<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://cqfd-journal.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
	<link>https://cqfd-journal.org/</link>
	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://cqfd-journal.org/spip.php?id_auteur=100&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
		<url>https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L144xH50/siteon0-2-e90fe.png?1768648935</url>
		<link>https://cqfd-journal.org/</link>
		<height>50</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Litt&#233;rature : Twain, le Yankee et Camelot</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Litterature-Twain-le-Yankee-et</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Litterature-Twain-le-Yankee-et</guid>
		<dc:date>2015-08-21T17:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>William Blanc</dc:creator>


		<dc:subject>Arthur</dc:subject>
		<dc:subject>Moyen &#194;ge</dc:subject>
		<dc:subject>Roi Arthur</dc:subject>
		<dc:subject>roi</dc:subject>
		<dc:subject>dans</dc:subject>
		<dc:subject>Mark Twain</dc:subject>
		<dc:subject>Twain</dc:subject>
		<dc:subject>Yankee</dc:subject>
		<dc:subject>Hank Morgan</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;sumer simplement</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Fin XIXe si&#232;cle, Mark Twain publie Un Yankee du Connecticut &#224; la cour du roi Arthur. A travers un voyage dans les temps de la l&#233;gende arthurienne, le c&#233;l&#232;bre conteur am&#233;ricain saisit l'occasion de moquer les poss&#233;dants de son &#233;poque. L'histoire de Un Yankee du Connecticut &#224; la cour du roi Arthur, &#233;crit par Mark Twain en 1889, peut se r&#233;sumer simplement : un am&#233;ricain, Hank Morgan, d&#233;barque on ne sait trop comment &#224; Camelot, en plein Moyen &#194;ge mythique. L&#224;, il se pla&#238;t &#224; ridiculiser les (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no133-juin-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;133 (juin 2015)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Arthur-2347" rel="tag"&gt;Arthur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Moyen-Age" rel="tag"&gt;Moyen &#194;ge&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Roi-Arthur" rel="tag"&gt;Roi Arthur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/roi" rel="tag"&gt;roi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/dans" rel="tag"&gt;dans&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mark-Twain" rel="tag"&gt;Mark Twain&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Twain" rel="tag"&gt;Twain&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Yankee" rel="tag"&gt;Yankee&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Hank-Morgan" rel="tag"&gt;Hank Morgan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/resumer-simplement" rel="tag"&gt;r&#233;sumer simplement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Fin XIXe si&#232;cle, Mark Twain publie &lt;i&gt;Un Yankee du Connecticut &#224; la cour du roi Arthur&lt;/i&gt;. A travers un voyage dans les temps de la l&#233;gende arthurienne, le c&#233;l&#232;bre conteur am&#233;ricain saisit l'occasion de moquer les poss&#233;dants de son &#233;poque.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'histoire de &lt;i&gt;Un Yankee du Connecticut &#224; la cour du roi Arthur&lt;/i&gt;, &#233;crit par Mark Twain en 1889, peut se r&#233;sumer simplement : un am&#233;ricain, Hank Morgan, d&#233;barque on ne sait trop comment &#224; Camelot, en plein Moyen &#194;ge mythique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1554 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;84&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH524/p13-yankee_dan_beard-075dd.jpg?1768654924' width='400' height='524' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Illustration de Dan Beard pour l'&#233;dition am&#233;ricaine de 1889 du Connecticut Yankee.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L&#224;, il se pla&#238;t &#224; ridiculiser les chevaliers de la Table ronde en les transformant en homme sandwich publicitaire. Le texte, plein d'humour, est savoureux, comme le montre la r&#233;cente traduction propos&#233;e par l'&#233;diteur L'&#338;il d'Or. Mais, comme souvent chez Twain, l'humour potache sert un propos politique. En effet, en se moquant des guerriers f&#233;odaux, l'auteur des&lt;i&gt; Aventures de Huckleberry Finn&lt;/i&gt; (1885) parodie en fait l'Angleterre victorienne, notamment son aristocratie qui prend pour mod&#232;le, depuis l'&#233;dition des &lt;i&gt;Idylles du roi&lt;/i&gt; &#233;crit par le po&#232;te Alfred Tennyson, une version id&#233;alis&#233;e de la chevalerie arthurienne. Twain r&#232;gle aussi ses comptes avec la noblesse sudiste qui, jusqu'aux pires ann&#233;es