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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>A la rencontre des gens du pays</title>
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		<dc:date>2018-08-31T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Claude Leyraud</dc:creator>


		<dc:subject>Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques</dc:subject>
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		<dc:subject>Champ</dc:subject>
		<dc:subject>Barrier</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans le dossier de son pr&#233;c&#233;dent num&#233;ro, &#171; Labour fou &#8212; paysannerie en lutte &#187;, le chien rouge partait &#224; la rencontre de ces agriculteurs qui &#171; invitent &#224; enterrer nos vies administr&#233;es et &#224; reprendre la cl&#233; des champs &#187;. Las, il manquait &#224; ce dossier un texte, celui du vigneron Jean-Claude Leyraud, auteur d'une lecture crois&#233;e de deux ouvrages portant sur l'impossibilit&#233; d'&#234;tre paysan aujourd'hui. Le voici &#8212; quand il n'y en a plus, il y en a encore&#8230; Dans son documentaire Les Paysans de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no164-avril-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;164 (avril 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Du-cote-de-chez-les-rustiques" rel="tag"&gt;Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Eugene-Riousse" rel="tag"&gt;Eug&#232;ne Riousse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/paysan" rel="tag"&gt;paysan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mythe" rel="tag"&gt;mythe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/decembre-dernier" rel="tag"&gt;d&#233;cembre dernier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marie-France-Barrier" rel="tag"&gt;Marie-France Barrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Barrier-filme" rel="tag"&gt;Barrier filme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mythe-paysan" rel="tag"&gt;Mythe paysan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-echelle-humaine" rel="tag"&gt;l'&#233;chelle humaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Champ" rel="tag"&gt;Champ&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Barrier" rel="tag"&gt;Barrier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans le dossier de son pr&#233;c&#233;dent num&#233;ro, &#171; &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/CQFD-no163-mars-2018&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Labour fou &#8212; paysannerie en lutte&lt;/a&gt; &#187;, le chien rouge partait &#224; la rencontre de ces agriculteurs qui &#171; &lt;i&gt;invitent &#224; enterrer nos vies administr&#233;es et &#224; reprendre la cl&#233; des champs&lt;/i&gt; &#187;. Las, il manquait &#224; ce dossier un texte, celui du vigneron Jean-Claude Leyraud, auteur d'une lecture crois&#233;e de deux ouvrages portant sur l'impossibilit&#233; d'&#234;tre paysan aujourd'hui. Le voici &#8212; quand il n'y en a plus, il y en a encore&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans son documentaire &lt;i&gt;Les Paysans de demain &#8211; Le Champ des possibles&lt;/i&gt;, diffus&#233; en d&#233;cembre dernier sur France 5&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Et disponible sur YouTube.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, Marie-France Barrier filme des n&#233;oruraux et agriculteurs anciennement &#171; conventionnels &#187;, qui se consacrent d&#233;sormais &#224; des pratiques agricoles &#224; l'&#233;chelle humaine, avec optimisme et enthousiasme. Pierre, ancien pilote de ligne, retrouve ainsi sens &#224; sa vie en devenant mara&#238;cher bio dans le bocage normand. Dans l'Eure, Lina, ex-agent immobilier, et son compagnon s'installent en agroforesterie et cultivent leur &#171; &lt;i&gt;petit paradis&lt;/i&gt; &#187;, entour&#233;s d'une mer de pesticides. Dans le pays de Caux, Olivier, ancien c&#233;r&#233;alier &#224; la t&#234;te de 300 hectares, prend conscience qu'il est plus que temps de cesser d'appauvrir les sols. Dans le Jura, Valentin, jeune &#233;tudiant destin&#233; &#224; la haute fonction publique, revient sur ses terres natales et se convertit avec son p&#232;re, vigneron &#171; &lt;i&gt;radi&lt;/i&gt; &#187;, &#224; la viticulture biologique. En Corr&#232;ze, une ferme collective de jeunes n&#233;oruraux fonctionne en polyculture et retisse du lien social&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Radicalit&#233; paysanne &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette tentative de r&#233;enchantement de la condition paysanne, l'&#233;leveur Xavier Noulhianne semble avoir r&#233;pondu par anticipation dans un excellent livre, paru en 2016, &lt;i&gt;Le M&#233;nage des champs&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Xavier Noulhianne, Le M&#233;nage des champs &#8211; Chronique d'un &#233;leveur au XXIe (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#171; &lt;i&gt;&#192; contre-courant du vent positiviste qu'il semble aujourd'hui obligatoire de suivre, il nous faut reconna&#238;tre au moins qu'aucune tentative de reconstruction ne pourra exister en faisant l'&#233;conomie d'une prise de conscience froide de l'&#233;tat de d&#233;possession qui est le n&#244;tre et celui de tous ceux qui partagent un m&#234;me avenir dans cette soci&#233;t&#233; bureaucratique.&lt;/i&gt; &#187; Sa critique implacable de l'industrialisation de la vie est r&#233;jouissante par sa radicalit&#233; sans faille. Rien ne r&#233;chappe du jeu de massacre. Ni l'industrialisation de l'agriculture, dont &#171; &lt;i&gt;l'id&#233;e n'est pas de transformer les agriculteurs en &#8220; unit&#233;s &#224; fort taux de rentabilit&#233; &#8221;, &lt;/i&gt; [mais] &lt;i&gt;de faire en sorte que les exploitations agricoles soient des unit&#233;s assez solides pour soutenir l'activit&#233; &#233;conomique de l'industrie manufacturi&#232;re, chimique et agroalimentaire, dont elles constituent en quelque sorte le socle&lt;/i&gt; &#187;. Ni le syndicalisme &#171; &lt;i&gt;sauce Conf&#233;d&#233;ration paysanne&lt;/i&gt; &#187; qui, pour rester en position de n&#233;gocier, refuse le conflit. Ni les bios qui jouent le jeu de la marchandise. Ni le malentendu sur lequel &#171; &lt;i&gt;reposent les relations entre producteurs et consommateurs au sein des Amap, qui font croire &#224; des citadins ayant adopt&#233; avec plaisir un mode de vie moderne qu'ils pourraient profiter d'une nourriture dont le mode de production n'aurait pas subi les d&#233;voiements de l'industrialisation&lt;/i&gt; &#187;. Ni enfin ceux qui &#171; &lt;i&gt; revendiquent le refus de l'obligation de pu&#231;age &#233;lectronique de leur troupeau, pour rendre possible un &#233;tat d'exception dans lequel ils pourraient continuer leur petite vie tranquille, croient-ils. Sans refuser l'administration qui, depuis soixante ans, a pour objet de fabriquer ces mesures&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2539 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;35&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH335/-804-fc31b.jpg?1779603693' width='500' height='335' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Une illustration d'Eug&#232;ne Riousse
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'auteur lui-m&#234;me n'en sort pas indemne, lui qui n'a pas refus&#233; l'installation aid&#233;e, qui le &#171; &lt;i&gt;transforme en interm&#233;diaire de l'&#201;tat pour canaliser ses subventions vers l'industrie&lt;/i&gt; &#187;. Pas plus qu'il n'a r&#233;ussi &#224; contourner la certification bio, dont &#171; &lt;i&gt;l'organisme de certification devient le m&#233;diateur auquel on d&#233;l&#232;gue toute la confiance qui pr&#233;c&#233;demment d&#233;coulait de la connaissance intime de la provenance, par la proximit&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Il para&#238;t se trouver dans le m&#234;me isolement qu'il d&#233;nonce, et commet l'erreur de d&#233;finir le paysan uniquement par son activit&#233; agricole. Dans le sens de la perte de l'autonomie et du savoir-faire, c'est vrai : le paysan a bel et bien disparu. Mais si on parle du paysan comme de celui qui appartient &#224; un pays, &#224; une communaut&#233; villageoise, alors on peut en saisir quelques vestiges, dont t&#233;moignent encore les &#233;lans de solidarit&#233; locale &#8211; quand un vigneron est malade, par exemple, d'autres vignerons s'occupent de la taille de ses vignes. Peut-&#234;tre pas suffisant pour b&#226;tir une r&#233;sistance, mais de quoi donner des id&#233;es pour reconstruire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mythe paysan&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec son livre &lt;i&gt;Le Paysan impossible&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Yannick Ogor, Le Paysan impossible, &#201;ditions du bout de la ville, 2017.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, Yannick Ogor s'en prend quant &#224; lui au &#171; &lt;i&gt;mythe paysan&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;Ce mythe est d'une puissance telle que, depuis un si&#232;cle, il a su se fondre dans chaque nouvelle &#233;poque, toujours en rupture avec la pr&#233;c&#233;dente. Pour accompagner les mutations d&#233;cisives de l'administration de l'alimentation de masse, le mythe d'une &#8220; paysannerie-forc&#233;ment-vertueuse &#8221; a su changer costumes et d&#233;cors chaque fois que n&#233;cessaire.&lt;/i&gt; &#187; Et l'auteur d'&#233;num&#233;rer les habits successifs qu'on a fait rev&#234;tir aux agriculteurs &#171; &lt;i&gt;Le mythe du paysan &#8220; &#233;ternel &#8221; des ann&#233;es 1930, port&#233; par les Chemises vertes, aura servi les int&#233;r&#234;ts de l'aristocratie et d'une bourgeoisie agraire naissante. Dans les ann&#233;es 1960, le mythe du paysan &#8220; moderniste &#8221;, garant de l'autonomie alimentaire de la France, port&#233; par les jeunes syndicalistes du CNJA&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Cercle national des jeunes agriculteurs est un syndicat agricole qui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;sera utilis&#233; pour constituer une administration agricole au service des empires agro-alimentaires. Aujourd'hui, le mythe du paysan &#8220; &#233;cologiste &#8221; est une synth&#232;se des pr&#233;c&#233;dents, il agite les images d'&#201;pinal d'une agriculture d'antan et renouvelle la figure du progr&#232;s, cette fois-ci dans la grande aventure du &#8220;sauvetage de la plan&#232;te&#8221;. Port&#233; par la gauche paysanne, cette nouvelle version du mythe paysan accompagne d&#233;sormais les mutations de la politique agricole entam&#233;es en 1992, toujours au service des empires agro-alimentaires. La Conf&#233;d&#233;ration paysanne a &#233;t&#233; utilis&#233;e &#224; dessein. Elle en est morte.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, comment &#234;tre paysan malgr&#233; tout L'auteur, &#233;leveur de brebis en Bretagne, expose sa m&#233;thode personnelle faite de &#171; d&#233;brouille &#187; et d'organisation de l'invisibilit&#233; aupr&#232;s de l'administration. Et d'ajouter que &#171; &lt;i&gt;l'enjeu devrait donc consister &#224; construire des communaut&#233;s de confiance qui assumeraient collectivement l'ill&#233;galit&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Mais il faut ici lever une ambigu&#239;t&#233; pour pouvoir entrer en relation de confiance, les hommes doivent d'abord produire ensemble, dans des lieux concrets, leurs moyens d'existence. C'est ce que faisaient les paysans dans leur village, c'est ce qu'il faut &#233;tendre &#224; l'ensemble de la soci&#233;t&#233;. &#192; l'heure o&#249; un lieu d'exp&#233;rimentation comme la ZAD se trouve &#224; la crois&#233;e des chemins, ces deux parutions viennent opportun&#233;ment sanctionner la fin des &#171; &lt;i&gt;illusions paysannes&lt;/i&gt; &#187; et montrer la n&#233;cessit&#233; de construire des pratiques autonomes bas&#233;es sur de nouvelles relations sociales.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Et disponible sur YouTube.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Xavier Noulhianne, &lt;i&gt;Le M&#233;nage des champs &#8211; Chronique d'un &#233;leveur au XXIe si&#232;cle&lt;/i&gt;, &#201;ditions du bout de la ville, 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Yannick Ogor, &lt;i&gt;Le Paysan impossible&lt;/i&gt;, &#201;ditions du bout de la ville, 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le Cercle national des jeunes agriculteurs est un syndicat agricole qui &#339;uvre pour l'aide &#224; l'installation des jeunes agriculteurs. Il est critiqu&#233; pour sa proximit&#233; avec la FNSEA, qui promeut une agriculture intensive et productiviste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Paysans : Cocus, cr&#233;ateurs et alternatifs</title>
