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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Gr&#232;ve de ouf au Carrefour du Merlan</title>
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		<dc:creator>Gilles Lucas, Nicolas Arraitz</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;En octobre, le magasin Carrefour du Merlan, dans les quartiers Nord de Marseille, a &#233;t&#233; bloqu&#233; deux semaines durant par le personnel et des habitants du voisinage. Enjeu du mouvement : obtenir la lib&#233;ration de Momo, d&#233;l&#233;gu&#233; syndical incarc&#233;r&#233; &#224; la va-vite pour un motif extravagant. Barricades de chariots, barbecues solidaires, camions de livraison aux pneus crev&#233;s : sc&#232;nes de fronde contre une multinationale, championne auto-proclam&#233;e de la gestion &#233;thique des ressources humaines. Jeudi 21 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En octobre, le magasin Carrefour du Merlan, dans les quartiers Nord de Marseille, a &#233;t&#233; bloqu&#233; deux semaines durant par le personnel et des habitants du voisinage. Enjeu du mouvement : obtenir la lib&#233;ration de Momo, d&#233;l&#233;gu&#233; syndical incarc&#233;r&#233; &#224; la va-vite pour un motif extravagant. Barricades de chariots, barbecues solidaires, camions de livraison aux pneus crev&#233;s : sc&#232;nes de fronde contre une multinationale, championne auto-proclam&#233;e de la gestion &#233;thique des ressources humaines.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3166 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L452xH330/-1385-6eda3.jpg?1779602958' width='452' height='330' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par R&#233;mi
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Jeudi 21 octobre. Au rayon boulangerie, du pain dur. Aux fruits et l&#233;gumes, un vieux tas de courgettes. Aux produits de nettoyage, un flacon de javel sans bouchon. Pas de poisson, presque plus de viande, peu de laitages. On se dirait &#224; Cuba sous blocus &#233;tats-unien. Et pourtant, nous sommes &#224; Marseille, au c&#339;ur du monde libre. &#171; &lt;i&gt;Puis-je vous aider &#224; mieux consommer ?&lt;/i&gt; &#187;, proclame le blouson matelass&#233; des caissi&#232;res en gr&#232;ve. Elles bloquent l'entr&#233;e des marchandises depuis d&#233;j&#224; une semaine, depuis qu'elles et leurs coll&#232;gues ont appris que Mohamed Bedhouche, leur d&#233;l&#233;gu&#233; CGT, a &#233;t&#233; envoy&#233; aux Baumettes, et avec lui le p&#232;re de Florent (voir plus bas). &#171; &lt;i&gt;Lib&#233;rez Momo !&lt;/i&gt; &#187;, exige une banderole en drap de lit. Des voitures passent sur la voie rapide en klaxonnant, et les passagers, pench&#233;s &#224; la fen&#234;tre, font &#233;cho : &#171; &lt;i&gt;Lib&#233;rez Momo !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affaire est &#224; la fois loufoque et pr&#233;occupante : un d&#233;l&#233;gu&#233; syndical jet&#233; en prison pour avoir interc&#233;d&#233; en faveur d'un travailleur licenci&#233; pour &#171; vol &#187; - en fait, pour avoir achet&#233; &#224; moiti&#233; prix un surgel&#233; &#224; l'emballage d&#233;t&#233;rior&#233;. Momo est accus&#233; d'avoir fait pression sur un vigile pour qu'il se r&#233;tracte. Lequel vigile, depuis qu'il a port&#233; plainte contre Momo, a &#233;t&#233; gratifi&#233; d'un CDI par la direction&#8230; Voil&#224; qui sent le coup fourr&#233; patronal, mais le juge n'y a vu que du feu. Alors les marchandises ne passent plus. &#192; l'int&#233;rieur, seuls les cadres, les stagiaires et les CDD travaillent. 80 % de gr&#233;vistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;brayer sans pr&#233;avis, &#171; &lt;i&gt;c'est possible dans le priv&#233;&lt;/i&gt; &#187;, assure Mich&#232;le Ledesma, de l'Union locale CGT La Rose. La r&#233;action a &#233;t&#233; rapide, mue par l'estime dont jouit Momo. Et pas seulement chez les affili&#233;s CGT : la base a impos&#233; l'unit&#233; syndicale. Des militants CFDT, CFTC et FO sont pr&#233;sents sur les barrages. Lucien, encart&#233; &#224; FO et ami d'enfance de Momo, est assis sur une chaise pliante &#224; l'ombre d'un camion immobilis&#233; devant le portail. Il arbore un T-shirt Corsica. &#171; &lt;i&gt;Momo est un type droit, loyal, toujours pr&#234;t &#224; se mettre en quatre pour les autres&lt;/i&gt;, affirme-t-il. &lt;i&gt;Le vrai truand, c'est le directeur ! Il para&#238;t que de son poste &#224; Perpignan, il est parti les menottes aux poignets&#8230; Et il est l&#224; &#224; se pavaner, &#224; insulter les gens. Y'a pas de respect.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est avant tout l'homme qu'on est sorti d&#233;fendre contre une d&#233;cision de justice manifestement injuste. Mais il y a un autre aspect inqui&#233;tant : un d&#233;l&#233;gu&#233; syndical emprisonn&#233; comme &#231;a, &#224; la va-vite, sur plainte de son employeur, &#231;a sent le roussi. Et si ce pr&#233;c&#233;dent faisait jurisprudence ? &#171; &lt;i&gt;Qui osera alors &#234;tre d&#233;l&#233;gu&#233; ?&lt;/i&gt; &#187;, temp&#234;te Michel, un ancien de La Poste qui, de retour d'une manif de retrait&#233;s, est venu soutenir les gr&#233;vistes. Il se propose d'aller distribuer &#171; &lt;i&gt;un tract intelligent&lt;/i&gt; &#187; &#224; la client&#232;le, pour qu'elle boycotte le magasin. &#171; &lt;i&gt;Ils ne peuvent rien me faire, je suis retrait&#233; !&lt;/i&gt; &#187; Selon Michel et ses coll&#232;gues - ceux de la cantine de La Poste ont apport&#233; de quoi se restaurer et des thermos br&#251;lants -, l'heure est grave. &#171; &lt;i&gt;O&#249; sont ceux qui manifestaient contre Le Pen en 2002 ? Les altermondialistes ? Les anti-OGM ?&lt;/i&gt; &#187; Bernard, prof au lyc&#233;e Diderot, un badge du SNES-FSU &#224; la boutonni&#232;re, s'arr&#234;te &#224; la sortie des cours. Il est content d'&#234;tre l&#224; : &#171; &lt;i&gt;Vous trouvez pas qu'il y a une ambiance &#224; la Ken Loach, ici ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'a pas tort. On est au c&#339;ur des quartiers Nord. Le centre commercial est strat&#233;giquement situ&#233; au milieu de cit&#233;s parmi les plus mal fam&#233;es de la ville : les Flamands, la Busserine, Font-Vert&#8230; Et si les soutiens politiques tardent &#224; se manifester, les liens avec le quartier jouent pleinement. Pour les gens du coin, Carrefour, c'est leur commerce de proximit&#233;, le seul. Des centaines de familles sont prises &#224; la gorge par le cr&#233;dit et les cartes de &#171; fid&#233;lit&#233; &#187; de l'hypermarch&#233;. On est en France : aucun &#233;picier, aucun bar n'est tol&#233;r&#233; au pied des tours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors le glauque parking du Carrouf' est une destination oblig&#233;e, un lieu de rencontre pour les jeunes et les m&#233;nag&#232;res. Beaucoup ont des relations d'amiti&#233;, ou de parent&#233;, avec les employ&#233;s. Momo y est connu et appr&#233;ci&#233;. Surveillant de nuit, il n'est pas de ceux qui alpaguent les petits voleurs &#224; la sortie des caisses. Ce qui explique les coups de klaxons, les cris de soutien, les visites de bon voisinage le soir autour des feux de palettes. Une Africaine en boubou est assise parmi les caissi&#232;res en uniforme. Deux &#233;l&#233;gants Comoriens prennent des nouvelles aupr&#232;s d'un compatriote gr&#233;viste. Derri&#232;re Lucien, qui s'occupe en temps normal de la r&#233;ception des marchandises, le camion est immobilis&#233; par de gros blocs de b&#233;ton gliss&#233;s entre les essieux. Pneus crev&#233;s, moteur HS. &#171; &lt;i&gt;Les minots du quartier sont de vrais professionnels ! &lt;/i&gt; &#187;, plaisante-t-on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dimanche &#224; l'aube, cinq camions, escort&#233;s par deux voitures bleu marine pleines de faux flics, ont forc&#233; par surprise un des deux barrages. Quatre camions ont r&#233;ussi &#224; entrer, le cinqui&#232;me est rest&#233; dehors quand les nervis, en voyant les gars de l'autre piquet accourir, ont paniqu&#233; et referm&#233; les grilles. Le chauffeur s'est enfui et depuis, le contenu du camion se d&#233;compose et d&#233;gouline sur l'asphalte. La cargaison des autres poids lourds, bloqu&#233;s &#224; l'int&#233;rieur, n'a pas eu de meilleure fin : la cha&#238;ne du froid ayant &#233;t&#233; rompue, le pr&#233;fet a &#233;t&#233; oblig&#233; de signer un arr&#234;t&#233; interdisant la mise en vente des produits, qui pourrissent sur palette, &#224; l'endroit m&#234;me o&#249; Dominique Sabadel, le directeur, et Navarro, le transporteur, se pavanaient dimanche en narguant les gr&#233;vistes (&#171; &lt;i&gt;Sabadel portait une casquette de l'OM. Les copains, furax, lui criaient qu'il ne la m&#233;ritait pas !&lt;/i&gt; &#187;, rigole Sophie.) &#171; &lt;i&gt;On a de la chance, dit Lucien, on est dans un vrai quartier, les gens se serrent les coudes.&lt;/i&gt; &#187; Comme pour lui donner raison, un jeune au volant d'une fourgonnette de livraison s'arr&#234;te pour saluer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au m&#234;me moment, un groupe de cadres, &#233;trangement p&#226;les, sort examiner le camion. Le jeune les interpelle : &#171; &lt;i&gt;Si vous &#234;tes pas contents, il y a encore des pneus &#224; crever sur votre foutu bahut !&lt;/i&gt; &#187; Pour r&#233;cup&#233;rer ses camions, Navarro, le transporteur de choc, a d&#251; n&#233;gocier avec la CGT de sa bo&#238;te, qui l'a renvoy&#233; vers celle d'ici. Roland Chalumeau, secr&#233;taire de l'Union locale CGT La Rose, analyse : &#171; &lt;i&gt;Sabadel est un rentre-dedans quasi suicidaire. Il a &#233;t&#233; nomm&#233; ici pour casser l'unit&#233; du personnel. Ce Carrefour a mauvaise presse aupr&#232;s de la direction g&#233;n&#233;rale.&lt;/i&gt; &#187; Un militant ajoute : &#171; &lt;i&gt;En tout cas, il s'est mang&#233; deux gr&#232;ves depuis son arriv&#233;e en juillet 2003. Il nous a trait&#233;s de couilles molles, mais on est l&#224;, on l&#226;chera pas.&lt;/i&gt; &#187; Une caissi&#232;re : &#171; &lt;i&gt;Une semaine avant les &#233;lections, il a lou&#233; le Carlton, sur la Corniche, pour y inviter les employ&#233;s et leur famille, soi-disant pour c&#233;l&#233;brer le 40&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; anniversaire de Carrefour. Il a plaisant&#233; en disant que si on n'avait pas pu f&#234;ter le 41&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;, c'&#233;tait &#224; cause de notre gr&#232;ve de l'an pass&#233; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3167 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L330xH349/-1386-81799.jpg?1779618336' width='330' height='349' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par R&#233;mi
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vendredi 22&lt;/strong&gt;. Autour des thermos, l'ambiance est tendue. Ce matin, en signe de bonne volont&#233;, les gr&#233;vistes ont laiss&#233; passer un camion. En &#233;change, ils exigent que la direction s'assoie pour n&#233;gocier la r&#233;int&#233;gration de Momo. Mais en fait de n&#233;gos, on apprend que sa femme a re&#231;u une lettre convoquant Momo d&#232;s sa lib&#233;ration, en vue d'un licenciement. Il y a de l'&#233;lectricit&#233; dans l'air. La belle unit&#233; syndicale commence &#224; se fissurer depuis que le chef de la s&#233;curit&#233; du magasin a d&#233;sign&#233; nomm&#233;ment trente-quatre &#171; piquets &#187; &#224; un huissier. Dans la foul&#233;e, un juge a choisi d'en poursuivre trois, un par syndicat, au cas o&#249; ils seraient revus sur les barrages. La police peut intervenir &#224; tout moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assembl&#233;e. Le repr&#233;sentant de la f&#233;d&#233;ration du commerce pr&#233;cise : &#171; &lt;i&gt;Les gars, on pourra rien faire sans vous&lt;/i&gt;. &#187; Le mouvement est reconduit. Une demi-heure apr&#232;s, une d&#233;panneuse d&#233;boule dans un crissement de pneus. Man&#339;uvre nerveuse, coup de frein : une carcasse de Visa Citro&#235;n vient obstruer l'entr&#233;e que les vigiles avaient d&#233;gag&#233;e quelques heures plus t&#244;t de centaines de caddies amoncel&#233;s. Le gitan au volant repart aussi sec apr&#232;s qu'on lui a pass&#233; commande d'une autre &#233;pave. Ceux qui poussent la Visa en travers du portail ne sont pas gr&#233;vistes, mais des jeunes du quartier, des retrait&#233;s, des ch&#244;meurs. &#171; &lt;i&gt;On dirait Mai 68&lt;/i&gt; &#187;, s'enthousiasme un homme aux tempes grisonnantes. Sur la fa&#231;ade, une cam&#233;ra de surveillance lorgne la sc&#232;ne. Deux minutes plus tard, un huissier accourt, escort&#233; par une dizaine de vigiles sur les dents. Il vient constater l'obstruction. Bousculade : la liasse de proc&#232;s-verbaux vole dans l'air nocturne, puis est rageusement d&#233;chir&#233;e. Les vigiles bl&#234;missent sous les insultes de ceux qui bossent habituellement avec eux (certains gardes participent au piquet) : &#171; &lt;i&gt;Esclaves !&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Collabos !&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;L'injustice peut d&#233;placer les montagnes !&lt;/i&gt; &#187; Certains mastards asserment&#233;s sont pr&#234;ts &#224; en d&#233;coudre, mais d'autres se sentent visiblement le cul sale. Leur malaise, leurs regards par en dessous contrastent avec la col&#232;re des gr&#233;vistes. &#171; &lt;i&gt;Je vais chercher la cit&#233; !&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Non, n'y va pas&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Ils me d&#233;go&#251;tent !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une patrouille de police surgit. Puis deux. Un jeune flic sort son calepin pour verbaliser on ne sait quoi. &#171; &lt;i&gt;Couvrez les plaques d'immatriculation !&lt;/i&gt; &#187; Mais l'officier interrompt son geste. Il pr&#233;f&#232;re sourire et temporiser : &#171; &lt;i&gt;On est du quartier, nous aussi. On ne fait que passer. La ville est grande et on n'est pas bien nombreux.&lt;/i&gt; &#187; Exit l'huissier, exit la force publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, la direction accepte d'ouvrir des n&#233;gociations sous les auspices de l'inspection du travail. Le lundi 25, un juge aixois ordonne la mise en libert&#233; conditionnelle de Momo et du p&#232;re de Florent. Une foule en liesse les accueille &#224; la sortie de la maison d'arr&#234;t de Luynes. Ceux de Carrefour sont l&#224;, mais aussi ceux de Nestl&#233;, et les ch&#244;meurs d'AC. Un Momo en verve embrasse Christel et Florence, ses copines caissi&#232;res (&#171; &lt;i&gt;De vraies lionnes !&lt;/i&gt; &#187;), en larmes : &#171; &lt;i&gt;Mes compagnons de cellule se moquaient de moi. Ils disaient que tant qu'&#224; risquer la taule, j'aurais mieux fait de braquer une banque !&lt;/i&gt; &#187; Mais il reste mis &#224; pied. La gr&#232;ve et les pourparlers continuent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, jeudi 28 au soir, la direction aux abois c&#232;de : pour la premi&#232;re fois en 28 ans, le magasin a d&#251; fermer ses portes faute de stock. Un protocole est sign&#233; : des modalit&#233;s de r&#233;cup&#233;ration des heures de gr&#232;ve sont &#233;tablies, Momo est r&#233;int&#233;gr&#233; &#224; son poste et, en cas de condamnation en appel, on n&#233;gociera son transfert sur un poste compatible avec un casier judiciaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vendredi 29, la reprise du travail est vot&#233;e, mais on dirait que la tenace dignit&#233; de ceux du Merlan est contagieuse : fin octobre, les salari&#233;s du Carrefour de N&#238;mes se mettent en gr&#232;ve pendant deux jours pour protester contre les abus de l'encadrement.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Avec Carrefour, la justice &#171; positive &#187;&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_3168 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L207xH200/-1387-44e43.jpg?1779618336' width='207' height='200' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par R&#233;mi
