son projet, la municipalit&#233; pr&#233;tend aussi avoir sous le coude un investisseur priv&#233; d&#233;cid&#233; &#224; allonger des euros. Mais sans jamais en livrer le nom...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Client&#232;le de classes moyennes &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Retour &#224; la salle des f&#234;tes&lt;/strong&gt;. Depuis le d&#233;but de la soir&#233;e, une personne assise au fond de la salle n'a cess&#233; de lever les yeux au plafond et d'afficher une mine constern&#233;e. C'est le maire lui-m&#234;me, venu &#233;couter ce qui se disait. Voil&#224; deux heures que ses oreilles sifflent, quand une participante s'agace : &#171; &lt;i&gt;S&#233;rieusement, quels sont les arguments des gens lan&#231;ant un tel projet ? C'est une vraie question : sur quoi s'appuient-ils pour consid&#233;rer &#231;a pertinent et utile ?&lt;/i&gt; &#187; Les regards se tournent enfin vers l'&#233;dile. Qui a pris la poudre d'escampette, d'un pas press&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deux ans plus t&#244;t&lt;/strong&gt;, pourtant, il avait donn&#233; des &#233;l&#233;ments de r&#233;ponse &lt;a href=&#034;#nb4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans &#171; Hauteville les Bains, c'est pour demain ? &#187;, article mis en ligne le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;, &#233;voquant notamment le classique &#171; &lt;i&gt;g&#233;n&#233;rateur d'emplois&lt;/i&gt; &#187;. Il avan&#231;ait aussi que cela &#171; &lt;i&gt;pourrait susciter la construction d'un bel h&#244;tel&lt;/i&gt; &#187;, avant de conclure : &#171; &lt;i&gt;Nous voulons attirer la client&#232;le des classes moyennes, sur un bassin de population de plusieurs millions d'habitants install&#233;s entre Lyon et Gen&#232;ve.&lt;/i&gt; &#187; Finalement, loin d'inventer l'eau chaude, l'&#233;dile ressasse la m&#234;me vision du monde que nombre de ses coll&#232;gues : les classes moyennes, c'est bien, &#231;a ne fait pas de vague, &#231;a se couche t&#244;t, &#231;a consomme et &#231;a va &#224; la piscine.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Alexandre Hyacinthe&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_2739 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;66&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH558/-997-4cde7.jpg?1779603027' width='400' height='558' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;167 de CQFD, illustr&#233;e par Jean-Michel Bertoyas
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;
&lt;strong&gt;Cet article&lt;/strong&gt; est issu du dossier &#171; Tourisme : plus loin, plus vite, plus rien &#187;, publi&#233; dans le n&#176;167 de&lt;/i&gt; CQFD &lt;i&gt;en juillet-ao&#251;t 2018&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En voir &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no167' class=&#034;spip_in&#034;&gt;le sommaire&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Ceux de Poligny, du Rousset et de Roybon.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#201;tablissement et service d'aide par le travail.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Institut m&#233;dico-&#233;ducatif.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#201;tablissement d'h&#233;bergement pour personnes &#226;g&#233;es d&#233;pendantes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Une facture r&#233;gl&#233;e par l'intercommunalit&#233; et le d&#233;partement, avec le soutien du &#171; Plan neige &#187; initi&#233; par le pr&#233;sident de r&#233;gion Laurent Wauquiez (LR).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Depuis la fusion de la commune avec trois voisines au 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; janvier 2019, il n'est plus que maire d&#233;l&#233;gu&#233; &lt;i&gt;[Note du webmaster]&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dans &#171; &lt;a href=&#034;https://www.leprogres.fr/ain/2016/06/02/hauteville-les-bains-c-est-pour-demain&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hauteville les Bains, c'est pour demain ?&lt;/a&gt; &#187;, article mis en ligne le 02/06/16 sur le site du journal &lt;i&gt;Le Progr&#232;s&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Politiques de terres vol&#233;es</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Politiques-de-terres-volees</link>