de la guerre de S&#233;cession (1861-1865), s'est elle aussi plu &#224; s'imaginer, berc&#233;e notamment par la lecture du roman &lt;i&gt;Ivanho&#233;&lt;/i&gt; (1819) de Walter Scott, comme une nouvelle chevalerie devant r&#233;sister &#224; la populace d&#233;mocratique venue du nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le roman de Twain, et c'est toute sa richesse, est aussi l'occasion d'une tr&#232;s verte critique de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine contemporaine, alors en plein boom &#233;conomique. En effet, Hank Morgan, triomphant des chevaliers, loin d'apporter la d&#233;mocratie &#224; la cour d'Arthur, se contente de transformer le pays en une gigantesque usine. La r&#233;volte des chevaliers qui finit par &#233;clater entra&#238;ne le massacre de milliers d'entre eux &#224; la mitrailleuse, sort qui renvoie aux Am&#233;rindiens&#8200;&#8211;&#8200;Twain fait explicitement la comparaison&#8200;&#8211;&#8200;dont les derni&#232;res poches de r&#233;sistance sont au m&#234;me moment &#233;cras&#233;es &#224; l'arme automatique. Le nom m&#234;me de Morgan renvoie &#224; celui de J.&#8200;P.&#8200;Morgan, un des grands banquiers am&#233;ricains repr&#233;sentatifs du Gilded Age (&#171; &#226;ge de la dorure &#187;), expression invent&#233;e par Twain qui d&#233;crit une &#232;re o&#249; les richesses apparentes d'une petite minorit&#233; cachent la mis&#232;re de l'immense majorit&#233; de la population. L'illustrateur de la premi&#232;re &#233;dition du &lt;i&gt;Yankee du Connecticut&lt;/i&gt;, Dan Beard, prend d'ailleurs un malin plaisir &#224; repr&#233;senter un marchand d'esclaves du temps du roi Arthur sous les traits de Jay Gould, un des grands sp&#233;culateurs du rail, figure embl&#233;matique de la caste des &lt;i&gt;robber barons&lt;/i&gt; (&#171; les barons voleurs &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, le roman de Twain sonne comme un avertissement. L'utopie am&#233;ricaine, qui &#233;tait cens&#233;e lib&#233;rer les peuples de l'oppression monarchique anglaise, est en train de devenir un nouveau f&#233;odalisme o&#249; les &#171; barons &#187; de l'industrie ont remplac&#233; ceux de l'aristocratie traditionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un Yankee du Connecticut &#224; la cour du roi Arthur&lt;/i&gt; est devenu un des grands classiques de la litt&#233;rature arthurienne et a suscit&#233; de tr&#232;s nombreuses adaptations dans la culture de masse, notamment au cin&#233;ma. N&#233;anmoins, dans l'immense majorit&#233; de ces versions, la charge critique de Twain contre la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine dispara&#238;t. L'histoire se r&#233;sume alors aux exploits d'un h&#233;ros venu apporter, gr&#226;ce &#224; la technologie, les lumi&#232;res du progr&#232;s &#233;tatsunien dans les &#171; &#226;ges sombres &#187; m&#233;di&#233;vaux. En 1946, au rayon comics, Batman vient pr&#234;ter main forte au roi Arthur contre le tra&#238;tre Mordred : la parabole incarne l'Am&#233;rique venue aider l'Angleterre contre les nazis. Dans le film de 1949, &lt;i&gt;Un Yankee &#224; la cour du roi Arthur&lt;/i&gt;, le crooner Bing Crosby fait swinguer la cour du roi Arthur en chantant un titre jazzy, &#224; l'instar des &#201;tats-Unis exportant leurs produits culturels dans une Europe en ruine via le plan Marshall.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux ph&#233;nom&#232;nes viennent secouer cette longue s&#233;rie d'adaptations, qui se poursuit par exemple avec &lt;i&gt;Evil Dead&#8200;3&lt;/i&gt; (1992) de Sam Raimi&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Au cours de ce troisi&#232;me volet, le h&#233;ros remonte le temps jusqu'en 1300, une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Tout d'abord, &#224; partir de 1979, les versions s'infantilisent et le Yankee prend souvent l'apparence d'un enfant. Ces versions, ce n'est pas un hasard, sont parfois produites par les studios Disney qui ont fait du Moyen &#194;ge un de leurs produits d'appel&#8200;&#8211; les ch&#226;teaux de Blanche Neige et de Cendrillon sont devenus des attractions majeures des parcs Disney depuis les ann&#233;es 1950 et la base du logo de la multinationale. La charge critique de Twain contre l'aristocratie et ses privil&#232;ges fait place &#224; une image f&#233;&#233;rique du Moyen &#194;ge plus vendeuse. Le temps des chevaliers n'est plus qu'un espace d'aventures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de la fin des ann&#233;es 1980 cependant, certains longs m&#233;trages, en mettant en sc&#232;ne des Africains-Am&#233;ricains dans le r&#244;le du Yankee, auraient pu amener un peu de fra&#238;cheur. Certes ni aussi bons (et de loin) ni aussi caustiques que le roman de 1889, des films