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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Chacune cherche sa chatte</title>
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&lt;p&gt;M&#234;me (surtout ?) en tant que f&#233;ministe, il est forc&#233;ment des femmes dont on n'appr&#233;cie pas trop la mani&#232;re d'&#234;tre femme. Par exemple, on peut trouver que celles dont la voix est toujours douce, le vocabulaire jamais agressif et l'environnement enti&#232;rement rose bonbon seraient bien inspir&#233;es de s'endurcir un peu. Tout comme on peut s'irriter des mani&#233;r&#233;es, des minaudantes et des obs&#233;d&#233;es du cheveu. On peut d'autant plus le penser que soi-m&#234;me, on fait des tas d'efforts pour &#234;tre une femme (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no135-septembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;135 (septembre 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Queen-Kong-Kronik" rel="tag"&gt;Queen Kong Kronik&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/domine" rel="tag"&gt;domin&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/image" rel="tag"&gt;image&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;M&#234;me (surtout ?) en tant que f&#233;ministe, il est forc&#233;ment des femmes dont on n'appr&#233;cie pas trop la mani&#232;re d'&#234;tre femme. Par exemple, on peut trouver que celles dont la voix est toujours douce, le vocabulaire jamais agressif et l'environnement enti&#232;rement rose bonbon seraient bien inspir&#233;es de s'endurcir un peu. Tout comme on peut s'irriter des mani&#233;r&#233;es, des minaudantes et des obs&#233;d&#233;es du cheveu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut d'autant plus le penser que soi-m&#234;me, on fait des tas d'efforts pour &#234;tre une femme vraiment f&#233;ministe. Bannir d&#233;finitivement la cr&#232;me antirides, le rouge &#224; l&#232;vres rose et les talons de plus de 7&#8200;centim&#232;tres, ne jamais pleurer en public, toujours faire l'amour en amazone, conserver un ton neutre voire autoritaire en toutes circonstances et, surtout, condamner celles de nos cong&#233;n&#232;res qui &#171; donnent une mauvaise image des femmes &#187;, &#171; ne font pas honneur &#224; la condition f&#233;minine &#187;, voire &#171; trahissent l'h&#233;ritage de nos m&#232;res &#187;. Manque de bol, chez les vraies f&#233;ministes, il y en a toujours de plus pures que les autres.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2051 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH410/-331-66b6d.jpg?1779602988' width='400' height='410' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Caroline Sury.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Comme dans le cas d'un homosexuel consid&#233;rant que la gaypride donne une image trop vulgaire des homosexuels, ou d'une noire trouvant que se d&#233;friser les cheveux revient &#224; pactiser avec l'ennemi, se distribuer les bons et les mauvais points entre femmes sur nos mani&#232;res d'&#234;tre femme me semble tout &#224; fait suicidaire. Certes, nous aimerions tous que notre rapport &#224; notre statut de domin&#233; soit en parfaite ad&#233;quation avec nos convictions. Mais tant que cette domination existe, n'est-ce pas l'affaire de chacune de ses victimes de la vivre comme elle l'entend, le peut, le veut ? N'est-ce pas &#224; chaque femme de d&#233;cider ce qu'elle garde et ce qu'elle jette parmi les attributs dits f&#233;minins, de d&#233;cider que certains seront des stigmates et d'autres des outils ou des armes, de remettre &#224; plus tard le d&#233;tricotage de certains sch&#233;mas, d'accepter de jouer certains jeux s'ils en valent la chandelle ? Se d&#233;cerner les uns aux autres le statut de bon ou de mauvais noir, de bonne ou de mauvaise f&#233;ministe, en se fondant sur le rapport que chacun entretient avec son statut de domin&#233;, n'est-ce pas couper les racines d'un mouvement &#233;mancipateur ? Dans la mesure o&#249; ce qu'un groupe domin&#233; revendique est pr&#233;cis&#233;ment de pouvoir &#234;tre ce qu'il a envie d'&#234;tre, comment exiger de lui qu'il donne une &#171; bonne &#187; image de lui-m&#234;me ? &#202;tre f&#233;ministe, n'est-ce pas accepter que toutes n'aient pas envie d'&#234;tre des guerri&#232;res et que certaines n'aient pas toujours la force de se battre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et s'il est besoin de se bastonner entre nous, alors attaquons-nous sur nos id&#233;es, nos actes, sur ce que nous d&#233;fendons, faisons, disons. Sur ce que nous assumons et non sur nos fa&#231;ons de n&#233;gocier au quotidien avec notre domination. Il n'y a pas de mauvais domin&#233;s, il n'y a que des mauvaises id&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Ne me plains pas, je m'en charge !</title>
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		<description>
&lt;p&gt;Aujourd'hui, on ne dit plus qu'une femme viol&#233;e est souill&#233;e &#224; jamais, d&#233;shonor&#233;e, intouchable et moralement r&#233;pr&#233;hensible en tant qu'&#234;tre vivant. On dit que toute sa vie, elle va souffrir. On ne dit plus qu'une pute m&#233;rite la mort parce qu'elle s&#233;duit nos maris et qu'elle m&#232;ne la belle vie en Chanel tout en r&#233;pandant le chol&#233;ra. On dit que son existence est une souffrance. On n'entend plus grand monde non plus raconter qu'une m&#232;re qui s'ent&#234;te &#224; travailler alors qu'elle ferait mieux de se (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/vie" rel="tag"&gt;vie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/monde" rel="tag"&gt;monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/n-est" rel="tag"&gt;n'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/souffrance" rel="tag"&gt;souffrance&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/dit" rel="tag"&gt;dit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Qu-une" rel="tag"&gt;Qu'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/moralement-reprehensible" rel="tag"&gt;moralement r&#233;pr&#233;hensible&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/femme-violee" rel="tag"&gt;femme viol&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-etre-vivant" rel="tag"&gt;qu'&#234;tre vivant&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Aujourd'hui, on ne dit plus qu'une femme viol&#233;e est souill&#233;e &#224; jamais, d&#233;shonor&#233;e, intouchable et moralement r&#233;pr&#233;hensible en tant qu'&#234;tre vivant. On dit que toute sa vie, elle va souffrir. On ne dit plus qu'une pute m&#233;rite la mort parce qu'elle s&#233;duit nos maris et qu'elle m&#232;ne la belle vie en Chanel tout en r&#233;pandant le chol&#233;ra. On dit que son existence est une souffrance. On n'entend plus grand monde non plus raconter qu'une m&#232;re qui s'ent&#234;te &#224; travailler alors qu'elle ferait mieux de se concentrer sur l'&#233;ducation de ses enfants est un corbeau abandonnique et infr&#233;quentable. On dit que ses t&#226;ches sont une bien trop lourde charge pour une si petite femme.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1498 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH513/p06-plains-pas-10a3c.jpg?1780245432' width='500' height='513' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Caroline Sury.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Asseoir sa domination en faisant mine de d&#233;celer une souffrance chez le domin&#233;, maquiller sa position dominante sous une fausse compassion, faire semblant de r&#233;pondre &#224; un manque qu'on a soi-m&#234;me cr&#233;&#233; : tout &#231;a n'a rien de nouveau. Ce m&#233;canisme que la t&#233;l&#233; &#224; la mode a tendance &#224; qualifier de &#171; pervers manipulateur &#187; est celui-l&#224; m&#234;me qui nous enferme depuis des si&#232;cles &#224; coups de galanterie, de fausses pr&#233;venances et de politiques s&#233;curitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, pour interdire aux femmes de sortir de la cuisine, rien n'est plus efficace que de leur raconter que le monde est dangereux, que leur fragilit&#233; naturelle est incompatible avec tout ce d&#233;sordre et qu'en contrepartie, on s'effacera syst&#233;matiquement devant elles &#224; chaque fois qu'elles voudront sortir d'un restaurant (et on leur ouvrira la porti&#232;re quand elles monteront dans une voiture).