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le 19 avril 2004, Florent, employ&#233; au rayon surgel&#233;s du Carrefour-Le Merlan, est intercept&#233; &#224; la sortie des caisses avec un lot de produits d&#233;class&#233;s qu'il vient de payer moiti&#233; prix, pratique habituelle dans l'entreprise. Le vigile pr&#233;tend que Florent a vol&#233; ces marchandises, et le conduit dans le bureau du chef de la s&#233;curit&#233;. Cinq cadres sont pr&#233;sents et, pendant trois quarts d'heure, vont le retenir jusqu'&#224; ce qu'il signe une reconnaissance de vol. Carrefour porte plainte et le licencie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Florent raconte les faits &#224; Mohamed Bedhouche, d&#233;l&#233;gu&#233; CGT : l'accusation abusive, la s&#233;questration dans le bureau, les pressions exerc&#233;es, l'extorsion de signature, le licenciement. Comme son mandat l'exige, Mohamed pr&#233;pare la d&#233;fense du salari&#233;. Il rassemble des t&#233;moignages prouvant que la pratique de r&#233;duction de prix sur des produits d&#233;class&#233;s est courante, en accord avec les directions successives. En outre, plusieurs salari&#233;s affirment que l'adjoint de s&#233;curit&#233; impliqu&#233; a trouv&#233; l&#224; pr&#233;texte &#224; se venger d'un conflit d'ordre personnel qui l'opposait &#224; Florent. Mohamed et le p&#232;re de Florent rencontrent un agent de s&#233;curit&#233; qui a &#233;t&#233; t&#233;moin des pressions exerc&#233;es sur le jeune employ&#233;. Ils lui demandent de rapporter au tribunal &#171; &lt;i&gt;toute la v&#233;rit&#233;&lt;/i&gt; &#187; sur ce qui s'est pass&#233;. La direction, inform&#233;e de ce bref &#233;change par une cam&#233;ra de vid&#233;osurveillance, fait pression sur ce vigile en CDD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 8 octobre, la CGT recueille pr&#232;s de 50 % des suffrages lors des &#233;lections professionnelles. Le 11, escort&#233; par deux cadres, l'agent de s&#233;curit&#233; porte plainte contre le d&#233;l&#233;gu&#233; syndical. Dans l'apr&#232;s-midi, Mohamed et le p&#232;re de Florent sont convoqu&#233;s au commissariat, puis plac&#233;s en garde &#224; vue. Le 12 au matin, ils passent en comparution imm&#233;diate devant le tribunal correctionnel. Une avocate est commise d'office dix minutes avant l'audience. L'avocat de Carrefour demande une sanction exemplaire. Le tribunal inflige des peines sup&#233;rieures &#224; celles r&#233;clam&#233;es par le procureur et l'avocat. Momo et le p&#232;re sont condamn&#233;s pour &#171; subornation de t&#233;moins &#187; &#224; six mois de prison dont quinze jours fermes pour le premier et un mois pour le second. Plus 2 000 euros d'amende. Ils sont incarc&#233;r&#233;s le soir m&#234;me aux Baumettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait que Carrefour est une entreprise mod&#232;le, champion du commerce &#233;quitable et de la &#171; lutte contre les discriminations &#187; &#8230; C'est sans doute par fid&#233;lit&#233; &#171; &lt;i&gt;&#224; son engagement social et environnemental&lt;/i&gt; &#187; que le groupe a vu ses b&#233;n&#233;fices grimper de 8,5 % cette ann&#233;e, tout en maintenant ses salari&#233;s au Smic et en multipliant les emplois-kleenex. Et c'est s&#251;rement dans le cadre du programme sign&#233; avec la F&#233;d&#233;ration internationale des Ligues des droits de l'Homme (FIDH) que le g&#233;ant d&#233;glingue son personnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un rapport rendu voici quelques mois par la m&#233;decine du travail a conclu que sur 500 salari&#233;s du Carrefour Le Merlan, 322 &#233;taient victimes de surcharge mentale, c'est-&#224;-dire &#224; la limite de la d&#233;pression. Le directeur se montre tr&#232;s z&#233;l&#233; dans l'organisation de cette mise sous pression. Le 16 juin dernier, Mohamed et un autre d&#233;l&#233;gu&#233; avaient d&#233;nonc&#233; les propos qu'il tient aux salari&#233;s. Du genre : &#171; &lt;i&gt;Celui qui s'occupe des commandes dans ce rayon est une br&#234;le&lt;/i&gt; &#187; ou &#171; &lt;i&gt;Qu'est-ce que vous voulez, que je me mette &#224; genoux et que je vous suce ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Soucieux de recueillir sa version des faits, CQFD (Ce Qu'il Faut D&#233;graisser (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les remarques que l'inspection du travail lui avait adress&#233;es &#224; l'&#233;poque ont laiss&#233; Dominique Sabadel sans voix, mais pas sans moyens. Car le directeur n'est pas tout seul dans sa lutte contre Momo-le-perturbateur : en condamnant le d&#233;l&#233;gu&#233; syndical, la justice a r&#233;pondu &#171; positivement &#187; aux diktats de la multinationale. Il faut croire que c'est une habitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En janvier 2002, un juge d'instruction, la gendarmerie, l'administration fiscale, les services de la r&#233;pression des fraudes et l'inspection du travail avaient caus&#233; quelques ennuis &#224; Dominique Sabadel, qui &#233;tait alors directeur du Carrefour de Perpignan. L'information d&#233;livr&#233;e par le procureur de la R&#233;publique &#233;voquait un d&#233;tournement abusif de personnels externes pour des t&#226;ches non pr&#233;vues contractuellement. Mais les infractions constat&#233;es &#224; cette &#233;poque n'ont, pour l'heure, entra&#238;n&#233; aucune poursuite.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Soucieux de recueillir sa version des faits, CQFD (Ce Qu'il Faut D&#233;graisser et D&#233;localiser) a tent&#233; de joindre M. Sabadel par t&#233;l&#233;phone, mais n'a obtenu pour toute r&#233;ponse, dans le lointain, et &#224; travers le filtre d'un de ses collaborateurs, qu'un grognement exc&#233;d&#233; et r&#233;probateur.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Roger s'est arrach&#233;</title>
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		<dc:creator>G&#233;rard Lambert, Gilles Lucas</dc:creator>


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&lt;p&gt;En avril 1987, Roger Knobelspiess d&#233;clarait devant la cour d'assises de Rouen : &#171; J'ai &#233;t&#233; graci&#233; [en 1981], mais cela ne ram&#232;ne pas les ann&#233;es de vie dont on m'a amput&#233;. Je suis un homme coup&#233; en deux. La justice me doit quinze ann&#233;es de ma vie. C'est &#224; elle de me rendre des comptes. Je me bats contre l'appareil judiciaire. Mon r&#244;le est de bafouer la &#034;justice&#034;. Ceux qui jugent ne savent pas ce qu'est une prison. [...] Que cherchez-vous en &#233;talant cette litanie de mis&#232;res ? (son enfance, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Roger" rel="tag"&gt;Roger&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;E&lt;/span&gt;n avril 1987, Roger Knobelspiess d&#233;clarait devant la cour d'assises de Rouen : &#171; &lt;i&gt;J'ai &#233;t&#233; graci&#233; &lt;/i&gt;[en 1981], &lt;i&gt;mais cela ne ram&#232;ne pas les ann&#233;es de vie dont on m'a amput&#233;. Je suis un homme coup&#233; en deux. La justice me doit quinze ann&#233;es de ma vie. C'est &#224; elle de me rendre des comptes. Je me bats contre l'appareil judiciaire. Mon r&#244;le est de bafouer la &#034;justice&#034;. Ceux qui jugent ne savent pas ce qu'est une prison.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[...] &lt;i&gt;Que cherchez-vous en &#233;talant cette litanie de mis&#232;res ? &lt;/i&gt;(son enfance, NDLR) &lt;i&gt;Un alibi de bonne justice ? Les magistrats sont bien plac&#233;s pour savoir que ceux qui passent devant eux sont pour la plupart originaires des couches d&#233;favoris&#233;es de la soci&#233;t&#233;, des pauvres. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[...] &lt;i&gt;Les policiers m'ont tir&#233; dessus alors que j'&#233;tais sans armes assis dans ma voiture. Les policiers ont essay&#233; de me tuer. Ils n'ont pas &#233;t&#233; poursuivis, pas inculp&#233;s de &#034;tentative d'assassinat&#034;. Et moi, pour un vol de 800 francs que j'ai toujours ni&#233;, j'ai &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; 15 ans de prison. Alors je dis : il y a deux justices !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[...] &lt;i&gt;Monsieur l'avocat g&#233;n&#233;ral a demand&#233; pourquoi, alors que les intellectuels m'avaient bien re&#231;u, j'ai continu&#233; &#224; fr&#233;quenter des &#034;d&#233;linquants&#034; ? Quand on a pass&#233; 20 ans de sa vie en prison, on ne se sent bien qu'avec ceux qui mangent le pain noir, le pain de la mis&#232;re. &lt;/i&gt;[...] &lt;i&gt;Mon combat litt&#233;raire &#233;tait pour dire des v&#233;rit&#233;s, pas pour faire de la litt&#233;rature. &lt;/i&gt;[...] &lt;i&gt;Je serai toujours un r&#233;volt&#233;. &lt;/i&gt;[...] &lt;i&gt;Si le m&#233;pris avait des mains g&#233;antes, je lui dirai de vous &#233;trangler, &#224; droite comme &#224; gauche. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En 2007, Roger Knobelspiess avait r&#233;dig&#233; pour les &#233;ditions du Chien rouge la pr&#233;face de la r&#233;&#233;dition du livre de son ami de gal&#232;re Jacques Mesrine, &lt;i&gt;L'Instinct de mort&lt;/i&gt;. La m&#234;me ann&#233;e, confront&#233; devant les cam&#233;ras de t&#233;l&#233;vision au criminologue Xavier Raufer, il avait invit&#233; cet industriel de la barbarie &#224; poursuivre le d&#233;bat &#224; armes &#233;gales. Avec les poings&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il aura pass&#233; 26 ans derri&#232;re les barreaux. Associ&#233;, entre autres, avec Mesrine et Taleb Hadjadj, il se sera battu contre les Quartiers de haute s&#233;curit&#233; (QHS), publi&#233; textes et bouquins sur l'ignominie de l'enfermement. Il &#233;crira, entre autres, l'excellent &lt;i&gt;Roman des Ecamaux&lt;/i&gt;, portrait de son quartier et de son enfance. Po&#232;te, peintre, guerrier, il aura aussi approch&#233; le cin&#233;ma, notamment avec Jean-Pierre Mocky, et se sera amus&#233; &#8211; en jouant de sa mauvaise r&#233;putation &#8211; avec des producteurs faisant du fric sur le dos du grand Jacques. Promeneur insatiable, il disait : &#171; &lt;i&gt;J'ai vu trop de portes ferm&#233;es pour ne pas vouloir les ouvrir toutes. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Roger est mort le 19 f&#233;vrier 2017. C'&#233;tait un vrai pote.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Gilles Lucas, avec G&#233;rard Lambert&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Mort &#224; la d&#233;mocratie</title>
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		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Les archives de CQFD : n&#176;44. En avril 2007, CQFD publiait cet entretien avec L&#233;on de Mattis. Dix ans plus tard (d&#233;j&#224; !) nous pr&#233;parons un dossier sp&#233;cial &#034;Fatigue d&#233;mocratique&#034; pour le mois prochain. Souvenirs ! &#171; Ce livre ne doit pas &#234;tre compris comme une prise de position en faveur de l'abstention ou de la non-inscription sur les listes &#233;lectorales. L'abstention n'est pas plus imp&#233;rative que le vote n'est un devoir. &#187; Dans son essai Mort &#224; la d&#233;mocratie, L&#233;on de Mattis va au-del&#224; du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les archives de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : n&#176;44.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En avril 2007, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; publiait cet entretien avec L&#233;on de Mattis. Dix ans plus tard (d&#233;j&#224; !) nous pr&#233;parons un dossier sp&#233;cial &#034;Fatigue d&#233;mocratique&#034; pour le mois prochain. Souvenirs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ce livre ne doit pas &#234;tre compris comme une prise de position en faveur de l'abstention ou de la non-inscription sur les listes &#233;lectorales. L'abstention n'est pas plus imp&#233;rative que le vote n'est un devoir. &lt;/i&gt; &#187; Dans son essai &lt;i&gt;Mort &#224; la d&#233;mocratie&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L&#233;on de Mattis, Mort &#224; la d&#233;mocratie, L'Altiplano, 2007.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, L&#233;on de Mattis va au-del&#224; du faux d&#233;bat qui se r&#233;sume &#224; un &#171; &#233;lections pi&#232;ges &#224; cons &#187;. C'est le principe m&#234;me de la d&#233;mocratie qui est ici attaqu&#233;. Entretien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1849 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L271xH210/-151-c6cfc.jpg?1779602958' width='271' height='210' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Berth.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Le point de vue antid&#233;mocratique est en g&#233;n&#233;ral celui de ceux qui dominent soit en affirmant que leur pouvoir est de droit divin soit en pratiquant la plus grande brutalit&#233;. En quoi ta critique de la d&#233;mocratie se diff&#233;rencie-t-elle de ces conceptions-l&#224; ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&#233;on de Mattis : &lt;/strong&gt;La critique de la d&#233;mocratie est aussi une tradition libertaire, et il est &#233;vident que c'est de ce cot&#233;-l&#224; que se situe la mienne, m&#234;me si je ne me d&#233;finis pas comme un &#171; anarchiste &#187;. Et je renvoie dos-&#224;-dos le point de vue d&#233;mocratique et celui, antid&#233;mocratique, qui d&#233;fend la force ou le droit divin comme ayant en commun d'&#234;tre des th&#233;ories du pouvoir de l'&#201;tat, donc de l'oppression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ta critique s'en prend &#224; la d&#233;mocratie en tant que telle ou bien &#224; ce qu'elle est devenue aujourd'hui ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute critique, &#224; mon sens, n'est int&#233;ressante que si elle critique ce qui existe r&#233;ellement. Il va donc de soi que la critique de la d&#233;mocratie est une critique des conditions contemporaines de la d&#233;mocratie, de ce qu'on entend habituellement, actuellement, par le terme &#171; d&#233;mocratie &#187; - donc la d&#233;mocratie &#233;lective, repr&#233;sentative, parlementaire, telle qu'on la voit fonctionner par exemple en France au cours de cette &#233;lection pr&#233;sidentielle. Cependant, j'ouvre aussi le d&#233;bat sur la critique de ce qu'on appelle parfois la &#171; d&#233;mocratie directe &#187;, car, &#224; mon sens, il ne s'agit le plus souvent que de singer les proc&#233;dures de la d&#233;mocratie &#233;tatique en en reproduisant les tares (formalisme, magouilles, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi, quand on critique la d&#233;mocratie, est-on tout de suite diabolis&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pire sera toujours l&#224; pour nous faire filer doux. Choisissez Royal sinon c'est Sarkozy, choisissez Chirac sinon c'est Le Pen, choisissez la d&#233;mocratie sinon c'est Hitler, etc. Je crois qu'ainsi l'&#201;tat a r&#233;ussi son chantage, qui est de dire &#171; contentez-vous de la d&#233;mocratie sinon vous aurez la tyrannie &#187;. Toute critique de la d&#233;mocratie est pr&#233;sent&#233;e comme faisant le lit de la dictature. Mais attention : nous abstenir de critiquer la d&#233;mocratie ne nous &#233;pargnera pas pour autant la dictature, si la n&#233;cessit&#233; s'en fait un jour de nouveau sentir pour sauvegarder &#224; tout prix le pouvoir des puissants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qui pourrait remplacer ces permanentes injonctions &#224; &#171; respecter la d&#233;mocratie &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui revient &#224; demander : &#171; qu'est-ce que tu proposes &#224; la place ? &#187; Une chose est s&#251;re, il ne peut pas s'agir d'un autre mode d'organisation du pouvoir puisque c'est le pouvoir lui-m&#234;me qu'il faut dissoudre. Il faut donc d&#233;j&#224; &#233;liminer le &#171; cratos &#187; (le pouvoir) du terme d&#233;mocratie. En fait, je ne pense pas qu'il faille un mot unique pour d&#233;signer le processus qui permet d'aboutir &#224; une d&#233;cision collective, car justement il n'y en a pas forc&#233;ment qu'un seul de possible, et c'est l&#224; toute &#171; l'erreur &#187; du formalisme d&#233;mocratique, de croire que la mani&#232;re d'organiser une discussion collective pr&#233;existe &#224; la discussion elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L&#233;on de Mattis, &lt;i&gt;Mort &#224; la d&#233;mocratie&lt;/i&gt;, L'Altiplano, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Surench&#232;re de souffrances et soif de sang</title>
