CQFD

Ça brûle !

Ne (surtout) pas


paru dans CQFD n°177 (juin 2019), rubrique , par l’équipe de CQFD
mis en ligne le 07/06/2019 - commentaires

Un bouclage CQFD, c’est pas la teuf à neuneu, t’as vu. Il y a un code à respecter, des règles fondues dans le marbre, ou bien alors tout part à vau-l’eau, ma bonne dame.

Ainsi, quand le marathon de la dead-line commence rue Consolat et qu’on s’installe à nos places respectives pour laisser fuser l’intelligence collective à grands jets limpides, il ne faut pas :

  • S’engager à préparer une paëlla pour le repas collectif de midi avant de se débiner, sous peine de susciter une tornade de regards courroucés. #ni-oubli-ni-pardon
  • Critiquer Linda, la chienne du secrétaire de rédac, parce qu’elle ronfle allègrement à vos pieds en rêvant de saucisses volantes – blasphème !
  • Évoquer les finances du canard, sources de dépression généralisée [1].
  • Insulter les mamans ou évoquer leur brillante carrière dans le porno.
  • Suggérer à Cécile, graphiste d’élite, que peut-être, sait-on jamais, et veuillez m’excuser gente dame pour cette impertinence, ce serait bien de placer le chapeau de l’article un peu plus à gauche – certains l’ont fait et n’en sont jamais revenus.
  • Laisser Sam, notre vaillante attachée de presse et experte sommelière, gérer les relations avec notre épicier de quartier – lequel pourrait bien nous prendre en grippe pour ces accusations répétées à base de « votre Vieux Pape à 3 euros il est bouchonné, mon bon Monsieur ».
  • Espérer voir le soleil de juin qui dehors tape tape tape, tandis qu’ici on croupit dans l’obscurité, tels des vampires liquéfiés.
  • Lancer Lole et Gina, correctrices que Le Monde nous envie, sur l’éternelle question des lettres capitales ou pas à « Quartiers Nord », discussion qui peut s’éterniser pendant deux ou trois jours, à coups de dictionnaires dans la tronche – « Tu sais ce que j’en pense de ta cap’ à Q ? »
  • Prendre la dernière bière dans le frigo et espérer s’en tirer à bon compte.
  • Lever les yeux sur la nouvelle chemise d’Iffik, daltonien en chef, sans s’y être mentalement préparé.
  • Comparer sa non-fraîcheur post-nuit de bringue à celle de Margaux, vaillante et pétulante au matin malgré les abus – c’est pas humain.
  • Prononcer le mot « brownie » devant Tiphaine sans en avoir à disposition.
  • Laisser Cécile choisir la musique - « Vous connaissez le dernier France Gall ? »
  • S’approcher de l’évier de la cuisine sans combinaison de protection anti-radiations.
  • Avouer à Matéo qu’on a pas lu le tome 7 des mémoires de Kropotkine.
  • Critiquer les Bretons.
  • Critiquer les vannes du chef.
  • Appeler le chef « chef ».
  • Appeler le chien du chef « serpillière de l’enfer ».
  • Appeler un chat un chat.
  • Me laisser faire le « Ça brûle ».

Et voilà comment un canard sauvage glisse vers le goulag généralisé et la dictature du brownie. C’est pas une vie. Ils embauchent au Figaro  ?


Notes


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