CQFD

MOP-ilisation générale !


paru dans CQFD n°159 (novembre 2017), rubrique , rubrique , par l’équipe de CQFD
mis en ligne le 04/11/2017 - commentaires

« À la santé du confrère / Qui nous régal’ aujourd’hui / Ce n’est pas de l’eau de rivière / Encor’ moins de celle du puits. » Oh que non, ce n’était pas de l’eau. Mais le célèbre hymne des typographes s’entonne un verre à la main, c’est comme ça. Pas question de déroger aux traditions. Encore moins quand des ouvriers en lutte [1], ceux de l’imprimerie MOP à Vitrolles, vous font l’honneur de sortir votre journal malgré leur mouvement de grève. Les représentants du Chien rouge étaient émus, évidemment. Et une fois imprimés les 10 000 exemplaires du n° 158, tout le monde a trinqué et chanté de concert. Un beau moment de solidarité.

Les salariés de MOP, usine placée en redressement en début d’année, ont depuis repris le travail. Mais leur bras de fer avec le groupe Riccobono, (indélicat) propriétaire de l’imprimerie vitrollaise comme de sept autres en France, continue. Si les ouvriers ont remporté une première victoire, avec une décision du tribunal de commerce de Salon en date du 17 octobre qui acte la poursuite de l’activité, ils savent que rien n’est encore gagné. De loin. Parce que le plan de redressement ne leur fait pas de cadeaux (les 60 emplois en CDI sont maintenus, mais 30 postes d’intérimaires sont supprimés). Qu’il met fin à un certain nombre d’acquis sociaux (dont la prime de pénibilité). Et que – surtout – il n’écarte pas les nuages noirs pesant sur le site : le groupe Riccobono, holding basée au Luxembourg, est toujours décidé à lui faire mettre la clé sous la porte. « La poursuite d’activité n’est qu’un souffle d’air provisoire, résume Mickaël Pinci, secrétaire du syndicat Filpac-CGT Vitrolles. Dans la pratique, le plan de redressement nous met en concurrence avec les autres sites du groupe, alors même que Riccobono réduit notre charge de travail. C’est un piège qui se referme doucement. » Bref, il va falloir mordre et tenir. La lutte continue.

Une qui a durement lutté, aussi, c’est la graphiste du Chien rouge. Non qu’elle se soit mise en grève – pas encore. Mais elle a dû effectuer le bouclage de ce numéro avec une main gauche dans le plâtre. Pas facile du tout. Ô presse alternative, ton univers impitoyable...

Tenir les murs

JPEG


Notes


[1Voir « Gaffe au Ricco-bonneteau ! », article paru dans le n°158 de CQFD (octobre 2017).



Ajouter un commentaire

Par l’équipe de CQFD


Dans le même numéro


Voir






Spip ø Squelette ø Ce site ø Suivre la vie du site RSS 2.0 ø Naviguer en https ø Soutenir CQFD ø Contacts