CQFD

¡ Ya basta ! 1994-2014

« Quand le pauvre croira dans le pauvre, nous pourrons chanter liberté »


paru dans CQFD n°118 (janvier 2014), rubrique , illustré par
mis en ligne le 12/03/2014 - commentaires

Par Caroline Sury. {JPEG}

« […] Sœurs et frères indigènes et non indigènes pauvres, entrez dans la lutte, organisez-vous, dirigez-vous entre vous, ne vous laissez pas diriger ou regardez bien ceux que vous voulez qui vous dirigent, qu’ils fassent ce que vous, vous avez décidé, et vous verrez que les choses prennent petit à petit un chemin semblable à celui que nous avons pris, nous les hommes et les femmes zapatistes.

Ne cessez pas de lutter, de même que les exploiteurs ne cesseront pas de nous exploiter, mais arrivons jusqu’au bout, c’est-à-dire la fin de l’exploitation. Personne ne va le faire pour nous, sinon nous-mêmes. […]

Nous sommes les principaux producteurs et productrices de la richesse de celles et ceux qui sont déjà riches, basta ya, ça suffit, nous savons qu’il y a d’autres exploité-e-s, nous voulons nous organiser aussi avec elles et eux, luttons pour ce peuple du Mexique et du monde, qui est à nous et pas aux néolibéraux.

Frères et sœurs indigènes du monde, sœurs et frères non indigènes du monde, peuples exploités ; peuples d’Amérique, peuples d’Europe, peuples d’Afrique, peuples d’Océanie, peuples d’Asie, les néolibéraux sont ceux qui veulent être les patrons du monde, c’est ça que nous disons, c’est-à-dire qu’ils veulent faire leur propriété de tous les pays capitalistes. Leurs contremaîtres sont les gouvernements capitalistes sous-développés. C’est ainsi qu’ils vont nous tenir si nous, tous les travailleurs et toutes les travailleuses, nous ne nous organisons pas.

Par Caroline Sury. {JPEG}Nous savons qu’en ce monde il y a de l’exploitation. La distance où nous nous trouvons de chaque côté du monde ne doit pas nous séparer ; nous devons nous rapprocher, en unissant nos façons de penser, nos idées, et lutter pour nous-mêmes. Là où vous vous trouvez, il y a de l’exploitation, vous souffrez la même chose que nous.

Vous subissez la répression tout comme nous.

Ils sont en train de vous voler, tout comme nous ils nous volent depuis plus de 500 ans.

Ils vous méprisent, tout comme ils continuent à nous mépriser.

C’est ainsi que nous sommes, c’est ainsi qu’ils nous tiennent et c’est ainsi que nous allons continuer si nous ne nous prenons pas par la main les un-e-s et les autres. Nous avons plus qu’assez de raisons pour nous unir et faire naître notre rébellion, et nous défendre de cette bête qui ne veut pas nous lâcher et qui ne va jamais le faire si nous ne l’y obligeons pas nous-mêmes.

Ici, nos communautés zapatistes, avec leurs gouvernements autonomes en rébellion, et avec leur union des compañeras et compañeros, elles affrontent nuit et jour le capitalisme néolibéral, et nous sommes prêt-e-s à tout, à ce qui viendra et comme ça viendra.

Voilà, c’est comme ça qu’ils sont organisé-e-s, les compañeros et compañeras zapatistes. Il n’y a besoin que de décision, d’organisation, de travail, de mise en pratique, et ainsi de corriger et améliorer sans repos, ou si on se repose c’est pour se refaire des forces et continuer, le peuple commande et le gouvernement obéit.

Oui, c’est possible, sœurs et frères pauvres du monde, vous avez ici l’exemple de vos frères et sœurs indigènes zapatistes du Chiapas (Mexique).

Il est temps que nous fassions vraiment le monde que nous voulons, le monde que nous pensons, le monde que nous désirons. Nous savons comment faire. C’est difficile, parce qu’il y a ceux qui ne veulent pas, et ce sont précisément ceux qui nous exploitent. Mais si nous ne le faisons pas, notre avenir sera plus dur et il n’y aura jamais de liberté, jamais.

Par Caroline Sury. {JPEG}

C’est comme ça que nous, nous l’entendons, c’est pour ça que nous sommes en train de vous chercher, nous voulons que nous nous rencontrions, que nous nous connaissions, que nous apprenions de nous-mêmes.

Pourvu que vous puissiez arriver ! Sinon, nous chercherons d’autres façons de nous voir et de nous connaître… »

Sous-commandant insurgé Moisès

Extrait de « Eux et Nous 2 : les regards. 6e partie : lui nous sommes ». Février 2013.

La suite du dossier... C’est par ici.

Pour fêter les 20 ans du zapatisme, rendez-vous à la Maison des Métallos les 28 et 30 mars. Toutes les infos par ici !

Textes en ligne sur :

Le CSPCL. La voie du jaguar.

Bibliographie sélective

• Nicolas Arraitz, Tendre Venin, De quelques rencontres dans les montagnes indiennes du Chiapas et du Guerrero, éditions du Phéromone, 1995.

• Jérôme Baschet, La Rébellion zapatiste, Flammarion, collection « Champs », 2005.

• Jacques Blanc, Yvon Le Bot, Joani Hocquenghem et René Solis, La Fragile Armada, La Marche des zapatistes, Métailié, Paris 2001.

• Guillaume Goutte, Tout pour tous ! L’expérience zapatiste, une alternative au capitalisme, éditions Libertalia, Paris, à paraître en avril 2014.

• Joani Hocquenghem, Georges Lapierre, Hommes de maïs, cœurs de braise. Cultures indiennes en rébellion au Mexique, L’Insomniaque, 2002.

• Sous-commandant Marcos, Éthique et politique, éditions de l’Escargot, Paris, 2013.

• Sous-commandants Marcos et Moisés, Eux et Nous, éditions de l’Escargot, Paris, 2013.

• Gloria Muñoz Ramírez, 20 et 10, Le Feu et la Parole, Nautilus, Paris, 2004.

• Guiomar Rovira, Femmes de maïs, Rue des cascades, Paris, 2014.

Ouvrages avec photos :

• Pierre-Yves marzin, War hent ar Chiapas, éditions Skol Vreizh, 2001.

• Damien Fellous, Nadège Mazars, Et la forêt se déplaça... En marche avec les zapatistes, Agnès Vienot éditions, 2001.

Pour les minots :

Contes rebelles, Récits du sous-commandant Marcos – 12 contes et récits, 18 photographies, un CD – Le Muscadier, 2014.

Par Caroline Sury. {JPEG}



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