CQFD

Qui sème le vent bio, récolte la tempête bio

Kokopelli, c’est fini...


paru dans CQFD n°155 (juin 2017), par Joseph Alexandre
mis en ligne le 22/06/2017 - commentaires

Le monde associatif n’est pas toujours plus reluisant que celui de l’entreprise. Il même s’avère parfois pire. Illustration avec le cas d’une association reconnue, figure de la défense de la diversité des semences, Kokopelli.

Elle entend œuvrer « pour la Libération de la semence et de l’humus et la protection de la biodiversité alimentaire » – rien de moins. Depuis 1999, Kokopelli diffuse des semences de variétés libres de droits et édite un catalogue devenu référence. De quoi faire de l’association une icône de la défense des semences face à l’agro-industrie. En apparence, du moins. Parce qu’en réalité, exploitation et management moderne, théorie du complot et tromperie humanitaire ont cours au sein de Kokopelli. Une réalité décrite dans Nous n’irons plus pointer chez Gaïa, paru récemment aux éditions du bout de la ville. Interview avec quelques-uns des auteurs de ce livre collectif : Martin, salarié à Alès avant que l’association ne déménage brutalement, Julie et Laura, anciennes salariées en Ariège, et Bénédicte, jardinière et cofondatrice d’un réseau d’échange de semences en Ariège.

CQFD  : Le livre commence en évoquant « l’histoire d’une lutte salariale qui n’a pas eu lieu » – de quoi s’agit-il ?

Martin : À Alès, où je travaillais jusqu’à 2013, l’équipe salariée était consciente de ce qu’était en train de devenir Kokopelli. Nous en faisions les frais, mais nous n’avons pas su réagir avant que l’association ne déménage en Ariège. Et qu’elle nous laisse derrière elle.

Laura : En arrivant en Ariège, Kokopelli a accentué ce tournant managérial entamé dans les Cévennes. Nous venions d’être embauchées, mais nous nous sommes rapidement rendu compte de ce qui se tramait. Cela nous a choquées, bien sûr, et nous sommes passées « du côté obscur ». Parler des pauses, d’une mutuelle, ou simplement évoquer nos droits élémentaires de salariées faisait en effet de nous des ennemies. Je me suis mise en arrêt de travail, sans avoir le courage d’aller plus loin. On peut donc dire qu’il n’y a pas eu davantage de réaction collective des salariées en Ariège qu’à Alès.

Julie : Nous pensions travailler pour une association militante, mais nous avons vite compris que nous n’étions en réalité que des manutentionnaires pour une plate-forme de vente de semences en ligne. Les méthodes de direction relevaient d’ailleurs du productivisme le plus banal : pointeuse, silence de rigueur, « évaluation individualisée de la productivité », surveillance. Et impossible de contester quoi que ce soit, sous peine d’être accusés de saboter la mission de « sauvetage de la Vie » que la direction prétendait mener.

Malgré cette absence de combat, vous vous êtes quand même lancés dans une écriture collective ?

Julie : Il n’était pas question que chacun.e reste dans son coin, comme une victime traumatisée. Quelques salariés ont donc décidé de témoigner et d’analyser la forme particulière d’exploitation que peut produire le monde associatif – avec l’idée de politiser cette histoire. Et des jardinières du coin, qui mènent un travail de conservation des variétés potagères, se sont associées au projet par solidarité. C’était le début de deux ans de discussions et d’écriture collective.

Bénédicte : Je suis l’une de ces jardinières. Engagée contre l’appauvrissement de la diversité cultivée, j’étais – comme d’autres – adhérente de Kokopelli depuis des années. Mais j’ai vite déchanté quand l’association a débarqué en Ariège. Et je n’étais pas la seule : il y a eu une prise de conscience collective, partagée avec d’autres jardinières. Hors de question « de tolérer la banalité du mal que constitue le rapport salarial ».