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		<dc:date>2015-08-27T17:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alexandre Hyacinthe</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Emilie Seto</dc:subject>
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		<dc:subject>Bernard Lambert</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis quelques ann&#233;es, le ph&#233;nom&#232;ne d'accaparement des terres a pris de l'ampleur, et avec lui ses cons&#233;quences d&#233;sastreuses, notamment sur le continent africain et en Europe de l'Est. En France, on ne conna&#238;t pas pour l'instant d'investissements massifs visant les terres de la part des grandes entreprises multinationales. Pour autant, on peut bien parler de confiscation du foncier agricole, qui se d&#233;veloppe de diff&#233;rentes mani&#232;res, plus ou moins insidieuses. Petite typologie non exhaustive (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Drome" rel="tag"&gt;Dr&#244;me&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/hectares" rel="tag"&gt;hectares&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bernard-Lambert" rel="tag"&gt;Bernard Lambert&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis quelques ann&#233;es, le ph&#233;nom&#232;ne d'accaparement des terres a pris de l'ampleur, et avec lui ses cons&#233;quences d&#233;sastreuses, notamment sur le continent africain et en Europe de l'Est. En France, on ne conna&#238;t pas pour l'instant d'investissements massifs visant les terres de la part des grandes entreprises multinationales. Pour autant, on peut bien parler de confiscation du foncier agricole, qui se d&#233;veloppe de diff&#233;rentes mani&#232;res, plus ou moins insidieuses. Petite typologie non exhaustive de ce qui prive les paysans et paysannes de leur outil de production.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Entre le marteau de la m&#233;tropole et l'enclume de l'agro-industrie !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans son livre &lt;i&gt;Les paysans dans la lutte des classes&lt;/i&gt;, le syndicaliste paysan Bernard Lambert distinguait d&#233;j&#224; en 1970 les &#171; paup&#233;ris&#233;s &#187; &#8211; les paysans contraints de rejoindre le prol&#233;tariat industriel faute de fermes assez grandes pour &#234;tre comp&#233;titives &#8211; des &#171; prol&#233;taris&#233;s &#187; &#8211; oblig&#233;s d'investir sans rel&#226;che pour se maintenir dans la comp&#233;tition, et donc d'absorber peu &#224; peu les terres laiss&#233;es par ceux qui partaient. En France, le statut du fermage et les baux ruraux que celui-ci r&#233;git, issus des conqu&#234;tes sociales d'apr&#232;s-guerre, limitent consid&#233;rablement les droits des propri&#233;taires&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Encore aujourd'hui, pr&#232;s des trois quarts des surfaces agricoles en France (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; ; cependant, la &#171; modernisation &#187; de l'agriculture a entra&#238;n&#233; une diminution drastique du nombre de paysans et paysannes. La course &#224; la productivit&#233; et &#224; la sp&#233;cialisation de l'agriculture a profond&#233;ment accentu&#233; la concentration des outils de production et creus&#233; les &#233;carts entre petites fermes et grandes exploitations. Plus r&#233;cemment, d'autres ph&#233;nom&#232;nes de confiscation des terres sont apparus : arriv&#233;e d'investisseurs priv&#233;s, pression urbaine, &#171; &#233;cotourisme &#187;, etc. D'ampleur et de visibilit&#233; vari&#233;es, toutes ces transformations entra&#238;nent des formes d'accaparement tout autant pr&#233;occupantes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1563 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/seto_accaparement.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH188/seto_accaparement-7dd5c.jpg?1779921195' width='500' height='188' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Emilie Seto.