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		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Faute de ne pouvoir r&#233;tablir la peine de mort, mesure proscrite par la Communaut&#233; europ&#233;enne, les intoxications politiques, relay&#233;es dans le bon sens populaire, ne cessent d'inventer des techniques in&#233;dites d'enfermement. Et in&#233;vitablement de fabriquer des personnes d&#233;tenues qui n'ont plus rien &#224; perdre. A croire que le nom du lieu &#233;tait pr&#233;destin&#233;. Cond&#233; ! Ou plus exactement Cond&#233;-sur-Sarthe, petit bourg de deux mille habitants &#224; l'ouest d'Alen&#231;on dans le d&#233;partement de l'Orne. C'est l&#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no120-mars-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;120 (mars 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/L-L-de-Mars" rel="tag"&gt;L.L. de Mars&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/centre-penitentiaire" rel="tag"&gt;centre p&#233;nitentiaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Faute de ne pouvoir r&#233;tablir la peine de mort, mesure proscrite par la Communaut&#233; europ&#233;enne, les intoxications politiques, relay&#233;es dans le bon sens populaire, ne cessent d'inventer des techniques in&#233;dites d'enfermement. Et in&#233;vitablement de fabriquer des personnes d&#233;tenues qui n'ont plus rien &#224; perdre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A croire que le nom du lieu &#233;tait pr&#233;destin&#233;. Cond&#233; ! Ou plus exactement Cond&#233;-sur-Sarthe, petit bourg de deux mille habitants &#224; l'ouest d'Alen&#231;on dans le d&#233;partement de l'Orne. C'est l&#224; qu'a &#233;t&#233; b&#226;ti un lieu de d&#233;tention ultra s&#233;curitaire &#8211; con&#231;u par des cervelles exsangues&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le cabinet Archi5Prod et Bernard Guillien, un de ses architectes, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#8211; concentrant &#171; &lt;i&gt;les r&#233;sultats de douze ann&#233;es d'&#233;tudes minist&#233;rielles sur les types d'&#233;tablissement cens&#233;s tenir enferm&#233;s des prisonniers difficiles et condamn&#233;s &#224; de tr&#232;s longues peines&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Envol&#233;e n&#176; 38.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187;. Install&#233; sur presque trois hectares, compos&#233; de trois b&#226;timents dont seuls deux sont pour l'heure en fonction, ce dernier n&#233; des centres p&#233;nitentiaires se distingue, ainsi que le pr&#233;cise la plaquette promotionnelle du produit, par &#171; &lt;i&gt;la haute technologie des moyens de suret&#233; et la gestion en petits groupes de personnes d&#233;tenues&lt;/i&gt; &#187;. Dans les faits, aucune communication n'est possible entre les b&#226;timents, les soixante-huit d&#233;tenus actuels, encadr&#233;s par cent quatre-vingt neufs surveillants, sont maintenus dans un quartier d'isolement ayant la taille d'une prison. Les fen&#234;tres ont &#233;t&#233; faites de telle mani&#232;re que les prisonniers ne puissent ni voir &#224; l'ext&#233;rieur, ni &#234;tre vus. Contrairement aux maisons centrales o&#249; l'usage permettait auparavant une relative circulation entre les cellules, ici les portes sont closes en permanence.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_998 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH546/p07-cqdfmarsprison2014-263c4.jpg?1779603161' width='400' height='546' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par L.L. de Mars.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Rares contacts entre d&#233;tenus, omnipr&#233;sence des surveillants, cam&#233;ras de surveillance, promenades et activit&#233;s ne tol&#233;rant que la pr&#233;sence maximum de sept prisonniers, administration massive de tranquillisants de gr&#233; ou de force et parfois par injection, ouvertures &#233;lectroniques des portes afin de limiter les contacts entre matons et d&#233;tenus et acc&#232;s tr&#232;s difficiles pour les familles d&#233;sirant rendre visite &#224; leur proche, &#171; &lt;i&gt;cet &#233;tablissement a &#233;t&#233; con&#231;u pour nous casser psychologiquement et physiquement, car &#224; l'isolement les agents sont en permanence casqu&#233;s pour le moindre mouvement, on nous fait des fouilles &#224; corps pour rien&lt;/i&gt; &#187;, t&#233;moigne Christophe B., un d&#233;tenu de cette prison. La raison de son transfert dans cette version moderne des quartiers de haute de s&#233;curit&#233;&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le ministre de la Justice Robert Badinter a &#171; d&#233;cid&#233; &#187; la suppression des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; lui avait &#233;t&#233; pr&#233;cis&#233;e par l'administration : &#171; &lt;i&gt;Votre placement &#224; l'isolement s'av&#232;re&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;strictement n&#233;cessaire au centre p&#233;nitentiaire d'Alen&#231;on, car il constitue l'unique moyen d'assurer l'ordre au sein de l'&#233;tablissement et de pr&#233;server la s&#233;curit&#233; de l'ensemble du personnel.&lt;/i&gt; &#187; Contre toute attente, le pari aura &#233;t&#233; tenu au del&#224; de toutes les pr&#233;visions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'arriv&#233;e des premiers prisonniers le 29 mai 2013, cet &#233;tablissement n'a eu de cesse de conna&#238;tre des actes de r&#233;volte. Les motifs sont toujours les m&#234;mes : demande de transfert, application des am&#233;nagements de peine. Mi-septembre, un enferm&#233; projette de l'huile bouillante sur des surveillants. &#192; la fin de ce m&#234;me mois, deux gardiens sont hospitalis&#233;s apr&#232;s qu'un d&#233;tenu a refus&#233; d'&#234;tre fouill&#233;. Le 16 d&#233;cembre, un mouvement collectif r&#233;clame la libre circulation entre les cellules pendant la journ&#233;e. Le 30 d&#233;cembre, ce sont deux prisonniers qui retiennent &#224; l'aide d'un couteau artisanal deux matons, avant que n'interviennent les cagoul&#233;s des &#233;quipes r&#233;gionales d'intervention et de s&#233;curit&#233; (Eris). Le 30 d&#233;cembre et le 1er janvier dernier, des cam&#233;ras et du mat&#233;riel d'une salle sont d&#233;grad&#233;s pendant qu'un encag&#233; poursuit un surveillant avec une barre de fer &#224; la main. Le 2 janvier, un officier du personnel est bless&#233; avec un poin&#231;on artisanal. L'apr&#232;s-midi, les prisonniers refusent de rejoindre leur cellule. Le 8, une porte est fracass&#233;e. Le jour suivant, un gardien re&#231;oit une vol&#233;e de coups de poings provoquant une luxation de l'&#233;paule et dix jours d'incapacit&#233; totale de travail. Le 10, Fabrice Morot, directeur adjoint de l'&#233;tablissement, est frapp&#233; &#224; plusieurs reprises au dos et &#224; la t&#234;te avec un objet pointu par un d&#233;tenu qu'il tentait de calmer suite &#224; une &#233;ni&#232;me fouille corporelle. Des avocats, venus d&#233;fendre des prisonniers devant la quasi quotidienne commission interne de discipline, tribunal interne nomm&#233; pr&#233;toire, s'inqui&#232;tent &#224; leur tour de l'agressivit&#233; ambiante r&#233;gnant dans l'&#233;tablissement. Apr&#232;s que deux d'entre-eux affirment avoir subi des incidents de la part de d&#233;tenus, le b&#226;tonnier de l'Ordre des avocats d'Alen&#231;on, oubliant que la place des avocats est aux c&#244;t&#233;s de leurs clients, invoque, le 7 f&#233;vrier, le droit de retrait et demande le r&#233;tablissement de parloirs s&#233;par&#233;s par un hygiaphone&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Malgr&#233; une mise en garde d'un collectif d'avocats sp&#233;cialis&#233;s en droit (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Les syndicats de la p&#233;nitentiaire r&#233;clament, comme &#224; l'habitude, effectifs, armements, et&#8230; respect. Quant &#224; l'administration, elle admet du bout des l&#232;vres que les &#171; &lt;i&gt;difficult&#233;s actuelles&lt;/i&gt; &#187; sont le r&#233;sultat &#171; &lt;i&gt;d'une p&#233;riode de rodage&lt;/i&gt; &#187; n&#233;cessaire avant l'exploitation compl&#232;te de ce premier laboratoire &#224; taille inhumaine destin&#233; aux longues peines et &#224; toutes celles &#224; venir, selon les orientations forcen&#233;es de la politique carc&#233;rale de gauche comme de droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; qui devrait donc combler de satisfaction les lyncheurs anonymes et autres politiciens qui r&#233;clament toujours plus de f&#233;rocit&#233; et de brutalit&#233; contre les prisonniers. Et aussi, calmer leur v&#233;h&#233;mence contre la ministre de la Justice accus&#233;e de laxisme et souhaitant pr&#233;tendument ouvrir les prisons. Mais voil&#224; surtout, avec ce centre p&#233;nitentiaire, premier d'une g&#233;n&#233;ration de prisons d&#233;di&#233;e aux longues peines &#233;liminatoires, de quoi &#233;baucher une nouvelle solution pour ces emmur&#233;s vivants : tenter de les soumettre d&#233;finitivement &#224; des conditions inhumaines de survie. Et feindre d'ignorer, pour satisfaire les toxicomanes de l'enfermement, que la violence g&#233;n&#233;r&#233;es par ces mesures ne peut que provoquer des explosions l&#233;gitimes, dedans comme dehors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le nombre de d&#233;tenus effectuant une peine allant de vingt &#224; trente ans de prison a &#233;t&#233; multipli&#233; par 3,5 entre 1996 et 2006&lt;/i&gt; &#187;, constate Annie Kensey&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Croix, le 2 juin 2009.&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;, responsable du p&#244;le statistique &#224; la direction de l'Administration p&#233;nitentiaire. Description que compl&#232;te Barbara Liaras de l'Observatoire international des prisons : &#171; &lt;i&gt;P&#233;riodes de s&#251;ret&#233;, obstacles &#224; la lib&#233;ration conditionnelle, mesures de s&#251;ret&#233; apr&#232;s la peine&#8230; semblent &#234;tre venues compenser l'abolition de la peine de mort. Dans une m&#234;me logique d'&#233;limination. Les syst&#232;mes p&#233;nal et p&#233;nitentiaire aggravent ainsi, voire fabriquent de la &#8220;dangerosit&#233;&#8221;, avec des personnes qui n'ont rien &#224; perdre, ne peuvent plus se projeter dans une &#233;chelle de temps accessible et voient leur capacit&#233; &#224; retourner &#224; la vie libre fortement amoindrie apr&#232;s une, deux, voire trois d&#233;cennies de d&#233;tention.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quoi mieux comprendre les gourmandes saillies de Nicolas Dhuicq, d&#233;put&#233; UMP de l'Orne qui, au sortir d'une visite de Cond&#233;-sur-Sarthe le 11 f&#233;vrier, rajoutait sa petite couche de perversit&#233;, en d&#233;clarant sur les ondes de la radio locale Tendance-Ouest : &#171; &lt;i&gt;Je souhaiterais que les d&#233;tenus portent un uniforme, &#233;ventuellement qu'ils saluent le drapeau et les surveillants. &lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Nous avons des fauves dans toutes les centrales de France et encore on les renforce, puisqu'on leur apprend la boxe et la musculation&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Je suis psychiatre de formation&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nos services, s'&#233;tant livr&#233; &#224; quelques investigations, n'ont trouv&#233; aucune (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;i&gt;et je trouve que cela est totalement fou et irresponsable&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un pari sur le futur ? L'&#233;levage industriel mutile le bec des poussins pour &#233;viter qu'ils ne s'entretuent, rendus fous par la claustration. A Cond&#233;-sur-Sarthe, on attend les premiers dentistes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le cabinet Archi5Prod et Bernard Guillien, un de ses architectes, multir&#233;cidiviste dans la construction d'&#233;tablissement de d&#233;tention et d&#233;bordant d'imagination sur l'am&#233;nagement de lieux de souffrance.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://lenvolee.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'Envol&#233;e&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; n&#176; 38.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le ministre de la Justice Robert Badinter a &#171; d&#233;cid&#233; &#187; la suppression des QHS le 26 f&#233;vrier 1982.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Malgr&#233; une mise en garde d'un collectif d'avocats sp&#233;cialis&#233;s en droit p&#233;nitentiaire, les avocats du barreau d'Alen&#231;on maintiendront leur position. Ces derniers obtiendront satisfaction : dor&#233;navant, et d'une mani&#232;re in&#233;dite, les entretiens ont lieu en pr&#233;sence d'un surveillant&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La Croix&lt;/i&gt;, le 2 juin 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Nos services, s'&#233;tant livr&#233; &#224; quelques investigations, n'ont trouv&#233; aucune trace d'une quelconque inscription &#224; l'Ordre des M&#233;decins.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Un piquet dans les reins des requins du BTP</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Un-piquet-dans-les-reins-des</link>
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		<dc:date>2014-03-20T04:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


		<dc:subject>Caroline Sury</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>chantier</dc:subject>
		<dc:subject>quartier</dc:subject>
		<dc:subject>Jean-Claude Gaudin</dc:subject>
		<dc:subject>Lisette Narducci</dc:subject>
		<dc:subject>Roland Carta</dc:subject>
		<dc:subject>parc Bellevue</dc:subject>
		<dc:subject>bel &#233;quipage</dc:subject>