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;canisme n'est pas nouveau, mais il s'&#233;tend d&#233;sormais &#224; tout ce que la morale, les bonnes m&#339;urs et le JT n'ont plus la l&#233;gitimit&#233; de condamner. Et dans un monde o&#249; le bonheur (ou ses pr&#233;tendus attributs) est la premi&#232;re des injonctions, l'estampille de la souffrance est au moins aussi n&#233;faste que celle de la &#171; mauvaise vie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se mettre et remettre dans la t&#234;te de ceux qu'on c&#244;toie que nous n'avons de fragile que ce que nous n'arriverons pas &#224; combattre ; dire et prouver que chacune des figures dans lesquelles on tente de nous enfermer, de la m&#232;re d&#233;faillante &#224; la putain souffreteuse, sont des stigmates retournables et des situations r&#233;versibles ; toujours pr&#233;f&#233;rer l'insulte &#224; la minauderie, le conflit au battement de paupi&#232;res et l'affrontement &#224; la pleurnicherie : certes, rien de tout cela n'est facile, ni accessible &#224; tout le monde, ni possible tout le temps, ni tenable en restant isol&#233;e. Mais c'est peut-&#234;tre en vivant, en montrant, en combattant la souffrance imputable au fait d'&#234;tre femme l&#224; o&#249; elle est vraiment&#8200;&#8211; dans les in&#233;galit&#233;s de salaires, dans les violences sexistes quotidiennes, dans les diff&#233;rentes prises en charge du travail domestique &#8211;&#8200;qu'on fera enfin entrer dans les t&#234;tes que la souffrance ne provient pas du fait m&#234;me d'&#234;tre une femme. Que le probl&#232;me n'est pas d'&#234;tre une femme. Et que se faire ouvrir des porti&#232;res de voiture n'est en rien une compensation au fait d'&#234;tre oblig&#233;e de d&#233;foncer &#224; coups de b&#233;lier la moindre des portes donnant sur le monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;rection, pi&#232;ge &#224; cons</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Erection-piege-a-cons</link>
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		<dc:date>2015-04-13T01:30:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Queen Kong</dc:creator>


		<dc:subject>Caroline Sury</dc:subject>
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		<dc:subject>&#233;tions joyeusement</dc:subject>
		<dc:subject>mayday mayday</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quand soudain, c'est le drame : l'homme avec qui nous &#233;tions joyeusement en train de nous &#233;battre d&#233;bande. Alerte maximale, branle-bas de combat, mayday mayday et, surtout, dilemme : que faire ? On nous a dit qu'il fallait lui assurer que ce n'&#233;tait pas grave, on nous a dit qu'il ne fallait surtout pas faire comme si ce n'&#233;tait pas grave, on nous a dit de faire comme si de rien n'&#233;tait, on nous a dit de l'aider &#224; rebander fissa. Parmi toutes ces consignes passablement contradictoires, on (&#8230;)&lt;/p&gt;


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/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Caroline-Sury" rel="tag"&gt;Caroline Sury&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Queen-Kong-Kronik" rel="tag"&gt;Queen Kong Kronik&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/left" rel="tag"&gt;left&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/envie" rel="tag"&gt;envie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/dit" rel="tag"&gt;dit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/n-etait" rel="tag"&gt;n'&#233;tait&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/dit-qu-il" rel="tag"&gt;dit qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/etions-joyeusement" rel="tag"&gt;&#233;tions joyeusement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mayday-mayday" rel="tag"&gt;mayday mayday&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1442 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH552/p12-sury-8a325.png?1779603245' width='400' height='552' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Caroline Sury.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Quand soudain, c'est le drame : l'homme avec qui nous &#233;tions joyeusement en train de nous &#233;battre d&#233;bande&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'auteure de cette chronique s'excuse d'ores et d&#233;j&#224; du caract&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Alerte maximale, branle-bas de combat, &lt;i&gt;mayday mayday&lt;/i&gt; et, surtout, dilemme : que faire&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme disait L&#233;nine.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; ? On nous a dit qu'il fallait lui assurer que ce n'&#233;tait pas grave, on nous a dit qu'il ne fallait surtout pas faire comme si ce n'&#233;tait pas grave, on nous a dit de faire comme si de rien n'&#233;tait, on nous a dit de l'aider &#224; rebander &lt;i&gt;fissa&lt;/i&gt;. Parmi toutes ces consignes passablement contradictoires, on ne sait jamais laquelle choisir et de toute fa&#231;on, quoi qu'on fasse, il y a deux chances sur trois pour que notre partenaire se sente (au choix) diminu&#233;, ridiculis&#233; ou flou&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face au cas inverse, en revanche,&#8200;&#8211; lorsque c'est nous, femme, qui d&#233;bandons&#8200;&#8211;, &#224; aucun moment, nulle part, jamais personne ne nous a donn&#233; le moindre petit d&#233;but de marche &#224; suivre. M&#234;me le mot n'existe pas : qui parmi nous s'est d&#233;j&#224; imagin&#233;e &#171; d&#233;mouiller &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, les diff&#233;rences sont notoires : la principale manifestation physique du d&#233;sir masculin, l'&#233;rection, est difficilement camouflable, difficilement falsifiable et&#8230; difficilement &#233;vitable quand il s'agit de p&#233;n&#233;tration. Tandis que leurs homologues f&#233;minins peuvent faire semblant, mettre du lubrifiant&#8200;&#8211;&#8200;ou tout simplement souffrir en silence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les in&#233;luctables cons&#233;quences de cet &#233;tat de fait sont que lorsqu'un homme d&#233;bande, le rapport s'interrompt : sa partenaire, en proie aux doutes les plus violents, sombre imm&#233;diatement dans les d&#233;bats int&#233;rieurs suscit&#233;s et finit immanquablement par se voir opposer une contingence physique ind&#233;pendante de la volont&#233; humaine&#8200;&#8211;&#8200;fatigue, lois de l'attraction terrestre ou toxicomanie passag&#232;re. En revanche, lorsqu'une femme d&#233;bande, il ne se passe rien. Au mieux, une grimace. Un froncement de sourcil. Une ombre sur le visage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une &#233;crasante majorit&#233; de cas, y compris chez les plus lib&#233;r&#233;es, &#233;mancip&#233;es et politis&#233;es d'entre elles, les femmes n'assument pas d'interrompre elles-m&#234;mes un rapport sexuel. Ce qui signifie que les femmes ne d&#233;terminent toujours pas la temporalit&#233; des rapports, qui continuent de s'organiser essentiellement autour de l'&#233;rection, donc de l'homme. Mais aussi qu'en mati&#232;re sexuelle, il est toujours attendu de l'homme qu'il &#171; sente &#187;, &#171; sache &#187; et &#171; s'y connaisse &#187;. Et enfin qu'au fond d'elles-m&#234;mes, nombre de femmes estiment ne pas vraiment avoir le droit de changer d'avis au milieu d'un rapport : &#231;a fait allumeuse, le corps ne l'impose pas et le d&#233;sir pourrait tr&#232;s bien revenir d'une minute &#224; l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour finir, gratifions-nous d'un incontournable couplet sur l'obsession de la performance dans les soci&#233;t&#233;s capitalistes et a fortiori n&#233;olib&#233;rales. Nous n'en voulons pas, n'est-ce pas ? Alors vivons notre d&#233;sir avec toute la tranquillit&#233; et la libert&#233; qu'il exige. Disons qu'on a envie, pas envie, plut&#244;t envie de ceci et moins envie de cela. Ne for&#231;ons rien sauf quand &#231;a nous excite, n'imposons rien sauf quand &#231;a excite, et nous banderons quand nous aurons envie de bander&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vous avez bien lu, ceci est vraiment issu d'un dialogue des Valseuses. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'auteure de cette chronique s'excuse d'ores et d&#233;j&#224; du caract&#232;re honteusement h&#233;t&#233;ronorm&#233; de cette chronique. Bisous.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Comme disait L&#233;nine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Vous avez bien lu, ceci est vraiment issu d'un dialogue des &lt;i&gt;Valseuses&lt;/i&gt;. D&#233;cid&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La gyn&#233;cologie n'est pas un d&#238;ner de gala.</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-gynecologie-n-est-pas-un-diner</link>
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		<dc:date>2015-02-23T03:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Queen Kong</dc:creator>


		<dc:subject>Caroline Sury</dc:subject>
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		<dc:subject>intentions</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;A l'origine de la gyn&#233;cologie, il y a ind&#233;niablement de nobles intentions : mieux comprendre, au sein de la m&#233;decine, le corps si particulier qu'est celui des femmes, mieux accompagner les sp&#233;cificit&#233;s que sont les r&#232;gles, la grossesse ou la m&#233;nopause, puis mieux s&#233;curiser la contraception ou l'avortement. Il est tout aussi ind&#233;niable que cette profession est r&#233;guli&#232;rement mise en danger et en sous-effectif chronique. Pourtant, m&#234;me avec toute la bienveillance du monde, on ne peut (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no128-janvier-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;128 (janvier 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/intentions" rel="tag"&gt;intentions&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A l'origine de la gyn&#233;cologie, il y a ind&#233;niablement de nobles intentions : mieux comprendre, au sein de la m&#233;decine, le corps si particulier qu'est celui des femmes, mieux accompagner les sp&#233;cificit&#233;s que sont les r&#232;gles, la grossesse ou la m&#233;nopause, puis mieux s&#233;curiser la contraception ou l'avortement. Il est tout aussi ind&#233;niable que cette profession est r&#233;guli&#232;rement mise en danger et en sous-effectif chronique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1364 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH376/p13-sury-vulve-743d3.jpg?1779602990' width='400' height='376' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Caroline Sury.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, m&#234;me avec toute la bienveillance du monde, on ne peut s'emp&#234;cher d'avoir r&#233;guli&#232;rement l'impression diffuse que loin de nous &#233;manciper, la gyn&#233;cologie sert surtout &#224; exercer un dr&#244;le de contr&#244;le sur les femmes et leur sexualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a commence avec la premi&#232;re visite, celle qui signe une des &#233;tapes majeures de notre entr&#233;e dans le monde des femmes : incit&#233;es &#224; nous &#233;piler soigneusement pour ne pas indisposer l'institution m&#233;dicale, beaucoup d'entre nous auront alors le loisir d'observer leur vagin &#224; l'aide d'un miroir tendu par le m&#233;decin sous les yeux de leur m&#232;re, de se voir prescrire la pilule avant m&#234;me d'avoir d&#233;but&#233; leur vie sexuelle, ou de se prendre au passage une remarque bien sentie sur leur surpoids. Plus tard, nombreuses sont celles dont le gyn&#233;co exigera qu'elles subissent l'examen enti&#232;rement nues (ce que rien d'autre qu'un infime gain de temps ne justifie), ou qu'elles se d&#233;shabillent devant lui. Il n'y a rien de rare non plus au sp&#233;culum glacial enfonc&#233; sans pr&#233;venir, &#224; la tige de coton r&#226;pant le col de l'ut&#233;rus sans explication ou au palpage de seins inutilement insistant. N'oublions pas le d&#233;licieux moment de la discussion sur la contraception, qui applique sur les patientes une implacable cat&#233;gorisation. Partenaires multiples ? Le sourcil fronc&#233; prescrira la pilule et encha&#238;nera sur un la&#239;us incluant les mots &#171; pr&#233;servatif &#187;, &#171; d&#233;pistage &#187; et &#171; risques &#187;. Grossesse pr&#233;coce ? Le sourcil hauss&#233; imposera un implant &#224; la malheureuse inconsciente forc&#233;ment infoutue de se souvenir tous les jours qu'elle doit prendre une pilule. En couple depuis longtemps ? Le sourcil d&#233;tendu consentira peut-&#234;tre &#224; un st&#233;rilet, mais seulement si on est vraiment sage et pr&#234;te &#224; entendre pour la milli&#232;me fois qu'il y a dix ans, on ne le prescrivait pas aux nullipares. Selon l'&#226;ge qu'on a, on s'entendra aussi dire qu'il est grand temps de s'y mettre ou qu'on peut lancer moult examens et autres traitements pour favoriser les choses. Autre d&#233;couverte r&#233;guli&#232;rement faite dans le cabinet d'un gyn&#233;cologue : c'est parfaitement &#171; normal &#187; d'avoir mal. Les r&#232;gles, les rapports sexuels, les cystites&#8230; et m&#234;me le sp&#233;culum du d&#233;but de la s&#233;ance&#8200;&#8211; &#171; &lt;i&gt; &#199;a, c'est parce que vous n'&#233;tiez pas d&#233;tendue !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette critique du pouvoir des m&#233;decins sur le corps des femmes est loin d'&#234;tre nouvelle &#8211; c'&#233;tait m&#234;me un des grands combats men&#233;s par nos anc&#234;tres f&#233;ministes dans les ann&#233;es 1960. Mais &#224; en croire le succ&#232;s que continue de remporter Martin Winckler, les textes diffus&#233;s ces derniers temps sur Internet avec le hashtag &#171; Paye ton ut&#233;rus &#187; ou le site &lt;a href=&#034;https://gynandco.wordpress.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Gyn&amp;co&lt;/a&gt;, qui recense des soignants f&#233;ministes et d&#233;clare que la m&#233;decine &#171; &lt;i&gt;demeure un espace privil&#233;gi&#233; de contr&#244;le des identit&#233;s, des corps et des sexualit&#233;s&lt;/i&gt; &#187;, le sujet reste d'une br&#251;lante actualit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Feminism United </title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Feminism-United</link>
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		<dc:date>2014-11-17T03:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Queen Kong</dc:creator>


		<dc:subject>Caroline Sury</dc:subject>
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		<dc:subject>bloc soud&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>guerri&#232;res pr&#234;tes</dc:subject>