comme &lt;i&gt;Le Chevalier black&lt;/i&gt; (2001) de Gil Junger n'en sont pas moins l'occasion d'une critique de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine contemporaine. La situation des habitants du ghetto y est ainsi compar&#233;e avec humour avec celle des serfs du Moyen &#194;ge. Mais format&#233;s pour un public familial, ces films gomment tout propos critique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fin de compte, il faut traverser un oc&#233;an pour trouver l'une des rares versions fid&#232;les au texte originel du &lt;i&gt;Yankee &#224; la cour du roi Arthur&lt;/i&gt;, en Union sovi&#233;tique pr&#233;cis&#233;ment o&#249; les &#339;uvres de Twain ont &#233;t&#233; immens&#233;ment populaires. En 1964, dans leur roman de science-fiction &lt;i&gt;Il est difficile d'&#234;tre un dieu&lt;/i&gt;, Arcadi et Boris Strougatski d&#233;crivent le dilemme de Don Rumata, terrien en mission sur une plan&#232;te vivant encore dans un &#233;tat f&#233;odal qui menace de tomber sous la coupe d'un groupe de fanatiques. Que faire ? Rien, ou bien intervenir ? Le h&#233;ros, usant de son avance technologique, se d&#233;cide pour la seconde option, avec des cons&#233;quences dramatiques. Pas plus qu'Hank Morgan, le socialiste du futur&#8200;&#8211;&#8200;car il s'agit bien de critiquer la pr&#233;tention sovi&#233;tique d'amener de mani&#232;re brutale des soci&#233;t&#233;s vues comme arri&#233;r&#233;es vers la modernit&#233;&#8200;&#8211;&#8200;n'est mieux arm&#233; pour communiquer avec l'autre. Si le livre de Twain conna&#238;t une adaptation sovi&#233;tique en 1988&#8200;&#8211; une des rares &#224; &#234;tre &#224; peu pr&#232;s fid&#232;le au texte et qui permet, au passage, de se moquer des Am&#233;ricains&#8200;&#8211;&#8200;c'est le livre des fr&#232;res Strougatski qui va susciter deux adaptations. La derni&#232;re, sortie en salle en 2013 et r&#233;alis&#233;e par Alexe&#239; Guerman, ne laisse, &#224; l'image du Yankee &#224; la cour du roi Arthur, aucun doute. Entre le f&#233;odalisme sombre et superstitieux et la modernit&#233; destructrice et m&#233;canis&#233;e, l'alternative est ailleurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Au cours de ce troisi&#232;me volet, le h&#233;ros remonte le temps jusqu'en 1300, une tron&#231;onneuse en guise de main et un fusil &#224; canon sci&#233; dans l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Games of thrones : Fantasy et r&#233;volution</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Games-of-thrones-Fantasy-et</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Games-of-thrones-Fantasy-et</guid>
		<dc:date>2015-06-30T17:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>William Blanc</dc:creator>


		<dc:subject>Culture</dc:subject>
		<dc:subject>ferri</dc:subject>
		<dc:subject>d'un</dc:subject>
		<dc:subject>Martin</dc:subject>
		<dc:subject>guerre</dc:subject>
		<dc:subject>s&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>litt&#233;rature</dc:subject>
		<dc:subject>Thrones</dc:subject>
		<dc:subject>Game</dc:subject>
		<dc:subject>fantasy</dc:subject>
		<dc:subject>Tolkien</dc:subject>
		<dc:subject>fantasy ferait-elle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Intrigues politiques, trahisons, dilemmes shakespeariens, rebondissements sanglants, la s&#233;rie Games of Thrones tient en haleine des millions de spectateurs depuis cinq saisons, qui se plongent avec d&#233;lectation dans l'univers fantastique imagin&#233; par l'&#233;crivain am&#233;ricain George R.&#8200;R.&#8200;Martin. L'historien William Blanc revient sur un genre plus subversif qu'il n'y para&#238;t. La fantasy ferait-elle sa r&#233;volution ? Selon certains, Game of Thrones, produit par la cha&#238;ne HBO, serait l'&#339;uvre qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no132-mai-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;132 (mai 2015)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Culture" rel="tag"&gt;Culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ferri" rel="tag"&gt;ferri&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Martin" rel="tag"&gt;Martin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/guerre" rel="tag"&gt;guerre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/serie" rel="tag"&gt;s&#233;rie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/litterature" rel="tag"&gt;litt&#233;rature&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Thrones" rel="tag"&gt;Thrones&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Game" rel="tag"&gt;Game&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fantasy" rel="tag"&gt;fantasy&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Tolkien" rel="tag"&gt;Tolkien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fantasy-ferait-elle" rel="tag"&gt;fantasy ferait-elle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Intrigues politiques, trahisons, dilemmes shakespeariens, rebondissements sanglants, la s&#233;rie &lt;i&gt;Games of Thrones&lt;/i&gt; tient en haleine des millions de spectateurs depuis cinq saisons, qui se plongent avec d&#233;lectation dans l'univers fantastique imagin&#233; par l'&#233;crivain am&#233;ricain George R.