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Agrobusiness&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que le 17 juin aura lieu le proc&#232;s en appel de neuf personnes ayant particip&#233; au d&#233;montage de l'usine des 1 000 vaches en Picardie, les cas similaires de fermes-usines se multiplient, synonymes d'une industrialisation massive de l'agriculture. On recense ainsi actuellement en France pr&#232;s d'une trentaine de projets : &#233;levage monstre de porcs dans le Pas-de-Calais, usine &#224; engraissement de veaux dans le Limousin, b&#226;timents &#224; &#233;tages de centaines de milliers de poulets dans l'Ouest... Ces projets accapareurs de terres ont de plus en plus souvent pour finalit&#233; la production d'agrocarburants, de biogaz ou de photovolta&#239;que, r&#233;orientant massivement le foncier agricole vers une destination industrielle tr&#232;s profitable pour ses promoteurs, mais non rentable sans un soutien public massif&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Patrick Sadones, &#171; Agriculture et production d'&#233;nergie dite renouvelable : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Dans le cas des 1 000 vaches&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En moyenne en France, une exploitation laiti&#232;re compte une cinquantaine de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, projet d'un entrepreneur du BTP qui vise &#224; faire m&#233;thaniser la bouse des vaches pour la transformer en biogaz, 3 000 hectares de terres sont n&#233;cessaires rien que pour &#233;pandre les d&#233;chets organiques r&#233;sultant de ce processus industriel ; l'&#233;levage n'a plus aucun lien au sol (les vaches sont nourries et traites par des robots) et le lait des vaches est devenu un sous-produit, moins rentable que leur merde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Accaparement de proximit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moins visibles que ces grands projets industriels, certaines fermes &#171; familiales &#187; classiques (ou les structures soci&#233;taires qui en sont issues) n'ont jamais cess&#233; de s'agrandir pour rester comp&#233;titives. Ces &#171; cumulards &#187; &#8211; comme on les nomme dans le milieu &#8211; r&#233;cup&#232;rent ou se partagent les terres des fermes qui arr&#234;tent leur activit&#233;, dans un cercle vicieux sans fin. D'abord, on r&#233;cup&#232;re des hectares de culture ou de prairie, pour avoir un peu plus de revenus et quelques primes en rab&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jusqu'&#224; tr&#232;s r&#233;cemment, aux surfaces des fermes laiti&#232;res &#233;taient li&#233;s des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Ensuite, on investit dans le mat&#233;riel n&#233;cessaire &#224; ces nouvelles dimensions. Une fois le mat&#233;riel acquis... pourquoi ne pas acqu&#233;rir quelques hectares de plus pour l'amortir ? Et apr&#232;s &#234;tre devenu grand, il est facile d'&#234;tre visible dans le tissu politique local comme dans le syndicalisme agricole majoritaire (FNSEA) : les portes vers de nouveaux hectares s'ouvrent de plus en plus simplement. Coupl&#233;s au changement de destination des b&#226;timents agricoles &#8211; sur lequel on reviendra &#8211;, des outils de production viables et &#224; taille humaine se retrouvent ainsi d&#233;mantel&#233;s, au profit de structures trop ch&#232;res et trop endett&#233;es pour &#234;tre reprises, et trop grandes pour &#234;tre viables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette course &#224; l'agrandissement est encourag&#233;e par la Politique agricole commune (PAC) qui redistribue en partie ses aides publiques en fonction du nombre d'hectares exploit&#233;s par l'agriculteur. Lors de la r&#233;cente r&#233;forme de la PAC, les &#201;tats europ&#233;ens avaient la possibilit&#233; de moduler certaines aides &#224; l'hectare, et ainsi limiter la sp&#233;culation li&#233;e aux primes &#224; l'hectare. Mais comme on pouvait s'y attendre, l'agro-&#233;cologie pr&#244;n&#233;e depuis peu par notre minist&#232;re de l'Agriculture ne rime pas avec r&#233;forme agraire, et l'option de r&#233;partir un minimum le soutien aux paysans par ce biais a &#233;t&#233; abandonn&#233;e en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de la question de fond de la r&#233;partition des richesses, cette concentration des terres a localement des cons&#233;quences agronomiques directes, comme en t&#233;moigne Fanny, paysanne dans l'Ain : &#171; &lt;i&gt; En polyculture-&#233;levage, il faut &#224; la fois des p&#226;tures, des prairies fauchables et des surfaces labourables. Les grosses fermes r&#233;cup&#232;rent souvent les meilleures terres, et cr&#233;ent donc des d&#233;s&#233;quilibres localement, renfor&#231;ant la sp&#233;cialisation.