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		<dc:creator>Jean-Claude Leyraud</dc:creator>


		<dc:subject>Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Si la viticulture n'est pas toute l'agriculture, elle en est l'un des bastions les plus avanc&#233;s donc l'un des plus &#233;clairants. Trois portraits de couples de viticulteurs des c&#244;tes-du-rh&#244;ne, trois visions diff&#233;rentes du m&#233;tier de paysan. Les cocus de la modernit&#233; Comme la plupart des agriculteurs fran&#231;ais, Jacques est fils d'agriculteurs, mais il n'aura pas su retenir ne serait-ce qu'un de ses deux fils &#224; la terre ; il faut dire que ses r&#233;criminations incessantes contre la politique (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no141-mars-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;141 (mars 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Du-cote-de-chez-les-rustiques" rel="tag"&gt;Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nardo-59" rel="tag"&gt;Nardo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/enfants" rel="tag"&gt;enfants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Jacques" rel="tag"&gt;Jacques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/s-est" rel="tag"&gt;s'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Chantal" rel="tag"&gt;Chantal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/plupart" rel="tag"&gt;plupart&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Patrice" rel="tag"&gt;Patrice&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Luc" rel="tag"&gt;Luc&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Si la viticulture n'est pas toute l'agriculture, elle en est l'un des bastions les plus avanc&#233;s donc l'un des plus &#233;clairants. Trois portraits de couples de viticulteurs des c&#244;tes-du-rh&#244;ne, trois visions diff&#233;rentes du m&#233;tier de paysan.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les cocus de la modernit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme la plupart des agriculteurs fran&#231;ais, Jacques est fils d'agriculteurs, mais il n'aura pas su retenir ne serait-ce qu'un de ses deux fils &#224; la terre ; il faut dire que ses r&#233;criminations incessantes contre la politique agricole et ses heures de travail &#224; rallonge n'ont pas plaid&#233; sa cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme la plupart des coll&#232;gues de son village, il poss&#232;de quelques dizaines d'hectares, ce qui en fait un d&#233;tenteur &#233;minent de l'espace communal : il est chez lui. Mais, loin de rester perch&#233; sur son tas de fumier, Jacques a su se moderniser, il ne quitte jamais son portable et utilise Internet &#224; son bureau ; il s'est aussi endett&#233; pour acheter une mini-pelle qui lui permet d'effectuer des travaux agricoles l'hiver chez les autres, histoire d'arrondir ses fins de mois. Sa femme, Am&#233;lie, qui, pendant ce temps, taille la vigne, s'est &#233;quip&#233;e d'un s&#233;cateur &#233;lectronique. H&#233;las, par une man&#339;uvre malencontreuse, cette saloperie lui a coup&#233; deux doigts. La modernit&#233; lui co&#251;te cher !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Longtemps, Jacques a &#233;t&#233; membre de la FDSEA, mais il a fini par se rendre compte qu'il ne faisait plus partie des favoris&#233;s de son syndicat, d'autres, meilleurs gestionnaires, s'attribuant l'essentiel des aides. Il a pourtant essay&#233; de s'adapter &#224; l'&#233;volution acc&#233;l&#233;r&#233;e de sa profession, en renon&#231;ant &#224; la coop&#233;rative du village pour vendre ses raisins au plus offrant, c'est-&#224;-dire &#224; un n&#233;gociant. Il en a gard&#233; le go&#251;t amer d'une trahison personnelle, mais il arrange sa conscience avec l'id&#233;e que l'esprit coop&#233;ratif est de toute fa&#231;on en voie de disparition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; la plupart de ses coll&#232;gues qui inondent la campagne de pesticides et, malgr&#233; la vague de cancers et de leuc&#233;mies submergeant le village, ne veulent pas en d&#233;mordre, il s'est mis en bio, un march&#233; plus porteur. Mais il constate que l'&#233;cart entre les r&#233;mun&#233;rations se resserre in&#233;luctablement. Puis il a du mal &#224; lutter contre les maladies qui reprennent de la vigueur dans son vignoble et se demande s'il ne va pas r&#233;int&#233;grer le giron de l'agriculture raisonn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques gagne correctement sa vie, c'est-&#224;-dire qu'il brasse pas mal d'argent, mais au bout, apr&#232;s avoir pay&#233; la MSA, lui qui entreprend beaucoup, d&#233;sesp&#232;re de devenir riche un jour. Encore quelques ann&#233;es et il sera trop tard, l'&#226;ge de la retraite sera l&#224;. Il ne lui restera plus qu'&#224; faire comme les autres, tout liquider : la ferme &#224; un &#233;tranger, les terres, les bois, jusqu'aux animaux domestiques, pour amasser un petit p&#233;cule, s'acheter une maison au soleil, peut-&#234;tre en Espagne. Il ne fera pas de sentiment, il ne voit plus de raison de perp&#233;tuer les valeurs de la campagne qui lui paraissent obsol&#232;tes. Cela ne l'emp&#234;che pas de crier sa haine en votant FN, et sa ranc&#339;ur devant une identit&#233; en perdition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il lui restait un dernier espoir, que certaines de ses parcelles deviennent constructibles et qu'il empoche le pactole ; espoir &#233;vanoui avec la loi Alur qui tend &#224; r&#233;duire consid&#233;rablement les zones constructibles tout en densifiant l'urbanisme.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2274 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH392/-547-c0adb.jpg?1779602819' width='400' height='392' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Nardo.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les cr&#233;ateurs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Patrice et Chantal sont tous deux h&#233;ritiers de grosses exploitations qu'ils ont su transformer en soci&#233;t&#233;s : leurs consommateurs fid&#232;les sont devenus actionnaires, r&#233;tribu&#233;s en bouteilles &#224; la fin de l'ann&#233;e. Ce syst&#232;me donne &#224; Patrice et Chantal les moyens d'investir dans l'acquisition des meilleures parcelles dans les meilleurs crus de l'appellation. &#192; chaque vente Safer&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les Soci&#233;t&#233;s d'am&#233;nagement foncier et d'&#233;tablissement rural (Safer) g&#232;rent (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, ils se portent candidats, leurs moyens financiers leur permettent de faire grimper les prix, les mettant hors de port&#233;e de la concurrence des coop&#233;rateurs locaux. Pour les grosses op&#233;rations, ils n'h&#233;sitent pas &#224; s'associer &#224; des investisseurs priv&#233;s, parfois m&#234;me des n&#233;gociants qui cherchent &#224; s&#233;curiser leur approvisionnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'exploitation de Patrice est conduite en agriculture raisonn&#233;e, celle de Chantal est en bio, cela leur permet de diversifier leur gamme, de miser sur les deux tableaux. Eux sauront retenir leurs enfants dans la viticulture : ils sont d&#233;j&#224; programm&#233;s pour un mast&#232;re en marketing &#224; l'&#233;tranger, ou un dipl&#244;me en &#339;nologie. C'est, bien s&#251;r, la hauteur de la r&#233;mun&#233;ration qui va les s&#233;duire, mais surtout le fait qu'ils auront la m&#234;me activit&#233; passionnante que leurs parents, s'amuser &#224; organiser le travail des autres. Eux ne risqueront pas de se couper un doigt, ou de s'asphyxier en nettoyant une cuve !
&#192; force de s'agrandir, les exploitations deviennent intransmissibles dans un cadre familial ; qu'importe, les enfants h&#233;riteront des postes de PDG et seront actionnaires majoritaires !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Patrice et Chantal jettent leur d&#233;volu sur les secteurs viticoles les plus recherch&#233;s, o&#249; ils peuvent sp&#233;culer, cr&#233;er une bulle financi&#232;re qui les avantage. Ils passent aussi beaucoup de temps au bureau, &#224; monter des dossiers pour capter les picaillons de l'Europe qui, comme chacun sait, apr&#232;s avoir arros&#233; l'ensemble de l'agriculture, &#233;lit de plus en plus ses b&#233;n&#233;ficiaires sur des crit&#232;res de performance et de comp&#233;titivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dont ils sont le plus fiers, c'est d'avoir pu acc&#233;der &#224; un rang sup&#233;rieur, passant de vignerons &#224; celui de cr&#233;ateurs de vins. Et s'ils parlent beaucoup de terroir, c'est pour eux un terme abstrait, une toile sur laquelle ils projettent leur habilet&#233; &#224; manier des concepts. Ils ne c&#244;toient que leurs semblables, avocats d'affaires, ing&#233;nieurs, artistes m&#234;me, qui ont investi dans la vigne par opportunit&#233;, ou par plaisir, pour &#171; changer de vie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les alternatifs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ont construit leur maison &#233;cologique, en bois, et leur cave, en paille. Luc est faucheur volontaire et membre de la Conf' (Conf&#233;d&#233;ration paysanne). H&#233;l&#232;ne ne veut pas rester trop longtemps cantonn&#233;e dans son r&#244;le de m&#232;re de famille (elle a eu cinq enfants). Quand elle reprend ses &#233;tudes d'infirmi&#232;re, c'est le p&#232;re qui assure le relais. Tous deux esp&#232;rent qu'au moins un de leurs enfants choisira de rester &#224; la ferme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Issu d'un milieu populaire, Luc a voulu emprunter pour acqu&#233;rir quelques parcelles de vigne, mais les banques n'ont pas suivi. Alors, il a fait appel au soutien d'un groupe de citoyens &#233;colos qui se sont entendus pour faire une tontine : chaque ann&#233;e, il les rembourse avec quelques bouteilles de son vin de pays. Le petit mat&#233;riel de cave, il l'emprunte &#224; des copains conf&#233;d&#233;r&#233;s ; pour le tracteur, il effectue lui-m&#234;me les r&#233;parations et, avec son CAP de m&#233;cano en poche, il donne m&#234;me quelques formations pour ses coll&#232;gues. D&#233;bordant d'&#233;nergie, il a suscit&#233; la cr&#233;ation d'un magasin de producteurs o&#249; il &#233;coule son vin, bio naturellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'il soit souvent d&#233;bord&#233; par ses activit&#233;s militantes, le projet qui lui tient le plus &#224; c&#339;ur &#8211; plut&#244;t que d'acqu&#233;rir quelques lopins de plus &#8211;, c'est d'installer comme agriculteur le petit jeune qui travaille avec lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Luc est alarm&#233; par les r&#233;sultats du FN et ne comprend pas que les &#171; anars &#187; n'aillent pas voter. Comme tout bon faucheur volontaire, il est non violent et s'il &#233;voque la l&#233;gitime d&#233;fense lorsque c'est n&#233;cessaire, il respecte strictement la loi quand elle lui semble juste. En toute coh&#233;rence, lui qui a des enfants, il entend les d&#233;fendre contre les pesticides et r&#233;clame autour des &#233;coles des contr&#244;les de la teneur de l'air en produits polluants. Contre la maladie de la flavescence dor&#233;e, il refuse, bien s&#251;r, les traitements chimiques mais il va au-devant des pr&#233;conisations de la pr&#233;fecture en militant pour la prospection pr&#233;ventive, m&#234;me en dehors des zones de lutte obligatoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son mode de fonctionnement habituel est dans l'urgence, et s'il ne b&#226;cle pas son travail, il n'a gu&#232;re le loisir de l'approfondir. Il fait son vin mais ne se prend pas pour un vigneron ; il envisage de se diversifier dans l'arboriculture, mais n'aura jamais une vraie ferme, avec des animaux, son emploi du temps charg&#233; ne le lui permettrait pas.