&#8200;R.&#8200;Martin. L'historien William Blanc revient sur un genre plus subversif qu'il n'y para&#238;t.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La fantasy ferait-elle sa r&#233;volution ? Selon certains, &lt;i&gt;Game of Thrones&lt;/i&gt;, produit par la cha&#238;ne HBO, serait l'&#339;uvre qui permettrait enfin de faire passer la litt&#233;rature merveilleuse &#224; l'&#226;ge adulte en abordant des th&#232;mes tels que la sexualit&#233; (y compris LGBT), la politique ou le racisme. En Espagne, Pablo Iglesias, porte-parole de Podemos, a dirig&#233; un livre sur la s&#233;rie qui affirme son caract&#232;re subversif. On peut difficilement lui donner tort. &lt;i&gt;Game of Thrones&lt;/i&gt;, comme nombre d'&#339;uvres de la culture de masse, offre un miroir saisissant de la soci&#233;t&#233; occidentale et plus pr&#233;cis&#233;ment am&#233;ricaine. Elle porte aussi la marque de fabrique de son auteur, G. R. R. Martin, &lt;i&gt;baby-boomer&lt;/i&gt; ouvertement ath&#233;e ayant fr&#233;quent&#233; la gauche estudiantine &#233;tasunienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouvrage collectif &lt;i&gt;Game of Thrones, s&#233;rie noire&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire : Game of Thrones, s&#233;rie noire, &#233;ditions Les prairies ordinaires, 2015. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, paru aux Prairies ordinaires en avril 2015, et r&#233;unissant des analyses de philosophes, d'historien, de sp&#233;cialistes du cin&#233;ma, de la litt&#233;rature, montre &#224; quel point la s&#233;rie transgresse nombre de codes. Alors que la majorit&#233; des productions t&#233;l&#233;vis&#233;es am&#233;ricaines se plaisent &#224; mettre en sc&#232;ne une vision positive de la famille, recompos&#233;e ou non, choisie ou non, &lt;i&gt;Game of Thrones&lt;/i&gt;, selon un des contributeurs, le chercheur en cin&#233;ma Guillaume Bourgois, constitue au contraire le triomphe des familles dysfonctionnelles et des &#234;tres solitaires pour qui il n'y a pas d'amours heureux. Pareillement, alors que la t&#233;l&#233; US narre les aventures de personnages ordinaires accomplissant des exploits hors du commun, l'auteure de romans et d'essais &#201;milie Not&#233;ris montre que les protagonistes centraux de la s&#233;rie sont tous d'embl&#233;e des personnages &#171; &lt;i&gt;a-ordinaires&lt;/i&gt; &#187;, des &lt;i&gt;freaks&lt;/i&gt; : nains, b&#226;tards, infirmes, chevaleresse transgenre. Brienne de Torth est ainsi le seul personnage encore en vie &#224; pouvoir pr&#233;tendre ressembler &#224; un chevalier des l&#233;gendes, pourtant, c'est une femme honnie par ses pairs. Enfin, pour le philosophe Mathieu Potte-Bonneville, &lt;i&gt;Game of Thrones&lt;/i&gt; est une s&#233;rie frapp&#233;e du sceau de Machiavel, penseur florentin du XVIe&#8200;si&#232;cle qui avait d&#233;tach&#233; l'action politique de toute forme de morale religieuse. Le bien ou le mal absolu n'existent pas &#224; Westeros et les eccl&#233;siastiques ne sont pas des compas moraux, mais des charlatans ou, au mieux des fanatiques.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1524 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH460/p20-gameofthronescopie-f5756.jpg?1768659379' width='400' height='460' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ferri.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Game of Thrones&lt;/i&gt; confronte ses personnages &#224; des probl&#232;mes concrets qui exigent des solutions pragmatiques rarement satisfaisantes. Alors que la chute de Sauron dans&lt;i&gt; Le Seigneur des anneaux&lt;/i&gt; de J. R. R. Tolkien marque une quasi-disparition du Mal, la victoire compl&#232;te n'est jamais acquise dans le monde de Westeros. La blanche Daenerys, en lib&#233;rant les esclaves, para&#238;t certes incarner le messianisme am&#233;ricain venant apporter la d&#233;mocratie et le lib&#233;ralisme &#224; des populations &#224; la peau sombre. Mais la ressemblance s'arr&#234;te l&#224;, car le cycle des livres de G. R. R. Martin montre justement qu'il ne suffit pas d'&#234;tre un missionnaire en armes et que la d&#233;mocratie ou la libert&#233; ne se d&#233;cr&#232;tent pas &#224; coups de dragons ou de chasseurs F15.