		<dc:subject>f&#233;minisme n'est</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Contrairement &#224; une id&#233;e re&#231;ue, le f&#233;minisme n'est pas un bloc soud&#233; de guerri&#232;res pr&#234;tes &#224; prendre le contr&#244;le sur le monde. En g&#233;n&#233;ral, on n'y est d'accord sur rien &#8211; et surtout pas sur la prostitution, la pornographie ou le port du voile, sans parler de l'urgence de supprimer la case &#171; Mademoiselle &#187; des formulaires administratifs. Les attaques, reproches et r&#232;glements de compte entre les diff&#233;rents courants sont si fr&#233;quents et si ravageurs qu'au moins comme &#231;a c'est s&#251;r, on ne gagnera (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Queen-Kong-Kronik" rel="tag"&gt;Queen Kong Kronik&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/femmes" rel="tag"&gt;femmes&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/idee-recue" rel="tag"&gt;id&#233;e re&#231;ue&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/bloc-soude" rel="tag"&gt;bloc soud&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/guerrieres-pretes" rel="tag"&gt;guerri&#232;res pr&#234;tes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/feminisme-n-est" rel="tag"&gt;f&#233;minisme n'est&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Contrairement &#224; une id&#233;e re&#231;ue, le f&#233;minisme n'est pas un bloc soud&#233; de guerri&#232;res pr&#234;tes &#224; prendre le contr&#244;le sur le monde. En g&#233;n&#233;ral, on n'y est d'accord sur rien &#8211; et surtout pas sur la prostitution, la pornographie ou le port du voile, sans parler de l'urgence de supprimer la case &#171; Mademoiselle &#187; des formulaires administratifs. Les attaques, reproches et r&#232;glements de compte entre les diff&#233;rents courants sont si fr&#233;quents et si ravageurs qu'au moins comme &#231;a c'est s&#251;r, on ne gagnera jamais.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1234 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH382/p12-cqfdoct3-54048.jpg?1779602990' width='400' height='382' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Caroline Sury.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, l'une des accusations les plus couramment adress&#233;es, ces derniers temps, &#224; des f&#233;ministes par d'autres f&#233;ministes, concerne l'oubli de la classe et/ou de la race au profit du genre. Le f&#233;minisme &lt;i&gt;mainstream&lt;/i&gt; de classe moyenne blanche, aussi bien dans sa version historique du MLF que dans celle, plus r&#233;cente, influenc&#233;e par les &lt;i&gt;Gender studies&lt;/i&gt;, et obnubil&#233; par des questions de salaires, de repr&#233;sentation, de position sociale, en oublierait de s'int&#233;resser aux in&#233;galit&#233;s entra&#238;n&#233;es par l'origine ethnique et le milieu social. Parfois d&#233;lib&#233;r&#233;ment colonialiste, d'autres fois aveugl&#233;ment individualiste, dans tous les cas r&#233;solument consum&#233;riste, il aurait finalement bien m&#233;rit&#233; sa r&#233;cup&#233;ration par des gouvernements avides de se racheter une l&#233;gitimit&#233; &#224; peu de frais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au passage, on peut tout de m&#234;me trouver &#233;tonnant qu'un mouvement essentiellement port&#233; par des femmes pour combattre les in&#233;galit&#233;s dont elles sont victimes en tant que femmes se voie reprocher de ne pas combattre toutes les formes d'in&#233;galit&#233;s. C'est un peu comme si on reprochait au mouvement pour les droits civiques des Noirs de ne pas s'int&#233;resser aux Azt&#232;ques, au pacifisme de se contrefoutre de l'agriculture, ou au marxisme d'occulter la question des in&#233;galit&#233;s hommes-femmes. &lt;i&gt;Oh, wait&lt;/i&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, ce f&#233;minisme-l&#224; s'est donc concentr&#233; sur une in&#233;galit&#233;. Il l'a ind&#233;niablement fait, et continue de le faire, d'une mani&#232;re incompl&#232;te, maladroite et probl&#233;matique &#224; bien des &#233;gards. Mais il a eu le m&#233;rite de le faire ; et si toutes les femmes en France ont aujourd'hui la possibilit&#233; de b&#233;n&#233;ficier d'une contraception et d'avorter, c'est aussi parce que des Blanches de la classe moyenne, entre autres, ont combattu des injustices flagrantes auxquelles toutes sont confront&#233;es, des d&#233;tresses que toutes traversent, et ont trouv&#233; des r&#233;ponses qui soient les m&#234;mes pour toutes&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Droits qui s'exercent bien entendu avec toutes les limites, notamment dues &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, si l'on peut &#233;videmment reprocher &#224; Judith Butler et &#224; ses &#233;mules l'absence de toute critique envers la soci&#233;t&#233; de consommation, l'&#233;troitesse d'esprit avec laquelle elles consid&#232;rent que tout le monde peut se payer le luxe de &#171; n&#233;gocier &#187; avec sa &#171; subjectivit&#233; &#187;, ne peut-on pas penser que leur tentative de faire reconna&#238;tre que les cat&#233;gories masculin-f&#233;minin ne sont ni naturelles, ni fig&#233;es, finira par faire du bien &#224; tout le monde ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut esp&#233;rer que des femmes qui s'ouvrent au f&#233;minisme, parce qu'elles prennent conscience d'une in&#233;galit&#233; dont elles sont victimes, changent de regard sur d'autres in&#233;galit&#233;s (on peut esp&#233;rer). On peut aussi se souvenir qu'&#234;tre une femme, c'est toujours subir une domination en soi, m&#234;me si on est riche et blanche ; et une domination de plus&#8200;&#8211; et non des moindres &#8211;&#8200;quand on est par ailleurs pauvre et noire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, l'histoire du f&#233;minisme est entach&#233;e d'erreurs, de malhonn&#234;tet&#233;s, d'&#233;go&#239;smes &#8211; quel mouvement ne l'est pas ? Mais plut&#244;t que d'en saper continuellement les bases, tant historiques qu'id&#233;ologiques, ne vaudrait-il pas mieux se demander ce que le f&#233;minisme peut nous apporter &#224; toutes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, si celles et ceux qui croient ne pas y avoir acc&#232;s per&#231;oivent souvent le f&#233;minisme comme une autorit&#233; morale de plus, qui distribue des le&#231;ons depuis sa tour d'ivoire, il ne manque pourtant pas de probl&#233;matiques communes &#224; toutes les classes, &#224; toutes les peaux&#8200;&#8211;&#8200;la violence, conjugale ou non, la difficult&#233; d'&#234;tre m&#232;re, la d&#233;pendance financi&#232;re&#8230; ou encore l'existence d'&#201;ric Zemmour, existence d'autant plus paisible et sereine qu'on se charge nous-m&#234;mes de nous rendre inoffensives.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Droits qui s'exercent bien entendu avec toutes les limites, notamment dues &#224; la d&#233;liquescence du service public qu'on conna&#238;t aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Et&#8230; je t'emmerde !</title>
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		<dc:subject>Queen Kong Kronik</dc:subject>
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		<dc:subject>flagrant d'in&#233;galit&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Que ce soit &#224; la table d'un d&#238;ner mondain, dans la queue de la caisse d'un supermarch&#233; ou sur le banc d'un square, lorsqu'une femme s'appr&#234;te &#224; constater &#224; haute voix un cas flagrant d'in&#233;galit&#233; entre hommes et femmes, il y a de bonnes chances pour qu'elle commence par un d&#233;f&#233;rent : &#171; Je ne suis pas f&#233;ministe, mais&#8230; &#187; Bien s&#251;r, &#171; f&#233;ministe &#187; est un gros mot, une bombe d&#233;vastatrice &#224; d&#233;samorcer au plus vite. Il n'y a qu'&#224; voir par exemple le d&#233;go&#251;t embarrass&#233; avec lequel le prononce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no123-juin-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;123 (juin 2014)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Que ce soit &#224; la table d'un d&#238;ner mondain, dans la queue de la caisse d'un supermarch&#233; ou sur le banc d'un square, lorsqu'une femme s'appr&#234;te &#224; constater &#224; haute voix un cas flagrant d'in&#233;galit&#233; entre hommes et femmes, il y a de bonnes chances pour qu'elle commence par un d&#233;f&#233;rent : &#171; &lt;i&gt;Je ne suis pas f&#233;ministe, mais&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, &#171; f&#233;ministe &#187; est un gros mot, une bombe d&#233;vastatrice &#224; d&#233;samorcer au plus vite. Il n'y a qu'&#224; voir par exemple le d&#233;go&#251;t embarrass&#233; avec lequel le prononce l'int&#233;gralit&#233; de l'&#233;quipe &#8211; f&#233;minine &#8211; du film &lt;i&gt;Sous les jupes des filles&lt;/i&gt; (Audrey Dana, 2014), dans une interview group&#233;e : &#171; &lt;i&gt;C'est une com&#233;die de femmes pour les femmes mais non f&#233;ministe.