En d&#233;finitive, Luc, l'alternatif, se propose surtout de moraliser la vie paysanne.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Nerf de b&#339;uf&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Xavier Beulin, le pr&#233;sident de la FNSEA, n'est pas scandalis&#233; que des paysans puissent se faire expulser de Notre-Dame-des-Landes pour faire place &#224; l'absurde projet d'a&#233;roport. Bien au contraire. En revanche, les occupations de zadistes, comme &#224; Sivens, lui donnent de f&#226;cheuses d&#233;mangeaisons : &#171; &lt;i&gt;Nous avons pris la d&#233;cision en conseil d'administration de la FNSEA, il y a six mois maintenant, que d&#233;sormais, face &#224; toute nouvelle tentative de ZAD, on n'attendra pas les forces de l'ordre, on ira nous-m&#234;mes les d&#233;loger&lt;/i&gt; &#187;, a-t-il annonc&#233; le 28 janvier dernier (2016). L'&lt;i&gt;agrobusiness man&lt;/i&gt; qui appelle les jeunes agriculteurs au calme face &#224; la crise agricole sait assur&#233;ment &#224; qui r&#233;server ses coups.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les Soci&#233;t&#233;s d'am&#233;nagement foncier et d'&#233;tablissement rural (Safer) g&#232;rent le foncier et l'installation en milieu rural.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Puces RFID et punaises administratives</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Puces-RFID-et-punaises</link>
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		<dc:date>2014-03-28T10:44:39Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Waddle</dc:creator>


		<dc:subject>Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Nathalie Fernandez et Laurent Larmet, &#233;leveurs (de brebis, entre autres), font partie du collectif Faut Pas Pucer (m&#233;m&#233; dans les ordis), un des multiples petits groupes qui se mobilisent &#224; travers la France depuis 2011 contre l'obligation de poser des puces RFID sur les animaux, et pour &#171; la libert&#233; de l'&#233;levage &#187;. Au mois de mai dernier, ils ont subi deux contr&#244;les des autorit&#233;s agricoles de leur d&#233;partement, portant notamment sur l'identification des animaux de leurs troupeaux. R&#233;sultat (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no119-fevrier-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;119 (f&#233;vrier 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Du-cote-de-chez-les-rustiques" rel="tag"&gt;Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nardo-59" rel="tag"&gt;Nardo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faut" rel="tag"&gt;faut&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-ils" rel="tag"&gt;qu'ils&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Groupe" rel="tag"&gt;Groupe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Laurent" rel="tag"&gt;Laurent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nathalie" rel="tag"&gt;Nathalie&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nathalie-Fernandez" rel="tag"&gt;Nathalie Fernandez&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/brebis" rel="tag"&gt;brebis&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nathalie Fernandez et Laurent Larmet, &#233;leveurs (de brebis, entre autres), font partie du collectif Faut Pas Pucer&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Faut pas pucer : Le Batz, 81140 St-Michel-de-Vax.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; (m&#233;m&#233; dans les ordis), un des multiples petits groupes qui se mobilisent &#224; travers la France depuis 2011 contre l'obligation de poser des puces RFID sur les animaux, et pour &#171; la libert&#233; de l'&#233;levage &#187;. Au mois de mai dernier, ils ont subi deux contr&#244;les des autorit&#233;s agricoles de leur d&#233;partement, portant notamment sur l'identification des animaux de leurs troupeaux. R&#233;sultat des courses : ils doivent trouver 20 000 euros pour supporter les sanctions prises par l'administration &#224; leur encontre. Explications.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le pu&#231;age &#233;lectronique, cela fait des ann&#233;es que Nathalie et Laurent le voient venir. Et, plusieurs fois, ils ont fait savoir publiquement qu'ils ne se soumettraient pas &#224; cette &#233;ni&#232;me r&#233;glementation qui va contre l'id&#233;e qu'ils se font de leur activit&#233;. Ils font ainsi partie de la quarantaine d'&#233;leveurs signataires de la d&#233;claration de Montferrier, qui refusent le pu&#231;age de leur cheptel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces dizaines de &#171; refuseurs &#187; savent qu'ils risquent des p&#233;nalit&#233;s financi&#232;res. Ils sont pour la plupart d&#233;pendants des &#171; aides &#187; de la PAC pour faire tourner leur ferme et avoir aussi un peu d'argent &#224; la fin du mois. Sans ces subventions, ils ne peuvent ni travailler, ni tirer un revenu de ce travail, compte tenu du prix de la viande maintenu au m&#234;me niveau par l'Europe depuis des d&#233;cennies. Donc, refuser une obligation r&#233;glementaire par conviction politique ou &#233;thique peut amener &#224; perdre une partie de son revenu, m&#234;me si, au d&#233;but de cette lutte, il &#233;tait impossible pour les &#233;leveurs de savoir de quelle proportion il s'agirait. Ce qui &#233;tait s&#251;r, c'est que le moment des contr&#244;les serait crucial pour ceux qui se r&#233;soudraient &#224; sauter dans le vide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand ils apprennent &#224; la fin d'avril 2013 que ce moment est venu, Nathalie et Laurent demandent &#224; des voisins et amis de venir y assister pour se sentir &#233;paul&#233;s. Nathalie raconte : &#171; &lt;i&gt;On a d&#233;cid&#233; que ce n'&#233;tait plus possible de continuer &#224; subir cette pression seuls et de faire semblant de marcher dans ce syst&#232;me d&#233;bile. Alors on a accueilli la contr&#244;leuse &#224; huit autour d'une cafeti&#232;re et on a discut&#233; une heure avec elle. On a tous exprim&#233; ce qui nous pesait dans nos m&#233;tiers respectifs, parce qu'il n'y avait pas que des &#233;leveurs, ce qui nous r&#233;pugne dans nos vies toujours plus informatis&#233;es, g&#233;r&#233;es, contr&#244;l&#233;es. Eh bien la contr&#244;leuse &#233;tait tout &#224; fait d'accord avec nous, elle a dit ressentir la m&#234;me chose ! &#231;a ne l'a pas emp&#234;ch&#233;e de faire son boulot, &#224; ceci pr&#232;s qu'elle a propos&#233; de revenir plus tard avec son sup&#233;rieur hi&#233;rarchique pour un deuxi&#232;me contr&#244;le, au pr&#233;texte qu'on avait trop d'anomalies diff&#233;rentes sur l'identification des b&#234;tes&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nathalie poursuit en &#233;voquant le gros travail d'information r&#233;alis&#233; entre les deux contr&#244;les par le groupe Faut Pas Pucer : &#171; &lt;i&gt;On a demand&#233; &#224; tous les gens qui suivent cette histoire d'envoyer des lettres aux administrations agricoles, expliquant pourquoi ils nous soutenaient, pourquoi ils se sentaient concern&#233;s. Il y a eu des dizaines de lettres qui apostrophaient cette grosse machine administrative et qui l'ont passablement &#233;branl&#233;e. Bref, le jour du deuxi&#232;me contr&#244;le est arriv&#233; et, l&#224;, on &#233;tait 80. Le contr&#244;le a eu lieu sous les yeux de 80 personnes ! Et moi, pendant tout ce temps, je me suis sentie presque port&#233;e parce qu'il y avait plein de gens autour de moi qui &#233;taient attentionn&#233;s, qui nous aidaient, nous soutenaient. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_976 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH589/p12-moutons-pas-puce_s-coultif-5033f.jpg?1779603017' width='400' height='589' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Nardo.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs mois passent sans que Nathalie et Laurent sachent encore ce que va leur co&#251;ter leur refus frontal du pu&#231;age et les d&#233;fauts (aux yeux de l'administration) de leur mode d'identification du troupeau. Mais plusieurs faits notables &#233;maillent cette attente. D'abord, des syndicalistes de la Conf&#233;d&#233;ration paysanne leur font savoir qu'ils sont pr&#234;ts &#224; les d&#233;fendre en haut lieu, au minist&#232;re de l'Agriculture, &#224; condition qu'&#171; [ils] &lt;i&gt;mettent de l'eau dans&lt;/i&gt; [leur] &lt;i&gt;vin&lt;/i&gt; &#187; (sic). Nathalie et Laurent ne sont pas affili&#233;s &#224; la Conf', m&#234;me s'ils sont en bons termes avec des coll&#232;gues et voisins qui en sont membres. Surtout, ils n'ont pas envie de mettre de l'eau dans leur vin &#8211; dans le Gaillacois, on trouve facilement des vins sans sulfites qui se boivent sans donner mal &#224; la t&#234;te. Ensuite, le groupe Faut Pas Pucer re&#231;oit au d&#233;but de juillet une lettre de la pr&#233;f&#232;te du Tarn, Mme Chevalier, qui avertit que des comit&#233;s d'accueil tels que ceux r&#233;serv&#233;s aux contr&#244;leurs du mois de mai ne seront plus tol&#233;r&#233;s &#224; l'avenir. &#171; &lt;i&gt;Au d&#233;but, elle voulait rencontrer trois personnes du groupe&lt;/i&gt;, s'amuse Laurent, &lt;i&gt;mais elle ne devait pas avoir lu nos textes jusqu'au bout puisqu'elle n'avait pas trouv&#233; l'adresse pour faire parvenir l'invitation. Elle a pr&#233;f&#233;r&#233; passer par l'interm&#233;diaire de la Conf' pour le faire savoir. Par contre, elle a trouv&#233; l'adresse pour nous envoyer une lettre avertissant que dor&#233;navant, la pr&#233;sence de plus d'une personne aux c&#244;t&#233;s des &#233;leveurs contr&#244;l&#233;s serait consid&#233;r&#233;e comme un refus de contr&#244;le, ce qui ferait automatiquement sauter leurs primes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, vers la fin novembre, les choses s'acc&#233;l&#232;rent. Nathalie et Laurent apprennent par la Conf&#233;d&#233;ration paysanne que le montant des subventions qui leur sont retir&#233;es est consid&#233;rable. Des syndicalistes l'ont appris lors d'une r&#233;union &#224; la Direction d&#233;partementale du Territoire (DDT) et courant d&#233;cembre, un courrier officiel le confirme. Avec tout de m&#234;me une petite surprise incluse dans la facture : &#171; &lt;i&gt;Bien qu'ils aient comptabilis&#233; 216 brebis le jour du contr&#244;le&lt;/i&gt;, d&#233;taille Nathalie, &lt;i&gt;seulement 41 sont prises en compte dans leur notification, celles qui &#233;taient correctement identifi&#233;es selon leurs crit&#232;res. En clair, &#231;a veut dire que 175 b&#234;tes pr&#233;sentes ce jour-l&#224; n'existaient pas. Financi&#232;rement, &#231;a veut dire trois choses : primo, on passe sous la barre des 50 brebis qu'il faut &#8220;d&#233;tenir&#8221; pour toucher la prime &#224; la brebis, donc suppression pure et simple de cette aide. Secundo, on touche aussi une aide en fonction de nos surfaces et du nombre de b&#234;tes qui les p&#226;turent, or comme 175 b&#234;tes n'existent pas, on perd aussi une partie de ces primes. Troisi&#232;mement, nous sommes accus&#233;s de fausse d&#233;claration : nous avions d&#233;clar&#233; &#233;lever 216 brebis, or vu qu'il n'y en a que 41, nous &#233;copons d'une amende de 24 euros par brebis inexistante, soit 4 350 euros. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le dit un autre &#233;leveur du groupe Faut Pas Pucer : &#171; &lt;i&gt; Kafka, c'&#233;tait un nain ! &lt;/i&gt; &#187; En fait, on est ici pr&#233;cis&#233;ment dans le registre du cauchemar sans fond que vivent les personnages et les lecteurs du c&#233;l&#232;bre romancier pragois : des moutons bien vivants, que toute personne, m&#234;me insens&#233;e, peut voir et toucher, mais que l'administration, elle, consid&#232;re comme inexistants, chim&#233;riques, mensongers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nathalie Fernandez et Laurent Larmet ne sont pas les premiers &#233;leveurs &#224; &#234;tre sanctionn&#233;s pour refus du pu&#231;age &#233;lectronique. Comme des centaines d'autres, ils paient le fait qu'il est de plus en plus difficile d'&#234;tre en conformit&#233; avec l'ensemble des r&#232;gles &#233;dict&#233;es par l'administration. En attendant, l'ampleur des p&#233;nalit&#233;s qu'ils subissent est remarquable puisqu'elles atteignent 20 000 euros, si l'on ajoute la fameuse amende kafka&#239;enne aux subventions coup&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus du traditionnel ch&#232;que de soutien &#224; l'ordre de l'Association pour le soutien de la paysannerie (ASP, sigle de l'Agence des services et paiements qui verse habituellement les subventions accord&#233;es aux agriculteurs), le groupe Faut Pas Pucer lance la piste de solidarit&#233; suivante dans son dernier communiqu&#233; : &#171; &lt;i&gt;Nous invitons tous ceux qui disposent d'un carr&#233; de terre &#224; planter des l&#233;gumes afin de trouver l'argent qui permettra &#224; Laurent et Nathalie de faire face aux sanctions. &lt;/i&gt; [Pour remplir la caisse de solidarit&#233;,] &lt;i&gt;Nathalie et Laurent vont planter des patates, une autre ferme a lanc&#233; une culture d'oignons, un ami du groupe propose d'&#233;lever des poulets. Toutes les initiatives de ce type sont bienvenues et parall&#232;lement, il faudra monter des groupements d'achat afin que ces productions trouvent preneurs. Ce sera l'occasion de parler et faire parler du pu&#231;age.&lt;/i&gt; &#187; Ben, y a plus qu'&#224;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Derni&#232;res nouvelles &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Jeudi 27 mars, un groupe de personnes (paysans, libraire, intermittents, pr&#233;caires...) a entam&#233; l'occupation de la DRIAAF (Direction r&#233;gionale et interd&#233;partementale de l'alimentation de l'agriculture et de la for&#234;t) de Cachan parce qu'ils exigent pour Laurent Larmet et Nathalie Fernandez, &#233;leveurs dans le Tarn, l'annulation des amendes et la restitution de leurs primes &#224; la surface et &#224; la brebis ainsi que l'arr&#234;t de l'obligation d'identification pour les agriculteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au m&#234;me moment, ce sont une soixantaine de personnes et quinze brebis qui ont investi les locaux de la DDT d'Albi (D&#233;l&#233;gation d&#233;partementale du territoire), perturbant une commission agricole d&#233;partementale, et qui sont l&#224; aussi pour soutenir Nathalie et Laurent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=6921&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#161; NO PU&#199;AR&#193;N !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Faut pas pucer : Le Batz, 81140 St-Michel-de-Vax.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le bon grain, la brute et le truand</title>