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette tendance&lt;/strong&gt; &#224; la fantasy de sortir du discours &#233;pique ou le Bien triomphe du Mal pour d&#233;velopper des intrigues plus politiques se retrouve dans d'autres &#339;uvres r&#233;centes du genre. Citons &#224; titre d'exemple le formidable &lt;i&gt;Gagner la guerre : R&#233;cit du vieux royaume&lt;/i&gt; (Les Moutons &#233;lectriques, 2009) de Jean-Philippe Jaworski. En partant du point de vue d'un spadassin, d'un homme de l'ombre et non d'un &#171; grand homme &#187;, l'auteur y montre que dans les conflits, m&#234;me entre &#171; Orient &#187; et &#171; Occident &#187;&#8200;&#8211; la situation rappelle beaucoup l'affrontement entre Venise et l'Empire ottoman au XVIe si&#232;cle&#8200;&#8211;, la v&#233;ritable lutte se situe surtout &#224; l'int&#233;rieur de chaque camp et que l'unit&#233; nationale n'est qu'une fiction politique qui n'engage que ceux qui y croient. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fantasy deviendrait donc un genre politique et quitterait, avec &lt;i&gt;Game of Thrones&lt;/i&gt;, les limbes de la litt&#233;rature de jeunesse. C'est oublier un peu vite que le genre a souvent &#233;t&#233; empreint de discours politiques et qu'il a refl&#233;t&#233; les craintes et espoirs qui ont scand&#233; &#171; l'&#226;ge des extr&#234;mes &#187;. C'est d'autant plus facile que placer les actions dans un monde imaginaire permet d'op&#233;rer des critiques moins frontales que dans la litt&#233;rature &lt;i&gt;mainstream&lt;/i&gt;. Ainsi, au d&#233;but des ann&#233;es 1960, un jeune auteur anglais, Michael Moorcock, dans &lt;i&gt;Le Cycle d'Elric&lt;/i&gt;, imagine les aventures tragiques d'un jeune empereur ch&#233;tif et albinos, Elric, s'alliant avec des pirates pour d&#233;truire son propre royaume de Melnibon&#233;e. Ses habitants, jadis ma&#238;tres du monde, dompteurs de dragons maintenant assoupis&#8200;&#8211; G. R. R. Martin s'en inspirera pour cr&#233;er les Targaryen de &lt;i&gt;Game of Thrones&lt;/i&gt;&#8200;&#8211; ne sont plus que l'ombre d'eux-m&#234;mes, des &#234;tres d&#233;cadents passant leur temps &#224; organiser de gigantesques f&#234;tes et &#224; consommer de la drogue. Difficile de ne pas voir un parall&#232;le &#233;vident avec le d&#233;clin de l'Empire britannique qui, au m&#234;me moment, voit ses colonies s'&#233;manciper les unes apr&#232;s les autres. Rapidement, Moorcock pars&#232;mera ses &#339;uvres de fantasy de satires acerbes de la soci&#233;t&#233; anglaise. Dans &lt;i&gt;Le Cycle d'Hawkmoon&lt;/i&gt; (&#233;crit &#224; partir de 1967), il d&#233;crit une Europe post-apocalyptique retomb&#233;e dans le Moyen &#194;ge subissant le joug de l'empire de Granbretanne dirig&#233; par un empereur mill&#233;naire vivant dans un bocal de formol. Comble de la provocation, l'Empire granbreton voit se dresser face &#224; lui un h&#233;ros venu d'Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'aucuns opposent Moorcock &#224; J. R. R. Tolkien, qui est per&#231;u par beaucoup comme un r&#233;actionnaire (ce qui est en partie vrai) voire comme un abject raciste (accusation pour le coup d&#233;nu&#233;e de fondements). N&#233;anmoins, cette id&#233;e r&#233;siste mal &#224; l'analyse tant la fantasy de Tolkien porte aussi en elle une critique parfois acerbe de la modernit&#233;. Ce n'est pas &#233;tonnant si dans les ann&#233;es 1960, &lt;i&gt;Le Seigneur des anneaux&lt;/i&gt;, dont le premier tome para&#238;t en 1954, a atteint le statut de livre culte dans les campus am&#233;ricains secou&#233;s par la contestation hippie. Sa vision idyllique d'un monde rural &#233;ternel repr&#233;sent&#233; par la Comt&#233; des hobbits, oppos&#233; &#224; la brutalit&#233; industrielle de Sauron et du magicien Saroumane, marquera durablement les esprits.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1525 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH195/p19-vintage-dragon-ef55c.jpg?1768652150' width='400' height='195' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On la retrouve dans le dessin anim&#233; du cin&#233;aste underground Ralph Bakshi &lt;i&gt;Les Sorciers de la guerre&lt;/i&gt; (1977), dans lequel un sorcier mal&#233;fique subvertit des populations compl&#232;tes en les hypnotisant avec des films de propagande nazis (l'action, comme dans &lt;i&gt;Hawkmoon&lt;/i&gt;, se situe dans un futur post-apocalyptique o&#249; la soci&#233;t&#233; est revenue dans un Moyen &#194;ge fantastique). Plus connus, les Ewoks du &lt;i&gt;Retour du Jedi&lt;/i&gt; (1984) sont eux aussi des petits &#234;tres vivants membres d'une soci&#233;t&#233; pr&#233;-industrielle luttant victorieusement contre une machine de guerre totalitaire repr&#233;sent&#233;e par l'Empire. N&#233;anmoins, la cible de Tolkien, &#224; la diff&#233;rence de ses imitateurs tardifs Bakshi et George Lucas, n'est pas tant le fascisme ou le stalinisme&#8200;&#8211; il