		<dc:subject>adjointe d&#233;l&#233;gu&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Bellevue rassemblant</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Destructions de quartiers, cr&#233;ations de kilom&#232;tres carr&#233;s de bureaux et offensives de gentrification : l'op&#233;ration politico-militaire nomm&#233;e Eurom&#233;diterran&#233;e et ses effets collat&#233;raux esp&#232;rent rendre Marseille bankable en lui dessinant un nouveau visage. Courant janvier, d'autres visages, ceux des habitants d'un quartier populaire, stigmatis&#233;s &#224; l'envi, se sont manifest&#233;s pour poser leurs conditions aux promoteurs. Respect ! Quel bel &#233;quipage, en ce jeudi 10 octobre 2013, &#224; quelques pas (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no119-fevrier-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;119 (f&#233;vrier 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bellevue-rassemblant" rel="tag"&gt;Bellevue rassemblant&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Destructions de quartiers, cr&#233;ations de kilom&#232;tres carr&#233;s de bureaux et offensives de gentrification : l'op&#233;ration politico-militaire nomm&#233;e Eurom&#233;diterran&#233;e et ses effets collat&#233;raux esp&#232;rent rendre Marseille &lt;i&gt;bankable&lt;/i&gt; en lui dessinant un nouveau visage. Courant janvier, d'autres visages, ceux des habitants d'un quartier populaire, stigmatis&#233;s &#224; l'envi, se sont manifest&#233;s pour poser leurs conditions aux promoteurs. Respect !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quel bel &#233;quipage, en ce jeudi 10 octobre 2013, &#224; quelques pas du parc Bellevue rassemblant la cit&#233; &#233;ponyme et celle de F&#233;lix-Pyat dans le 3e arrondissement de Marseille, que le d&#233;placement du maire, Jean-Claude Gaudin, de son adjointe d&#233;l&#233;gu&#233;e au logement, de la mairesse de secteur, Lisette Narducci et de l'architecte Roland Carta !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Festivit&#233; du jour : la pose de la premi&#232;re pierre d'un ensemble immobilier cr&#233;&#233; sur l'implantation d'anciens magasins industriels li&#233;s au pass&#233; de l'activit&#233; portuaire. En ma&#238;tre de c&#233;r&#233;monie, Jean-Philippe Ruggieri, promoteur et directeur de la soci&#233;t&#233; Nexity, s'enthousiasme : &#171; &lt;i&gt;Les trois chiffres cl&#233;s sont 70 millions d'euros, 70 000 m2 pour la premi&#232;re tranche et un millier de logements&lt;/i&gt; &#187;, avant de laisser &#224; l'architecte du projet le soin d'exposer le &#171; concept &#187; : &#171; &lt;i&gt; C'est dans les endroits les plus inattendus que, parfois, on fait &#233;merger les quartiers les plus &#8220;hype&#8221;, New York en est le meilleur des exemples. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ce n'&#233;tait le m&#233;pris masqu&#233; derri&#232;re l'expression &#171; &lt;i&gt; endroits les plus inattendus&lt;/i&gt; &#187; pour nommer un territoire o&#249; vivent plusieurs milliers de personnes en situation de pr&#233;carit&#233;, le bon mot de Roland Carta va se voir, justement, confirmer d'une mani&#232;re pas tr&#232;s attendue.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_968 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH528/p16-requin3-c19e0.jpg?1779603161' width='400' height='528' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Caroline Sury.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;On habite l&#224; et on est presque tous au ch&#244;mage. On voit devant nous un &#233;norme chantier, et il n'y a personne d'ici qui y travaille. Ce n'est pas normal ! &lt;/i&gt; &#187;, s'enflamme Aburata&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, p&#232;re de famille, habitant de la cit&#233; Bellevue. Il est un de ceux qui, avec plusieurs dizaines d'autres, ont entrepris de bloquer le chantier &#224; l'aube du 13 janvier. Un conteneur &#224; verre devant le portail, des chaines cadenass&#233;es condamnant les acc&#232;s : le promoteur avait &#233;t&#233; pr&#233;venu. Le 8 janvier, des jeunes du parc Bellevue, soutenu par le Collectif des quartiers populaires de Marseille (CQPM), avait rendu publique une &#171; lettre ouverte &#187; se concluant par un appel &#224; un rendez-vous pour la semaine suivante. &#171; &lt;i&gt;Parfois les m&#233;dias&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;nous d&#233;crivent comme des personnes ayant fait un choix de vie n&#233;gatif. Le choix de la facilit&#233;, de l'argent malhonn&#234;te, ou de l'oisivet&#233;. Certains politiques nous d&#233;signent &#224; la vindicte populaire et font de nous des parasites, des moins-que-rien, niant nos droits, nos aspirations tout en se foutant de notre humanit&#233;. Car oui, et n'en d&#233;plaise &#224; certains, nous sommes des jeunes d'un quartier populaire de Marseille et cela nous le revendiquons comme une fiert&#233; et non comme un stigmate ! &lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Plus qu'ailleurs nous souffrons de ce manque de consid&#233;ration, de cette rel&#233;gation perp&#233;tuelle qui finit par se transformer en r&#233;clusion &#224; ciel ouvert. &lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Le parc Bellevue est bien connu des Marseillais, et il partage avec de nombreux autres quartiers le fait d'&#234;tre devenu le symbole de l'in&#233;galit&#233; en France, et le symbole de cette contradiction entre les discours qui pr&#244;nent la mixit&#233; sociale, l'&#233;galit&#233; et la justice sociale et les pratiques individuelles ou institutionnelles du quotidien.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Nous exigeons que les demandes d'emploi de notre quartier soient examin&#233;es s&#233;rieusement et si possible avec bienveillance !&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Nous voulons que Nexity comprenne l'obsc&#233;nit&#233; de ce chantier pharaonique aux portes du quartier et dont nous sommes exclus !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lundi 13 janvier, impossible donc pour les camions, engins et ouvriers de rejoindre le chantier. Devant le portail, un chef d'&#233;quipe s'&#233;nerve. Des voitures de police d'o&#249; s'extraient quelques uniformes arrivent. L'un d'entre eux exhibe son Flash-Ball. Sur le trottoir oppos&#233;, les salari&#233;s observent jusqu'&#224; ce qu'ils re&#231;oivent l'ordre de repartir, non sans leur pr&#233;ciser qu'ils ne seront pas pay&#233;s par leur employeur, l'entreprise Travaux du Midi, filiale du c&#233;phalopode Vinci. Pendant trois jours, le chantier va &#234;tre ainsi bloqu&#233; d&#232;s les premi&#232;res heures, la journ&#233;e se poursuivant en discussions et rencontres autour de quelques boissons, un repas et un feu de palettes. &#171; &lt;i&gt;Les gens qui travaillent sur le chantier viennent du Portugal, de Pologne&#8230; Ils sont employ&#233;s par des sous-traitants avec des salaires tr&#232;s bas&lt;/i&gt; &#187;, avance Kader, un des jeunes du quartier. &#171; &lt;i&gt;Ils sont log&#233;s dans des esp&#232;ces de camps &#224; l'ext&#233;rieur de la ville. Ils ne peuvent rien dire sinon ils sont foutus dehors. C'est tout b&#233;n&#233;fice pour les patrons&lt;/i&gt; &#187;, explique un de ses copains, non sans pr&#233;ciser : &#171; &lt;i&gt; On n'a rien contre les &#233;trangers. Ils sont en gal&#232;re comme nous !&lt;/i&gt; &#187; Et Zied, un trentenaire, de poursuivre : &#171; &lt;i&gt;La seule chose qui compte pour ces entreprises, c'est de faire de l'argent, il n'y en a que pour les financiers. Les gens n'existent pas pour eux. Faire travailler les gens qui habitent ici, &#231;a veut dire faire vivre le quartier, nous donner les moyens d'aller un peu mieux. Eux, ils partent avec l'argent qu'ils font ici et il n'y a rien pour nous. Quand on entend dire que Marseille est le plus grand chantier d'Europe et qu'on nous parle du &#8220;vivre ensemble&#8221;, il y a de quoi &#234;tre en col&#232;re !&lt;/i&gt; &#187; Yassine, lui, a un boulot et est venu soutenir les bloqueurs. &#171; &lt;i&gt;Qu'est-ce qu'ils peuvent faire, nos jeunes quand ils n'ont pas d'argent ? Des conneries, bien s&#251;r. On va pouvoir dire, alors, que ce sont de voleurs, des dealers, des fous. C'est &#224; croire que &#231;a arrange certains que les choses se passent ainsi. Ils font tout pour les accuser, faire peur, nous enfoncer toujours plus. Et en tirer les b&#233;n&#233;fices politiques.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un homme d'une soixantaine d'ann&#233;es s'est approch&#233; du cercle form&#233; par la discussion. Il porte agraf&#233; au revers de son manteau un badge du Front de gauche. Deux femmes du CQPM venues pr&#234;ter main-forte au mouvement le rejoignent. L'une d'entre elles s'adresse &#224; lui : &#171; &lt;i&gt; Monsieur, s'il vous pla&#238;t, pourriez-vous enlever votre signe politique ?&lt;/i&gt; &#187; L'homme s'&#233;tonne. &#171; &lt;i&gt;Vous comprenez : ici, on fait pas de politique. On n'a aucune &#233;tiquette. On se bat pour le respect et la dignit&#233;. Les gens qui sont ici ont leurs id&#233;es et votent comme ils veulent : ce n'est pas le sujet. On ne veut pas &#234;tre r&#233;cup&#233;r&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; L'homme : &#171; &lt;i&gt;Je suis l&#224; pour vous soutenir. &lt;/i&gt; &#187; La femme : &#171; &lt;i&gt;C'est super, merci ! Si vous venez en tant que personne, vous &#234;tes le bienvenu !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s trois jours d'arr&#234;t du chantier, une d&#233;l&#233;gation de bloqueurs est re&#231;ue en pr&#233;fecture le 15 janvier, afin d'engager une discussion avec un responsable des Travaux du Midi, la pr&#233;f&#232;te &#224; &#171; l'&#233;galit&#233; des chances &#187;, un repr&#233;sentant de la Direccte&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Direction r&#233;gionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; et un membre du cabinet du pr&#233;fet. &#171; &lt;i&gt; La clause d'insertion, qui pr&#233;cise que les habitants des zones urbaines sensibles doivent avoir acc&#232;s &#224; 5 % des heures travaill&#233;es sur les chantiers de r&#233;novation urbaine, a permis de ne donner que trois emplois dans le quartier. Et en CDD de trois mois&#8230;&lt;/i&gt; &#187;, explique une participante du CQPM. En fin de soir&#233;e, le pr&#233;fet annonce que trois emplois vont &#234;tre attribu&#233;s &#224; des r&#233;sidents du Parc. Il s'engage de plus, selon ses termes, &#224; &#171; &lt;i&gt; b&#226;tir un dispositif permettant de trouver une solution d'emploi ou d'insertion pour sept &#224; huit autres personnes dans un d&#233;lai d'un mois&#8230; &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;C'est un d&#233;but&lt;/i&gt; &#187;, commente, le lendemain, Soraya, habitante de F&#233;lix-Pyat et membre du collectif. Le d&#233;but d'un rapport de force instaur&#233; contre le m&#233;pris des investisseurs et leur soif infinie de gains financiers engrang&#233;s sur le dos de travailleurs &lt;i&gt;low-cost&lt;/i&gt; et qui se manifeste par des pressions sur des chantiers &#224; proximit&#233; de quartiers populaires ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; du travail pr&#233;caire devenu, aujourd'hui, un sinistre privil&#232;ge, la revendication centrale de ce mouvement semble toute contenue dans cette phrase extraite de la lettre ouverte du 8 janvier : &#171; &lt;i&gt;Cette d&#233;marche doit mettre en lumi&#232;re le fait que nous existons !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustr&#233; par &lt;a href=&#034;http://carolinesury.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Caroline Sury&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Direction r&#233;gionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Culture contre culture</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Culture-contre-culture</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Culture-contre-culture</guid>
		<dc:date>2013-12-18T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;mi</dc:subject>
		<dc:subject>Marseille 2013 n'aura pas lieu</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>d'une</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
		<dc:subject>Marseille</dc:subject>
		<dc:subject>quartier</dc:subject>
		<dc:subject>s'&#233;taient enflamm&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>v&#233;ritable aubaine</dc:subject>
		<dc:subject>Capitale europ&#233;enne</dc:subject>
		<dc:subject>Soraya Amrane</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;cideurs politiques</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En pleine ann&#233;e Capitale de la Culture, deux associations embl&#233;matiques de quartiers populaires de Marseille se voient l'une contrainte &#224; la fermeture et l'autre lourdement menac&#233;e dans sa p&#233;rennit&#233;. En cause : un furieux coup de rabot sur leurs subventions. &#233;tat des lieux. &#171; Une v&#233;ritable aubaine ! &#187; s'&#233;taient enflamm&#233;s, il y a maintenant cinq ans, les d&#233;cideurs politiques et &#233;conomiques de Marseille lors de la d&#233;signation de la ville au titre de Capitale europ&#233;enne de la Culture. Budget (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no116-novembre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;116 (novembre 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/quartier" rel="tag"&gt;quartier&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/veritable-aubaine" rel="tag"&gt;v&#233;ritable aubaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Capitale-europeenne" rel="tag"&gt;Capitale europ&#233;enne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Soraya-Amrane" rel="tag"&gt;Soraya Amrane&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/decideurs-politiques" rel="tag"&gt;d&#233;cideurs politiques&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En pleine ann&#233;e Capitale de la Culture, deux associations embl&#233;matiques de quartiers populaires de Marseille se voient l'une contrainte &#224; la fermeture et l'autre lourdement menac&#233;e dans sa p&#233;rennit&#233;. En cause : un furieux coup de rabot sur leurs subventions. &#233;tat des lieux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Une v&#233;ritable aubaine &lt;/i&gt; ! &#187; s'&#233;taient enflamm&#233;s, il y a maintenant cinq ans, les d&#233;cideurs politiques et &#233;conomiques de Marseille lors de la d&#233;signation de la ville au titre de Capitale europ&#233;enne de la Culture. Budget de l'op&#233;ration : 100 millions d'euros. &#171; &lt;i&gt;D&#232;s que nous avons su la nouvelle, nous avons compris que nous, et plus g&#233;n&#233;ralement les associations, allions avoir des probl&#232;mes&lt;/i&gt; &#187;, explique Soraya Amrane, directrice de l'&lt;a href=&#034;http://www.atelierdevisu.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Atelier De Visu&lt;/a&gt; dont l'activit&#233; est toute consacr&#233;e &#224; la photographie. Dans ce local, install&#233; dans le quartier de la Plaine et compos&#233; au rez-de-chauss&#233;e d'une salle d'exposition et au premier &#233;tage d'un appartement destin&#233; &#224; des r&#233;sidences, ce sont, durant une grosse quinzaine d'ann&#233;es, plus de trois cents personnes qui sont venues ici pr&#233;senter leurs travaux et participer &#224; des workshops. &#192; la fin de l'ann&#233;e, ce haut lieu de l'image devra baisser le rideau. &#171; &lt;i&gt;Nous n'avions pas assez de budget pour continuer dans de bonnes conditions&lt;/i&gt; &#187;, reprend la directrice. Depuis quatre ans, les subventions allou&#233;es par les conseils g&#233;n&#233;ral et r&#233;gional, la ville de Marseille et la Direction r&#233;gionale des Affaires culturelles sont rest&#233;es inchang&#233;es. &#171; &lt;i&gt;Nous nous autofinancions &#224; hauteur de 25 %&lt;/i&gt;, poursuit Soraya. &lt;i&gt;Et malgr&#233; des soutiens comme ceux de la galerie des Filles du Calvaire &#224; Paris ou encore de Christian Caujolle qui nous ont gratuitement pr&#234;t&#233; des expositions, ce n'&#233;tait pas suffisant : les d&#233;penses augmentaient sans cesse et le d&#233;s&#233;quilibre est devenu &#233;norme. N'&#234;tre qu'un espace de diffusion et de vente dans le domaine de la photo ne correspond pas &#224; notre identit&#233;. L'Atelier De Visu est, &#233;tait, surtout un lieu de cr&#233;ation.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'annonce d'un probable d&#233;ficit budg&#233;taire des institutions &#224; hauteur de 600 000 euros pour l'ann&#233;e 2014 promettait un naufrage pour cette association et une h&#233;catombe &#224; venir pour quantit&#233; d'autres. &#171; &lt;i&gt;C'est dans l'air du temps : on fait des lieux o&#249; il y a tout dedans, o&#249; l'on mange et o&#249; l'on fait des expos&#8230; C'est un des aspects de cette esp&#232;ce de globalisation qui entrainent la disparition des initiatives destin&#233;es &#224; &#234;tre proches des gens. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_856 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH580/p16-dessin-remi-p16-16047.jpg?1779602789' width='400' height='580' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par R&#233;mi.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Plus bas dans la ville, au c&#339;ur du quartier populaire et vibrant de Noailles, c'est une autre association qui lutte pour rester en vie. Au pied d'une colonne que surplombe un buste d'Hom&#232;re et sous l'&#339;il suspicieux d'une cam&#233;ra de vid&#233;osurveillance, le &lt;a href=&#034;http://www.lemillepattes.