&lt;/i&gt; &#187; Les &#233;levages voisins priv&#233;s des bonnes terres se retrouvent en effet d&#233;pendants d'achat d'aliments ext&#233;rieurs, tandis que les &#171; cumulards &#187; &#233;coulent leur production vers des fili&#232;res longues au prix du march&#233;. L'enjeu est de taille pour les ann&#233;es &#224; venir : alors que pr&#232;s de la moiti&#233; des agriculteurs et agricultrices partiront en retraite d'ici dix ans, que vont devenir ces fermes devenues trop grandes, o&#249; s'entassent hectares, tracteurs, b&#226;timents, pour parfois seulement un ou deux emplois ? La mauvaise r&#233;ponse pointe d&#233;j&#224; : des fermes laiti&#232;res surendett&#233;es se sont vu racheter leurs dettes par leur coop&#233;rative ou un acheteur priv&#233;, ouvrant la porte &#224; un nouveau type d'investisseurs dans la production agricole. Mais une autre r&#233;ponse voit aussi heureusement le jour : s'atteler d&#232;s maintenant au &#171; d&#233;membrement &#187; de ces fermes, en recr&#233;ant des outils collectifs, l&#224; o&#249; ils ont disparu. Ainsi, ici ou l&#224;, des &#233;leveurs lib&#232;rent leurs quelques hectares irrigables pour du mara&#238;chage, ou des c&#233;r&#233;aliers proches de la retraite accueillent de nouvelles personnes sur leur ferme avec troupeaux, serres et vergers, multipliant par 4 ou 5 le nombre d'activit&#233;s sur la m&#234;me surface.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;comodernit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ce n'est pas le parfum des huiles essentielles qui masquera l'odeur des chemin&#233;es de Feyzin&lt;/i&gt; &#187;, annon&#231;ait le tract d'un festival dans la Dr&#244;me en 2012 &#8211; Feyzin &#233;tant une commune au sud de Lyon, o&#249; se situe un grand bassin p&#233;trochimique. Disparition du pastoralisme, difficult&#233;s de m&#233;canisation : certaines r&#233;gions comportent encore des terrains en pente et des terrasses en friche, progressivement d&#233;laiss&#233;es par l'agriculture comp&#233;titive, comme c'est le cas en Dr&#244;me et en Ard&#232;che. Ces zones ont donc constitu&#233; ces derni&#232;res d&#233;cennies un refuge accessible pour le &#171; hors cadre familial &#187;, celles et ceux qui n'avaient pas de patrimoine pour se lancer dans la paysannerie. Ces derniers ont pu y rencontrer des personnes qui ont toujours les savoir-faire adapt&#233;s &#224; ces territoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seulement, les terrasses en friche et les jolis hameaux, dot&#233;s d&#233;sormais du haut d&#233;bit, attirent aussi un tout autre public. D&#233;but 2015, sur un site de petites annonces, on pouvait trouver dans la m&#234;me r&#233;gion : &#171; &lt;i&gt;&#192; r&#233;nover : demeure de charme dans b&#226;timent agricole, id&#233;al pour tourisme ou t&#233;l&#233;travail&lt;/i&gt; &#187; &#8211; annonce propos&#233;e par... la Safer, organisme parapublic suppos&#233; maintenir la destination agricole du foncier rural. Que faire d'une terrasse en friche et de p&#226;tures pauvres quand on n'a ni maison ni b&#226;timent ? Ce b&#226;ti fait pourtant tout autant partie de l'outil de production pour les paysans et paysannes, mais attire un public bien plus solvable. M&#234;me quand c'est pour y passer seulement trois mois dans l'ann&#233;e, comme en t&#233;moigne Val&#233;rie, en Ard&#232;che : &#171; &lt;i&gt;Toutes les maisons refaites et confortables ont les volets ferm&#233;s une grande partie de l'ann&#233;e, et on n'arrive pas &#224; entretenir les n&#244;tres, nous qui vivons ici. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, parmi ces nouveaux arrivants, certains recherchent avec sinc&#233;rit&#233; &#224; sortir d'un mode de vie urbain fait de stress et d'hyperconsommation. Mais comme le souligne Georges, artisan en milieu rural dans le Massif central : &#171; &lt;i&gt;Ils viennent avec leurs codes, leur culture, et parfois, on est bien plus face &#224; une extension de leur mode de vie urbain que dans la construction de quelque chose de nouveau, qui serait &#224; inventer. Et &#231;a, &#231;a peut &#234;tre une violence pour les gens d'ici, qui ne peuvent pour certains que constater l'effondrement de leur monde.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet attrait pour se mettre au vert constitue un bon filon &#233;conomique ou m&#233;diatique pour certains. La vall&#233;e de la Dr&#244;me a ainsi &#233;t&#233; d&#233;cr&#233;t&#233;e &#171; Biovall&#233;e &#187; il y a quelques ann&#233;es, pour &#171; am&#233;nager et valoriser &#187; le territoire et &#171; accompagner l'innovation &#187;. Bruno, paysan sur place, t&#233;moigne : &#171; &lt;i&gt;Bien s&#251;r qu'on est pour le d&#233;veloppement du bio, mais pourquoi dans une seule vall&#233;e ? Et en plus, &#224; quelques kilom&#232;tres des centrales nucl&#233;aires qui ne sont pas remises en cause... La Biovall&#233;e, c'est beaucoup d'id&#233;es, dont certaines int&#233;ressantes, mais on ne voit pas d'impact concret, et &#231;a n'emp&#234;che visiblement pas la r&#233;alisation de projets n&#233;fastes ici. En termes d'am&#233;nagement du territoire, la Dr&#244;me est pens&#233;e comme &#231;a : la vall&#233;e du Rh&#244;ne est la plaine pour l'industrie, le reste sert de &#8220;zone verte&#8221;, o&#249; les entreprises ferment, et o&#249; il restera bien quelques paysans parqu&#233;s, un peu comme dans un zoo.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En remontant cette vall&#233;e de la Dr&#244;me, on trouve plus haut l'&#201;cole de la Nature et des Savoirs, qui invite sur son site &#224; &#171; &lt;i&gt; donner vie &#224; une &#8220;&#233;comodernit&#233;&#8221;&lt;/i&gt; &#187; dans &#171; &lt;i&gt; un territoire naturel pr&#233;serv&#233;, &#233;loign&#233; des centres urbains, mais proche d'une gare SNCF&lt;/i&gt; &#187;. Ce &#171; &lt;i&gt;lieu &#8220;syst&#233;mique&#8221;&lt;/i&gt; &#187; permet la &#171; &lt;i&gt;mise en &#339;uvre de stages, formations, s&#233;minaires de &#8220;ruptures&#8221;, &#224; destination des cadres, dirigeants d'entreprises, &#233;tudiants de grandes &#233;coles et grand public&lt;/i&gt; &#187;. En quelques mots de pr&#233;sentation, on comprend qu'on n'est pas toutes et tous &#233;gaux devant le retour &#224; la nature. Ce type d'acteur, et sa client&#232;le, n'ont pas de probl&#232;mes de capital pour acqu&#233;rir du foncier, transformant ainsi significativement le march&#233; de l'immobilier et la d&#233;mographie locale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur place, quelques jeunes install&#233;s, habitantes et habitants, et jusqu'&#224; certains conseils municipaux, n'entendent pas devenir les &#233;l&#233;ments de d&#233;cor pittoresque pour une mise au vert de cadres sup&#233;rieurs stress&#233;s, et continuent &#224; lutter pour que la terre et le b&#226;ti soient accessibles &#224; celles et ceux qui souhaitent prendre en main leur vie ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lent grignotage&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a les cas embl&#233;matiques, les a&#233;roports et les lignes TGV, qui consomment des centaines d'hectares d'un seul tenant. Ou bien les projets plus restreints, mais si hallucinants de b&#234;tise qu'ils retiennent l'attention, comme le Center Parcs &#224; Roybon en Is&#232;re. Mais il y a, plus sournois, plus diffus, et tout aussi rapide, les hectares de non-lieux, ni villes ni campagne, o&#249; s'empilent lotissements, ronds-points, et hangars franchis&#233;s. Et les ronds-points, comme les villas, poussent particuli&#232;rement bien dans les bonnes terres plates et cultivables. Au nord des Alpes, les vall&#233;es et plaines savoyardes sont un haut lieu de ce ph&#233;nom&#232;ne. Gen&#232;ve, son taux de change en francs suisses et le tourisme industriel attirent le b&#233;ton comme le fumier attire les mouches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, quelques fermes ont particip&#233; &#224; ce d&#233;veloppement, en &#233;tant propri&#233;taires de terrains qui changent d'usage, comme l'explique Matthieu, mara&#238;cher en Haute-Savoie : &#171; &lt;i&gt;Le prix d'un m&#232;tre carr&#233; constructible ici, c'est plus d'un mois de retraite agricole de ma grand-m&#232;re. Voil&#224; un peu le contexte.