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		<dc:date>2014-03-03T04:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


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&lt;p&gt;Sur le papier, la r&#233;forme en cours au niveau europ&#233;en sur la commercialisation des semences, &#233;tait cens&#233;e faire une niche acceptable aux vari&#233;t&#233;s traditionnelles. Dans les faits, les semenciers industriels, bien introduits &#224; Bruxelles, continuent &#224; se tailler la part du lion. En 1996, on comptait un peu moins de 300 000 cabines t&#233;l&#233;phoniques en France. Aujourd'hui, les 2/3 ont disparu. A Mosset (Pyr&#233;n&#233;es-Orientales), la cabine du village a &#233;vit&#233; la mise au rancart apr&#232;s avoir subi une mue (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no118-janvier-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;118 (janvier 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Du-cote-de-chez-les-rustiques" rel="tag"&gt;Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/varietes" rel="tag"&gt;vari&#233;t&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/varietes-traditionnelles" rel="tag"&gt;vari&#233;t&#233;s traditionnelles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cabines-telephoniques" rel="tag"&gt;cabines t&#233;l&#233;phoniques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Catalogue-officiel" rel="tag"&gt;Catalogue officiel&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sanco" rel="tag"&gt;Sanco&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sur le papier, la r&#233;forme en cours au niveau europ&#233;en sur la commercialisation des semences, &#233;tait cens&#233;e faire une niche acceptable aux vari&#233;t&#233;s traditionnelles. Dans les faits, les semenciers industriels, bien introduits &#224; Bruxelles, continuent &#224; se tailler la part du lion.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 1996, on comptait un peu moins de 300 000 cabines t&#233;l&#233;phoniques en France. Aujourd'hui, les 2/3 ont disparu. A Mosset (Pyr&#233;n&#233;es-Orientales), la cabine du village a &#233;vit&#233; la mise au rancart apr&#232;s avoir subi une mue inattendue : cabine &#224; graines elle est devenue. &#171; &lt;i&gt;On a mont&#233; le projet il y a trois ans avec trois autres copines&lt;/i&gt;, raconte Ga&#235;lle. &lt;i&gt;L'id&#233;e de d&#233;part &#233;tait de r&#233;cup&#233;rer nos propres semences et de les &#233;changer gratuitement.&lt;/i&gt; &#187; Il y a trois ans, l'ancienne cabine a &#233;t&#233; transform&#233;e en lieu de stockage o&#249; les graines (fleurs, l&#233;gumes, c&#233;r&#233;ales, etc.) ont &#233;t&#233; mises &#224; disposition de quiconque en a besoin. &#171; &lt;i&gt;Les gens sont autonomes, ils notent dans les registres d'entr&#233;e et de sortie ce qu'ils prennent et ce qu'ils emm&#232;nent. Chacun fait ses sachets. L'id&#233;e aussi c'est de partager les savoirs en mati&#232;re de jardinage et de semences. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anecdotique ? Gentillet ? C'est ce que pourrait penser le quidam d&#233;barquant dans ce petit bourg o&#249; quelques habitants ont encore chevill&#233;e au corps cette id&#233;e selon laquelle, avant d'&#234;tre sp&#233;culative, la terre est nourrici&#232;re. Pas s&#251;r cependant que l'initiative fasse sourire les technocrates de la Commission europ&#233;enne qui planchent depuis plusieurs ann&#233;es sur une r&#233;forme de la l&#233;gislation du commerce des semences. Rappelons cette &#233;vidence : en France, la libert&#233; de semer des jardiniers et des paysans s'arr&#234;tent l&#224; o&#249; commencent les droits de propri&#233;t&#233; des semenciers industriels. Dit autrement sur le site de l'association &lt;a href=&#034;https://kokopelli-semences.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Kokopelli&lt;/a&gt; qui milite pour une &#171; lib&#233;ration de la semence et de l'humus et la protection de la biodiversit&#233; alimentaire &#187; : &#171; &lt;i&gt;chacun sait qu'en dehors du Catalogue officiel &lt;a href=&#034;http://kokopelli-semences.fr/campagne_reforme_ue&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;il est interdit&lt;/a&gt; de vendre, &#233;changer ou donner, &#224; titre on&#233;reux ou gratuit, toute semence ou mat&#233;riel de reproduction v&#233;g&#233;tal.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Catalogue officiel des esp&#232;ces et vari&#233;t&#233;s compile quelque 30 000 vari&#233;t&#233;s s&#233;lectionn&#233;es en raison de crit&#232;res de distinction, homog&#233;n&#233;it&#233; et stabilit&#233; &#8211; le fameux test DHS. Jointe par &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, Blanche Magarinos-Rey, avocate charg&#233;e de suivre l'&#233;volution de la r&#233;forme &#224; Bruxelles pour le compte de Kokopelli, traduit dans un langage profane le jargon technique des d&#233;cideurs europ&#233;ens : &#171; &lt;i&gt;Homog&#233;n&#233;it&#233; cela signifie que les individus au sein d'une m&#234;me vari&#233;t&#233; sont identiques sur le plan g&#233;n&#233;tique ; la stabilit&#233; s'&#233;value sur le plan commercial en ce sens o&#249; il faut s'engager &#224; mettre sur le march&#233; chaque ann&#233;e des individus conformes &#224; la description d'origine.&lt;/i&gt; &#187; Quant &#224; la distinction, elle implique que la vari&#233;t&#233; &#233;valu&#233;e se distingue de celles existantes. &#171; &lt;i&gt;Pour les esp&#232;ces de grande culture, il faut remplir en outre un crit&#232;re de valeur agronomique et technologique, appel&#233; aussi progr&#232;s g&#233;n&#233;tique, qui impose de faire la d&#233;monstration que la vari&#233;t&#233; candidate &#224; l'inscription est meilleure en terme de rendement et d'utilisation technologique que les vari&#233;t&#233;s qui existent d&#233;j&#224; au catalogue. C'est une &#233;tude de mise en concurrence des vari&#233;t&#233;s candidates &#224; l'inscription. En fait ce dernier crit&#232;re pour les esp&#232;ces de grande culture fait la part belle &#224; un crit&#232;re de rendement qui p&#233;nalise les vari&#233;t&#233;s traditionnelles. &lt;/i&gt; &#187; Des vari&#233;t&#233;s traditionnelles qui, de par leur base g&#233;n&#233;tique plus large et leur h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233;, ne peuvent pas passer &#224; travers les fourches caudines du test DHS. Cons&#233;quence d'une s&#233;lection aussi drastique : &#171; &lt;i&gt; Le catalogue est devenu le pr&#233; carr&#233; exclusif des vari&#233;t&#233;s modernes, s&#233;lectionn&#233;es par des techniques agronomiques modernes, et a rendu ill&#233;gales toutes les vari&#233;t&#233;s traditionnelles qui ne r&#233;pondent pas &#224; ces crit&#232;res.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_933 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH388/p12-semences-paysannes-b7dcc.jpg?1779603493' width='400' height='388' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Nardo.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En mai dernier, une affaire avait provoqu&#233; une petite &#233;motion populaire : un mara&#238;cher de Lavelanet en Ari&#232;ge s'&#233;tait vu infliger une prune de 450 euros par un agent de la r&#233;pression des fraudes. Son d&#233;lit ? Ne pas &#234;tre en possession de la carte du Groupement national interprofessionnel des semences (Gnis) et avoir propos&#233; &#224; la vente des plants de tomates non-inscrits au catalogue officiel. Si ce flicage de la semence porte en lui-m&#234;me une vision purement industrielle de l'agriculture, un de ses plus n&#233;fastes effets observ&#233;s au niveau plan&#233;taire reste sa contribution &#224; l'&#171; &lt;i&gt;&#233;rosion g&#233;n&#233;tique&lt;/i&gt; &#187; des plantes. La Food and Agriculture Organisation estime que 75 % de la diversit&#233; g&#233;n&#233;tique des plantes a disparu depuis le d&#233;but du si&#232;cle dernier. Or, une des premi&#232;res cons&#233;quences de l'homog&#233;n&#233;isation v&#233;g&#233;tale et de la monoculture, tant promues par les experts europ&#233;ens, est une vuln&#233;rabilit&#233; accrue face aux ravageurs et autres maladies. D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; d'infester les sols avec des doses toujours plus massives d'intrants chimiques cens&#233;s prot&#233;ger les plantes&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rappelons qu'avec plus de 60 000 tonnes/an, la France est le troisi&#232;me (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Ainsi boucle-t-on la boucle d'un ravage &#233;cologique qui n'en finit pas de se nourrir lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paradoxalement, les prises de conscience ont du mal &#224; faire le poids face &#224; des lobbies qui entendent encore faire cracher &#224; la terre de juteux retours sur investissement. &#171; &lt;i&gt; La l&#233;gislation sur le commerce des semences a &#233;t&#233; mise en place en Europe dans les ann&#233;es 1960&lt;/i&gt;, poursuit Blanche Magarinos-Rey, &lt;i&gt;si elle est en cours de r&#233;vision &#224; l'heure actuelle, tout indique que la r&#233;vision s'inscrit dans un strict principe de continuit&#233;. La proposition de la Commission europ&#233;enne, pilot&#233;e par la Direction g&#233;n&#233;rale de la sant&#233; et des consommateurs (DG Sanco), a &#233;t&#233; publi&#233;e le 6 mai dernier, apr&#232;s un arbitrage un peu difficile entre la DG Environnement et la DG Agri qui s'opposaient au texte et consid&#233;raient qu'il fallait faire une place aux vari&#233;t&#233;s traditionnelles, aux vari&#233;t&#233;s du domaine public. La DG Sanco, qui est infiltr&#233;e par le Gnis, n'a pas c&#233;d&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Organisation plac&#233;e sous l'autorit&#233; du minist&#232;re de l'Agriculture, le Gnis est le garant de l'organisation du march&#233; des semences, graines et plants depuis 1941. Ouvertement pro-OGM et thurif&#233;raire de ces biotechnologies qui ont contribu&#233; &#224; la ruine des savoirs locaux et paysans, le groupement est le porte-voix de l'industrie semenci&#232;re. Cela &#233;tant dit, qui le minist&#232;re de l'Agriculture fran&#231;ais a-t-il mandat&#233; pour r&#233;diger le texte &#224; la DG Sanco ? Isabelle Cl&#233;ment-Nissou, ancienne directrice des relations internationales du Gnis. &#171; &lt;i&gt;C'est cette dame qui a bloqu&#233; toutes les ouvertures propos&#233;es par les autres DG, on a vu &#231;a lors des d&#233;bats&lt;/i&gt; &#187;, insiste l'avocate avec pugnacit&#233;. Avant d'ajouter : &#171; &lt;i&gt;L'industrie semenci&#232;re est &#224; la DG Sanco et c'est elle qui r&#233;dige le texte.&lt;/i&gt; &#187; Pour finir par conclure que &#171; &lt;i&gt;Sous un discours faussement progressiste, la proposition de la Commission est dans la droite ligne de ce qui est applicable actuellement. Les soi-disant br&#232;ches propos&#233;es au domaine public sont une supercherie. Par contre, le texte offre des facilit&#233;s &#224; l'industrie dans le cadre des autocontr&#244;les &#224; qui on peut faire confiance pour se tailler chaussure &#224; son pied.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la place de l'&#233;glise de Mosset, la cabine &#224; graines est actuellement en pleine r&#233;novation. Manque d'espace devant ce petit succ&#232;s local ! &#224; l'instar des pollens qui f&#233;condent la vie &#224;-tout-va, l'exp&#233;rience, libre de tout droit, attend d'&#234;tre reproduite ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Contrefa&#231;on&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le 20 novembre dernier, la loi sur les contrefa&#231;ons &#233;tait adopt&#233;e au Parlement avec toutes les voix &#233;cologistes. Ne faisant pas de d&#233;tail entre les parfums, les pi&#232;ces automobiles ou les fringues, les semences se retrouvent embarqu&#233;es dans le dispositif. Cons&#233;quence : le paysan qui conserve une partie de ses graines pour les semer l'ann&#233;e d'apr&#232;s peut tomber sous le coup de la loi si les plants concern&#233;s sont prot&#233;g&#233;s par un certificat d'obtention v&#233;g&#233;tal (COV). Le COV est un droit de propri&#233;t&#233; intellectuel qui implique pour tout utilisateur de payer une redevance au titulaire du droit, dans la majorit&#233; des cas : l'industrie semenci&#232;re. En pratique, le paysan est cens&#233; racheter ses graines chaque ann&#233;e. Dans le cas contraire, il pourra d&#233;sormais &#234;tre reconnu coupable de contrefa&#231;on. La d&#233;linquance jusque dans nos campagnes, il &#233;tait temps d'&#234;tre ferme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Rappelons qu'avec plus de 60 000 tonnes/an, la France est le troisi&#232;me consommateur mondial de pesticides.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des l&#233;gumes dans leur gazon</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Des-legumes-dans-leur-gazon</link>
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		<dc:date>2013-12-31T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nardo</dc:creator>


		<dc:subject>Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques</dc:subject>
		<dc:subject>Nardo</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>qu'on</dc:subject>
		<dc:subject>jardins</dc:subject>
		<dc:subject>jardin</dc:subject>
		<dc:subject>m&#232;tres carr&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>jardin potager</dc:subject>
		<dc:subject>surface d'environ</dc:subject>