Dans le livre, on découvre dans quelles conditions sont produites les semences vendues par l’association…

Martin : Kokopelli se présente comme un réseau de petits producteurs paysans, sauf qu’à l’époque, en 2013, une proportion non négligeable de semences était achetée à des grossistes produisant à bas coût, comme Suba en Italie. Les petits producteurs étaient peu nombreux en réalité. Travaillant sans contrat, ils devaient de toute façon reproduire un trop grand nombre de variétés pour permettre une qualité satisfaisante. Ce dont Kokopelli n’avait cure, l’essentiel étant de maintenir l’image de marque d’un catalogue à la diversité fabuleuse. La dimension collective de la production de semences (échanges sur les techniques de production, travail en commun...) n’était pas favorisée, voire proscrite par la direction. Certains producteurs en parlent dans le livre, même si ç’a été difficile d’en trouver qui témoignent – ils avaient peur de « faire du tort à la cause des semences libres ».

Bénédicte : Les échanges sont indispensables – on le souligne d’ailleurs largement dans le livre. En Ariège, notre petit réseau d’échanges, semblable à ceux qui existent un peu partout en France, est ainsi né de la nécessité de reproduire des semences pour alimenter nos jardins vivriers. C’est une conservation vivante, forcément plurielle : certaines contraintes techniques obligent à s’organiser collectivement – et c’est tant mieux comme ça. Kokopelli, elle, s’en fiche. Ce qui l’intéresse, c’est de proposer un catalogue pléthorique de semences à vendre. Lequel renforce au fond une logique de consommation individuelle et véhicule une vision amputée de la semence.

Kokopelli a aussi l’image d’un réseau international qui mène des actions humanitaires vers d’autres continents. Qu’en est-il en réalité ?

Laura : J’ai justement été embauchée pour travailler sur Semences sans frontières, la vitrine humanitaire de l’association, qui draine beaucoup de dons en argent ou en semences. Et je suis tombée des nues ! Dans les faits, il s’agissait d’envoyer des semences souvent périmées, c’est-à-dire des invendus de la boutique aux durées de germination dépassées de plusieurs années. Les envois ne prenaient en compte ni le climat ni les habitudes culinaires des gens sur place. Il fallait envoyer des colis pour dire qu’on l’avait fait, peu importait leur contenu et leur usage. Comme pour donner raison à Dominique Guillet, le président, qui prétend : « Tout pousse partout s’il y a de l’amour... »

Vous revenez aussi dans le livre sur les discours mystiques et complotistes développés par un dirigeant de cette structure ?

Julie : Avant mon arrivée dans l’association, je n’avais pas vraiment prêté attention au discours idéologique qu’elle produit. De prime abord, les propos des dirigeants me semblaient plutôt anticapitalistes. Mais en réalité, certains d’entre eux alimentent la confusion politique de l’époque. À les en croire, le monde serait dirigé par une poignée de « prédateurs psychopathes déments » complotant pour éradiquer une partie de la population. Les cancers et les ravages de l’agriculture industrielle seraient notamment les moyens d’accomplir ce programme eugéniste immémorial. Un discours qui s’appuie sur le fait que les semences ont une dimension sacrée dans de nombreuses cultures. Ce qui permet de développer un écologisme mystique, voire réactionnaire, et un militantisme moral et apolitique.



36 commentaire(s)
  • Le 22 juin 2017 à 15h08, par Eglantine -

    Est-ce une blague ?!

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  • Le 22 juin 2017 à 19h38, par Un actuel salarié de Kokopelli -

    Encore une fois, merci d’écrire des articles “à charge”, sans chercher à savoir le vrai du faux. Du grand journalisme !

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  • Le 23 juin 2017 à 12h27 -

    Cette histoire est accablante !!!! S’il faut se méfier de tout...