&lt;/i&gt; &#187; Encore aujourd'hui, certains propri&#233;taires &#171; stockent &#187; du foncier, attendant son classement constructible. Un lotissement ici, une zone commerciale l&#224;, une voie rapide : l'impact direct est souvent r&#233;duit. En trente ans, un &#233;leveur de la r&#233;gion t&#233;moigne de la perte de 6 &#224; 10 hectares sur la ferme familiale, en plusieurs &#233;tapes. Et un projet autoroutier en mena&#231;ait 12 de plus. Selon lui, &#171; &lt;i&gt;il faut prendre en compte l'impact indirect : des zones de p&#226;ture qui deviennent inaccessibles pour les vaches, le mitage progressif et le morcellement des parcelles, qui rendent plus difficile l'activit&#233; agricole au quotidien&lt;/i&gt; &#187;. Sans compter l'augmentation tr&#232;s rapide de la population dans ces zones. Le cercle vicieux de la m&#233;tropole se poursuit : plus ces espaces se densifient, plus on cr&#233;e de nouveaux axes de circulation, r&#233;duisant le temps de trajet vers de nouvelles zones qui subissent alors les m&#234;mes transformations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les terres agricoles restantes r&#233;sonne cette phrase du &lt;i&gt;Seigneur des Anneaux&lt;/i&gt;, reprise &#224; son compte par une peinture murale d'un quartier de Gen&#232;ve : &#171; &lt;i&gt;Mais tous ces endroits deviendront bient&#244;t des &#238;lots assi&#233;g&#233;s, pour peu que les choses continuent de suivre le cours qu'elles ont pris.&lt;/i&gt; &#187; Pendant ce temps-l&#224;, on ne sait toujours pas cuisiner le bitume.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La suite du dossier&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;France : Le sel de la &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/France-Le-sel-de-la-terre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;terre accapar&#233;e&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/L-accaparement-des-terres-est-un&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'accaparement des terres&lt;/a&gt; est un nouveau visage du colonialisme&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Encore aujourd'hui, pr&#232;s des trois quarts des surfaces agricoles en France sont en fermage, donc soumises &#224; ce statut.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Patrick Sadones, &#171; Agriculture et production d'&#233;nergie dite renouvelable : pourquoi ? Comment ? &#187;, revue &lt;i&gt;POUR&lt;/i&gt;, 2013/2 (n&#176;218).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En moyenne en France, une exploitation laiti&#232;re compte une cinquantaine de vaches.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Jusqu'&#224; tr&#232;s r&#233;cemment, aux surfaces des fermes laiti&#232;res &#233;taient li&#233;s des quotas, droits &#224; produire d&#233;sormais disparus. R&#233;cup&#233;rer des terres &#233;tait alors n&#233;cessaire pour augmenter son volume de production.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

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		<title>Les experts en campagne</title>
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		<dc:date>2013-05-21T03:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alexandre Hyacinthe</dc:creator>


		<dc:subject>Nardo</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Contre le pu&#231;age dans l'&#233;levage, l'agitation prend de l'ampleur. Mais les promoteurs de la grande machine &#224; viande europ&#233;enne s'activent eux aussi. Le 7 mars, &#224; la la Cour de justice de l'Union europ&#233;enne (CJUE), Luxembourg : les 200 &#233;leveurs de la VDL, f&#233;d&#233;ration d'&#233;leveurs ovins allemands, en gabardine et chapeaux d'apparat, d&#233;notent au milieu des traders et des avocats. Ils sont l&#224; pour soutenir Herbert Schaible, &#233;leveur du Baden-W&#252;rttemberg, qui conteste l'obligation d'identifier (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no110-avril-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;110 (avril 