		<dc:subject>Jardins d'utopie</dc:subject>
		<dc:subject>Constatons</dc:subject>
		<dc:subject>potager</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C'est un caillou dans la godasse de l'universit&#233; de Grenoble. Quand la galerie des amphis s'est vid&#233;e en 2006, &#224; la fin du mouvement anti-CPE, il n'en est rest&#233; qu'un potager collectif, autog&#233;r&#233;, install&#233; sur les pelouses du &#171; domaine public de l'&#233;tat &#187;. Sept ann&#233;es plus tard, les Jardins d'utopie sont toujours l&#224;, m&#233;moire bien vivante des luttes &#233;tudiantes. Quand l'avocate a lu le proc&#232;s verbal, &#171; elle s'est bien marr&#233;e &#187;, se souvient un jardinier. Les flics y d&#233;crivent comme ils peuvent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no116-novembre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;116 (novembre 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Du-cote-de-chez-les-rustiques" rel="tag"&gt;Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nardo-59" rel="tag"&gt;Nardo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-on" rel="tag"&gt;qu'on&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jardins" rel="tag"&gt;jardins&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jardin" rel="tag"&gt;jardin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/metres-carres" rel="tag"&gt;m&#232;tres carr&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jardin-potager" rel="tag"&gt;jardin potager&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/surface-d-environ" rel="tag"&gt;surface d'environ&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Jardins-d-utopie" rel="tag"&gt;Jardins d'utopie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Constatons" rel="tag"&gt;Constatons&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/potager" rel="tag"&gt;potager&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est un caillou dans la godasse de l'universit&#233; de Grenoble. Quand la galerie des amphis s'est vid&#233;e en 2006, &#224; la fin du mouvement anti-CPE, il n'en est rest&#233; qu'un potager collectif, autog&#233;r&#233;, install&#233; sur les pelouses du &#171; domaine public de l'&#233;tat &#187;. Sept ann&#233;es plus tard, les Jardins d'utopie sont toujours l&#224;, m&#233;moire bien vivante des luttes &#233;tudiantes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quand l'avocate a lu le proc&#232;s verbal&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;PV de Grande Voierie du 30 septembre 2013 &#224; retrouver sur le blog des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, &#171; &lt;i&gt;elle s'est bien marr&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, se souvient un jardinier. Les flics y d&#233;crivent comme ils peuvent les Jardins d'utopie :
&#171; &lt;i&gt;Constatons&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;devant la biblioth&#232;que &#8220;Droits et Lettres&#8221; qu'un jardin potager a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; sur une surface d'environ six cents m&#232;tres carr&#233;s. Les plants cultiv&#233;s comprennent diverses plantations de fruits, l&#233;gumes et tournesols. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Constatons au m&#234;me endroit la pr&#233;sence d'une cabane en bois d'environ six m&#232;tres carr&#233;s, de plusieurs tables et chaises, de divers mat&#233;riaux. Ces installations ont provoqu&#233; la disparition de la pelouse en gazon&lt;/i&gt; [...] &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_873 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH299/p10-jardin-utopie-24f9e.jpg?1779603700' width='400' height='299' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Nardo.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; [&#8230;] &lt;i&gt;un autre jardin potager a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; sur une surface d'environ cent m&#232;tres carr&#233;s o&#249; des fruits et l&#233;gumes poussent en pleine terre. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;L'entretien des espaces verts ne peut &#234;tre effectu&#233; sur les deux sites.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ces installations constituent une occupation abusive et illicite ainsi qu'une d&#233;gradation du domaine public&lt;/i&gt; [...]&lt;i&gt;. Ces infractions sont passibles d'une contravention de grande voirie...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis ce coup de pression, le dernier en date d'une longue liste, nulle nouvelle des flics ni du tribunal. &#171; &lt;i&gt;Ce qu'on craint, c'est qu'ils rasent tout pendant les vacances de No&#235;l&lt;/i&gt; &#187;, s'inqui&#232;tent les jardiniers. &#171; &lt;i&gt;Au printemps, tous les arbres fruitiers bourgeonnaient, alors qu'on avait serr&#233; les fesses tout l'hiver en esp&#233;rant qu'ils survivraient &#224; la transplantation. Une semaine apr&#232;s ils les passaient &#224; la d&#233;broussailleuse&lt;/i&gt; &#187;, fulmine Pierre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mercredi 16 octobre, r&#233;unis en AG extraordinaire, ils discutaient des suites &#224; donner au PV, &#171; &lt;i&gt;tellement dr&#244;le qu'on s'en sert d'affiche !&lt;/i&gt; &#187; Autour de la cabane de planches, poussent blettes, &#339;illets d'Inde, cardons, physalis, courges, choux, ail et radis&#8230; les figuiers donneront plus tard, si on leur en laisse le temps, et c'en est d&#233;j&#224; fini des tomates. Les planches sont paill&#233;es pour l'hiver. &#171; &lt;i&gt;&#199;a fait deux ans qu'on fait des cabanes ici. Au printemps, la fac et les syndicats ont fait une r&#233;union pour parler des Jardins et notamment de l'esth&#233;tique qui leur convenait pas. On a pris &#231;a en compte, on a fait une cabane jolie, s&#233;curisante&#8230; Ils disent aussi qu'on peut pas communiquer avec nous, ce qui est faux : on a des rendez-vous tous les mercredis &#224; 16 h pour jardiner, discuter, boire de la soupe&#8230; il y a une bo&#238;te aux lettres et &#224; id&#233;es, le blog&#8230; seulement, pour eux, communiquer c'est accepter tout ce qu'ils disent.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre autres tentatives pour les d&#233;loger, Jean-Fran&#231;ois Vaillant, directeur de l'am&#233;nagement durable du campus, a &#233;voqu&#233; sans pr&#233;cision ni engagement l'octroi d'un autre terrain plus discret. La m&#232;re d'une des jardini&#232;res s'&#233;tonne : &#171; &lt;i&gt;Si le pr&#233;fet vous propose un autre terrain, vous n'allez pas refuser !&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;Si ! &lt;/i&gt; r&#233;torque Pierre, &lt;i&gt;nous, on veut &#234;tre visibles.&lt;/i&gt; &#187; En arrivant &#224; Grenoble, Pierre a d'abord cultiv&#233; une parcelle pr&#234;t&#233;e par les vieux de sa r&#233;sidence. Et puis le potager a &#233;t&#233; ras&#233; pour faire place &#224; un b&#226;timent : &#171; &lt;i&gt;Les vieux, &#231;a leur a mis un gros coup&lt;/i&gt; &#187;, se souvient-il. &#171; &lt;i&gt;J'ai transport&#233; ici mes envies de jardin.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On les retrouve quinze jours plus tard au m&#234;me endroit, pas press&#233;s de partir. Autour du brasero, &#233;pluchant les derni&#232;res ch&#226;taignes, ce n'est qu'un en-dehors mais c'est comme &#224; la maison. &#171; &lt;i&gt;Le mercredi &#224; 16 h c'est un gros rendez-vous. On assure une continuit&#233; de service public ! On veut que les nouveaux puissent avoir des interlocuteurs. N'importe qui peut g&#233;rer les Jardins. C'est s&#251;r qu'un type qui passe devant ne saura pas o&#249; d&#233;sherber, alors que des gens qui ont plus de v&#233;cu ici savent ce qui pousse le mois suivant. J'aime bien l'exemple du type qui est pass&#233; ici trois jours pour d&#233;sherber, planter des piments, puis est parti au Br&#233;sil. C'est d'autres gens qui ont r&#233;colt&#233;, et mang&#233;, ces piments super forts !&lt;/i&gt; &#187; Beaucoup d'&#233;tudiants passaient chaque jour devant le potager sans oser se renseigner. &#171; &lt;i&gt;Sur le tract maintenant il y a &#233;crit &#8220;Accueil des nouveaux&#8221; et &#231;a a tout chang&#233; ! &lt;/i&gt; &#187;, se r&#233;jouit Sabine. Elle a d&#233;couvert les Jardins par un tract, &#233;crit &#224; la main, invitant &#224; une &#171; &lt;i&gt;r&#233;colte au campus &lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Je croyais que c'&#233;tait pour cueillir des plantes sauvages comestibles. En fait on a r&#233;colt&#233; les patates, fait des frites dans la cuisine carriole&#8230; c'&#233;tait avant les cabanes. Depuis je viens toutes les semaines, pour le jardin et le c&#244;t&#233; politique.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur leur blog, les jardiniers avancent une explication &#224; l'acharnement de l'universit&#233; : &#171; &lt;i&gt;Sur un campus o&#249; l'agitation sociale va et vient au gr&#233; des &#233;poques, il arrive aussi que les Jardins assurent une continuit&#233; militante et endossent un r&#244;le de m&#233;moire des luttes. C'est aussi cela qu'ils veulent briser.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2006, une premi&#232;re planche &#233;tait b&#234;ch&#233;e devant la BU Droit et Lettres et en la voyant on pouvait lui trouver une beaut&#233; na&#239;ve : une provocation pareille, &#231;a ne passerait pas l'hiver. On ne savait pas alors qu'elle survivrait longtemps au mouvement anti-CPE. La galerie des amphis, squatt&#233;e, repeinte, &#233;picentre de la contestation avait rendu toutes les occupations possibles mais seule celle du dehors devait tenir. &#171; &lt;i&gt; En 2006, j'&#233;tais en troisi&#232;me !&lt;/i&gt; &#187;, se marre Sabine.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Contact :&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour soutenir les jardins par courrier, encore mieux en cas de proc&#232;s : Les Jardins d'utopie, chez Solidaires, 12 bis rue des Trembles, 38100 Grenoble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rendez-vous tous les mercredis &#224; 16 h devant la BU, arr&#234;t du tram.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;PV de Grande Voierie du 30 septembre 2013 &#224; retrouver sur le blog des &lt;a href=&#034;http://jardins-utopie.over-blog.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;jardins-utopie&lt;/a&gt;. Vous pouvez y signer la p&#233;tition ou prendre des nouvelles.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Bluegrass country blues</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Bluegrass-country-blues</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Bluegrass-country-blues</guid>
		<dc:date>2013-10-29T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Claude Leyraud</dc:creator>


		<dc:subject>Histoires de saute-fronti&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques</dc:subject>
		<dc:subject>ferri</dc:subject>
		<dc:subject>famille</dc:subject>
		<dc:subject>H&#233;l&#232;ne</dc:subject>
		<dc:subject>religion</dc:subject>
		<dc:subject>domaine</dc:subject>
		<dc:subject>Steeve</dc:subject>
		<dc:subject>Mississipi</dc:subject>
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		<dc:subject>voyage H&#233;l&#232;ne</dc:subject>
		<dc:subject>affluent</dc:subject>

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&lt;p&gt;Notre ami vigneron nous transporte outre-Atlantique o&#249; les transports amoureux finissent mal sur fond d'agriculture intensive et d'incompr&#233;hension religieuse entre latinos et rednecks. Steeve est un paysan du Kentucky dont le domaine s'&#233;tend sur 6 000 ha le long de l'Ohio, affluent du Mississipi. Il est souvent sur les routes, au volant d'un &#233;norme tracteur enjambeur, ses diff&#233;rentes parcelles &#233;tant diss&#233;min&#233;es sur un rayon de trente kilom&#232;tres. Pour enfouir de grandes quantit&#233;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no114-septembre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;114 (septembre 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/famille" rel="tag"&gt;famille&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/religion" rel="tag"&gt;religion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/domaine" rel="tag"&gt;domaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Steeve" rel="tag"&gt;Steeve&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mississipi" rel="tag"&gt;Mississipi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Kentucky" rel="tag"&gt;Kentucky&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/domaine-s-etend" rel="tag"&gt;domaine s'&#233;tend&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/voyage-Helene" rel="tag"&gt;voyage H&#233;l&#232;ne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/affluent" rel="tag"&gt;affluent&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Notre ami vigneron nous transporte outre-Atlantique o&#249; les transports amoureux finissent mal sur fond d'agriculture intensive et d'incompr&#233;hension religieuse entre latinos et rednecks.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Steeve est un paysan du Kentucky dont le domaine s'&#233;tend sur 6 000 ha le long de l'Ohio, affluent du Mississipi. Il est souvent sur les routes, au volant d'un &#233;norme tracteur enjambeur, ses diff&#233;rentes parcelles &#233;tant diss&#233;min&#233;es sur un rayon de trente kilom&#232;tres. Pour enfouir de grandes quantit&#233;s d'ammoniaque, son engin est guid&#233; par satellite, histoire de ne pas repasser deux fois dans le m&#234;me sillon. Lorsqu'il s&#232;me du bl&#233;, de l'orge, du ma&#239;s, du soja, son semoir &#171; Apach' &#187;, une fois d&#233;ploy&#233;, fait 30 m&#232;tres d'envergure. Son boulot consiste &#224; surveiller les capteurs &#233;lectroniques, &#224; se faire expliquer par portable comment se d&#233;panner sur le champ. Il n'y a pas que le nom de son semoir qui lui rappelle la culture indienne, il y a aussi, lorsqu'il laboure, les pointes de fl&#232;ches et les tomahawks qui sortent du sol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une partie de ses terres a &#233;t&#233; conquise sur les rives mar&#233;cageuses de l'Ohio et, pour drainer, il a d&#251; enterrer &#224; 1,80 m de profondeur, sur des kilom&#232;tres, un serpent de plastique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Steeve est toujours habill&#233; avec &#233;l&#233;gance, tr&#232;s attentionn&#233; avec les femmes et les amis, jovial, il aime afficher son c&#244;t&#233; rebelle, ne respecte pas beaucoup le code de la route, chante souvent, &#233;coute du country, du blues. Il boit du bourbon au drugstore, sauf le dimanche, jour o&#249; le sheriff local, d'ob&#233;dience baptiste, en interdit la vente. Sa famille, elle, est d'origine irlandaise, catholique. Il a eu deux enfants, puis a divorc&#233;. Comme il s'ennuyait, et qu'il avait de l'argent &#224; investir, il d&#233;cida, avec deux ou trois coll&#232;gues, de diversifier ses activit&#233;s : ils organis&#232;rent un voyage d'affaires en Bolivie, &#224; la recherche de terres &#224; louer (&#233;levage, c&#233;r&#233;ales).