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mille-pattes&lt;/a&gt; est un lieu ouvert aux jeunes du quartier. Ici, l'on vient en voisin, mais aussi d'autres quartiers de la ville, partager ses &#233;crits, lancer des mots et des rimes aux rythmes du rap. Depuis 13 ans, les ateliers d'&#233;criture et le studio d'enregistrement attirent les jeunes talents. Jusqu'&#224; l'&#233;t&#233; dernier, un centre de loisirs accueillait des enfants entre six et douze ans qui venaient l&#224; pour peindre, fabriquer, faire de la musique, danser et participer &#224; des sorties. &#171; &lt;i&gt;Dans ce quartier, il n'y a rien pour les jeunes. On fait office de centre social m&#234;me si administrativement, nous n'en avons plus les comp&#233;tences&lt;/i&gt; &#187;, dit Xavier Blaise, le directeur. Depuis 2009, les subventions qui leur permettaient de tenir se sont effondr&#233;es de 40 %. Ici la culture est synonyme d'une mani&#232;re de vivre et d'une cr&#233;ation de chaque instant, toute chose qu'&#233;videmment les industriels de la culture de Marseille capitale &#8211; et derri&#232;re lesquels se cachent les pr&#233;dateurs d'Eurom&#233;diterrann&#233;e &#8211; regardent avec une animosit&#233; contenue, dans l'attente d'une &#233;radication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'heure, c'est avec les seules aides de l'Etat et de la politique de la ville aux travers du dispositif de Contrat urbain de coh&#233;sion sociale que subsistait cette association. Xavier explique : &#171; &lt;i&gt; En septembre, nous n'avions re&#231;u qu'une petite partie de la subvention que nous devions recevoir en 2013. Nous attendions la seconde qui s'est av&#233;r&#233;e deux fois plus petite, soit une baisse totale de plus de 50 % en un an !&lt;/i&gt; &#187; D&#232;s lors, les menaces concernant la fermeture du Mille-pattes courent le quartier et la ville au point que Val&#233;rie Boyer, d&#233;put&#233;e UMP et responsable &#224; la ville de Marseille de &#171; &lt;i&gt;la lutte contre l'exclusion&lt;/i&gt; (!) &#187; et des fameux &#171; &lt;i&gt;contrats de coh&#233;sion&lt;/i&gt; (!) &lt;i&gt;sociale&lt;/i&gt; &#187; d&#233;cide de se fendre, le 15 octobre, d'un communiqu&#233; &#233;clairant : &#171; &lt;i&gt;En 2013, malgr&#233; &lt;/i&gt; [les] &lt;i&gt;aides&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Elle affirme que les subventions auront &#233;t&#233; de 36 000 euros en 2006, puis de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;i&gt;, et face &#224; l'absence de progr&#232;s en mati&#232;re de gestion et de qualit&#233; de service, les subventions publiques ont en effet diminu&#233;. &lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;On n'est pas dans les clous. On n'est pas assez s&#233;rieux selon leurs crit&#232;res&lt;/i&gt; &#187;, remarque Xavier. Et peu importe que les animateurs du Mille-pattes aient &#224; c&#339;ur de s'adapter &#224; la vie et aux gens du quartier&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est aussi avec un budget d&#233;risoire que cette association organise chaque (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; et se voient aussi contraints de trouver mille arrangements pour tenir, l'essentiel est que s'impose la discipline bureaucratique. &#171; &lt;i&gt;Nous sommes &#224; z&#233;ro. Notre banque, pr&#233;tendument impliqu&#233;e dans l'&#233;conomie solidaire, ne tol&#232;re plus de d&#233;couverts&lt;/i&gt;, explique en souriant le directeur&#8230; &lt;i&gt;Si aucune solution n'est trouv&#233;e avec les politiques locaux, les jeunes et les gamins vont retourner dans la rue. Et avec les cons&#233;quences connues d'avance pour quelques-uns d'entre eux&#8230;&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dernier recours : une table ronde devrait r&#233;unir, le 12 novembre, les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi vont les associations culturelles &#224; taille humaine dans la cit&#233; phoc&#233;enne en l'an de gr&#226;ce Capitale culturelle, op&#233;ration colonisatrice dont le d&#233;ficit cumul&#233; est d&#233;j&#224; de six millions d'euros&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Trois millions d'euros pour les diverses manifestations de rue auxquels (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; et pour lequel la population, en plus d'avoir eu &#224; subir m&#233;pris et transformation acc&#233;l&#233;r&#233;e de la ville, devra mettre la main &#224; la poche. &#171; &lt;i&gt;Quand ils seront partis, nous serons toujours l&#224;&lt;/i&gt; &#187;, s'amusent, toute col&#232;re contenue, nombre de Marseillais. Il est vrai que les industriels de la culture, poissons pilotes de requins dont le projet est de civiliser Marseille, commencent &#224; plier bagages. Non sans laisser, incidemment, quelques immondices de plus. En juillet, MP13 annon&#231;ait, par l'interm&#233;diaire d'un Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), le licenciement &#171; graduel &#187; de soixante-trois de ses salari&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Elle affirme que les subventions auront &#233;t&#233; de 36 000 euros en 2006, puis de 80 000 euros en 2009 et 2010, sans pr&#233;ciser, toutefois, qu'en 2013 elles sont revenues &#224; leur niveau de 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;C'est aussi avec un budget d&#233;risoire que cette association organise chaque ann&#233;e et depuis 18 ans et au c&#339;ur du quartier Noailles le c&#233;l&#232;bre festival du Soleil.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dernier recours : une table ronde devrait r&#233;unir, le 12 novembre, les diff&#233;rentes collectivit&#233;s et institutions afin de s'entendre pour trouver des solutions viables et tenter d'emp&#234;cher le sabordage de l'association&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Trois millions d'euros pour les diverses manifestations de rue auxquels s'ajoute la m&#234;me somme r&#233;sultant de la p&#233;nurie de visiteurs dans les mus&#233;es marseillais et aixois.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Au petit bazar la chance</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Au-petit-bazar-la-chance</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Au-petit-bazar-la-chance</guid>
		<dc:date>2013-12-16T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


		<dc:subject>Ma cabane pas au Canada</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;my Cattelain</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;my Comment</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Dans ce quartier populaire proche de la gare Saint-Charles, la fa&#231;ade de cette boutique est banale, semblable &#224; celle de ces autres vieux locaux &#233;quip&#233;s de volets en bois. Aucun signe particulier ne signale ce magasin plein &#224; craquer de livres, de vaisselles, de v&#234;tements et de quantit&#233; d'autres objets, tous d'occasion, comme &#233;tant un lieu destin&#233; &#224; r&#233;colter quelques menues monnaies pour une terrifiante association nomm&#233;e Article 13. &#171; Toute personne a le droit de circuler librement et de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no115-octobre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;115 (octobre 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ma-cabane-pas-au-Canada" rel="tag"&gt;Ma cabane pas au Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Remy-Cattelain" rel="tag"&gt;R&#233;my Cattelain&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Remy-Comment" rel="tag"&gt;R&#233;my Comment&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-on" rel="tag"&gt;qu'on&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ici" rel="tag"&gt;ici&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/pays-904" rel="tag"&gt;pays&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-association" rel="tag"&gt;l'association&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/circuler-librement" rel="tag"&gt;circuler librement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-association-Article" rel="tag"&gt;l'association Article&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un-etat" rel="tag"&gt;d'un &#233;tat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-interieur-d-un" rel="tag"&gt;l'int&#233;rieur d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Annick" rel="tag"&gt;Annick&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans ce quartier populaire proche de la gare Saint-Charles, la fa&#231;ade de cette boutique est banale, semblable &#224; celle de ces autres vieux locaux &#233;quip&#233;s de volets en bois. Aucun signe particulier ne signale ce magasin plein &#224; craquer de livres, de vaisselles, de v&#234;tements et de quantit&#233; d'autres objets, tous d'occasion, comme &#233;tant un lieu destin&#233; &#224; r&#233;colter quelques menues monnaies pour une terrifiante association nomm&#233;e Article 13.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_847 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/p15-cabane-cqfd115.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH216/p15-cabane-cqfd115-5f723.jpg?1779618338' width='500' height='216' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par R&#233;my Cattelain
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa r&#233;sidence &#224; l'int&#233;rieur d'un &#233;tat, ainsi que celui de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce que dit justement l'article 13 de la D&#233;claration de 1948 des droits de l'homme. &#171; &lt;i&gt;C'est pour &#231;a qu'on a choisi ce nom&lt;/i&gt; &#187;, explique Annick, la cinquantaine joyeuse, une des personnes qui tient cet endroit seulement ouvert l'apr&#232;s-midi. Au milieu de ce bric-&#224;-brac soigneusement rang&#233;, elle poursuit : &#171; &lt;i&gt;Tu vois, c'est la fin de journ&#233;e. C'est l'heure o&#249; des gars du&lt;/i&gt; Sleep In &lt;i&gt;voisin, l&#224; o&#249; dorment des gens qui ont des probl&#232;mes li&#233;s &#224; la drogue, passent par ici pour qu'on leur donne un ou deux euros et prendre des v&#234;tements propres pour se changer. Rares sont ceux qui ne reviennent pas pour nous payer ce qu'ils peuvent au d&#233;but du mois, quand ils r&#233;cup&#232;rent un peu d'argent.&lt;/i&gt; &#187; Ailleurs, dans un autre lieu, c'est dans les locaux de l'association &lt;a href=&#034;http://www.millebabords.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Milles B&#226;bords&lt;/a&gt;&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mille B&#226;bords &#8211; 61, rue Consolat &#8211; 13001 Marseille. http://article13eklablog.&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; que les membres de l'association Article 13 accueillent une multitude de gens aux parcours difficiles. Ils les &#233;coutent, s'occupent de leurs cas, les orientent dans les labyrinthes des administrations, l&#224; pour r&#233;cup&#233;rer des documents, ici pour r&#233;gulariser leurs situations. Et l'association de mettre, par l'interm&#233;diaire de son r&#233;seau, la main &#224; la poche si n&#233;cessaire. &#171; &lt;i&gt;Rien que pour une carte de s&#233;jour, il faut payer 600 euros &#224; l'&#233;tat&#8230; Sans parler des avocats pour les retenus au CRA, les d&#233;placements et tous les coups de main qu'on donne. Alors, il faut un peu d'argent. Mais notre principe est surtout de ne pas faire les choses &#224; leur place. On fait tout pour qu'ils prennent leur affaire en main&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;cise Annick, dans un &#233;clat de rire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;C'est le hasard qui a fait qu'on a ouvert cette boutique vide grenier. Une connaissance m'a dit qu'elle disposait d'un magasin inoccup&#233; et que si on le souhaitait on pouvait le r&#233;cup&#233;rer&lt;/i&gt;, explique-t-elle. &lt;i&gt;Puis, elle nous a dit que sa cave &#233;tait pleine de vieux objets et qu'on pouvait les prendre pour les vendre ici.&lt;/i&gt; &#187; Nouvel &#233;clat de rire. &#171; &lt;i&gt;Peu de temps apr&#232;s, on a rencontr&#233; une femme qui habite juste &#224; c&#244;t&#233; qui nous a propos&#233; de vider son logement. On a appel&#233; tout le monde.&lt;/i&gt; &#187; Elle semble presque chantonner : &#171; &lt;i&gt;Dans le bar d'en face, &#224; c&#244;t&#233; de l'&#233;glise grecque, un gars m'a racont&#233; qu'il vidait un appartement de la Cit&#233; Radieuse de Le Corbusier et qu'il y avait plein de bouquins dont il ne voulait pas. Evidemment, on a fonc&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_848 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/p15-cabane-115-45156.jpg?1779618338' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par R&#233;my Comment
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les gens de la rue viennent se servir en vaisselle d&#232;s que leur situation s'am&#233;liore l&#233;g&#232;rement. Et Annick d'insister : &#171; &lt;i&gt;Ici, par principe, ce n'est pas la gratuit&#233;. Ceux qui n'ont pas d'argent se servent. Mais, on ne refuse jamais l'argent qu'on nous donne : c'est souvent une question de dignit&#233; pour eux. Il y a m&#234;me des gens qui paient plus que le prix annonc&#233;. &lt;/i&gt; &#187; Des gens du quartier &#171; &lt;i&gt; tous sympas et diff&#233;rents&lt;/i&gt; &#187; passent r&#233;guli&#232;rement. Une voisine a pris en main tout ce qui concerne le courrier et l'information sur la boutique. Joanna, une des filles d'Annick, s'occupe, entre autre gestion du lieu, de faire parvenir des v&#234;tements aux indigents incarc&#233;r&#233;s aux Baumettes : &#171; &lt;i&gt;C'est pas tr&#232;s simple : il faut trouver le bon chemin et les bonnes personnes. Mais on ne l&#226;che pas&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des collectifs de soutien aux Roms trouvent ici de quoi prot&#233;ger les familles des intemp&#233;ries. R&#233;cemment, c'est &#224; la pr&#233;paration d'un mariage rassemblant cent quarante personnes qu'elles doivent r&#233;pondre en fournissant de la vaisselle. Mais ici pas de propagande ostensible : ni affiches, ni tracts, ni drapeaux qui ne plastronnent pour l'association Article 13. &#171; &lt;i&gt;Les gens le savent. C'est mieux de leur en parler directement plut&#244;t qu'avec de la propagande, non ? &lt;/i&gt; &#187;, feint-elle de s'interroger en rigolant. Puis, comme pour souffler un peu : &#171; &lt;i&gt;C'est bien de faire tout &#231;a. &#199;a fait tellement de bien &#224; l'&#226;me et au cerveau&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Mille B&#226;bords &#8211; 61, rue Consolat &#8211; 13001 Marseille. &lt;a href=&#034;http://article13eklablog&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://article13eklablog&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vide Grenier &#8211; 18, rue de la Grande Arm&#233;e &#8211; 13001 Marseille. T&#233;l. 06 44 05 68 93.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Inflation s&#233;ditieuse au pays de la crise</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Inflation-seditieuse-au-pays-de-la</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Inflation-seditieuse-au-pays-de-la</guid>
		<dc:date>2013-12-15T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas, Vassilis Papageorgiou, Vladimir Moustaki&#231;</dc:creator>


		<dc:subject>L.L. de Mars</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>d'une</dc:subject>
		<dc:subject>pays</dc:subject>
		<dc:subject>sociale</dc:subject>
		<dc:subject>sommes</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Aujourd'hui</dc:subject>
		<dc:subject>continuent d'aggraver</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ce semblent</dc:subject>