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nardo-59" rel="tag"&gt;Nardo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-Union" rel="tag"&gt;l'Union&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/chapeaux-d-apparat" rel="tag"&gt;chapeaux d'apparat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Herbert-Schaible" rel="tag"&gt;Herbert Schaible&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/federation-d-eleveurs" rel="tag"&gt;f&#233;d&#233;ration d'&#233;leveurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CJUE" rel="tag"&gt;CJUE&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Luxembourg" rel="tag"&gt;Luxembourg&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/VDL" rel="tag"&gt;VDL&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CJUE-n-est" rel="tag"&gt;CJUE n'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/soutenir-Herbert" rel="tag"&gt;soutenir Herbert&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ovins-allemands" rel="tag"&gt;ovins allemands&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Contre le pu&#231;age dans l'&#233;levage, l'agitation prend de l'ampleur. Mais les promoteurs de la grande machine &#224; viande europ&#233;enne s'activent eux aussi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 7 mars, &#224; la la Cour de justice de l'Union europ&#233;enne (CJUE), Luxembourg : les 200 &#233;leveurs de la VDL, f&#233;d&#233;ration d'&#233;leveurs ovins allemands, en gabardine et chapeaux d'apparat, d&#233;notent au milieu des traders et des avocats. Ils sont l&#224; pour soutenir Herbert Schaible, &#233;leveur du Baden-W&#252;rttemberg, qui conteste l'obligation d'identifier &#233;lectroniquement et individuellement ses brebis. Pour v&#233;rifier sa compatibilit&#233; avec le droit de l'Union, il a saisi la CJUE. Une vingtaine d'&#233;leveurs et &#233;leveuses des Alpes fran&#231;aises sont aussi venus en soutien, apr&#232;s la transhumance hivernale de fin janvier&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire CQFD n&#176;109.&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_622 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH282/p05_moutons_tondus_04-2013-bac77.png?1779603140' width='400' height='282' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Nardo
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La Commission europ&#233;enne et le Conseil communautaire ont envoy&#233; avocats et experts. Du c&#244;t&#233; des &#201;tats, seule la France est venue d&#233;fendre un syst&#232;me agricole qu'elle contribue &#224; diffuser. L'argumentaire est simple : l'Europe est en danger, des &#233;pizooties r&#233;currentes nous menacent, sans parler des fraudes, et pour y faire face, une arme : la tra-&#231;a-bi-li-t&#233;. L'avocat de la CE invoque &#171; &lt;i&gt;l'exemple r&#233;cent de la viande de cheval&lt;/i&gt; &#187; pour justifier &#171; &lt;i&gt;l'importance de l'identification individuelle et &#233;lectronique pour la tra&#231;abilit&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Crise de hoquet dans la salle : les chevaux sont identifi&#233;s individuellement et &#233;lectroniquement depuis&#8230; 2008, ce qui n'a pas emp&#234;ch&#233; leurs carcasses de faire trois fois le tour de l'Europe avant d'&#234;tre chang&#233;es en b&#339;uf. Mais l'Union se soucie aussi du bien-&#234;tre animal : la puce permettrait de cibler l'individu malade et d'&#233;viter l'abattage massif. En r&#233;alit&#233;, comme le souligne le requ&#233;rant, en cas d'&#233;pizootie rapide, la loi impose de toute fa&#231;on l'abattage du troupeau. Et en cas d'&#233;pizootie lente, les paysans identifient tr&#232;s bien les mouvements de b&#234;tes entre &#233;levages. Un point pour l'avocat de l'&#233;leveur. Sur l'&#233;galit&#233; de traitement entre pays (seul ceux &#224; grand cheptel sont concern&#233;s) et entre les esp&#232;ces (les porcs ne sont identifi&#233;s que par &#233;levage, et les bovins sans &#233;lectronique pour l'instant), la r&#233;ponse des experts prouve leur grande exp&#233;rience empirique : &#171; &lt;i&gt;Les boucles des bovins sont plus grosses, on peut les observer &#224; la jumelle.