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224;-bas, ils sont re&#231;us par H&#233;l&#232;ne, une belle jeune fille, mince, cultiv&#233;e, qui leur sert d'interpr&#232;te et les guide dans le d&#233;dale des formalit&#233;s administratives. Steeve se sent tout de suite amoureux : apr&#232;s le troisi&#232;me voyage H&#233;l&#232;ne tombera enceinte. Mais elle se fait prier pour le suivre aux States. Pourtant la famille de Steeve insiste, pr&#233;pare tout pour que le couple s'installe dans une maison du domaine, semi-enterr&#233;e afin de r&#233;sister aux ouragans. On trouve d'ailleurs sur place une vaste habitation pour chaque foyer (parents, s&#339;urs), avec beaucoup d'espace autour, des hangars et des silos, un &#233;tang, et de longues all&#233;es rectilignes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La naissance du b&#233;b&#233; approche, H&#233;l&#232;ne d&#233;barque enfin. Elle est re&#231;ue comme une petite reine, un 4x4 rutilant est &#224; sa disposition, le tiroir de l'armoire est bourr&#233; de dollars, elle n'aura qu'&#224; y puiser pour faire les courses. C'est l'opulence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, premi&#232;re d&#233;ception pour la famille, H&#233;l&#232;ne veut exp&#233;dier la c&#233;r&#233;monie obligatoire du bapt&#234;me et ne pr&#233;voit aucune festivit&#233;. Sur l'insistance de ses amis fran&#231;ais, invit&#233;s pour l'occasion, on ira au Milkshake Shop acheter un gros g&#226;teau carr&#233;, blanc et bleu : sous la note, de 14,57 dollars, est imprim&#233;e la liste de tous les ingr&#233;dients, une trentaine. Les convives garderont la langue teinte en bleu jusqu'au soir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233;l&#232;ne d&#233;couvre l'immensit&#233; de cette plaine, l'herbe bleu-vert &#224; perte de vue et elle commence &#224; trouver qu'un grand vide habite ce grand espace. Steeve lui fait visiter des villages qui ont &#233;t&#233; fond&#233;s autrefois par des Shakers : il s'agit des membres d'une secte religieuse qui veille &#224; une s&#233;paration rigoureuse des deux sexes car elle voit dans le mariage l'origine et la cause des maux de l'humanit&#233; ; elle pr&#244;ne donc le c&#233;libat, la confession des p&#233;ch&#233;s, la communaut&#233; des biens, le renoncement au monde, l'&#233;galit&#233; des sexes. On est l&#224; pr&#232;s du noyau puritain d'o&#249; sont sorties toutes les sectes. Si pour lui ce sont des vieilleries, H&#233;l&#232;ne revient de la visite troubl&#233;e&#8230; et confort&#233;e dans ses convictions. Elle ne tardera pas &#224; trouver obsc&#232;ne l'opulence de sa belle-famille, elle &#233;voque leur mis&#232;re morale, fait savoir qu'il faudrait redistribuer tous ces biens ; elle ne critique pas tant la richesse de Steeve que son envie d'en profiter. H&#233;l&#232;ne refuse obstin&#233;ment de se marier. Steeve comprend enfin qu'elle est membre d'une secte &#233;vang&#233;liste, comme il y en a tant en Am&#233;rique du Sud ; si elle a accept&#233; de venir le rejoindre, c'est un peu dans l'id&#233;e de l'&#233;vang&#233;liser, lui et sa famille.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_791 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH497/p11-bluegrass-copie-5b991.jpg?1779603203' width='500' height='497' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ferri.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si la religion de Steeve est une religion pacifi&#233;e, &#339;cum&#233;nique, o&#249; l'on ne se pose plus la question de l'existence de Dieu, celle d'H&#233;l&#232;ne est une religion de combat, on s'y pose la question du sens du monde ; elle est incompatible avec le mode de vie &#233;tatsunien. Et c'est le &lt;i&gt;clash&lt;/i&gt; ! H&#233;l&#232;ne quitte le domaine avec son enfant, et part s'installer dans la petite ville proche ; Steeve, correct jusqu'au bout, lui verse une pension alimentaire suffisante pour &#233;lever l'enfant. H&#233;l&#232;ne a rejoint une association de b&#233;n&#233;voles qui s'occupe des immigr&#233;s mexicains. Comme elle a refus&#233; de se marier, qu'elle n'a pu b&#233;n&#233;ficier de la derni&#232;re vague de r&#233;gularisations, que son passeport bolivien est p&#233;rim&#233;, elle se retrouve sans papiers et prisonni&#232;re de l'Am&#233;rique du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Steeve savait d&#233;j&#224; que la religion peut l'emp&#234;cher de boire un verre le dimanche, mais pas de faire des affaires ; d'ailleurs le puritanisme d'H&#233;l&#232;ne ne lui reproche pas la recherche de biens terrestres par le travail, ni la possession elle-m&#234;me. Mais il a d&#233;couvert que la religion peut lui reprocher la jouissance de la richesse, le repos dans la possession.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Zad partout !</title>
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		<dc:date>2013-07-20T03:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Claude Leyraud</dc:creator>


		<dc:subject>Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques</dc:subject>
		<dc:subject>Samson</dc:subject>
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&lt;p&gt;La petite ville de Cavaillon (Vaucluse), r&#233;cemment remarqu&#233;e pour son vote massif en faveur du FN, est en proie &#224; une guerre des enseignes de la grande distribution. Leclerc est all&#233; jusqu'&#224; saisir le Conseil de la concurrence en faisant valoir &#171; les risques d'abus de position dominante de la soci&#233;t&#233; Auchan &#187;. Mazette ! Et c'&#233;tait sans compter avec les zadistes ! R&#233;sum&#233; de l'affaire : Il existe d&#233;j&#224; une &#171; zone de chalandise &#187;, o&#249; l'on retrouve Auchan, Leclerc, Casino et Intermarch&#233;, mais (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no112-Juin-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;112 (Juin 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Du-cote-de-chez-les-rustiques" rel="tag"&gt;Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Samson" rel="tag"&gt;Samson&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/terres" rel="tag"&gt;terres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/zone" rel="tag"&gt;zone&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/peripheriques-d-Avignon" rel="tag"&gt;p&#233;riph&#233;riques d'Avignon&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/evasion-commerciale" rel="tag"&gt;&#233;vasion commerciale&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Casino" rel="tag"&gt;Casino&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La petite ville de Cavaillon (Vaucluse), r&#233;cemment remarqu&#233;e pour son vote massif en faveur du FN, est en proie &#224; une guerre des enseignes de la grande distribution. Leclerc est all&#233; jusqu'&#224; saisir le Conseil de la concurrence en faisant valoir &#171; les risques d'abus de position dominante de la soci&#233;t&#233; Auchan &#187;. Mazette ! Et c'&#233;tait sans compter avec les zadistes !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;R&#233;sum&#233; de l'affaire : Il existe d&#233;j&#224; une &#171; zone de chalandise &#187;, o&#249; l'on retrouve Auchan, Leclerc, Casino et Intermarch&#233;, mais nos marchands ne jugent pas sa situation optimale pour le bizness, et d&#233;plorent, depuis des ann&#233;es, une &#171; &lt;i&gt; &#233;vasion commerciale au b&#233;n&#233;fice des zones p&#233;riph&#233;riques d'Avignon&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Saisine de la soci&#233;t&#233; Shepar d&#233;pos&#233;e devant le Conseil de la concurrence, le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Pour eux, il &#233;tait par cons&#233;quent indispensable de se &#171; &lt;i&gt;doter d'une nouvelle zone commerciale sur un site attractif&lt;/i&gt; &#187;. Seulement voil&#224;, le projet de cr&#233;ation d'une ZAC dans la zone de la Voguette, suivant une proc&#233;dure r&#233;glementaire susceptible de garantir le respect de la &#171; &lt;i&gt;juste concurrence&lt;/i&gt; &#187;, a &#233;t&#233; abandonn&#233; par la Communaut&#233; de communes. D&#232;s lors, la commune de Cavaillon (dont le maire est aussi le pr&#233;sident de la Communaut&#233; de communes, vous suivez ?) avait les coud&#233;es franches pour r&#233;viser son plan local d'urbanisme (PLU) selon une proc&#233;dure simplifi&#233;e qui avalisera le fait qu'Auchan, ayant effectu&#233; un achat massif des terres agricoles du secteur, est d&#233;j&#224; ma&#238;tre chez lui avec 80 % du p&#233;rim&#232;tre concern&#233;, soit 35 ha. Cette proc&#233;dure simplifi&#233;e serait particuli&#232;rement adapt&#233;e &#224; l'installation d'un &lt;i&gt;Drive&lt;/i&gt;, ce genre d'installation commerciale b&#233;n&#233;ficiant pour l'heure d'un vide juridique. Subsiste une l&#233;g&#232;re difficult&#233; : la zone est inondable. Qu'&#224; cela ne tienne ! Les collectivit&#233;s locales, gr&#226;ce &#224; l'argent des contribuables, s'engagent &#224; financer la construction d'un pont sur la Durance (co&#251;t 35 millions d'euros) pour favoriser le d&#233;veloppement &#233;conomique &#8211; en priorit&#233; celui d'Auchan &#8211; en facilitant l'acc&#232;s aux consommateurs des Bouches-du-Rh&#244;ne. Et comme il serait b&#234;te de d&#233;penser de l'argent inutilement, on construira aussi une digue pour s&#233;curiser le tout, m&#234;me si l'on fait valoir que cette digue, en cas de crue, pourrait renvoyer l'eau sur le chemin de fer.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_705 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH395/p10-cavaillon-b99f8.jpg?1779701390' width='500' height='395' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Samson.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une association locale, proche des int&#233;r&#234;ts des petits commer&#231;ants, a bien essay&#233; de d&#233;noncer ces arrangements, mais son leader a laiss&#233; tomber, pr&#233;f&#233;rant s'investir totalement dans la lutte contre le mariage pour tous. Des &#233;mules de Notre-Dame-des-Landes ont repris le combat, sur d'autres bases. Un collectif s'est form&#233;, qui rassemble, outre des paysans de la Conf', Terres de Liens, Attac, les Verts, et quelques ultragauchos de service&#8230; Leur tract d&#233;clarait que &#171; &lt;i&gt;les terres sont faites pour produire des fruits, des l&#233;gumes, des c&#233;r&#233;ales&lt;/i&gt; &#187;, et appelait &#224; semer un hectare de tournesol, annon&#231;ant avec espoir que ce sera &#171; &lt;i&gt; la premi&#232;re r&#233;appropriation par les paysans et les citoyens soucieux de maintenir les territoires vivants et de pr&#233;server les terres pour nous nourrir&lt;/i&gt; &#187;. Avant de conclure &#224; l'inutilit&#233; de ce projet de zone marchande, les habitants de Cavaillon &#233;taient convi&#233;s &#224; venir arroser les semis. L'action du 20 avril dernier a r&#233;uni une trentaine de personnes et deux paysans avec leur tracteur pour pr&#233;parer le sol et semer. Des gens de la L&#233;o&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir CQFD n&#176;111.&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; et du collectif M&#233;rindol-des-Landes (sic) sont venus pr&#234;ter main forte et proposer une occupation des terres, mais cela a &#233;t&#233; jug&#233; pr&#233;matur&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ces terres, il y a d'ailleurs encore un occupant, un berger avec son troupeau de moutons qui, lui, voit d'un mauvais &#339;il tout ce remue-m&#233;nage, dans un premier temps il a m&#234;me cru que &#231;a allait se terminer par une &lt;i&gt;rave-party&lt;/i&gt;. Entre des n&#233;gociations avec Auchan pour faire pa&#238;tre ses b&#234;tes en attendant l'aboutissement du projet, et l'heure de la retraite bient&#244;t sonn&#233;e, il a tout de m&#234;me accept&#233; qu'on cl&#244;ture l'hectare ensemenc&#233;. Les militants de Cavaillon se sont bien s&#251;r inspir&#233;s de l'offensive du 13 avril dernier &#224; NDDL, &#171; S&#232;me ta zad &#187;&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le m&#234;me CQFD N&#176;111&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Mais ils ont opt&#233; pour une fa&#231;on de faire plut&#244;t symbolique, tandis que la r&#233;sistance contre l'Ayraulport s'est d'abord constitu&#233;e sur un processus d'occupation physique, de bricolage de cabanes, de r&#233;occupation de fermes, d'organisation d'un r&#233;seau d'approvisionnement. C'est-&#224;-dire par la construction d'une situation o&#249; des individus ont mis en commun leurs moyens d'existence. Du coup, les zadistes ont pu entrer dans des relations remettant en question la soumission &#224; ce monde industriel, et &#171; &lt;i&gt;&#339;uvrer d'abord pour une autre vie qu'ils d&#233;finissent en marchant&lt;/i&gt; &#187;. D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; plut&#244;t que d'importer le simple slogan de &#171; &lt;i&gt;ZAD partout !&lt;/i&gt; &#187;, de produire collectivement les bases de ses propres moyens d'existence qui permettrait la v&#233;ritable relation entre &#171; r&#233;sistants &#187; &#224; ce monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion des d&#233;bats : le prochain rendez-vous cavaillonnais envisage d'organiser un pique-nique sur une ferme abandonn&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Saisine de la soci&#233;t&#233; Shepar d&#233;pos&#233;e devant le Conseil de la concurrence, le 21 juin 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir &lt;a href='https://cqfd-journal.org/ZAD-a-venir-au-pays-des-santons'&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;111&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir le m&#234;me &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Semer-et-s-enraciner'&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; N&#176;111&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Naissance d'une r&#233;volte &#233;cologique</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Naissance-d-une-revolte-ecologique</link>
