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Quoi de plus naturel, en somme ?


paru dans CQFD n°108 (février 2013), rubrique , par Queen Kong, illustré par
mis en ligne le 28/03/2013 - commentaires

Il y en a que ça aide pour draguer, d’autres pour qui c’est un chemin de croix. Il y a ceux qui sont si convaincus qu’ils vont jusqu’à trouver misogyne la description d’une femme laide dans un roman. Il existe mille façons d’être un homme féministe, et autant de difficultés à le revendiquer.

Être un homme féministe implique de reconnaître qu’il y a deux camps et que l’un est moins fort que l’autre. C’est être affilié, par le biais de son genre, au camp des violeurs, des harceleurs et des clients de prostituées, mais affirmer : « Je ne suis pas comme eux » – sans endosser leur culpabilité ni en faire des monstres [1]. C’est s’approprier le mot « féministe », dans lequel on entend « pour les femmes » plutôt que « pour l’égalité entre hommes et femmes », qui fige la dichotomie hommes-coupables / femmes-victimes. C’est traquer en soi un genre de virus si bien ancré qu’on dit souvent d’un homme, même ami, qu’il a « des restes de misogynie en lui » ; c’est porter ce combat sans confisquer la parole à des femmes déjà trop souvent muettes ; c’est faire sienne l’idée que les hommes souffrent eux aussi du patriarcat et renoncer au droit de mettre les pieds sous la table en échange du droit de pleurer si on est triste. C’est se retrouver face à des injonctions contradictoires, tâtonnements inévitables dans une redistribution des rôles d’une telle ampleur – et louvoyer au milieu des « soyez respectueux mais pas charmeurs, attentifs mais pas protecteurs » – tout en protégeant ce qu’on considère, au-delà du genre, comme constitutif de sa personnalité [2].

par Caroline Sury {PNG}

La sincérité du féminisme des hommes s’éprouve dans les comportements quotidiens. Nombreux sont les atavismes dont l’abolition exige un effort permanent, effort à investir dans des tâches aussi prestigieuses et rémunératrices que la vaisselle et le changement de couches. Cette attention de tous les instants n’est pas moins difficile à fournir par une femme féministe, astreinte à retenir dans sa gorge ses « Je sais mieux le faire, ça ira plus vite » et à plonger les mains sans broncher dans ce siphon infect bourré de crasse dégueu. Mais par-delà les scories, être un homme féministe, ne serait-ce pas, aussi, parvenir enfin à élaborer un dialogue intime entre hommes, une parole sur le sexe dont on ne craindrait pas qu’elle soit vulgaire ni compétitrice, un discours sur les sentiments qui s’intéresserait vraiment aux faiblesses, aux déraillements ; et prendre cette liberté-là sans faire appel aux femmes ?


Notes


[1L’embarras est tel qu’une branche masculine du féminisme tendance Chiennes de garde, baptisée Zéro macho, s’est cru obligée de poser avec des pancartes « Fier de ne pas être client » à la manière des clients inculpés par la justice américaine.

[2Le public auquel s’adresse la presse dite « féminine », qui affronte chaque semaine une avalanche de doubles injonctions insolubles de ce type (soyez sexy mais pas salopes, minces mais pas anorexiques), aurait des raisons de considérer ce phénomène comme un juste retour de bâton.



7 commentaire(s)
  • Le 28 mars 2013 à 11h48 -

    Article incompréhensible, flou, enfilant les clichés... Comme à chaque article que vous écrivez sur le féminisme (cf. cet article horrible écrit sur la pilule et le féminisme... et je précise que je suis un homme...). Vous évoquez la souffrance du dominant, c’est juste, mais faites une comparaison : parleriez-vous dans ces pages de la souffrance des riches pour rappeler aux pauvres qu’ils ne sont pas les seuls à subir le système ? Je suis toujours effaré par les individus qui ne se trouvent pas d’autres combats que celui de combattre le féminisme, fusse même un certain féminisme et non le féminisme en général... Ne pensez-vous pas qu’il y a d’autres priorités ? Les féminismes sont encore jeunes, il y a des écueils certes mais qu’on les laisse faire leur vie, ils évolueront... Dénoncez les dominations OUI mais arrêtez de taper sur le féminisme : vous vous trompez de vélo !

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    • Le 28 mars 2013 à 17h07, par Tanxxx -

      POINT HIERARCHISATIONS DES LUTTES ATTEINT, bravo. Et au passage, point mansplaining aussi. Tu fais très fort. pour info : le féminisme ne joue pas à côté ou en dehors de la lutte des classes. Parfois ils se croisent, mais le sexisme perdure Y COMPRIS dans ces sociétés non capitalistes. sur ces saletés de féministes qui détournent du Vrai Seul Combat : http://soupe-a-l-herbe.blogspot.fr/2013/03/la-convergence.html

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      • Le 28 avril 2013 à 12h00, par DaBab -

        Heu... Il y a pas du tout de hiérarchisation des luttes dans son message. Tu as mal compris sa comparaison avec les riches/pauvres, j’ai l’impression

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    • Le 28 avril 2013 à 10h47 -

      C’est vrai, on comprend rien dans cet article. Perso j’ai même pas vu où vous vouliez en venir.

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    • Le 28 avril 2013 à 11h25 -

      Tu n’as pas compris l’article, visiblement. Il ne tape pas sur le (un ?) féminisme, mais appelle à une évolution de la perception de ce qu’est le combat féministe, en particulier pour et chez les hommes. Quant à dire que les féminismes sont "jeunes" (plus d’un demi-siècle en Europe de l’Ouest, c’est jeune ?) et qu’il faut les "laisser évoluer" (comme ça, sans être agent de l’évolution ?), je crois que tu as pris position : tu laisses ça aux autres. En outre, ta comparaison avec la lutte des classes ne tient pas trop la route, les rapports de production ne tenant pas compte des différences de pays, de race, de sexe, etc. Bref, tout faux ! Et je suis un homme aussi, mais je ne sais pas s’il est important de le préciser. Je me pose la question. Bisous

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  • Le 28 mars 2013 à 12h27, par chris -

    voir le docu de Philippe Lignières « Vade retro spermato" qui en cause ... http://www.apiamp.com/pages/fiche-films.php?id_film=508»

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  • Le 28 mars 2013 à 13h27 -

    A suivre sur le pucage et la transhumance...

    http://synaps-audiovisuel.fr/mouton/?p=1480

    Christophe. G.

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