&lt;/i&gt; &#187; Nouveaux hoquets dans l'assembl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mal &#224; l'aise, l'avocate de la France finit par rentrer dans le vif du sujet : &#171; &lt;i&gt;L'identification &#233;lectronique est une n&#233;cessit&#233; pratique pour la rapidit&#233; des flux&lt;/i&gt;. &#187; Nous y voil&#224; : au fond, il n'est pas question de fi&#232;vre aphteuse, mais de gestion des flux sur les march&#233;s. L'&#233;levage vu du minist&#232;re, ce sont des centres o&#249; transitent des milliers d'animaux et qui doivent biper la marchandise le plus vite possible. Quand le requ&#233;rant invoque le d&#233;calage entre l'informatisation et la r&#233;alit&#233; des &#233;levages, la Commission le rappelle &#224; son r&#244;le d'op&#233;rateur, en pr&#233;cisant que si l'&#233;quipement de lecture &#233;lectronique, ainsi que la formation &#224; ces outils, ont un co&#251;t &#233;lev&#233;, on n'a jamais demand&#233; au paysan de savoir s'en servir. &#192; la sortie, L'expert joue la carte de la niche, esp&#233;rant que les petits-&#233;leveurs-de-montagne-en-vente-directe vont sagement s'y coucher : &#171; &lt;i&gt;Vous &#234;tes sur des productions marginales, mais un syst&#232;me &#224; deux vitesses n'est pas acceptable.&lt;/i&gt; &#187; Or, ce qu'on remet en question ce jour-l&#224; dans les couloirs de la CJUE n'est pas seulement l'incoh&#233;rence d'une identification centralis&#233;e pour des fermes o&#249; on conna&#238;t les b&#234;tes par leurs noms. C'est l'existence m&#234;me d'un syst&#232;me o&#249; des abattoirs voient 2 000 b&#234;tes par heure franchir un portique ; o&#249; dans les porcheries plus de 25 % des animaux meurent pr&#233;matur&#233;ment, et cela hors p&#233;riodes d'&#233;pizootie&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire Jocelyne Porcher, La Mort n'est pas notre m&#233;tier, &#233;d. De l'Aube, 2003.&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; ; et o&#249; le chiffre d'affaire des &#233;levages de brebis allaitantes d&#233;pend &#224; plus de 50 % des primes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avocat g&#233;n&#233;ral rendra son avis le 29 mai, suivi ou non par la Cour. D'ici l&#224;, le temps presse : le 1er juillet, tous les troupeaux ovins et caprins devront &#234;tre identifi&#233;s &#233;lectroniquement, alors que pour l'instant seules sont concern&#233;es les b&#234;tes n&#233;es apr&#232;s juillet 2010. Jusque-l&#224;, on resquille, on fait des petits compromis : &#171; &lt;i&gt;On ne met des boucles qu'aux agneaux quand ils partent &#224; l'abattoir.&lt;/i&gt; &#187; Mais la menace de perdre la prime ovine, ou l'ICHN&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Indemnit&#233; compensatoire au handicap naturel : prime europ&#233;enne re&#231;ue en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, signifient pour certains mettre la cl&#233; sous la porte. Alors on s'active dans les collectifs et les syndicats. Il reste trois mois pour faire sauter cette mesure. Ensuite, il faudra amplifier la lutte &#171; contre son monde &#187; : certification des m&#226;les, t&#233;l&#233;d&#233;clarations de la PAC, abattoirs industriels, g&#233;nomique pour la s&#233;lection&#8230; Les cibles ne manquent pas pour s'opposer &#224; un mod&#232;le agricole qui profite &#224; quelques maquignons des temps modernes, et surtout aux &#201;tats comme la France, r&#233;jouis &#224; l'id&#233;e de surveiller &#8211; sans jumelles &#8211; le moindre mouvement dans les &#233;tables et les bergeries&lt;a href=&#034;#nb6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Merci aux alpin-e-s pour leurs comptes-rendus remarques, pique-niques, etc.&#034; id=&#034;nh6-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Des-brebis-en-hiver'&gt;CQFD n&#176;109&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire Jocelyne Porcher, La Mort n'est pas notre m&#233;tier, &#233;d. De l'Aube, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Indemnit&#233; compensatoire au handicap naturel : prime europ&#233;enne re&#231;ue en fonction du type de terrain (montagne, pi&#233;mont, etc.), et d'un seuil d'animaux pr&#233;sents.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Merci aux alpin-e-s pour leurs comptes-rendus remarques, pique-niques, etc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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