		<dc:subject>continuent</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Cinq apr&#232;s le d&#233;but de cet effondrement que subissent les Grecs, les &#171; fabricants de l'opinion &#187; ne cessent de livrer des informations terribles et anxiog&#232;nes sur l'&#233;tat de ce pays. Loin de la fausse compassion et des coups de flash, d'importantes questions concernant l'organisation de la soci&#233;t&#233; y agitent pourtant les esprits et les bras. Assur&#233;ment, les avalanches de mesures qui continuent d'aggraver les conditions de vie en Gr&#232;ce semblent sans fin. Des dizaines de milliers de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no116-novembre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;116 (novembre 2013)&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cinq apr&#232;s le d&#233;but de cet effondrement que subissent les Grecs, les &#171; fabricants de l'opinion &#187; ne cessent de livrer des informations terribles et anxiog&#232;nes sur l'&#233;tat de ce pays. Loin de la fausse compassion et des coups de flash, d'importantes questions concernant l'organisation de la soci&#233;t&#233; y agitent pourtant les esprits et les bras.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Assur&#233;ment, les avalanches de mesures qui continuent d'aggraver les conditions de vie en Gr&#232;ce semblent sans fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des dizaines de milliers de personnes vivent dans la rue. Les licenciements &#8211; &#171; &lt;i&gt;mises en disponibilit&#233;&lt;/i&gt; &#187; dans la novlangue des m&#233;morandums pondus par la Tro&#239;ka &#8211; continuent &#224; faire accepter des salaires tournant fr&#233;quemment autour d'un ou deux euros l'heure. Des centaines d'usines et d'ateliers ferment. Les revenus ont chut&#233; de plus de 40 %. Les suicides sont l&#233;gion. Plus de trois millions de personnes ont perdu toute protection sociale. Cette Tro&#239;ka, rassemblant le Fonds mon&#233;taire international, la Commission et la Banque centrale europ&#233;ennes promet au pays, par l'interm&#233;diaire du ministre des Finances grec, de vivre &#171; &lt;i&gt;l'enfer jusqu'en juin 2014&lt;/i&gt; &#187;, jouant ainsi au chaud et froid avec les financiers internationaux qui, eux, para&#238;t-il, recommenceraient &#224; tourner leurs crocs vers ce pays &#171; &lt;i&gt;plein de promesses&lt;/i&gt; &#187; &#8211; et de parier sur sa docilit&#233;, &#224; l'instar de John Paulson, ce bankster am&#233;ricain qui a engrang&#233; une fortune ph&#233;nom&#233;nale gr&#226;ce &#224; la crise des subprimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kostas n'est pas un bon client pour illustrer la diffusion en flux tendu d'angoisses faussement compassionnelles. Tenancier d'une taverne &#224; Ath&#232;nes depuis plus d'une dizaine d'ann&#233;es, il a d&#251; l&#226;cher son appartement, retourner vivre chez ses parents et, confront&#233; aux difficult&#233;s grandissantes pour payer les trois employ&#233;s qui continuent &#224; travailler avec lui, il envisage de vendre son &#233;tablissement. &#171; &lt;i&gt;Si nous utilisons toute notre &#233;nergie pour conserver le peu que nous avons ou bien continuons &#224; esp&#233;rer que les choses vont revenir comme avant, on s'enferme, on manque de forces pour se battre contre ce qui se passe et participer aux divers mouvements. Ce qui est important, c'est que m&#234;me si, tous, nous devons survivre &#8211; et souvent m&#234;me moins que survivre &#8211; l'essentiel est qu'on ne change pas nos id&#233;es, nos comportements et nos pratiques &#224; cause de ce basculement, de ce bousculement : c'est-&#224;-dire changer, non pas &#224; cause de leur principe, mais gr&#226;ce &#224; nos principes.&lt;/i&gt; &#187; Ces propos-l&#224; ne sont pas exceptionnels dans ce pays o&#249;, partout, les discussions s'agitent autour de la question sociale, mettant souvent au rancart celles ne concernant que la vie priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_853 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH530/p03-116_grecs-2d4b1.jpg?1779603000' width='400' height='530' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par L.L. de Mars.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Alors que les m&#233;dias se repaissent du feuilleton de &#171; l'Ange blond &#187;, cette fillette remarqu&#233;e pour la blondeur de sa chevelure d&#233;notant d'avec celle brune de ses suppos&#233;s parents vivant dans un camp de Roms au centre de la Gr&#232;ce, ou bien encore se r&#233;pandent sur les d&#233;boires judiciaires et surtout tardifs des n&#233;o-nazis d'Aube dor&#233;e, c'est un silence b&#233;tonn&#233; qui couvre la multitude de tentatives de transformations des rapports sociaux qui s'activent dans le pays&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Impossible d'ignorer dans les m&#233;dias les distributions de nourritures (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Comme par exemple, &#224; propos de l'existence d'une quarantaine de centres sociaux autog&#233;r&#233;s qui &#224; travers le pays apportent soins et m&#233;dicaments &#224; des dizaines de milliers de personnes sans couverture sociale. Joint par mail, Christos, participant aux activit&#233;s de la clinique sociale d'Elleniko, install&#233;e dans le sud de la capitale, raconte : &#171; &lt;i&gt; Nous accueillons des gens du quartier et d'autres venus de plus loin. Nous sommes plus de deux cent trente personnes, toutes b&#233;n&#233;voles. Il y a des m&#233;decins, des dentistes, des kin&#233;sith&#233;rapeutes, des psychoth&#233;rapeutes et beaucoup d'autres gens qui offrent leurs services. Les m&#233;dicaments proviennent de dons. Quand quelqu'un a besoin d'aller &#224; l'h&#244;pital, nous faisons pression sur la direction pour qu'il soit soign&#233; sans avoir rien &#224; d&#233;bourser. La gratuit&#233; est absolue.&lt;/i&gt; &#187; Il poursuit : &#171; &lt;i&gt; Il n'y a ni leader ni pr&#233;sident. Nous d&#233;cidons tous ensemble des activit&#233;s de ce centre, hormis &#233;videmment pour les questions m&#233;dicales.&lt;/i&gt; &#187; La descente de police, accompagn&#233;e d'un magistrat pr&#233;tendument &#224; la recherche d'un trafic de drogues, qui a eu lieu le 24 octobre, n'a pas retard&#233; la livraison pr&#233;vue pour le 27 octobre : elle a permis au camp de r&#233;fugi&#233;s de Lavrio &#8211; dans l'est de l'Attique &#8211; de recevoir trois tonnes de m&#233;dicaments, d'aliments pour b&#233;b&#233; et de nourriture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Giorgos, journaliste dans le &lt;i&gt;Journal des r&#233;dacteurs&lt;/i&gt;, cr&#233;&#233; en novembre 2012 &#224; Ath&#232;nes par une centaine d'ex-salari&#233;s licenci&#233;s du quotidien &lt;i&gt;Eleftheriotypia&lt;/i&gt;, se r&#233;jouit : &#171; &lt;i&gt;Nous allons f&#234;ter notre premier anniversaire.&lt;/i&gt; &#187; Il explique : &#171; &lt;i&gt;Nous avions alors tous mis mille euros sur la table. Aujourd'hui, nous sommes le quatri&#232;me quotidien en Gr&#232;ce avec plus de dix mille exemplaires vendus chaque jour et vingt mille pour l'&#233;dition du samedi.&lt;/i&gt; &#187; Soit un dixi&#232;me de la masse des quotidiens grecs.
Il poursuit : &#171; &lt;i&gt;Aujourd'hui, nous sommes bien plus libres que nous ne l'&#233;tions &#224; l'&#233;poque d'&lt;/i&gt;Eleftheriotypia. &lt;i&gt;Notre ligne &#233;ditoriale est anti-m&#233;morandum, critique du gouvernement, antiraciste et contre l'aust&#233;rit&#233;. On peut dire que nous sommes d'une certaine mani&#232;re la voix des gr&#233;vistes, des manifestants et des opposants, comme ceux qui se battent contre le projet de mine d'or de Skouri&#232;s, dans le nord du pays.&lt;/i&gt; &#187; C&#244;t&#233; organisation ? &#171; &lt;i&gt;Toutes les d&#233;cisions sont prises en assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale &#224; laquelle participent les cent vingt personnes qui travaillent pour le journal, depuis les femmes de m&#233;nage jusqu'aux r&#233;dacteurs. Nous sommes tous &#233;gaux y compris au niveau du salaire. C'est l'AG qui &#233;lit chaque personne &#224; un poste. Et nous sommes tous &#233;videmment r&#233;vocables. Pour qu'une AG soit constitu&#233;e, il faut qu'au moins douze personnes en fassent la demande.&lt;/i&gt; &#187; Et financi&#232;rement parlant ? &#171; &lt;i&gt;Nous avons fait le choix de prendre de la publicit&#233; dans les cinquante-six pages de l'&#233;dition quotidienne. Cette d&#233;cision est sujette &#224; d'importantes controverses. On essaie d'&#234;tre tr&#232;s s&#233;lectifs et cela aussi est du ressort de l'AG&#8230; Il est hors de question que nos annonceurs influencent notre ligne &#233;ditoriale&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au nord du pays, &#224; Thessalonique, plus de la moiti&#233; des ouvriers de l'entreprise Vio-Me&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. plus g&#233;n&#233;ralement l'excellent num&#233;ro 7 de la revue Z, mars 2013.&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; a, depuis f&#233;vrier 2013, pris le contr&#244;le de la production. &#171; &lt;i&gt;Aujourd'hui, cela fait sept mois que nous avons repris l'usine, apr&#232;s de longues proc&#233;dures juridiques. Tous les matins, on se r&#233;unit tous en AG pour convenir des diverses t&#226;ches de la journ&#233;e et r&#233;soudre les probl&#232;mes quotidiens. Pour les d&#233;cisions plus g&#233;n&#233;rales, on se r&#233;unit &#224; peu pr&#232;s une fois par mois,&lt;/i&gt; explique Alekos, au t&#233;l&#233;phone, un des ouvriers. &lt;i&gt;Autrefois, on faisait ici des mat&#233;riaux de construction. Mais nous n'avions pas l'argent n&#233;cessaire pour poursuivre cette production : les mati&#232;res premi&#232;res sont tr&#232;s ch&#232;res. Dans l'urgence, on fabrique maintenant des d&#233;tergents qui sont distribu&#233;s dans les multiples r&#233;seaux du mouvement social. Actuellement, on discute avec les minist&#232;res pour pouvoir exporter l&#233;galement nos produits.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 2 novembre, les ouvriers de Vio-Me ont gagn&#233; le proc&#232;s qu'ils avaient (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187; Ici aussi, chaque personne re&#231;oit le m&#234;me salaire : &#171; &lt;i&gt;Dix euros par jour,&lt;/i&gt; pr&#233;cise Alekos. &lt;i&gt;C'est tr&#232;s peu mais il ne faut pas oublier que nous partions du z&#233;ro absolu &#8230;&lt;/i&gt; &#187; Ils sont donc trente-huit ouvriers &#224; travailler l&#224; et &#224; souhaiter que, en plus des questions de survie qu'ils cherchent &#224; r&#233;soudre, leur initiative se r&#233;pande &#224; travers le pays, en s'adaptant &#224; chaque situation. &#171; &lt;i&gt;&#199;a serait g&#233;nial. Cela permettrait d'&#233;changer des exp&#233;riences. Si nous arrivons &#224; tenir, &#231;a serait alors une immense victoire qui cr&#233;erait des liens puissants entre tous. Mais pour l'instant, l'important est de rester dans le concret et d'avancer petit &#224; petit.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autogestion dans le capitalisme ou pas ? Philanthropie ? Horizontalit&#233; ? D&#233;l&#233;gation r&#233;vocable ? Assembl&#233;e de quartiers ? R&#233;seau de distribution de nourriture ? Troc et &#233;changes ? Coordination des pratiques ? &#171; &lt;i&gt;Les questions se posent d'une mani&#232;re neuve. Devant un d&#233;sastre, il faut se r&#233;orienter. Ce sont des discussions qui ne sont pas seulement philosophiques ou intellectuelles. Elles se posent dans le cours br&#251;lant des choses&lt;/i&gt; &#187;, affirme Kostas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Gr&#232;ce, &#171; Un pays &#224; genoux &#187;, ainsi que l'affirmait encore une fois dans son titre un reportage de France 24 le 26 octobre ? Les organes de propagande ne parlent que de la souffrance et du d&#233;sespoir, occultant les d&#233;bats et les exp&#233;rimentations en cours dans ce pays. Il est vrai que le fatalisme dominant y aurait s&#251;rement beaucoup &#224; perdre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Impossible d'ignorer dans les m&#233;dias les distributions de nourritures organis&#233;es par les n&#233;o-nazis &#224; l'intention exclusive de citoyens grecs. En revanche, les cantines collectives et autres march&#233;s de troc mis en place dans tout le pays par une multitude d'assembl&#233;es de quartiers sont manifestement beaucoup moins photog&#233;niques&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cf. plus g&#233;n&#233;ralement l'excellent num&#233;ro 7 de la &lt;a href=&#034;http://www.zite.fr/Sommaire-Z-no7&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;revue &lt;i&gt;Z&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, mars 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le 2 novembre, les ouvriers de Vio-Me ont gagn&#233; le proc&#232;s qu'ils avaient engag&#233; contre les patrons de l'usine &#224; propos de leurs salaires impay&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Nous &#233;tions modestes et d&#233;termin&#233;s &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Nous-etions-modestes-et-determines</link>
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		<dc:date>2013-12-04T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Amadou Gaye</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>police</dc:subject>
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		<dc:subject>j'&#233;tais vou&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Que reste-il de &#171; La Marche pour l'&#233;galit&#233; des droits et contre le racisme &#187; de 1983 ? Trente ans plus tard, cet &#233;v&#233;nement, qui marque d'une pierre blanche la vocation des immigr&#233;s &#224; rester en France, appelle un inventaire en demi-teinte. Certains participants de l'&#233;poque &#233;voquent aujourd'hui une situation encore plus d&#233;grad&#233;e. Bref retour sur le pass&#233; et &#233;tat &#8211; non exhaustif &#8211; des lieux&#8230; &#171; Mon p&#232;re disait : &#8220;les Fran&#231;ais m'ont march&#233; dessus, ils m'ont humili&#233;, j'&#233;tais vou&#233; &#224; &#231;a quand je (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no115-octobre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;115 (octobre 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/police" rel="tag"&gt;police&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/quartiers" rel="tag"&gt;quartiers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marche" rel="tag"&gt;Marche&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/quartier" rel="tag"&gt;quartier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Francais-m-ont" rel="tag"&gt;Fran&#231;ais m'ont&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/m-ont-humilie" rel="tag"&gt;m'ont humili&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/crimes-racistes" rel="tag"&gt;crimes racistes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/j-etais-voue" rel="tag"&gt;j'&#233;tais vou&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Que reste-il de &#171; La Marche pour l'&#233;galit&#233; des droits et contre le racisme &#187; de 1983 ? Trente ans plus tard, cet &#233;v&#233;nement, qui marque d'une pierre blanche la vocation des immigr&#233;s &#224; rester en France, appelle un inventaire en demi-teinte. Certains participants de l'&#233;poque &#233;voquent aujourd'hui une situation encore plus d&#233;grad&#233;e. Bref retour sur le pass&#233; et &#233;tat &#8211; non exhaustif &#8211; des lieux&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_842 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH306/dossier-tous-du-gibier-f8bd4.jpg?1779615837' width='400' height='306' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Amadou Gaye.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Mon p&#232;re disait : &#8220;les Fran&#231;ais m'ont march&#233; dessus, ils m'ont humili&#233;, j'&#233;tais vou&#233; &#224; &#231;a quand je suis n&#233;&#8221;. Il a toujours eu peur dans tous les actes de sa vie, peur d'&#234;tre expuls&#233;, peur au travail, dans le bus, &#224; la maison quand on mettait la musique, le poste de radio ou la t&#233;l&#233; trop fort.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Nous, on &#233;tait impr&#233;gn&#233; de &#231;a. C'est pour &#231;a qu'on avait peur de la police, et que &#231;a se transforme maintenant en haine.