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  • Le 23 juin 2017 à 13h04, par kakapelou -

    En étant plus critique, on peut conclure que la réalité de Kokopelli est loin des principes affichés, que nombre de graines qu’elle propose ne sont ni rares ni menacées contrairement à ce qu’elle prétend, que l’argumentaire écolo-radical est avant tout là pour cacher le fait qu’elle vend les mêmes graines que Jardiland et qu’à part le parrainage de semence, qui consiste pour les volontaires à gérer une espèce rare bénévolement, Kokopelli n’apporte rien à la cause qu’elle veut défendre. Le fait est qu’en tant que militant, après m’être renseigné, j’ai l’impression que cette asso mène un combat qui n’a pas réellement de sens et que les militants et sympathisants de gôche ou écolo sont un peu des vaches à lait pour ce genre d’asso, toujours volontaires pour se faire traire pour peu qu’on leur serve un argumentaire contestataire. http://www.lesenrages.antifa-net.fr...

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  • Le 23 juin 2017 à 13h30, par titi -

    et bé ! je ne dirais que çà ; jusqu’à quand allons nous en avoir encore d’autres à démonter ! mais quelle époque, dure avec cet appât du gain , comment allons nous encore avoir le goût de s’amuser, de se détendre, danser, se divertir, égayer et ses yeux et son cœur ou son esprit avec les spectacles de rue ou des sons et lumières historiques qui ont déjà parlé de choses semblables ! ! ! quand ? ? ? dites nous, c’est pas une blague, non, on a peine à y croire

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  • Le 23 juin 2017 à 14h34, par Surpris ! -

    Ce qui est inquiétant, c’est la réaction violente de certains sympathisants de Kokopelli à l’égard de ces personnes anciennes salariées. C’est une forme de terrorisme largement palpable sur les réseaux sociaux à moins que Kokopelli soit devenu un mouvement sectaire ?

    De toutes les façons, une association où on se lègue de père à fils la direction comme dans certains mouvement politiques... c’est louche

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  • Le 23 juin 2017 à 19h11, par Les petits jardiniers indépendants -

    Non ce n’est pas une blague ! Je connais personnellement plusieurs anciens producteurs de graines qui "travaillaient" pour Kokopelli au début des années 2000 : aucun respect des contrats de production, pas de paiement des récoltes, annulation des commande au dernier moment après 2 ans de cultures (et oui certaines plantes sont bisannuelles et demande beaucoup de temps et d’attention). De même, j’ai croisé ces employés d’Ales qui m’ont raconté leur histoire et leurs conditions de salariat totalitaire. Mais il est bien difficile de toucher à l’image d’un dieu...

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  • Le 23 juin 2017 à 19h30, par Les petits jardiniers indépendants -

    ET toutefois, ce ne sont pas le mêmes semences qu’à jardiland. Il existe plein de petits producteurs de graines indépendants à côté de chez vous, des maisons de semences paysannes, des associations de jardiniers. Cherchez les vous ne serez pas déçus.

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  • Le 23 juin 2017 à 20h08 -

    Bonjour.

    Je vous écris ici car j’ai été pendant un an et demi secrétaire à l’association Kokopelli. Etant moi-même très engagée dans la cause écologique. Et, malgrè votre article dont je n’ai a-bs-o-lu-ment rien reconnu de ce que j’ai vécu pendant cette année et demis, je suis resté dans l’équipe de Kokopelli en tant que productrice de semences.

    Alors, quand on est jamais allé voir les vrais travailleurs Kokopelliens, car il ne me semble pas vous y avoir vu, on écrit pas un article comme celui-ci. Sinon, cela s’appelle un mensonge et non un article.

    Cordialement.

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    • Le 24 juin à 09h49, par Chien rouge -

      Bonjour, Merci pour votre témoignage. Nous respectons votre anonymat mais nous tenons également à vérifier nos sources, car il aussi facile de nier en tout point les affirmations des anciens salariés qui ont témoigné dans Nous n’irons plus pointer chez Gaïa, sans avoir à apporter aucune preuve de son côté. Si vous le souhaitez, vous pouvez prendre contact avec le journal pour rétablir ce qui vous semble être la vérité sur le fonctionnement de Kokopelli. Cordialement

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      • Le 24 juin à 14h13, par Un Pirate -

        Salut

        Encore un mythe qui tombe. Encore une imposture de plus .