s'est &#233;lev&#233; contre des lectures qui feraient du &lt;i&gt;Seigneur des Anneaux&lt;/i&gt; une all&#233;gorie de la guerre froide ou du la Deuxi&#232;me Guerre mondiale&#8200;&#8211; que la modernit&#233; elle-m&#234;me. Comme le montre l'excellent livre de John Garth, &lt;i&gt;Tolkien et la Grande Guerre&lt;/i&gt; (Christian Bourgois, 2003), le monde o&#249; se d&#233;roulent les aventures des Hobbits tire son origine de l'exp&#233;rience traumatique de Tolkien dans les tranch&#233;es de la Somme en 1916. &lt;i&gt;La Chute de Gondolin&lt;/i&gt;, premi&#232;re nouvelle achev&#233;e &#233;crite dans l'univers de la Terre du Milieu, qui deviendra celui du &lt;i&gt;Seigneur des Anneaux&lt;/i&gt;, a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;e lors de sa convalescence de retour du front en 1917. Elle narre en effet la fin de la blanche cit&#233; elfique de Gondolin sous les coups des arm&#233;es d'orques et de dragons dont la description renvoie plus &#224; des tanks et &#224; des troupes arm&#233;es de lance-flammes qu'&#224; des cr&#233;atures ail&#233;es. Tolkien use de la fantasy comme d'autres du surr&#233;alisme pour d&#233;crire l'indicible horreur d'un conflit industriel dans lequel des millions d'hommes et de femmes ont trouv&#233; la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aujourd'hui, &lt;/strong&gt; G. R. R. Martin est sans doute l'un des auteurs &#224; assumer le plus la charge contestataire contenue dans la fantasy. On se souviendra que son roman fantastique &lt;i&gt;Armageddon Rag&lt;/i&gt; (1983) met en sc&#232;ne le retour sur sc&#232;ne d'un groupe de rock des ann&#233;es 1960 revenu d'entre les morts pour soulever un nouveau vent de r&#233;volte en plein milieu de la contre-r&#233;volution des ann&#233;es Reagan. Que cette formation de rock fictive se nomme les Nazg&#251;ls (en allusion &#224; des monstres de l'univers de Tolkien) et que leur chanteur soit un albinos rappelant l'Elric de Michael Moorcock ne doit rien au hasard. C'est que, pour Martin, la fantasy, loin d'&#234;tre seulement une litt&#233;rature bovariste faite pour tromper l'ennui de ses lecteurs (ce qu'elle peut &#234;tre parfois) est un art qui permet le pas de c&#244;t&#233; par rapport &#224; nos normes. Elle porte en elle les germes d'une critique parfois radicale &#224; travers le r&#234;ve et le d&#233;sir de pays de Cocagne. En ce sens, elle est l'h&#233;riti&#232;re de la litt&#233;rature utopique en vogue en Occident depuis le XVIe si&#232;cle. Comme le dit G.R.R. Martin lui-m&#234;me dans un court texte de 1996 intitul&#233; &#171; &lt;i&gt;On fantasy&lt;/i&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt;La r&#233;alit&#233;, ce sont les centres commerciaux de Burbank, les chemin&#233;es de Cleveland et un parking &#224; Newark. La fantasy, ce sont les tours de Minas Tirith, les antiques pierres de Gormenghast, la grande salle de Camelot.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Ils peuvent garder leur paradis. Quand je mourrai, je pr&#233;f&#232;re aller en Terre du Milieu.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pourquoi il est toujours frustrant de voir des &#339;uvres de fantasy liss&#233;es par l'industrie du spectacle. Peter Jackson a r&#233;ussi &#224; transformer &lt;i&gt;Le Hobbit&lt;/i&gt;, conte d'une grande sensibilit&#233;, en un mauvais film d'action gonfl&#233; &#224; la testost&#233;rone qui rejoue en cotte de mailles la &#171; War on terror &#187; globale. Yann Boudier, sp&#233;cialistes des litt&#233;ratures de l'imaginaire, note lui aussi dans le livre &lt;i&gt;Game of Thrones, s&#233;rie noire&lt;/i&gt;, que l'adaptation t&#233;l&#233;vis&#233;e propos&#233;e par HBO gomme beaucoup des aspects les plus subversifs du cycle romanesque de G.R.R. Martin pour en faire un produit format&#233; dont le succ&#232;s se mesure, les saisons avan&#231;ant, au nombre de sc&#232;nes de bataille ou sexuellement explicites contenues dans chaque &#233;pisode. Pour &#233;chapper au formatage, nul doute que les prochains auteurs du genre devront faire preuve d'un peu plus de fantasy.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire : &lt;i&gt;Game of Thrones, s&#233;rie noire&lt;/i&gt;, &#233;ditions Les prairies ordinaires, 2015. Avec des textes de : William Blanc, Gabriel Bortzmeyer, Yann Boudier, Guillaume Bourgois, Gilles Grand, Jack Halberstam, &#201;milie Not&#233;ris, Mathieu Potte-Bonneville et Eugenio Renzi.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mais qu'est-ce qu'on va faire de... Lor&#224;nt Deutsch</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Mais-qu-est-ce-qu-on-va-faire-de-517</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Mais-qu-est-ce-qu-on-va-faire-de-517</guid>