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Il ne fallait surtout pas parler &#224; mon p&#232;re de nationalit&#233; fran&#231;aise. C'&#233;tait une trahison. Chez nous il y a un terme pour &#231;a : n'traiz&#242;. &#199;a veut dire la &#8220;trahison supr&#234;me&#8221;.&lt;/i&gt; &#187; En quelques mots, Rachid Kaci&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Propos tir&#233;s du film M&#233;moires d'immigr&#233;s (1997 ) de Yamina Benguigui. Pour (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; dont les parents venus d'Alg&#233;rie sont arriv&#233;s en France en 1955, d&#233;crit l'&#233;tat d'esprit dans lequel toute une g&#233;n&#233;ration d'enfants d'immigr&#233;s a grandi. Pendant plusieurs d&#233;cennies, les masses de main-d'&#339;uvre venues du sud de la M&#233;diterran&#233;e auront v&#233;cu dans cette crainte permanente o&#249; survivre exigeait de se faire discret et de devoir &#171; baisser la t&#234;te &#187;. Ce sentiment-l&#224; mettra de nombreuses ann&#233;es avant de s'&#233;roder.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rel&#233;gu&#233;es et entass&#233;es dans les cit&#233;s &#224; la p&#233;riph&#233;rie des villes, ces populations se prennent de plein fouet la crise de 1973. Licenciements, fermetures d'usine, d&#233;gradations des conditions de vie multiplient les effets de l'exclusion et aggravent la pr&#233;carit&#233;. Les jeunes errent au bas des immeubles o&#249; rares sont les locaux mis &#224; leur disposition. Sentiment d'injustice li&#233; &#224; cette fatalit&#233; d'&#234;tre d&#233;finitivement exclus de l'abondance marchande, col&#232;re et inqui&#233;tude face aux crimes racistes&lt;a href=&#034;#nb8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Entre 1973 et 1983, date de la &#171; Marche pour l'&#233;galit&#233; des droits et contre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, d&#233;brouille et petits d&#233;lits de survie pour certains, &#8211; alors que dans un premier temps, il ne s'agit que de &#171; conneries &#187;, activit&#233;s largement partag&#233;es par toutes les jeunesses &#8211; ils vont tous &#234;tre d&#233;sign&#233;s par les autorit&#233;s comme des d&#233;linquants et criminels. En 1979, les forces de police interviennent dans le quartier de la Grappini&#232;re dans l'Est lyonnais pour r&#233;primer ces jeunes, quelles que soient leurs origines, qui d&#233;robent des voitures et se livrent &#224; des rod&#233;os, dont la mode s'est r&#233;pandue depuis deux ann&#233;es. La police rencontre alors une forte r&#233;sistance. Ces affrontements vont r&#233;guli&#232;rement se reproduire dans divers quartiers de Vaulx-en-Velin et de Villeurbanne, exacerb&#233;s par la violence des forces de l'ordre, d&#233;j&#224; teint&#233;e d'une multitude d'exactions &#224; connotation raciste. Charles Hernu, maire de Villeurbanne, parlera de &#171; &lt;i&gt;vivier de la d&#233;linquance &#224; &#233;radiquer&lt;/i&gt; &#187;. Avec l'arriv&#233;e de la gauche au pouvoir en 1981, Gaston Deferre, ministre de l'Int&#233;rieur, pr&#233;conise, une r&#233;ponse men&#233;e avec la plus grande fermet&#233; en r&#233;ponse &#224; la d&#233;fiance et aux protestations d'un grand nombre de policiers braqu&#233;s par plusieurs d&#233;cisions gouvernementales : une circulaire avait suspendu les expulsions et interdit celles concernant les &#233;trangers n&#233;s ou entr&#233;s en France avant l'&#226;ge de dix ans, la peine de mort avait &#233;t&#233; abrog&#233;e et Robert Badinter, ministre de la Justice, proposait d'exercer des contr&#244;les sur les activit&#233;s de la police, mesure &#233;cart&#233;e sous la pression de Gaston Deferre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les quartiers de la p&#233;riph&#233;rie lyonnaise, devenus d'intol&#233;rables zones d'insubordination sociale, la police va pouvoir donner libre court &#224; ses pratiques. Un groupe de jeunes de la cit&#233; des Minguettes, inquiets d'une possible d&#233;rive vers un affrontement perdu d'avance, d&#233;cident de pr&#244;ner une attitude pacifiste et ouverte au dialogue en mettant officiellement de c&#244;t&#233; leur col&#232;re contre la police. C'est dans ce sens que va organiser la &#171; Marche pour l'&#233;galit&#233; des droits et contre le racisme &#187;. &#171; &lt;i&gt;La question, c'&#233;tait le racisme. Il avait parfois le visage de la police, d'autres fois celui de n'importe quel connard qui passe. Je le pense encore aujourd'hui. Je n'ai pas de discours sur la police : on sait que c'est une institution r&#233;pressive qui vise &#233;videmment une certaine population. Ce sont les classes populaires parce qu'elles sont forc&#233;ment criminalis&#233;es &#224; partir du moment elles ne veulent pas &#234;tre des esclaves&lt;/i&gt; &#187;, explique Marie-Laure, marcheuse de 83. &#171; &lt;i&gt;Notre discours &#233;taient finalement tr&#232;s &#171; peace and love &#187;. Nous &#233;tions modestes et d&#233;termin&#233;s. On ne craignait pas la r&#233;cup&#233;ration, m&#234;me si on savait que des contacts avaient &#233;t&#233; pris par d'autres aupr&#232;s des minist&#232;res. Quand la t&#233;l&#233;, la presse, des ministres, des dirigeants syndicaux sont venus vers nous, on s'est dit que notre marche avait du cr&#233;dit. &#199;a nous a regonfl&#233;. On s'est rassembl&#233; autour d'une prise de position simple : &#8220;Ce n'est pas admissible ce qui se passe. C'est plus possible. On marche et on verra&#8221;. &lt;/i&gt; &#187; Et trente ans apr&#232;s ? &#171; &lt;i&gt;Les quartiers sont toujours aussi d&#233;grad&#233;s. Les flics sont plus arm&#233;s. Les crimes racistes n'ont pas chang&#233;. L'avenir des gens a empir&#233;. Mais aussi, paradoxalement, il y a un esprit critique plus fort en m&#234;me temps qu'il y a une ali&#233;nation plus pr&#233;sente notamment &#224; travers la consommation&lt;/i&gt; &#187;, poursuit-elle.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_844 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;6&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH349/dossier-les-minguettes02-19536.jpg?1779603001' width='500' height='349' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sa&#239;d, habitant des quartiers nord de Marseille, s'il n'a pas march&#233; en 83, avait n&#233;anmoins particip&#233; &#224; l'organisation de la Marche. Il raconte : &#171; &lt;i&gt;&#192; cette &#233;poque, je travaillais &#224; Radio Gazelle et dans des associations de quartiers de jeunes issus de l'immigration. Il y avait eu r&#233;cemment trois &#233;v&#233;nements graves : Houari Ben Mohammed avait &#233;t&#233; abattu par un CRS dans les quartiers nord en 1980, l'ann&#233;e suivante, une bombe avait explos&#233; dans la cit&#233; d'urgence du Baou et d&#233;but mars 83, des explosifs avaient &#233;t&#233; lanc&#233;s contre des enfants dans cette m&#234;me cit&#233; des quartiers sud. Avant le d&#233;part de la &#8220;Marche&#8221;, on a fait symboliquement une manifestation du Sud au Nord qui reliait les diff&#233;rentes cit&#233;s o&#249; avaient eu lieu des crimes racistes. Toute cette &#233;poque a &#233;t&#233; un moment de rencontres avec des associations d'autres r&#233;gions qui faisaient la m&#234;me chose que nous. Les situations &#233;taient les m&#234;mes et on &#233;tait d'accord sur tout.&lt;/i&gt; &#187; Dans les ann&#233;es suivantes, l'ambiance se transforme. &#171; &lt;i&gt;Il y a eu beaucoup de discussions. Certains voulaient se regrouper exclusivement entre personnes d'origine arabe. Et d'autres disaient qu'il fallait que ce soit ouvert. Et Convergence 84 a d&#233;cid&#233; de faire un truc pas uniquement destin&#233; aux gens d'origine arabe. J'ai vu aussi de tr&#232;s pr&#232;s l'arriv&#233;e de Sos Racisme. J'ai pens&#233; que &#231;a avait l'air sympathique comme &#233;l&#233;ment f&#233;d&#233;rateur. J'ai propos&#233; que les associations de terrains travaillent avec. Mais leur objectif n'&#233;tait pas le m&#234;me. Ils avaient peur de ce mouvement qui &#233;tait autonome et qui avait des revendications sur la question de l'&#233;galit&#233; des droits, contre les crimes racistes, pour que la justice fasse son travail.&lt;/i&gt; &#187; Aujourd'hui, l'association des potes, cr&#233;&#233;e sur mesure pour servir les ambitions de certains carri&#233;ristes au sein du parti socialiste&lt;a href=&#034;#nb8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ainsi, dans Le Monde du 13 juin 2002, Malek Boutih, pr&#233;sident de SOS Racisme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, est parvenue &#224; faire l'unanimit&#233; contre elle dans les quartiers. Apr&#232;s une p&#233;riode de reflux, le Mouvement de l'immigration et des banlieues (MIB) engagera &#224; nouveau, &#224; partir de 1995, des combats incessants contre le racisme et contre les bavures polici&#232;res. Inscrivant son activit&#233; au nom de l'application du droit, de l'&#233;galit&#233; et de la justice, il est en grande partie l'initiateur des &#171; comit&#233;s v&#233;rit&#233; et justice &#187; rassemblant amis et familles de victimes de crimes racistes et de bavures polici&#232;res, exigeant des proc&#232;s &#233;quitables et protestant contre l'impunit&#233; des assassins&lt;a href=&#034;#nb8-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 2007, 2008 et 2009, le MIB avait &#233;t&#233; l'un des initiateurs de Forums des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la Marche de 83, elle-m&#234;me, Sa&#239;d poursuit : &#171; &lt;i&gt;Elle a apport&#233; une visibilit&#233; des quartiers et des jeunes issus de l'immigration. Elle a permis que d'autres choses arrivent.&lt;/i&gt; &#187; Parmi les avanc&#233;es, on note l'instauration d'une carte de dix ans, promise par Mitterrand au soir de l'arriv&#233;e de la Marche, qui indique clairement que les immigr&#233;s ne sont plus consid&#233;r&#233;s comme une main-d'&#339;uvre passag&#232;re, corv&#233;able puis jetable, mais comme une population ayant vocation &#224; rester sur le territoire et &#224; participer de plein droit &#224; la vie du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alain, la bonne soixantaine, s'occupe d'une association de locataires dans le quartier de la Busserine. Il n'avait pas particip&#233; &#224; la Marche de 83. &#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait une r&#233;action contre le laisser-aller par rapport aux crimes racistes. Il me semble que c'&#233;tait uniquement bas&#233; sur le compassionnel. Aujourd'hui, c'est s&#251;r que, dans les cit&#233;s, le souvenir en est tr&#232;s fort. C'est une empreinte, m&#234;me si ailleurs la chose a &#233;t&#233; oubli&#233;e. Mais, encore maintenant, c'est toujours le faci&#232;s qui domine. Les jeunes d'ici, quand ils cherchent du travail, ils sont oblig&#233;s de mentir sur leur adresse, comme s'ils devaient en avoir honte.&lt;/i&gt; &#187; A la discrimination raciale s'est greff&#233;e une rel&#233;gation territoriale de plus en plus stigmatisante. Ce que confirme Sid, le responsable de cette m&#234;me association : &#171; &lt;i&gt;Depuis 83, rien n'a vraiment chang&#233;. &#199;a a m&#234;me empir&#233; dans les quartiers.&lt;/i&gt; &#187; Et Joss, un jeune gars du quartier de Saint-Mauront &#224; Marseille, d'enfoncer le clou : &#171; &lt;i&gt;Aujourd'hui, les racistes ne se cachent plus. Tout est d&#233;grad&#233;, les immeubles sont d&#233;gueulasses, il n'y a pas assez d'endroits pour que les jeunes fassent autre chose. Rien n'est entretenu, rien n'est nettoy&#233;. Dans mon quartier, ils ont mis deux mois pour remplacer un panier de basket&#8230; On nous ghetto&#239;se !&lt;/i&gt; &#187; Alain, lui, ne veut pas sombrer dans le d&#233;sespoir : &#171; &lt;i&gt;C'est une histoire de riches et de pauvres o&#249; ces derniers sont trait&#233;s comme s'ils n'avaient pas d'instruction et d'intelligence. Mais il faut savoir une chose : si la R&#233;publique a aujourd'hui un lieu o&#249; elle s'exprime, c'est dans les quartiers. C'est l&#224; o&#249; l'on voit na&#238;tre des mouvements de responsabilisations.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lendemain de la Marche, des centaines de collectifs avaient essaim&#233; partout en France, cherchant &#224; faire perdurer cette exp&#233;rience de lien social et de transversalit&#233;. Aujourd'hui encore, hors du flux tendu des &#233;v&#233;nements, des collectifs de quartier tentent de mutualiser leurs perspectives. Rendu public d&#233;but septembre 2013, l'appel du Collectif des quartiers populaires de Marseille et Environs pr&#233;cisait : &#171; &lt;i&gt; Ce collectif&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;est n&#233; de l'aspiration l&#233;gitime, et pour l'heure inachev&#233;e, &#224; l'&#233;galit&#233; de droits, &#224; l'&#233;galit&#233; de traitements et &#224; terme &#224; l'&#233;galit&#233; des conditions d'existence ! Le CQPM s'engage &#224; rester solidaire des luttes populaires de nos quartiers et &#224; ne les trahir ni dans la forme ni dans le fond. Constat partag&#233;, discut&#233; et finalis&#233; sur la base du rejet des simplifications : nous refusons toutes les formes de violence !&lt;/i&gt; &#187; Rejet des simplifications ? Une position qui tranche avec l'audience que rencontrent depuis quelques ann&#233;es les th&#232;ses funestes d'Alain Soral et de Dieudonn&#233;. Sur le terreau fertile de la victimisation, le recyclage du vieux mythe du complot &#171; jud&#233;o-ma&#231;onnique &#187;, grim&#233; en ricanement anti-syst&#232;me, arrive &#224; trouver &#233;cho aupr&#232;s d'une partie de la population issue de l'immigration, qui, apr&#232;s avoir perdu les moyens d'une critique g&#233;n&#233;rale sur ses conditions de vie, s'identifie, de loin, aux Palestiniens face &#224; l'&#233;tat d'Isra&#235;l. Les signes de cette confusion se distillent dans les esprits &#224; travers la toile, o&#249; les d&#233;lires les plus simplistes pullulent. &#171; &lt;i&gt;C'est impossible de nier qu'il y a un complot jud&#233;o-ma&#231;onnique&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;tend savoir Ahmed, la quarantaine, lui-m&#234;me travaillant dans les m&#233;dias &#224; Marseille. Ces complaisances, assum&#233;es ou non, avec l'extr&#234;me droite pourront-elles faire longtemps illusion chez ceux qui constituent toujours les cibles les plus expos&#233;es des discours s&#233;curitaires et x&#233;nophobes ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_843 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH366/dossier-femme-avec-chien-33208.jpg?1779618339' width='500' height='366' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Amadou Gaye.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Trente ans apr&#232;s la Marche de 83 et &#171; &lt;i&gt;cette exp&#233;rience inoubliable de d&#233;mocratie transversale&lt;/i&gt; &#187; que rappelle Marie-Laure et que confirme Sa&#239;d, quelques tentatives de r&#233;appropriation d'une parole autonome et collective cherchent toujours &#224; retrouver les chemins d&#233;truits sous les coups des politiques, des urbanistes et de la police&lt;a href=&#034;#nb8-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Auxquels il faut ajouter l'arriv&#233;e massive de l'h&#233;ro&#239;ne notamment dans les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. Et cela, tout en r&#233;sistant &#224; cet air du temps qui r&#244;de, celui du raccourci, de l'ostracisation et de l'enfermement dont se r&#233;galent &#224; loisir les d&#233;fenseurs &#224; tout prix de l'ordre social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suite du dossier &#034;1983 : la Marche pour l'&#233;galit&#233;&#034;, c'est &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Echec-a-l-auto-organisation&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;par ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Propos tir&#233;s du film &lt;i&gt;M&#233;moires d'immigr&#233;s&lt;/i&gt; (1997 ) de Yamina Benguigui. Pour Rachid Kaci, cette &#171; &lt;i&gt;impr&#233;gnation&lt;/i&gt; &#187; d'une m&#233;moire d'humiliation l'aura port&#233; au-del&#224; de ce ph&#233;nom&#232;ne d'empathie appel&#233; syndrome de Stockholm. Proche de Charles Pasqua en 1995, il rejoint Alain Madelin en 2002, puis anime ce courant de l'UMP dit de la &#171; Droite Libre pour une droite d&#233;complex&#233;e &#187;. Il est aujourd'hui sous-pr&#233;fet dans le d&#233;partement de la Vienne&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Entre 1973 et 1983, date de la &#171; Marche pour l'&#233;galit&#233; des droits et contre le racisme &#187;, plus d'une soixantaine de personnes d'origine immigr&#233;e ont &#233;t&#233; assassin&#233;s par des citoyens irascibles, des membres d'organisation d'extr&#234;me droite ou des fonctionnaires de police, nourrissant leur haine contre les pauvres d'un ressentiment raciste et postcolonial.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Ainsi, dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; du 13 juin 2002, Malek Boutih, pr&#233;sident de SOS Racisme puis d&#233;put&#233; PS de l'Essonne, d&#233;non&#231;ait les &#171; &lt;i&gt;barbares des cit&#233;s&lt;/i&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt;Il n'y a plus &#224; tergiverser, il faut leur rentrer dedans, taper fort, les vaincre, reprendre le contr&#244;le des territoires qui leur ont &#233;t&#233; abandonn&#233;s par des &#233;lus en mal de tranquillit&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Quant aux bavures commises par la police (qu'&#171; &lt;i&gt;il faut remettre au boulot &lt;/i&gt; &#187;), le &#171; &lt;i&gt;plus grand nombre de bavures n'est plus de son fait, c'est la racaille qui tue le plus dans les cit&#233;s&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En 2007, 2008 et 2009, le MIB avait &#233;t&#233; l'un des initiateurs de Forums des quartiers populaires durant lesquels des dizaines d'associations et collectifs de banlieues s'&#233;taient rencontr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Auxquels il faut ajouter l'arriv&#233;e massive de l'h&#233;ro&#239;ne notamment dans les banlieues de l'Est lyonnais, &#224; partir de 1984, ce qui va engendrer nombre de conflits et de divisions dans cette jeunesse rebelle des quartiers.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>&#171; A-t-on besoin de comprendre pour entendre ? &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/A-t-on-besoin-de-comprendre-pour</link>