        Pour comprendre

        Sur le mythe :

        Au cours du XXe siècle, le mythe a été utilisé comme instrument de propagande par le fascisme, en particulier pour exalter la Nation. On peut estimer qu’aujourd’hui la publicité fonctionne en créant des mythes vendeurs. Le mythe moderne est donc tantôt une manifestation sociale spontanée tantôt une manipulation d’ordre politique ou commercial. Il semble alors que dans les sociétés modernes actuelles, le mythe soit un organe de propagande comme les autres (source wikipédia)

        Sur l’imposture

        https://blogs.mediapart.fr/journal-cesar/blog/070414/roland-gori-la-societe-neoliberale-fabrique-des-imposteurs

        Gori fait référence à la servitude volontaire . Il ya ,aura toujours des personnes pour défendre les imposteurs tel que ce "gourou" ou cet homme politique . Gori dit que "nous" avons besoin des imposteurs...Je pense effectivement qu’une majorité a besoin de "personnalités ",de stars, de vedettes. Nous sommes dans la société du spectacle https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Soci%C3%A9t%C3%A9_du_spectacle_(livre)

        J’ai envie de dire que Guillet n’est qu’un patron donc un exploiteur, un chef qui aurait tendant à se prendre pour un dieu ... Rien de bien original en somme .

        Courage à nous et merci à CQFD d’exister

        Un Pirate

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    • Le 18 juillet à 18h40, par hodja -

      bonjour,je constate que le discours des anciens salariés de kokopelli est étayé, argumenté alors si on veut s’atteler à les critiquer, il faut le faire avec sérieux et honnêté intellectuelle (en lisant le livre pour commencer).Je ne me ferai jamais le thuriféraire de l’esclavage salarial mais des patrons sont pires que les autres. Il faut entendre ce que disent ces anciens de kokopelli car les enjeux sont importants : l’entrepreneuriat qui se greffe à des dynamiques militantes doit à minima être sous le contrôle étroit de tous et toutes pour des raisons que ces témoignages nous rappellent.

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  • Le 24 juin 2017 à 16h07, par Josette Amor -

    Salut,

    Entendu parlé de ce livre par des potes mais pas encore lu. Cependant, ça nous etonne pas, on avait lu, vu et entendu des propos bien crétin de la part d’un dirigeant de l’asso. Des propos qui laisse entendre que l’état du monde serait le fait de laction d’un petit groupe puissant et pas d’un rapport social. Bon on passe, on se dit que ces gens sont bien naïfs, et que leurs compréhension des choses les laissent bien démunis. Puis on a plusieurs jardiniers ou petits producteurs qui nous disent a quel point le taux de germination et pourri, que les prix sont delirants. Puis des salariés, qui parlent d’expérience, du management, et du bizness humanitaire. A la mode Terre et humanisme, ces gens là se crée une image pour tirer du profit des gens qu’ils embobinent. Ils montent des assos et font peser un sacerdoce sur les salariés. Ils profitent de l’énergie et de la volonté des gens pour faire fructifier leur bizness. Ils créent des assos humanitaire pour palper des dons et defiscaliser. Ils nous épuisent.

    Le travail de déconstruction de ces manipulateurs profiteurs est indispensable. Merci a toutes et tous les auteurs.

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  • Le 25 juin 2017 à 09h08, par Kaloou -

    J’ai été salariée dans une association d’insertion pendant 22 ans. Rien à voir avec Kokopelli et les semences mais je me suis tellement reconnue dans le vécu des salariés de Kokopelli ! Le fait de travailler dans une association qui oeuvre pour la bonne cause (quelle qu’elle soit) n’implique pas forcément le respect des salariés, de leur droit fondamentaux et surtout de leur bien être ! Chez nous, tout a commencé à se gâter avec la première élection du délégué du personnel. Chacun de ceux qui ont été élu sont devenu personna non grata et clairement désigné comme personne à qui ne pas parler devant le directeur sous peine de représailles (congés refusés par exemple).