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		<dc:date>2013-05-28T03:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Claude Leyraud</dc:creator>


		<dc:subject>Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques</dc:subject>
		<dc:subject>nucl&#233;aire</dc:subject>
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		<dc:subject>l'explosion d'une</dc:subject>
		<dc:subject>dite Bugey</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;A la racine de l'&#233;cologie militante en France se trouve sans nul doute la lutte antinucl&#233;aire. Quarante ans plus tard, les centrales, anciennes ou r&#233;centes, pr&#233;sentent un danger grandissant. R&#233;flexion sans nostalgie et sans concession sur un mouvement qui peine toujours &#224; imposer une autre vision du &#171; d&#233;veloppement humain &#187;. L&#8216;olibrius qui conduit coupe le moteur &#224; chaque descente en martelant : &#171; Pas de complicit&#233;, pas de Super. &#187; Ce jour d'avril 1971, il y a 42 ans, r&#233;pondant &#224; l'appel (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Hebdo" rel="tag"&gt;Hebdo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/conduit-coupe" rel="tag"&gt;conduit coupe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Super" rel="tag"&gt;Super&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-explosion-d-une" rel="tag"&gt;l'explosion d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/dite-Bugey" rel="tag"&gt;dite Bugey&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;A la racine de l'&#233;cologie militante en France se trouve sans nul doute la lutte antinucl&#233;aire. Quarante ans plus tard, les centrales, anciennes ou r&#233;centes, pr&#233;sentent un danger grandissant. R&#233;flexion sans nostalgie et sans concession sur un mouvement qui peine toujours &#224; imposer une autre vision du &#171; d&#233;veloppement humain &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L&#8216;olibrius qui conduit coupe le moteur &#224; chaque descente en martelant : &#171; &lt;i&gt; Pas de complicit&#233;, pas de Super. &lt;/i&gt; &#187; Ce jour d'avril 1971, il y a 42 ans, r&#233;pondant &#224; l'appel de Pierre Fournier&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Fournier (1937-1973) a &#233;t&#233; collaborateur &#224; Hara-Kiri, Charlie-Hebdo, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; qui est &#171; &lt;i&gt;pay&#233; pour faire de la subversion&lt;/i&gt; &#187; dans &lt;i&gt;Charlie Hebdo&lt;/i&gt;, nous nous rendons &#224; Saint-Vulbas, dans l'Ain. Nous allons organiser un sit-in de six semaines devant l'usine atomique dite Bugey I. Le but : s'opposer, au moins symboliquement, &#224; sa mise en production pr&#233;vue dans les six mois, surtout alerter l'opinion publique sur les dangers potentiels du nucl&#233;aire. Dans les mois pr&#233;c&#233;dents une poign&#233;e de contestataires avait bien men&#233; une premi&#232;re lutte, solitaire et d&#233;sesp&#233;r&#233;e, contre l'implantation de la centrale de Fessenheim. Nous prenions le relais avec une tout autre ambition : d&#233;clencher une r&#233;volte &#233;cologique en France.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_628 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH535/p10-camp_de_base_e_colo-94c82.png?1779602857' width='400' height='535' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quelques dizaines de personnes ont tour &#224; tour occup&#233; le village de tentes du sit-in, accueilli et inform&#233; les visiteurs : parmi eux de nombreux soixante-huitards, souvent des membres de communaut&#233;s, et parfois m&#234;me, le dimanche, des ing&#233;nieurs du nucl&#233;aire en famille, incr&#233;dules devant notre culot, cherchant &#224; nous convaincre des bienfaits de l'atome. Et puis, chaque jour, nous organisions dans les villages environnants la projection d'un film, &lt;i&gt;La Bombe&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Bombe est un documentaire-fiction britannique r&#233;alis&#233; par Peter Watkins (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, cens&#233; alarmer la population en montrant la non-vie que l'on menait &#224; l'int&#233;rieur d'une zone contamin&#233;e par la radioactivit&#233; , dans le cas de l'explosion d'une bombe atomique. Projections suivies de d&#233;bats auxquels assistaient volontiers les &#233;lus locaux, les scientifiques et responsables du CEA proposant leur contre-information, le tout dans l'indiff&#233;rence relative des habitants. L'enjeu n'&#233;tait pas l&#224;. Nous avions le projet d'organiser une marche sur la centrale, orchestr&#233;e par un battage intensif de Fournier dans &lt;i&gt;Charlie Hebdo&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour J, le 10 juillet, quand nous v&#238;mes d&#233;barquer plus de 15 000 personnes, de l'adolescent libertaire au p&#233;p&#233; Th&#233;odore Monod, nous s&#251;mes qu'une &#171; r&#233;volte &#233;cologique &#187; venait de na&#238;tre. La journ&#233;e fut une f&#234;te : les gens, d'abord disciplin&#233;s, mais refusant de faire des discours, puis s'&#233;gayant dans la nature, se baignant &#224; poil dans la rivi&#232;re, et le soir le professeur Choron, bourr&#233;, montant sur une table pour chanter des chansons paillardes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; est venu un tel succ&#232;s ? Nous pensions tous que l'explosion d'une centrale nucl&#233;aire &#233;tait in&#233;luctable ; c'est cette &#233;ch&#233;ance catastrophique qui rameuta les &#233;nergies militantes et &#171; d&#233;terra &#187; le grave probl&#232;me d'un potentiel an&#233;antissement de l'esp&#232;ce humaine. Mais la th&#232;se catastrophiste servira, h&#233;las, de justification &#224; une id&#233;ologie affirmant le caract&#232;re d&#233;pass&#233; de toute lutte sociale, et proposant un projet de r&#233;volution radicale et globale sur le mode utopique, un projet d'autarcie, une d&#233;sertion individuelle du syst&#232;me. Cette m&#234;me id&#233;ologie afficha aussi son caract&#232;re pacifique, non-violent, comme s'il s'agissait d'&#234;tre pour ou contre la violence, comme si la violence n'&#233;tait pas dans le r&#233;el lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le recul, il faut revenir &#224; ce qui nous para&#238;t essentiel. Fournier, juste avant de dispara&#238;tre brutalement, &#233;crivait : &#171; &lt;i&gt;Le paradis concentrationnaire qui s'esquisse et que nous promettent ces cons de technocrates ne verra jamais le jour parce que leur ignorance et leur m&#233;pris des contingences biologiques le tueront dans l'&#339;uf. La seule vraie question qui se pose n'est pas de savoir s'il sera supportable une fois n&#233; mais si, oui ou non, son avortement provoquera notre mort.&lt;/i&gt; &#187; Il se racontait des histoires, car ce &#171; &lt;i&gt;paradis concentrationnaire&lt;/i&gt; &#187; aujourd'hui est l&#224; et fait largement la preuve qu'il peut r&#233;sister aux pires catastrophes, nucl&#233;aires notamment. Si le risque de notre disparition, &#224; terme, est plus que jamais pr&#233;sent, les populations n'en continuent pas moins &#224; &#171; &lt;i&gt;vouloir vivre&lt;/i&gt; &#187; dans cet enfer. Alors que le mouvement &#233;cologique annon&#231;ait &#171; &lt;i&gt;la fin du monde&lt;/i&gt; &#187;, il s'est montr&#233; incapable de voir, et tout le monde avec lui, que nous &#233;tions entr&#233;s dans le monde de la fin, et que cette fin devait &#234;tre con&#231;ue comme une &#233;tendue infinie o&#249; l'on irait de catastrophe en catastrophe, o&#249; l'on s'enfoncerait dans une d&#233;gradation continue des conditions de survie. Il serait temps de cesser de se raconter des histoires, de fin ou d'avenir. Il serait temps de penser l'infini tout autrement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pierre Fournier (1937-1973) a &#233;t&#233; collaborateur &#224; &lt;i&gt;Hara-Kiri&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Charlie-Hebdo&lt;/i&gt;, puis fondateur de &lt;i&gt;La Gueule ouverte&lt;/i&gt;, sous titr&#233; &#171; &lt;i&gt;le journal qui annonce la fin du monde&lt;/i&gt; &#187; en 1972, qui fut pionner dans le combat &#233;cologiste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Bombe&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Bombe&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; est un documentaire-fiction britannique r&#233;alis&#233; par Peter Watkins sorti en 1965.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>&#171; Ici, on lutte contre les nuisibles ! &#187;</title>
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		<dc:date>2013-03-29T05:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Claude Leyraud</dc:creator>


		<dc:subject>Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques</dc:subject>
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		<dc:subject>politiques agricoles</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La vie des chambres d'agriculture, organes pseudo-repr&#233;sentatifs du monde paysan, ne ressemble en rien &#224; une pastorale bucolique. Le verbe y est haut et parfois exotique. Propos croqu&#233;s sur le vif au moment o&#249; des &#233;lections les renouvellent&#8230; sans rien changer. Si les grandes lignes des politiques agricoles sont &#233;labor&#233;es par l'Europe et l'&#201;tat, ce sont les chambres d'agriculture qui ont pour mission de les traduire au niveau d&#233;partemental. Elles ont aussi une mission de service public : (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no108-fevrier-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;108 (f&#233;vrier 2013)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Du-cote-de-chez-les-rustiques" rel="tag"&gt;Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nardo-59" rel="tag"&gt;Nardo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/chambre" rel="tag"&gt;chambre&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/conseil-general" rel="tag"&gt;conseil g&#233;n&#233;ral&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/niveau-departemental" rel="tag"&gt;niveau d&#233;partemental&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Fede" rel="tag"&gt;F&#233;d&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/politiques-agricoles" rel="tag"&gt;politiques agricoles&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La vie des chambres d'agriculture, organes pseudo-repr&#233;sentatifs du monde paysan, ne ressemble en rien &#224; une pastorale bucolique. Le verbe y est haut et parfois exotique. Propos croqu&#233;s sur le vif au moment o&#249; des &#233;lections les renouvellent&#8230; sans rien changer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si les grandes lignes des politiques agricoles sont &#233;labor&#233;es par l'Europe et l'&#201;tat, ce sont les chambres d'agriculture qui ont pour mission de les traduire au niveau d&#233;partemental. Elles ont aussi une mission de service public : en th&#233;orie, d&#233;velopper des services r&#233;pondant aux besoins de tous les paysans. En r&#233;alit&#233;, la F&#233;d&#233;ration nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) y exerce un monopole sans partage et &#224; sens unique : tout pour les agromanagers, les autres n'ont qu'&#224; s'adapter, sinon on les &#171; &lt;i&gt;accompagne dignement vers la sortie&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_574 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH382/p10-electionfnseacoul-6d7c7.jpg?1779603408' width='400' height='382' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Nardo
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; vous lirez ces lignes les &#233;lections des nouveaux repr&#233;sentants des agriculteurs au sein de ces chambres auront eu lieu&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les r&#233;sultats ne changent gu&#232;re la donne avec une FNSEA qui maintient son (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Il n'est pas inutile de vous raconter comment se d&#233;roule habituellement une session de la chambre d'agriculture : la d&#233;mocratie repr&#233;sentative s'y caricature elle-m&#234;me, partout se fait sentir l'obsc&#232;ne odeur du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grand-messe est pr&#233;vue pour 14 h 30, une quarantaine d'&#233;lus, la plupart surcharg&#233;s de mandats, s'installe dans l'h&#233;micycle. &#192; la tribune si&#232;gent le pr&#233;sident de la Chambre et le pr&#233;sident de la F&#233;d&#233;, leaders syndicaux, la directrice (elle est all&#233;e chez le coiffeur, avec une voiture de fonction, pendant ses heures de boulot), le pr&#233;fet, le patron de la Direction d&#233;partementale des territoires, le repr&#233;sentant du conseil g&#233;n&#233;ral&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'ordre du jour, d'abord, diverses d&#233;lib&#233;rations sur des questions budg&#233;taires, vot&#233;es comme un seul homme par ceux de la F&#233;d&#233;. Puis on d&#233;lib&#232;re pour ratifier, sans d&#233;bat, en bloc, toutes les d&#233;cisions prises par le bureau, dans lequel seuls si&#232;gent des membres de la F&#233;d&#233; : c'est une v&#233;ritable &#171; chambre d'enregistrement &#187;.