		<dc:date>2012-06-01T04:51:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>William Blanc</dc:creator>


		<dc:subject>Mais qu'est-ce qu'on va faire de&#8230;</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Lor&#224;nt Deutsch</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;ditions Michel</dc:subject>
		<dc:subject>Michel Lafon</dc:subject>
		<dc:subject>sourire sympathique</dc:subject>
		<dc:subject>p'tit gars</dc:subject>
		<dc:subject>style cool</dc:subject>
		<dc:subject>type sorti</dc:subject>
		<dc:subject>gars Lor&#224;nt</dc:subject>
		<dc:subject>Deutsch affiche</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lunettes sur le nez, sweet &#224; capuche, sourire sympathique, le p'tit gars Lor&#224;nt Deutsch affiche le style cool du type sorti du ruisseau, fl&#226;neur amoureux de Paris, ville &#224; laquelle il d&#233;dicace son M&#233;tronome &#8211; L'Histoire de France au rythme du m&#233;tro parisien (&#201;ditions Michel Lafon, 2009). Encens&#233; par les m&#233;dias, ce bouquin s'est &#233;coul&#233; &#224; un million cinq cent mille exemplaires, et va &#234;tre adapt&#233; en documentaire pour France 5. Sauf que ce M&#233;tronome donne un dr&#244;le de tempo. Pour le com&#233;dien, &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no99-avril-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;99 (avril 2012)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mais-qu-est-ce-qu-on-va-faire-de-76" rel="tag"&gt;Mais qu'est-ce qu'on va faire de&#8230;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/France" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Lorant-Deutsch" rel="tag"&gt;Lor&#224;nt Deutsch&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Editions-Michel" rel="tag"&gt;&#201;ditions Michel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Michel-Lafon" rel="tag"&gt;Michel Lafon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/sourire-sympathique" rel="tag"&gt;sourire sympathique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/p-tit-gars" rel="tag"&gt;p'tit gars&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/style-cool" rel="tag"&gt;style cool&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/type-sorti" rel="tag"&gt;type sorti&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/gars-Lorant" rel="tag"&gt;gars Lor&#224;nt&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Deutsch-affiche" rel="tag"&gt;Deutsch affiche&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lunettes sur le nez, sweet &#224; capuche, sourire sympathique, le p'tit gars Lor&#224;nt Deutsch affiche le style cool du type sorti du ruisseau, fl&#226;neur amoureux de Paris, ville &#224; laquelle il d&#233;dicace son &lt;i&gt;M&#233;tronome &#8211; L'Histoire de France au rythme du m&#233;tro parisien&lt;/i&gt; (&#201;ditions Michel Lafon, 2009). Encens&#233; par les m&#233;dias, ce bouquin s'est &#233;coul&#233; &#224; un million cinq cent mille exemplaires, et va &#234;tre adapt&#233; en documentaire pour France 5.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf que ce &lt;i&gt;M&#233;tronome&lt;/i&gt; donne un dr&#244;le de tempo. Pour le com&#233;dien,&lt;i&gt; &#171; l'histoire de notre pays s'est arr&#234;t&#233;e en 1793, &#224; la mort de Louis XVI. Cet &#233;v&#233;nement a marqu&#233; la fin de notre civilisation, on a coup&#233; la t&#234;te &#224; nos racines. &#187;&lt;/i&gt; Et il va de soi que&lt;i&gt; &#171; sans religion et sans foi, on se prive de quelque chose dont on va avoir besoin dans les ann&#233;es &#224; venir. Il faut r&#233;introduire la religion en France, il faut un concordat&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Propos tenu dans &#171; Lor&#224;nt Deutsch, royaliste assum&#233; &#187;, Le Figaro, 5 mars 2011.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. &lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt; Aussi ce catho royaliste nous offre-t-il dans son guide historique une vision bien &#224; lui du pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez Lor&#224;nt Deutsch, l'histoire est marqu&#233;e par les grands hommes. Pour les grandes femmes, on repassera ! Seule sainte Genevi&#232;ve trouve gr&#226;ce &#224; ses yeux pendant que les autres, les Lut&#233;ciennes puis les Parisiennes, font du shopping (page 41)&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les r&#233;f&#233;rences sont tir&#233;es de l'&#233;dition non illustr&#233;e du M&#233;tronome, Michel (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Une vision somme toute classique, d&#233;velopp&#233;e tout au long des XIXe et XXe si&#232;cles&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Suzanne Citron, Le Mythe national &#8211; L'histoire de France revisit&#233;e, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, quand l'histoire &#233;tait &#233;crite