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;On traite juste des femmes de diff&#233;rents milieux sociaux&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;mais sans &#234;tre dans une revendication un peu absurde&lt;/i&gt;.&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Certes, l'appellation &#171; com&#233;die de femmes &#187; laissait d&#233;j&#224; dubitatif sur les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, &#171; f&#233;ministe &#187; est un gros mot d'abord et avant tout parce qu'il d&#233;signe une femme au mollet rev&#234;che, &#224; la l&#232;vre duveteuse et &#224; l'activit&#233; sexuelle de carm&#233;lite. Il est entendu qu'un tel &#234;tre ne parviendra jamais &#224; conqu&#233;rir un homme, et encore moins &#224; exercer un poste-&#224;-responsabilit&#233;s. Les d&#233;tracteurs du f&#233;minisme ont &#233;t&#233; tr&#232;s forts : ils ne se sont pas content&#233;s d'&#233;tablir que les ent&#234;t&#233;es finiraient seules, malheureuses et d&#233;vor&#233;es par leur chat, ils ont surtout install&#233; dans les t&#234;tes l'id&#233;e que le combat f&#233;ministe avait &#233;t&#233; gagn&#233;. Le f&#233;minisme n'est donc pas seulement une vieillerie &lt;i&gt;has-been&lt;/i&gt; dont il s'agirait de ne pas entacher son e-r&#233;putation : il n'a tout simplement plus lieu d'&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, que fait une personne objectivement victime d'une oppression quand on lui dit que cette oppression n'existe pas ? Elle en conclut que c'est forc&#233;ment de sa faute. Christine Delphy le montre dans une intervention titr&#233;e &#171; Le mythe de l'&#233;galit&#233; d&#233;j&#224;-l&#224; &#187; : &#171; &lt;i&gt;L'&#233;galit&#233; d&#233;j&#224;-l&#224; n'est pas seulement un mensonge : c'est un poison qui entre dans l'&#226;me des femmes et d&#233;truit leur estime d'elles-m&#234;mes, leur croyance souvent fragile qu'elles sont des &#234;tres humains &#224; part enti&#232;re &#8211; et pas &#224; moiti&#233;&lt;/i&gt;.&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Publi&#233;e dans Un universalisme si particulier : f&#233;minisme et exception (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une vraie double peine : les salaires in&#233;gaux, les violences &#171; conjugales &#187;, les temps partiels impos&#233;s, le viol, la (attention gros mot) prostitution, le droit &#224; l'avortement perp&#233;tuellement remis en cause, mais aussi cette petite voix sournoise qui susurre assid&#251;ment : et si c'&#233;tait toi, la responsable ? Et si tu ne m&#233;ritais pas mieux ? Voire m&#234;me, pour celles qui persistent &#224; voir le mal partout : et si cette accusation de machisme derri&#232;re laquelle tu te drapes n'&#233;tait qu'une fausse excuse pour recouvrir tes propres faiblesses ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solution est peut-&#234;tre de se laisser pousser la moustache et de s'enfermer chez soi : avec un peu de chance, le chat &#8211; qui n'est sans doute pas assez machiste pour faire la fine bouche &#8211; finira par nous manger. Ou bien garder le cap et rappeler r&#233;guli&#232;rement qu'il existe des situations d'oppression manifeste dont nous ne sommes pas responsables. On commencerait alors nos phrases par un pr&#233;ambule au demeurant plus positif : &#171; &lt;i&gt;Je suis f&#233;ministe, et&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Certes, l'appellation &#171; com&#233;die de femmes &#187; laissait d&#233;j&#224; dubitatif sur les intentions de la r&#233;alisatrice, mais cette unanimit&#233; partag&#233;e entre poulettes effarouch&#233;es en promo est proprement effarante. Sur allocine.fr.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Publi&#233;e dans &lt;i&gt;Un universalisme si particulier : f&#233;minisme et exception fran&#231;aise (1980-2010)&lt;/i&gt;, Syllepse, 2010. Ce m&#233;canisme est &#233;videmment aussi vrai pour les homosexuels, les ouvriers, les victimes du racisme, etc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#201;rosion</title>
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		<description>
&lt;p&gt;&#171; Je ne suis pas f&#233;ministe : mon mari est mon roc dans la temp&#234;te, pas mon ennemi de classe. [&#8230;] Je ne suis pas f&#233;ministe : la famille compte plus que la carri&#232;re. [&#8230;] Je ne suis pas f&#233;ministe : la lutte artificiellement cr&#233;&#233;e entre les sexes nous d&#233;tourne des vrais probl&#232;mes de notre pays. &#187; Ces citations figuraient sur des pancartes photographi&#233;es &#224; l'occasion d'une campagne men&#233;e par la branche &#171; Jeunesse &#187; d'Alternative f&#252;r Deutschland (Alternative pour l'Allemagne), l'AFD, parti (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Droite" rel="tag"&gt;Droite&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/feministe" rel="tag"&gt;f&#233;ministe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/feminisme" rel="tag"&gt;f&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-AfD" rel="tag"&gt;l'AfD&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/tempete" rel="tag"&gt;temp&#234;te&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fur-Deutschland" rel="tag"&gt;f&#252;r Deutschland&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Je ne suis pas f&#233;ministe : mon mari est mon roc dans la temp&#234;te, pas mon ennemi de classe.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Je ne suis pas f&#233;ministe : la famille compte plus que la carri&#232;re.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Je ne suis pas f&#233;ministe : la lutte artificiellement cr&#233;&#233;e entre les sexes nous d&#233;tourne des vrais probl&#232;mes de notre pays.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1041 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH560/p06-erosion1-88078.jpg?1779602990' width='400' height='560' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Caroline Sury.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ces citations figuraient sur des pancartes photographi&#233;es &#224; l'occasion d'une campagne men&#233;e par la branche &#171; Jeunesse &#187; d'Alternative f&#252;r Deutschland (Alternative pour l'Allemagne), l'AFD, parti politique cr&#233;&#233; en f&#233;vrier 2013 et ayant obtenu 4,7 % des voix aux derni&#232;res l&#233;gislatives. Ses principales raisons d'&#234;tre sont de lutter contre l'euro, contre le syst&#232;me, contre les homosexuels mais aussi contre l'appellation d'un chat par le mot &#171; chat &#187; (puisque l'AFD ne se proclame &#171; ni de gauche, ni de droite &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans surprise, l'AFD vient flatter chez ses &#233;lecteurs (venus de tous bords, y compris de l'extr&#234;me gauche) une obsession qui se r&#233;pand en Europe, l'invocation d'une incertaine souverainet&#233; nationale destin&#233;e &#224; les prot&#233;ger contre une non moins improbable invasion des immigr&#233;s. Si ses membres se d&#233;fendent de toute affiliation avec l'extr&#234;me droite, on ne s'y prive pas de qualifier les &#233;trangers de &#171; &lt;i&gt;lie sociale&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bernd Lucke, pr&#233;sident-fondateur de l'AFD, cit&#233; dans un article du Monde (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187;, on souhaite mettre fin au partenariat privil&#233;gi&#233; Allemagne-France pour se rapprocher de la Russie, et on organise des putschs visant, entre autres, &#224; donner au parti une direction ouvertement anti-islam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le moins que l'on puisse dire est que la droite de la droite n'a jamais &#233;t&#233; un fer de lance de la lutte pour l'&#233;galit&#233; des sexes. Pour prendre le cas de notre parti populiste &#224; nous, le FN, m&#234;me si Marine Le Pen ne se permettrait plus de d&#233;clarer comme son p&#232;re que le corps des femmes ne leur appartient pas&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'affirmation que votre corps vous appartient est tout &#224; fait d&#233;risoire. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, ses coups de b&#233;lier r&#233;p&#233;t&#233;s contre le droit &#224; l'avortement ne poursuivent &#233;videmment pas d'autre objectif que de continuer &#224; diffuser les poncifs patriarcaux les plus rances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, on retrouve ici le d&#233;sormais bien connu repli sur des valeurs morales, v&#233;cues comme intangibles en cas de temp&#234;te &#233;conomique et sociale. Mais la nouveaut&#233; est que dans la t&#234;te des rentiers, essayistes et ex-CDU&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Christlich demokratische union Deutschlands, ou Union chr&#233;tienne-d&#233;mocrate (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; qui forment la mati&#232;re grise de l'AFD, pour parler aux jeunes, il faut d&#233;sormais taper sur les femmes. De pr&#233;f&#233;rence avec des slogans r&#233;cup&#233;rant des mots que la gauche n'ose plus prononcer depuis longtemps, comme &#171; ennemi de classe &#187; ; et en opposant le f&#233;minisme au &#171; vrai &#187; combat politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette campagne r&#233;v&#232;le deux choses : d'abord, que le f&#233;minisme tel que le pratiquent nombre de gouvernements occidentaux, qui le r&#233;cup&#232;rent apr&#232;s l'avoir vilipend&#233;, est d&#233;sormais si institutionnalis&#233; qu'il peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme faisant partie du &#171; syst&#232;me &#187; &#8211; donc, de l'ennemi &#224; abattre&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F&#233;minisme qui sert d'ailleurs principalement &#224; l&#233;gitimer des actes aussi (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Mais elle est aussi la cons&#233;quence logique de la politique men&#233;e par des gouvernements qui se concentrent sur des probl&#233;matiques &#171; soci&#233;tales &#187; (droits des femmes et des homosexuels) au d&#233;triment de l'&#233;conomie et du social (o&#249; ils ne risquent plus un orteil), comme si le peu d'&#233;nergie mis dans la lutte contre les discriminations se payait par l'inertie contre les banquiers et les multinationales !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois encore, le f&#233;minisme est donc per&#231;u comme l'ennemi de la lutte des classes. Que personne ne s'avise cependant d'oublier que temp&#234;te ou pas temp&#234;te, l'eau, goutte &#224; goutte, creuse le roc...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Bernd Lucke, pr&#233;sident-fondateur de l'AFD, cit&#233; dans un article du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; dat&#233; du 20 septembre 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;L'affirmation que votre corps vous appartient est tout &#224; fait d&#233;risoire. Il appartient &#224; la vie et aussi, en partie, &#224; la nation.&lt;/i&gt; &#187; (Jean-Marie Le Pen, &lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt;, 20 mars 1996).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Christlich demokratische union Deutschlands, ou Union chr&#233;tienne-d&#233;mocrate d'Allemagne, centre droit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;F&#233;minisme qui sert d'ailleurs principalement &#224; l&#233;gitimer des actes aussi &#233;galitaristes qu'une intervention arm&#233;e (la guerre en Afghanistan ayant soudain pour but de &#171; lib&#233;rer les Afghanes &#187;) ou la flatterie d'un &#233;lectorat raciste (l'interdiction du voile visant avant tout &#224; &#171; lib&#233;rer les musulmanes &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La pute a bon dos</title>
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		<dc:subject>Caroline Sury</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Mea maxima culpa, vous vous appr&#234;tez encore &#224; lire une chronique sur la prostitution. L'overdose est partag&#233;e, mais soyons francs, est-ce qu'on en a marre de parler de la prostitution, ou marre d'&#233;couter ceux qui en parlent tout le temps comme, au hasard, &#201;lisabeth L&#233;vy ou Najat Vallaud-Belkacem ? C'est malheureux, mais la plupart des avis qu'on entend adoptent soit le point de vue de la pute (les souteneurs, le droit de disposer de son corps, les sans-papiers mineures, les maisons closes, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mea maxima culpa&lt;/i&gt;, vous vous appr&#234;tez encore &#224; lire une chronique sur la prostitution. L'overdose est partag&#233;e, mais soyons francs, est-ce qu'on en a marre de parler de la prostitution, ou marre d'&#233;couter ceux qui en parlent tout le temps comme, au hasard, &#201;lisabeth L&#233;vy ou Najat Vallaud-Belkacem ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est malheureux, mais la plupart des avis qu'on entend adoptent soit le point de vue de la pute (les souteneurs, le droit de disposer de son corps, les sans-papiers mineures, les maisons closes, les lois r&#233;pressives), soit le point de vue du client (la mis&#232;re sexuelle, les pulsions, le viol, la solitude, l'&#233;poque politiquement correcte), sans jamais consid&#233;rer ce qui les relie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Corps contre monnaie, temps contre argent, offre contre demande : chacun dispose de quelque chose dont l'autre a &#8211; ou pense avoir &#8211; besoin. Chacun vient avec sa mis&#232;re, croit pouvoir dominer l'autre en profitant de sa propre mis&#232;re, a de bonnes chances de repartir en se sentant encore plus mis&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas l&#224; de revenir sur la fable du &#171; plus vieux m&#233;tier du monde &#187; ni de se demander si les hommes pr&#233;historiques en usaient d&#233;j&#224;. Le quotidien d'Homo Erectus comportait de toute fa&#231;on beaucoup d'&#233;l&#233;ments dont nous ne voulons plus entendre parler, &#224; commencer par le mammouth. Loin d'&#234;tre &#171; naturelle &#187;, la prostitution telle que nous la connaissons aujourd'hui est indissociable du capitalisme, de la mondialisation, du patriarcat et de la r&#233;partition in&#233;gale des t&#226;ches. La pute, c'est celle qui soulage les hommes de leur vie de merde : les marins rest&#233;s trop longtemps en mer, les prisonniers priv&#233;s de tendresse, les supporters de foot inquiets de leur virilit&#233;, les soldats horrifi&#233;s par leur voisinage avec la mort, sans oublier les signataires du Manifeste des 343 salauds, ces bourgeois blancs de droite victimes de leur mariage &#233;triqu&#233; pour qui aller voir une pute, c'est toucher du doigt la &lt;i&gt;subculture underground&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que plus grand monde n'interroge dans la prostitution, c'est qu'elle repose sur l'un des principes fondamentaux du capitalisme, si ancr&#233; en nous que nous en oublions de le questionner : l'id&#233;e que quand on paie, on peut tout faire accepter. D&#232;s qu'un service est r&#233;tribu&#233;, il devient l&#233;gitime &#8211; &#231;a marche pour les &#233;boueurs, les femmes de m&#233;nage, les putes&#8230; la liste est longue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce titre, la pute n'est qu'une figure particuli&#232;rement peu hypocrite d'une soci&#233;t&#233; in&#233;galitaire, et c'est sans doute ce qui la rend particuli&#232;rement insupportable 1. Ajoutons &#224; cela la tendance bien connue qu'ont nos contemporains, lorsqu'ils croient ne plus pouvoir agir sur des m&#233;canismes &#233;conomiques et politiques, &#224; se replier sur une morale v&#233;cue comme intangible et rassurante &#8211; et qui s'exprime avec une clart&#233; rare, ces derniers temps, &#224; travers les Manifs pour tous et autres frondes anti-&#171; th&#233;orie du gender &#187; &#8211; ; et nous voil&#224; bien mal embouch&#233;s. Ni d&#233;lit de racolage passif, ni p&#233;nalisation du client : putes et clients sont les deux faces du m&#234;me gant, tour &#224; tour acteurs et victimes d'un syst&#232;me qui les d&#233;truit. &#192; l'exception pr&#232;s de Nicolas Bedos, de Fr&#233;d&#233;ric Beigbeder, d'&#201;ric Zemmour et de leurs petits camarades, qui croient voir dans la lutte contre la prostitution la moralisation d'un syst&#232;me qui leur convient tout &#224; fait. On peut d&#233;fendre les putes, on peut d&#233;fendre les clients, mais on ne peut pas d&#233;fendre la prostitution.