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Le bouquin des copains

Une deuxième salve contre les éditocrates


paru dans CQFD n°167 (juillet-août 2018), rubrique , par Jean-Baptiste Legars
mis en ligne le 05/10/2018 - commentaires

Ils squattent les médias avec leurs discours « incorrects » – dans les faits, libéraux et racistes. Dans Les Éditocrates 2, ils sont pris pour cible. Bim ! En plein dans le mille.

JPEGLa critique des médias serait tombée en désuétude ? Les litanies libérales et/ou racistes des éditocrates ne mériteraient plus de sérieux coups de pelle aiguisée ? Oh que si. Petit retour en arrière : en 2009 paraissait Les Éditocrates – Ou comment parler de (presque) tout en racontant (vraiment) n’importe quoi (La Découverte). Sous les plumes de Sébastien Fontenelle [1], Olivier Cyran [2], Mona Chollet et Mathias Reymond, les plus «  grands éditorialistes » de France se faisaient étriller à froid. Parmi ceux-ci, Bernard-Henri Lévy, Philippe Val, Jacques Attali, Laurent Joffrin ou encore Christophe Barbier... Si certains d’entre eux se sont faits un peu plus discrets ces dernières années, de petits nouveaux ont intégré le peloton de tête. D’où un deuxième tome en avril dernier : « La corporation éditocratique s’est partiellement renouvelée, annonce la quatrième de couv’ des Éditocrates 2 (La Découverte). Elle s’est (légèrement) rajeunie et (un peu) féminisée. Mais surtout : elle s’est dangereusement radicalisée. » Il n’en fallait pas plus pour que les quatre compères – l’historienne Laurence De Cock remplaçant Mathias Reymond – remontent au front de la critique des médias.

Dans leur bouquin, on retrouve correctement dépecés quelques piliers branlants de la presse française. Tel Franz-Olivier Giesbert, admirateur de François Fillon, fervent contempteur de l’islam et ennemi juré de la gabegie publique. Ou encore Jacques Julliard – ancien thuriféraire du syndicalisme révolutionnaire, passé du Nouvel Obs à Marianne, puis au Figaro et à la très conservatrice revue Limite. Passent aussi à la moulinette crantée certains éditorialistes psalmodiant leur haine depuis les rives de l’extrême droite – il s’agit bien sûr d’Élisabeth Lévy, de Causeur, et d’Eric Zemmour, de partout.

Plus intéressante encore est la présence de personnalités que d’aucuns pourraient classer à gôche. Des noms ? Plantu, pour commencer. La dissection à vif de son œuvre est des plus salutaires, tant il est exaspérant d’être confronté régulièrement à ses charges graphiques contre les syndicalistes ou les musulmans en une du Monde. Quant à la plus droitière Natacha Polony, l’ouvrage rappelle combien elle aime à se gausser des Rroms tout en accusant Cédric Herrou – habitant de la Roya poursuivi pour soutien aux migrants – de faire preuve d’un « mélange de déni et d’angélisme » dans ses rapports aux filières de passeurs. Enfin, on vous laisse découvrir les portraits de Brice Couturier, Arnaud Leparmentier, Jean Quatremer et Valérie Toranian finement ciselés au marteau à burin – mais sans burin. Parce que ça fait du bien, quand ça leur fait mal.


Notes


[1Lequel tient chronique en ces pages depuis dix ans - il s’octroie actuellement une petite pause.

[2Lequel est cofondateur de CQFD, et écrit encore régulièrement ici.



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Par Jean-Baptiste Legars


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