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		<dc:date>2013-11-14T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dino Zappia, Gilles Lucas</dc:creator>


		<dc:subject>Page Musique</dc:subject>
		<dc:subject>C&#233;dric Moulard</dc:subject>
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		<dc:subject>Temenik Electric</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Riffs et distorsions, &#233;chos du bled, bruits urbains et sons du Maghreb, Temenik Electric, c'est cinq gars qui envoient du pop-rock enrag&#233; aux parfums d'Alg&#233;rie, m&#233;langeant ces langues et musiques qui s'&#233;changent dans les rues et les d&#233;serts des deux c&#244;t&#233;s de la Grande Bleue. CQFD a rencontr&#233; Mehdi, l'homme toujours en costard et chemise blanche sur sc&#232;ne, chanteur et guitariste du groupe. CQFD : Pourquoi ce nom Temenik Electric ? Mehdi Haddjeri : D'une part, &#231;a sonnait bien &#224; nos (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no114-septembre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;114 (septembre 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Temenik-Electric" rel="tag"&gt;Temenik Electric&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Riffs et distorsions, &#233;chos du bled, bruits urbains et sons du Maghreb, Temenik Electric, c'est cinq gars qui envoient du pop-rock enrag&#233; aux parfums d'Alg&#233;rie, m&#233;langeant ces langues et musiques qui s'&#233;changent dans les rues et les d&#233;serts des deux c&#244;t&#233;s de la Grande Bleue. &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a rencontr&#233; Mehdi, l'homme toujours en costard et chemise blanche sur sc&#232;ne, chanteur et guitariste du groupe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Pourquoi ce nom &lt;a href=&#034;https://myspace.com/temenikelectric&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Temenik Electric&lt;/a&gt; ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mehdi Haddjeri&lt;/strong&gt; : D'une part, &#231;a sonnait bien &#224; nos oreilles. Et d'autre part, le sens commun de l'expression &#171; &lt;i&gt;Temenik&lt;/i&gt; &#187; c'est &#171; Te la joue pas ! &#187;, on l'employait quand on &#233;tait m&#244;me. &#199;a allait bien avec notre histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est quoi ton histoire ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis un pur produit &#171; made in Marseille &#187;. Je suis n&#233; dans le 14e arrondissement et j'ai grandi dans un super quartier qui s'appelle Picon-Sainte-Marthe. Je suis le dernier d'une famille de quinze. On y &#233;tait heureux. On a r&#233;ussi &#224; y vivre. Aujourd'hui, pour la plupart des gens on dirait plut&#244;t survivre parce que &#231;a s'est beaucoup d&#233;grad&#233;. Mon parcours de musicien et de directeur d'une salle de concerts&lt;a href=&#034;#nb9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Nomad Caf&#233;, 11, boulevard de Brian&#231;on, 13003 Marseille.&#034; id=&#034;nh9-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; est aussi le r&#233;sultat de l'endroit d'o&#249; je viens.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_810 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH303/p11-mehdii-2-078ad.jpg?1779618340' width='500' height='303' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par C&#233;dric Moulard.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles sont tes sources d'inspiration musicale ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce &#224; mes frangins, j'ai d&#233;couvert toute l'histoire du rock. Tout petit, ils m'ont fait &#233;couter Led Zeppelin, le rock am&#233;ricain, la pop anglaise. Avec mon grand fr&#232;re, on allait &#224; la m&#233;diath&#232;que du Carrefour du Merlan, on choisissait des musiques, des disques, et on les &#233;coutait, on les enregistrait, y compris des trucs compl&#232;tement pourris. J'ai commenc&#233; &#224; toucher un instrument &#224; la sortie du coll&#232;ge. C'est l'&#226;ge o&#249; tu te prends pour Mick Jagger. &#192; 13 ans, avec un copain, on a vite mont&#233; un groupe. En parall&#232;le, j'avais des tantes et mon p&#232;re qui jouaient de la musique de l'Ouest alg&#233;rien, avec des tambalas, des neys. J'ai &#233;t&#233; baign&#233; l&#224;-dedans aussi, mais je l'ai vraiment r&#233;alis&#233; qu'apr&#232;s coup. Jusqu'&#224; 2008, j'&#233;tais dans un groupe de funk qui s'appelait King Medoo. J'ai aussi beaucoup appris avec la musique black.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est apr&#232;s un passage &#224; B&#233;ni Abb&#233;s que tu retrouves la musique arabe. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par l'interm&#233;diaire de Nuits M&#233;tis, une structure qui jette des ponts entre toutes les musiques m&#233;diterran&#233;ennes et Marseille, nous avons &#233;t&#233; invit&#233;s pour une r&#233;sidence dans cette ville du sud alg&#233;rien avec J&#233;r&#244;me Bernaudon, futur bassiste de Temenik. Nous avons rencontr&#233; des musiciens de l&#224;-bas. &#192; notre retour, J&#233;r&#244;me m'a emboucan&#233; pour qu'on continue sur cette piste. On a repris ici ce qu'on avait fait en Alg&#233;rie, puis j'ai dirig&#233; en tant que directeur artistique une autre cr&#233;ation qui s'appelait Accord de cordes et dans laquelle jouaient Djamel Taouacht et Hassan Tighidet. Le premier est devenu le batteur de Temenik et Hassan le guitariste. Mathieu Hours est arriv&#233; ensuite avec ses machines. C'est &#224; ce moment-l&#224; que j'ai commenc&#233; &#224; mettre des accents de musique arabe dans le rock'n'roll. Quand je dis musique arabe, je parle de musique maghr&#233;bine de l'Ouest alg&#233;rien et du Maroc, directement li&#233;e avec mes origines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et cet apport-l&#224; a une influence sur les paroles des chansons ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma m&#232;re me parle arabe, je comprends, mais je ne le parle pas. J'&#233;cris les textes en fran&#231;ais, puis ma belle-s&#339;ur les traduit et je me les r&#233;approprie pour que ce soit l'arabe de mon enfance. En fait c'est l'arabe de Picon dans les quartiers nord de Marseille, celui de la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chanter en arabe poursuit une intention particuli&#232;re ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re chanson de Temenik &#233;tait en fran&#231;ais avec un refrain en arabe. Et tr&#232;s rapidement, j'ai compris que pour une histoire d'unit&#233; et pour d&#233;fendre un propos, il fallait une seule langue. Si le fran&#231;ais est ma langue natale, cet arabe-l&#224; l'est aussi. Quand des rappeurs chantent en arabe, &#231;a devient un chant de r&#233;volt&#233;s. Le rap comme le rock sont des musiques de r&#233;volt&#233;s. Cette langue colle tr&#232;s bien avec cet esprit. J'utilise des sons pop en mettant des mots et des phrases en arabe. C'est &#171; &lt;i&gt;khalota&lt;/i&gt; &#187;, le bon m&#233;lange. Maintenant ce n'est pas non plus une revendication, je suis le porte-drapeau de rien. Bien s&#251;r, j'aborde la question de la discrimination, des anciens et de leur mani&#232;re de ne pas faire de bruit. Je ne dirais pas qu'on est engag&#233;s, en regard de ceux qui le sont vraiment, mais on se sent concern&#233;s, on d&#233;fend des valeurs. Avec le propos que l'on a et le rock qu'on fait &#8211; cette premi&#232;re musique vindicative &#8211; c'est suffisant.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_809 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/p13--oueshhada-4e10a.jpg?1779603001' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans Ouesh Hada, votre dernier album, tu fais un parall&#232;le entre Rosa Park et une petite Oranaise exploit&#233;e par les colons&#8230; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est important. On parle de sujets qui sont toujours pr&#233;sents. Mais on peut parler aussi de sujet futile&#8230; C'est vrai que je n'arrive pas encore &#224; parler de l'OM&#8230; mais &#231;a va peut-&#234;tre venir. On parle d'amour aussi, ce qui est le cas de toutes les chansons en fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand tu es sur sc&#232;ne, qu'est-ce que tu as envie que les gens ressentent ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand tu envoies le son, tu vois souvent dans les premi&#232;res minutes, les gens qui sont compl&#232;tement interrogatifs et qui semblent se dire &#171; &lt;i&gt;Qu'est-ce que c'est ?&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;Ouesh Hada ?&lt;/i&gt; &#187; Comme est le titre de l'album. Certains rentrent en transe et d'autres se demandent comment on peut faire la f&#234;te sur des sujets graves. C'est un mouvement de d&#233;couverte, de rencontre. Des fois, &#231;a marche, d'autres fois, &#231;a ne marche pas. Sur sc&#232;ne, je n'explique pas les paroles. L'important est que l'on comprenne le sens g&#233;n&#233;ral de ce qu'on raconte, mais je ne suis pas partisan de donner une explication. Quand j'&#233;tais petit, je ne comprenais pas ce que Neil Young racontait et pourtant je l'ai re&#231;u. Comme il est dit dans la chanson &#171; &lt;i&gt;Ouesh Hada&lt;/i&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt; A-t-on besoin de comprendre pour entendre ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a entendu dire que Temenik Electric avait &#233;t&#233; &#171; visionnaire &#187; par rapport &#224; la r&#233;volution tunisienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne l'a pas fait expr&#232;s. En juillet 2010, lors d'un s&#233;jour en Tunisie, on a rencontr&#233; des jeunes qui avaient une rage incroyable. Ils nous racontaient leur quotidien. On les &#233;coutait, on posait des questions. En octobre, j'ai &#233;crit &#171; &lt;i&gt;Ness Jerenin&lt;/i&gt; &#187; (&#171; &lt;i&gt;Les affam&#233;s&lt;/i&gt; &#187;), en pensant &#224; ces jeunes. En d&#233;cembre, quand le mouvement a commenc&#233; en Tunisie, je leur ai envoy&#233; ce morceau qui &#233;tait un appel au soul&#232;vement. C'est une pure co&#239;ncidence, en fait. Il est valable aussi pour l'&#201;gypte, la Syrie, l&#224; o&#249; des gens cr&#232;vent la dalle. Des copains m'ont dit que la chanson avait &#233;t&#233; diffus&#233;e pendant des manifs. Ce que l'on fait prend alors une autre dimension : on participe aux &#233;v&#233;nements. R&#233;cemment &#224; l'occasion d'un concert en haut de la Canebi&#232;re, on a jou&#233; une chanson sur les harragas, et une quarantaine de gars sont venus nous voir pour nous dire qu'ils dormaient dehors, que nous parlions d'eux. Et l&#224;, on se dit qu'on est pas seulement des animateurs. Ce sont des moments o&#249; tu as le sentiment que ce que tu fais peut servir &#224; quelque chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel est l'accueil pour votre album ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La revue super classe &lt;i&gt;Songlines&lt;/i&gt;, que je ne connaissais pas avant, nous a mis, en juillet, dans le top 10 mondial ! &#199;a ne m'a pas permis d'acheter la piscine&#8230; mais c'est motivant. L'album a &#233;t&#233; cit&#233; aussi au Japon, en Slov&#233;nie, et dans d'autres pays. On en est au d&#233;but, c'est un premier album. Il ne faut pas trop se raconter d'histoire&#8230; &#171; &lt;i&gt;Temenik !&lt;/i&gt; &#187; Le disque c'est un produit, un instrument de com' et on sait bien qu'on ne vendra pas tant. L'industrie du disque pour des groupes comme nous, cat&#233;goris&#233;s alternatif, world, etc., ce n'est m&#234;me pas la peine d'en parler. Mais il faut le faire pour &#234;tre visible. C'est ta carte de visite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour le prochain album que tu es en train de composer, sur quoi tu vas &#234;tre visionnaire cette fois ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai &#233;t&#233; invit&#233; par &lt;a href=&#034;https://myspace.com/bibitanga/music/songs&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bibi Tanga&lt;/a&gt; pour un titre de son prochain album o&#249; on va parler de l'esclavage. J'ai &#233;crit une chanson sur la guerre d'Alg&#233;rie, en r&#233;f&#233;rence &#224; tout ce qui a &#233;t&#233; cach&#233; sur cette &#233;poque. Ma famille y a &#233;t&#233; pas mal m&#234;l&#233;e. R&#233;cemment, mon oncle qui vit l&#224;-bas m'a racont&#233;, tout en souriant, ce qu'il avait v&#233;cu et comment il avait &#233;t&#233; tortur&#233;. Mon p&#232;re, arriv&#233; en 1954, a v&#233;cu la guerre &#224; Marseille. Il m'a racont&#233; comment au d&#233;but des ann&#233;es soixante, les Alg&#233;riens qui &#233;taient enferm&#233;s dans un camp du c&#244;t&#233; de la Timone avaient mont&#233; des barricades et organis&#233; des tours de garde arm&#233;s pour se prot&#233;ger de l'OAS. Il y a aussi le sujet des harkis qui m'int&#233;resse. Rien n'est manich&#233;en, rien n'est binaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et 2013 Marseille, capitaaale de la culture &lt;/strong&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2012, 2013, c'est pareil. Nous, on sera toujours l&#224; en 2014&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://temenikelectric.tumblr.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ouesh Hada ?&lt;/a&gt;, (Nomad Caf&#233; Production &#8211; L'Autre Distribution &#8211; 2013).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb9-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lenomad.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Nomad Caf&#233;&lt;/a&gt;, 11, boulevard de Brian&#231;on, 13003 Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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