pour c&#233;l&#233;brer les chefs de guerres, les rois, les saints&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au peuple, &lt;i&gt;&#171; violent, sanglant &#187;&lt;/i&gt; (4e de couverture), il ne pense qu'&#224; grogner et se soulever. &#192; Lor&#224;nt de lui r&#233;server un traitement tout deutschien. Alors qu'il consacre huit pages &#224; saint Denis, treize &#224; sainte Genevi&#232;ve, quinze &#224; P&#233;pin le Bref, la Commune de Paris et ses vingt mille morts sont r&#233;sum&#233;s en un seul petit paragraphe ! En quelques lignes, il n'est pas question d'expliquer pourquoi le peuple parisien s'est soulev&#233; en 1871. Tout au plus l'acteur &#233;voque-t-il une &lt;i&gt;&#171; fureur populaire &#187;&lt;/i&gt; venue d'on ne sait o&#249;, et des soldats rompant les rangs parce que &lt;i&gt;&#171; fatigu&#233;s, d&#233;moralis&#233;s, d&#233;boussol&#233;s &#187;&lt;/i&gt; (page 353). Mais il est vrai que le peuple a toujours &#233;t&#233; un peu bourrin : lorsque Genevi&#232;ve, anim&#233;e d'une &lt;i&gt;&#171; foi parfaite &#187;&lt;/i&gt; (page 86), lance un appel contre les Huns &#8211; &lt;i&gt;&#171; l'envahisseur asiatique &#187;&lt;/i&gt; (page 89) &#8211;, &lt;i&gt;&#171; les plus excit&#233;s des Parisiens parlent [&#8230;] de [la] jeter dans un puits, mani&#232;re radicale de la faire taire &#187;&lt;/i&gt; (page 87).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, c'est sans vergogne que notre &#233;rudit fait remonter l'id&#233;e de nation aux plus anciens rois, la caract&#233;risant d&#232;s le sacre de P&#233;pin le Bref en 751 par l'union de &lt;i&gt;&#171; Dieu et [de] la Nation &#187;&lt;/i&gt; (page 143) autour de la personne royale. Quelques pages auparavant, les M&#233;rovingiens sont qualifi&#233;s de &lt;i&gt;&#171; fils a&#238;n&#233;s de l'&#201;glise &#187;&lt;/i&gt; (page 99). Qu'importe au sieur Deutsch que cette expression n'apparaisse pour la premi&#232;re fois qu'&#224; la fin du XVe si&#232;cle, et que l'id&#233;e nationale soit en grande partie une invention du XIXe si&#232;cle&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Patrick Geary, Quand les nations refont l'histoire &#8211; L'invention des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'importe, car son livre est avant tout un pamphlet monarchiste. En t&#233;moigne ce passage, consacr&#233; &#224; la colonne de Juillet, place de la Bastille : &lt;i&gt;&#171; La Commune de 1871 tente de [la] d&#233;truire, [elle] qui, pour ces r&#233;publicains extr&#234;mes &lt;/i&gt; [sic]&lt;i&gt;, reste un symbole d'alliance entre un souverain et son peuple. La colonne reste debout et la R&#233;publique aussi &#187;&lt;/i&gt; (page 336). En deux phrases, le com&#233;dien r&#233;ussit &#224; associer R&#233;publique (menac&#233;e par les &lt;i&gt;&#171; extr&#234;mes &#187;&lt;/i&gt;) et monarchie constitutionnelle (l'alliance du roi et du peuple) &#224; travers un monument. Raccourcis rejou&#233;s plusieurs fois dans l'ouvrage, o&#249; les &#233;difices historiques sont autant de m&#233;taphores d'un pouvoir royal sans cesse menac&#233; par les &#171; fureurs r&#233;volutionnaires &#187; (pages 49, 98, 108, 128, 139). On est loin, tr&#232;s loin, du fl&#226;neur sympatoche et amoureux de Paname&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour plus d'informations : www.goliards.fr/goliardises-2/oups-....&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Propos tenu dans &#171; Lor&#224;nt Deutsch, royaliste assum&#233; &#187;, &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;, 5 mars 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les r&#233;f&#233;rences sont tir&#233;es de l'&#233;dition non illustr&#233;e du &lt;i&gt;M&#233;tronome&lt;/i&gt;, Michel Lafon, 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir Suzanne Citron, &lt;i&gt;Le Mythe national &#8211; L'histoire de France revisit&#233;e&lt;/i&gt;, &#233;ditions de l'Atelier, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir Patrick Geary, &lt;i&gt;Quand les nations refont l'histoire &#8211; L'invention des origines m&#233;di&#233;vales de l'Europe&lt;/i&gt;, 2004, Aubier, 2004. L'expression &lt;i&gt;&#171; France, fille a&#238;n&#233;e de l'&#201;glise &#187;&lt;/i&gt; date quant &#224; elle du XIXe si&#232;cle. Voir Christian Amalvi, &#171; Le bapt&#234;me de Clovis : heurs et malheurs d'un mythe fondateur de la France contemporaine, 1814-1914 &#187;, Biblioth&#232;que de l'&#233;cole des chartes, 1989.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour plus d'informations : &lt;a href=&#034;https://www.goliards.fr/goliardises-2/oups-jai-marche-dans-lorant-deutsch&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.goliards.fr/goliardises-2/oups-...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