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1012 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH480/p10-19salopards-2-d6360.jpg?1779603942' width='400' height='480' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Caroline Sury.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Dessine-moi une chatte</title>
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		<dc:date>2014-02-28T04:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Queen Kong</dc:creator>


		<dc:subject>Caroline Sury</dc:subject>
		<dc:subject>Queen Kong Kronik</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>n'a</dc:subject>
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		<dc:subject>voit pr&#233;cis&#233;ment</dc:subject>
		<dc:subject>vagin</dc:subject>
		<dc:subject>l'Empire State</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le sexe masculin, c'est tr&#232;s simple, on voit pr&#233;cis&#233;ment &#224; quoi &#231;a ressemble : un p&#233;nis, deux testicules, des poils. C'est facile &#224; dessiner, facile &#224; se repr&#233;senter, et il y en a partout &#8211; sur les murs, dans le fromage blanc des sketches des Nuls, sur les publicit&#233;s du m&#233;tro, dans les marges des cahiers d'&#233;coliers, ou encore sous la forme de l'Empire State Building, de la tour Eiffel et du si&#232;ge p&#233;kinois du Quotidien du peuple. Le phallus c'est puissant, c'est omnipr&#233;sent, c'est &#233;vident. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Queen-Kong-Kronik" rel="tag"&gt;Queen Kong Kronik&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/n-a" rel="tag"&gt;n'a&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/sexe" rel="tag"&gt;sexe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/tour-Eiffel" rel="tag"&gt;tour Eiffel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/sexe-masculin" rel="tag"&gt;sexe masculin&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/State-Building" rel="tag"&gt;State Building&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/voit-precisement" rel="tag"&gt;voit pr&#233;cis&#233;ment&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/vagin" rel="tag"&gt;vagin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-Empire-State" rel="tag"&gt;l'Empire State&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le sexe masculin, c'est tr&#232;s simple, on voit pr&#233;cis&#233;ment &#224; quoi &#231;a ressemble : un p&#233;nis, deux testicules, des poils. C'est facile &#224; dessiner, facile &#224; se repr&#233;senter, et il y en a partout &#8211; sur les murs, dans le fromage blanc des sketches des Nuls, sur les publicit&#233;s du m&#233;tro, dans les marges des cahiers d'&#233;coliers, ou encore sous la forme de l'Empire State Building, de la tour Eiffel et du si&#232;ge p&#233;kinois du Quotidien du peuple. Le phallus c'est puissant, c'est omnipr&#233;sent, c'est &#233;vident.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_932 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH376/p12-sury-vulve-63c29.jpg?1779603493' width='400' height='376' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Caroline Sury.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le sexe f&#233;minin en revanche, c'est plus compliqu&#233;. D'abord, &#231;a ne pend pas : tout est &#224; l'int&#233;rieur. C'est insondable, &#233;trange, secret, cach&#233;. Les seules repr&#233;sentations qu'on en voit habituellement consistent en des sch&#233;mas m&#233;dicaux en coupe, qui regorgent de concepts aussi complexes que vulgaires (qui n'a jamais trait&#233; personne de grosse Fallope ?). On raconte aux petites filles que leur sexe est un tr&#233;sor ; aux adolescentes, qu'elles ne pourront pas coucher sans aimer puisqu'on n'accueille pas impun&#233;ment un corps &#233;tranger dans une cavit&#233; myst&#233;rieuse ; aux femmes, que c'est la raison pour laquelle elles se masturbent plus rarement que les hommes et ressentent moins de d&#233;sir qu'eux. &#192; vrai dire, le sexe f&#233;minin est rendu si &#233;nigmatique qu'on en viendrait presque &#224; se demander s'il existe r&#233;ellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourtant une &#233;vidence : nous serions tous consid&#233;rablement plus heureux si nous savions &#224; quoi ressemble une vulve. Plut&#244;t que d'avoir entre les jambes un trou inconnu et sale, les femmes auraient un vagin dont elles seraient aussi fi&#232;res que les hommes de leur p&#233;nis. On se conna&#238;trait mieux, on serait plus &#224; l'aise, on saurait mieux se masturber (soi-m&#234;me et les autres), on jouirait plus, et l'architecture mondiale conna&#238;trait une diversification sans pr&#233;c&#233;dent &#8211; adieu phalliques tours et buildings, bonjour constructions &#224; l'effigie d'un mont de V&#233;nus ou d'un capuchon clitoridien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans plus tarder, abattons donc quelques id&#233;es re&#231;ues. D'abord, une vulve n'a rien d'invisible : sous le pubis, outre deux paires de l&#232;vres, un m&#233;at urinaire et l'entr&#233;e du vagin, on trouve le d&#233;sormais c&#233;l&#232;bre clitoris. Certes, son gland, compos&#233; comme le p&#233;nis de corps creux &#233;rectiles, n'est que la partie &#233;merg&#233;e d'un iceberg d'une dizaine de centim&#232;tres &#8211; taille de la tige interne &#8211; mais quelle partie ! Le sexe f&#233;minin n'a rien non plus d'une b&#233;ance : au repos, les parois du vagin, un tube souple et tr&#232;s extensible d'environ huit centim&#232;tres, sont parfaitement accol&#233;es et ferm&#233;es. Enfin, il n'a rien de compliqu&#233; : des l&#232;vres, une ouverture et un petit tunnel qui m&#232;ne &#224; l'ut&#233;rus, une poche de la taille d'un poing dont le col descend dans le vagin &#8211; d&#233;tail injustement m&#233;connu : ce canal se d&#233;place au cours du cycle menstruel et constitue une source de plaisir inexplicablement ignor&#233;e par Freud, surtout quand on le titille en levrette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est toujours un peu flou ? Faites confiance aux f&#233;ministes des ann&#233;es 1970 et &#224; leur sens aigu de la comparaison ! Les auteures du merveilleux &lt;i&gt;Notre corps, nous-m&#234;mes&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Con&#231;u et r&#233;dig&#233; par le Collectif de Boston pour la sant&#233; des femmes, adapt&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, conseillent ainsi d'imaginer le vagin comme un rouleau de PQ, l'ut&#233;rus comme une poire, les trompes de Fallope comme de petits fils t&#233;l&#233;phoniques et les ovaires comme des amandes non d&#233;cortiqu&#233;es. Ce qui se con&#231;oit bien se dessine clairement&#8230; et le mot &#171; chatte &#187; vient ais&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustr&#233;e par &lt;a href=&#034;http://carolinesury.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Caroline Sury&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Con&#231;u et r&#233;dig&#233; par le Collectif de Boston pour la sant&#233; des femmes, adapt&#233; en fran&#231;ais par un autre collectif de femmes, et paru chez Albin Michel en 1977.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Honni soit qui m&#226;le y jouit</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Honni-soit-qui-male-y-jouit</link>