Puis vient le temps des motions. Ce jour-l&#224;, c'est la Conf&#233;d&#233;ration paysanne qui pr&#233;sente la sienne demandant l'abrogation de la loi sur les semences fermi&#232;res : l'&#201;tat, sous la pression des semenciers, veut imposer des taxes pour dissuader les agriculteurs de reproduire et d'utiliser leurs propres semences, un droit ancestral &#224; la base de l'autonomie paysanne. Mais le pr&#233;sident de la FNSEA, &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Mais-qu-est-ce-qu-on-va-faire-de-876'&gt;Xavier Beulin&lt;/a&gt;, &#233;tant aussi pr&#233;sident des semenciers industriels, la motion est rejet&#233;e, &#224; une faible majorit&#233; toutefois, car certains, un peu honteux, se sont abstenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, on passe aux questions diverses, seul moment un peu vivant qui donne lieu &#224; des &#233;changes de points de vue, parfois &#233;difiants. Voyez plut&#244;t. Un &#233;lu F&#233;d&#233; un peu radoteur : &#171; &lt;i&gt;Je m'insurge sur les propos de certains d'entre nous qui pr&#244;nent des m&#233;thodes r&#233;trogrades pour cultiver nos terres. C'est un p&#233;ch&#233; de faire &#224; la main ce que l'on peut faire &#224; la machine.&lt;/i&gt; &#187; R&#233;ponse d'un &#233;lu Conf' : &#171; V&lt;i&gt;ous les traitez de branleurs, c'est &#231;a ?&lt;/i&gt; &#187; Rires g&#234;n&#233;s dans la salle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On passe &#224; l'intervention du pr&#233;sident de la F&#233;d&#233; sur les contraintes environnementales, &#233;ternel cheval de bataille de son syndicat : &#171; &lt;i&gt;&#193; ce sujet, j'&#233;tais vendredi matin &#224; une r&#233;union de parcours sur le Sch&#233;ma r&#233;gional de coh&#233;rence &#233;cologique o&#249; j'ai eu l'impression d'avoir &#224; faire &#224; un intervenant qui parlait en grec, qui &#233;crivait en h&#233;breu et qui voulait faire des dessins en chinois : je n'ai absolument rien compris &#224; ce qui a &#233;t&#233; dit de toute la matin&#233;e, si ce n'est que cela va se traduire par des contraintes suppl&#233;mentaires pour les agriculteurs&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre &#233;lu &#233;voque l'enqu&#234;te publique d'un Sch&#233;ma de coh&#233;rence territoriale (SCOT) dans laquelle il est question de zones &#224; haute densit&#233; biologique qu'il faut prot&#233;ger, alors que, dans le m&#234;me temps, une commission du conseil g&#233;n&#233;ral veut lutter contre les friches et les remettre en activit&#233;. Des friches sont justement des lieux &#224; haute densit&#233; biologique ! R&#233;ponse du repr&#233;sentant du conseil g&#233;n&#233;ral : &#171; &lt;i&gt;Ne vous en faites pas, le SCOT n'est pas un document contraignant et on fera ce qu'on veut.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour conclure, le pr&#233;sident de la chambre, la larme &#224; l'&#339;il, &#8211; sa mandature se termine et il ne se repr&#233;sentera pas &#8211; inflige &#224; tout le monde le bilan de sa vie. Extraits : &#171; &lt;i&gt;Monsieur le pr&#233;fet, je suis venu au syndicalisme par hasard car le notaire de mon village a dit &#224; mes parents qu'il pensait que j'&#233;tais fait pour &#234;tre syndicaliste&#8230; Je voulais essayer d'aider le faible en ma&#238;trisant le fort&#8230;Dans la vie, si l'on veut r&#233;ussir, il faut du courage, il faut surtout savoir dire &#8220;non&#8221;, il faut &#233;carter ceux que vous consid&#233;rez comme &#233;tant nuisibles, car il y en a autour de vous.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'agriculture productiviste on ne s'&#233;loigne jamais de la lutte contre les nuisibles !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Droit de r&#233;ponse&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Conform&#233;ment &#224; l'Article 13 de la loi du 27/07/1881, modifi&#233; par la Loi du 29/09/1919, je vous demande de publier ce droit de r&#233;ponse, avec m&#234;mes caract&#232;res et m&#234;me emplacement, suite &#224; l'article intitul&#233; &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Carpentras-patatras'&gt;&lt;i&gt;Carpentras, patatras !&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; &#187;.
Dans votre article intitul&#233; &#171; &lt;i&gt;Carpentras, patatras !&lt;/i&gt; &#187; mis en ligne le 23 janvier 2013, vous &#233;voquez la p&#233;tition que j'ai lanc&#233;e pour l'interdiction d'une &#171; &lt;i&gt;mosqu&#233;e clandestine r&#233;put&#233;e salafiste&lt;/i&gt; &#187;, en indiquant que je suis d&#233;cid&#233; &#224; &#171; &lt;i&gt;galoper sur les plates-bandes du FN &lt;/i&gt; &#187;.
Or, il ne s'agit pas du tout d'un probl&#232;me de religion et encore moins de marcher sur les plates-bandes du FN. Il s'agit simplement de faire respecter la loi, car cette mosqu&#233;e, am&#233;nag&#233;e sans autorisation dans un local d'habitation, au m&#233;pris des r&#232;gles les plus &#233;l&#233;mentaires de s&#233;curit&#233;, a fait l'objet d'un arr&#234;t&#233; de fermeture en 2004. Or, elle est toujours ouverte. Je demande donc &#224; l'&#201;tat de prendre ses responsabilit&#233;s et de faire ex&#233;cuter l'arr&#234;t&#233; de fermeture qui, depuis plus de 8 ans, est rest&#233;e lettre morte. Sauf &#224; raisonner de mani&#232;re simpliste et par la caricature, je ne vois vraiment pas en quoi cette demande aurait un lien avec les id&#233;es du FN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Julien Aubert, d&#233;put&#233; de Vaucluse&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;ponse de CQFD&lt;/strong&gt; : Vous ne voyez vraiment pas, monsieur le d&#233;put&#233; ? Marion Le Pen, elle, le voit tr&#232;s bien. L'app&#233;tence du FN pour les mosqu&#233;es est de notori&#233;t&#233; publique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les r&#233;sultats ne changent gu&#232;re la donne avec une FNSEA qui maintient son emprise avec 55 % et une Conf&#233;d&#233;ration paysanne, en l&#233;g&#232;re progression (20 %), qui fait jeu &#233;gal avec la Coordination rurale (21 %).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Carpentras, patatras !</title>
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		<dc:date>2013-01-23T06:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Claude Leyraud</dc:creator>


		<dc:subject>Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques</dc:subject>
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&lt;p&gt;L'&#233;lection de Marion Mar&#233;chal-Le Pen dans la circonscription de Carpentras s'inscrit dans l'histoire peu glorieuse de ce gros bourg rural plut&#244;t traditionnaliste. Entre exutoires misogynes, exploitation de la main d'&#339;uvre immigr&#233;e et surench&#232;res x&#233;nophobes, bonjour l'ambiance&#8230; L'&#233;crivain &#171; maudit &#187; Andr&#233; de Richaud (1907-1968), qui aimait autant sa ville de Carpentras qu'il la d&#233;testait, r&#234;vait de la &#171; mettre &#224; feu et &#224; sang &#187;. Comme on va le voir, le projet trotte encore dans certains (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;lection de Marion Mar&#233;chal-Le Pen dans la circonscription de Carpentras s'inscrit dans l'histoire peu glorieuse de ce gros bourg rural plut&#244;t traditionnaliste. Entre exutoires misogynes, exploitation de la main d'&#339;uvre immigr&#233;e et surench&#232;res x&#233;nophobes, bonjour l'ambiance&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_497 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH456/106-remi-lepen-8cd66.png?1779602793' width='400' height='456' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par R&#233;mi
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
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&lt;p&gt;L'&#233;crivain &#171; maudit &#187; Andr&#233; de Richaud (1907-1968), qui aimait autant sa ville de Carpentras qu'il la d&#233;testait, r&#234;vait de la &lt;i&gt;&#171; mettre &#224; feu et &#224; sang &#187;&lt;/i&gt;. Comme on va le voir, le projet trotte encore dans certains esprits, mais avec d'autres motivations. Cette cit&#233; en forme de c&#339;ur ne l'a pas toujours eu sur la main, et le proverbe proven&#231;al que l'on pr&#234;te aux Carpentrassiens en dit long : &#171; Aqui, aman mai tout que la mita &#187; &#8211; Ici, on pr&#233;f&#232;re avoir tout plut&#244;t que la moiti&#233;. Richaud rappelait qu'on y avait ras&#233; les fortifications du Moyen-&#226;ge pour de bas motifs politico-financiers locaux, relevant de &lt;i&gt;&#171; toute une bassesse paysanne et bourgeoise &#187;&lt;/i&gt; ; mais il reprochait surtout &#224; la ville d'avoir assassin&#233; sa jeunesse en lui offrant, dans les ann&#233;es 1920, un spectacle &#171; particulier &#187; durant la foire de la Saint-Siffrein. R&#233;cit :&lt;i&gt; &#171; Le long du mur on avait tendu une b&#226;che. &#193; quelques m&#232;tres du mur et parall&#232;lement &#224; lui, entre deux piquets, une corde &#233;tait tendue pour emp&#234;cher la foule d'approcher de trop pr&#232;s. &#193; c&#244;t&#233; de la corde, quelques caisses de tomates trop m&#251;res&#8230; Le jeu consistait &#224; enlever la pipe de la bouche de la Gramuse (une pauvre femme) avec une tomate. On y gagnait ainsi un paquet de tabac. Son homme vendait cinq tomates pour 20 sous. Vous n'allez pas me dire que ce n'&#233;tait pas une belle invention et une belle affaire. Le mat&#233;riel &#233;tait r&#233;duit &#224; rien : une corde, une b&#226;che, cinquante kilos de tomates et une femme&#8230; Le succ&#232;s &#233;tait immense et toutes les demi-heures, le patron allait d&#233;verser le contenu de ses poches dans une grande bo&#238;te de conserve&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Part du diable, &#233;ditions Le temps qu'il fait, 1986.&#034; id=&#034;nh9-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;i&gt;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait penser que ce jeu de massacre marqua au fer rouge les esprits du cru. En 1990, la profanation du cimeti&#232;re juif rajouta &#224; la mauvaise r&#233;putation de la ville, mais le Front national saura retourner localement la situation : selon le discours frontiste, celui qui devrait avoir honte de ce qu'il est, ce n'est pas le carpentrassien &#171; de souche &#187;, c'est l'Arabe, &#171; l'envahisseur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retour dans les ann&#233;es 1970-1980, au temps o&#249; la production de primeurs &#233;tait florissante et les serres entouraient Carpentras. D&#232;s l'aube, le long du boulevard de ceinture, venaient s'aligner des centaines de travailleurs immigr&#233;s en attente d'une embauche ; chaque matin, dans leurs camionnettes, les paysans faisaient leur &#171; march&#233; aux esclaves &#187;, comme on osait le qualifier dans le secteur, embarquant les hommes pour la journ&#233;e, sans quasiment jamais les d&#233;clarer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La population autochtone, profitant des retomb&#233;es de ce fructueux commerce, eut le d&#233;sir de prendre ses aises : elle quitta peu &#224; peu les quartiers populaires v&#233;tustes du centre-ville pour se faire construire des villas en p&#233;riph&#233;rie. Comme la nature a horreur du vide, les immigr&#233;s, pouvant enfin se loger convenablement, s'y install&#232;rent et firent venir leurs familles du Maroc. Dans le m&#234;me temps, les meilleures terres agricoles, irrigu&#233;es, furent envahies par les villas et leurs jardins privatifs, puis par les zones artisanales et commerciales. All&#233;ch&#233;s par l'app&#226;t du gain, les propri&#233;taires gel&#232;rent les derni&#232;res terres cultivables et attendirent le plan d'occupation des sols qui leur assurerait le jackpot. L'agriculture, fragilis&#233;e par la concurrence europ&#233;enne, s'effondra ; les enfants des familles marocaines n'eurent plus de d&#233;bouch&#233;s. D'autant que, dans les communes voisines, les mara&#238;chers ayant surv&#233;cu avaient remplac&#233; le &#171; march&#233; aux esclaves &#187; par d'avantageux contrats OMI &#8211; contrats au rabais et exempt&#233;s de charges permettant d'embaucher des saisonniers &#233;trangers pour une dur&#233;e de six mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup, aujourd'hui, les nouveaux habitants du centre-ville glandouillent, quelques-uns traficotent pour survivre, d'autres affichent leurs &#171; revendications identitaires &#187; ; leur &#171; visibilit&#233; &#187; s'accroit au point de servir de repoussoir aux autochtones qui les accusent de tous les maux. La nouvelle municipalit&#233; PS a rachet&#233; des immeubles anciens pour les r&#233;habiliter, mais les appartements ne trouvent pas preneurs. Dans le m&#234;me temps, on ne laisse rien passer aux jeunes Arabes, accus&#233;s par exemple de d&#233;voyer la &#171; tradition &#187; du mariage du samedi o&#249; l'on d&#233;file en bagnole dans un concert de klaxons, pour la transformer en rod&#233;o dangereux. Derni&#232;re saine croisade en date : le d&#233;put&#233; UMP Julien Aubert, d&#233;cid&#233; &#224; galoper sur les plates-bandes du FN, lance une p&#233;tition pour l'interdiction d'une mosqu&#233;e &#171; clandestine &#187; r&#233;put&#233;e salafiste. Et l&#224; o&#249; leurs p&#232;res ouvriers agricoles &#233;taient m&#233;pris&#233;s, les fils et petits-fils d&#233;couvrent qu'ils peuvent aussi faire peur. Tous les ingr&#233;dients sont r&#233;unis pour que triomphent les crispations identitaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb9-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.letempsquilfait.com/Pages/Pages%20titres%20A-Z/Titres%20P.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;La Part du diable&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, &#233;ditions Le temps qu'il fait, 1986.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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