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		<dc:date>2014-01-28T04:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Queen Kong</dc:creator>


		<dc:subject>Caroline Sury</dc:subject>
		<dc:subject>Queen Kong Kronik</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>droit</dc:subject>
		<dc:subject>rue</dc:subject>
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		<dc:subject>parfois</dc:subject>
		<dc:subject>commentaire essuy&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>rue m'a</dc:subject>
		<dc:subject>l'orgasme</dc:subject>
		<dc:subject>jouir</dc:subject>
		<dc:subject>simple d'&#234;tre</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Parfois, quand le d&#233;sespoir me gagne, quand un commentaire essuy&#233; dans la rue m'a particuli&#232;rement agress&#233;e ou quand j'ai mes r&#232;gles, je me demande si apr&#232;s tout, &#231;a ne serait pas plus simple d'&#234;tre un homme. Je r&#234;ve &#224; tous les avantages &#233;vidents qui me reviendraient &#8211; en r&#233;union ma voix grave imposerait le silence, je porterais des packs de bouteilles d'eau &#224; la force du petit doigt, il ne viendrait &#224; l'id&#233;e de personne de me demander quand j'aurai enfin des enfants, je ferais pipi debout (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/rue" rel="tag"&gt;rue&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-etre" rel="tag"&gt;d'&#234;tre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/parfois" rel="tag"&gt;parfois&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/commentaire-essuye" rel="tag"&gt;commentaire essuy&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/rue-m-a" rel="tag"&gt;rue m'a&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-orgasme" rel="tag"&gt;l'orgasme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jouir" rel="tag"&gt;jouir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/simple-d-etre" rel="tag"&gt;simple d'&#234;tre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Parfois, quand le d&#233;sespoir me gagne, quand un commentaire essuy&#233; dans la rue m'a particuli&#232;rement agress&#233;e ou quand j'ai mes r&#232;gles, je me demande si apr&#232;s tout, &#231;a ne serait pas plus simple d'&#234;tre un homme. Je r&#234;ve &#224; tous les avantages &#233;vidents qui me reviendraient &#8211; en r&#233;union ma voix grave imposerait le silence, je porterais des packs de bouteilles d'eau &#224; la force du petit doigt, il ne viendrait &#224; l'id&#233;e de personne de me demander quand j'aurai enfin des enfants, je ferais pipi debout dans la rue en toute d&#233;contraction &#8211; et tr&#232;s vite, j'en arrive &#224; un inconv&#233;nient notoire.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_902 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH448/p10-sury-honiquimale-f3470.jpg?1779603026' width='400' height='448' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Caroline Sury.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Orgasme, j'&#233;cris ton nom !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la libert&#233; de jouir d&#232;s les premi&#232;res minutes d'un rapport sexuel sans que &#231;a n'entra&#238;ne le moindre incident diplomatique, pour la possibilit&#233; de jouir plusieurs fois au cours du m&#234;me rapport et par le biais d'au moins trois endroits diff&#233;rents, pour le droit commun&#233;ment reconnu de laisser alors son corps basculer dans les cris et les convulsions, je me dis souvent que c'est quand m&#234;me dr&#244;lement chouette d'&#234;tre une femme. Que c'est peut-&#234;tre notre seul vrai privil&#232;ge. Et que la jouissance f&#233;minine aurait largement de quoi rendre les hommes jaloux, violents, moralisateurs, tyranniques&#8230; &lt;i&gt;Oh ! Wait&lt;/i&gt;&#8230; De fait, s'il ne suffit &#233;videmment pas &#224; expliquer la domination masculine, l'orgasme f&#233;minin repr&#233;sente bien une distinction pour le moins chatouilleuse : en plus de d&#233;tenir la clef de l'enfantement, les femmes peuvent jouir plus et mieux que les hommes, entre autres gr&#226;ce &#224; un organe d&#233;di&#233;&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tir&#233;sias l'avait d&#233;j&#224; bien compris, qui, dans les M&#233;tamorphoses d'Ovide, se (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Et sans m&#234;me parler d'excision, d'interdiction de la masturbation, de d&#233;pr&#233;ciation freudienne de l'orgasme &#171; clitoridien &#187; ou de salet&#233; suppos&#233;ment inh&#233;rente au corps des femmes&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sp&#233;ciale caced&#233;di au Dico des filles (D. A. Rouyer, M. Dupuy-Sauze, &#233;ditions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, les moyens mis en &#339;uvre pour emp&#234;cher, juguler ou alt&#233;rer notre jouissance sont aussi nombreux qu'efficaces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, il y a du progr&#232;s. Et &#224; voir telles dames de la publicit&#233; grimper aux rideaux &#224; cause d'un cornet de glace ou d'un radiateur infrarouge, tels magazines dits &#171; f&#233;minins &#187; marteler &#224; longueur de couvertures que jouir est primordial, telle association f&#233;ministe instaurer une &#171; journ&#233;e de l'orgasme &#187;, on pourrait croire que sous ces cieux-l&#224; au moins, l'orgasme des femmes b&#233;n&#233;ficie d&#233;sormais d'une certaine tol&#233;rance. Surgissent alors deux nouveaux obstacles, autrement pernicieux : la jouissance obligatoire, et dans une seule acception. &#171; &lt;i&gt; L'orgasme, comment le reconna&#238;tre ? &lt;/i&gt; &#187;, titre r&#233;guli&#232;rement ladite presse &#171; f&#233;minine &#187;. &#171; &lt;i&gt;L'orgasme, c'est se tenir la bouche entrouverte, la t&#234;te renvers&#233;e et les yeux mi-clos&lt;/i&gt; &#187;, mart&#232;lent publicit&#233; et pornographie. &#171; &lt;i&gt;En g&#233;n&#233;ral quand on a un orgasme, on le sait&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;pond ici et l&#224; une docte connasse autoproclam&#233;e f&#233;ministe &#224; celles qui se demandent si elles en ont. Une fois acquis le droit de jouir, il faudra donc encore arracher non seulement le droit de ne pas le faire, mais aussi le droit de d&#233;cider ce que jouir veut dire. Et quand on y arrivera, une chose est s&#251;re : plus personne n'aura envie d'&#234;tre un homme&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration de &lt;a href=&#034;http://carolinesury.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Caroline Sury&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Tir&#233;sias l'avait d&#233;j&#224; bien compris, qui, dans &lt;i&gt;les M&#233;tamorphoses&lt;/i&gt; d'Ovide, se serait rendu compte &#224; la faveur d'un changement de sexe que la jouissance f&#233;minine &#233;tait au moins sept fois sup&#233;rieure &#224; la jouissance masculine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sp&#233;ciale caced&#233;di au &lt;i&gt;Dico des filles&lt;/i&gt; (D. A. Rouyer, M. Dupuy-Sauze, &#233;ditions Fleurus), un dictionnaire adress&#233; aux adolescentes de 12-16 ans dont la version 2014 frappe &#224; nouveau tr&#232;s fort : &#171; &lt;i&gt;Par respect pour le m&#233;decin et pour vous-m&#234;me, une toilette intime particuli&#232;rement soigneuse et du linge propre sont de rigueur ce jour-l&#224;&lt;/i&gt; [celui du rendez-vous chez le gyn&#233;cologue]&lt;i&gt;&#8230; plus encore que les autres jours !&lt;/i&gt; &#187; (p. 249).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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