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    • Le 27 juin à 11h19, par Pascale -

      Je me reconnais également. Les associations, y compris sociales, attirent les prédateurs. La plupart des dirigeants veulent bien faire et laissent faire ceux qui ont le goût du pouvoir. Après, ce sont les salariés qui trinquent, lorsque ce ne sont pas les personnes suivies ! Tout cela ne m’étonne pas plus que ça. Il faut donner du pouvoir à ceux qui n’en veulent pas et en écarter ceux qui le désirent !

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    • Le 7 juillet à 11h59, par Chloé -

      Eviter de généraliser concernant "le vécu des salariés de Kokopelli !", veuillez plutôt préciser "le vécu des anciens salariés de Kokopelli qui ont témoignés dans le livre".

      Ce n’est pas la même chose comme les salariés actuels de l’Association n’ont pas témoigné.

      Merci

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  • Le 25 juin 2017 à 10h05, par Al Cke Mi -

    Très déçus par cette article,,, un droit de réponse serai le bien venu,,,, petit partage trouver sur le net du directeur de Kokopelli ! Et plus le temps passe, plus il me prouve qu’antifascisme et anti capitalisme ne sont rien d’autre que la seconde face de la pièce !
    Bonne lecture !
    [ma réponse au livre (si on peut appeler cela un livre sans manquer de respect aux livres) “Nous n’irons plus pointer chez Gaïa“ et à l’article de “Le Jardin des Possibles”]

    Chères amies, chers amis, nous pensions que nous n’allions pas, une fois de plus faire face à des attaques, et surtout à des attaques provenant de personnes que nous pensions de notre côté, que nous avions embauché à Kokopelli pour leurs convictions militantes et qui n’étaient en faite que des convictions de “contre tout” stériles. Des pseudo-révolutionnaires n’osant pas s’en prendre aux vrais problèmes, mais plutôt à une association comme Kokopelli qui fait du “Bio Business”. Nous rappelons que ce “Bio Business” nous permet une autonomie totale et aucune censure dans nos actions militantes… Et non un enrichissement personnel. À l’époque des 4 personnes témoignant dans ce livre infâme, j’étais moi-même payé 2000€ par mois en tant que Directeur de l’association. J’avoue avoir été augmenté depuis. Mais je pense que nous sommes loin, très loin de l’enrichissement personnel comme j’en suis accusé dans ce livre (ma fiche de salaire en image). Je rappelle que vu mon statut, pas de chômage en cas de problème, aucune indemnité, etc.

    Pour ce qui est des conditions salariales, en 20 ans nous avons eu des différents avec des salariés, sans aucun doute. De toutes sortes. Citez-moi une seule structure employant du personnel qui n’en aurait pas eu. Mais il est vrai qu’à notre arrivée en Ariège j’ai fait une erreur. Une grosse erreur, j’ai privilégié le milieu “alternatif” dans mes embauches (frais, naïf et sans expérience que j’étais). Eh oui, ce milieu que je croyais propice à la fertilité propre à Kokopelli s’est tout de suite alerté/braqué sur le fait que nous faisions du business. Ah bon ? L’argent de mon salaire ne tombe pas du ciel ??? Salaud ! Capitaliste ! Ah bon, je ne peux pas passer mes journées à discuter et boire du thé au travail ? Salaud ! Capitaliste ! Ah bon, je n’ai pas droit à une augmentation au bout d’un mois de travail ? Salaud ! Capitaliste ! etc. La liste est longue. Ils n’étaient pas nombreux heureusement, mais j’avoue avoir fait une seconde erreur. Alors que le reste de l’équipe, le bureau et le Conseil d’Administration me priaient de mettre à la porte ces “hippies” qui n’en étaient pas du tout, j’ai utilisé mes super-pouvoirs de directeur pour leur donner une seconde chance. J’ai persisté. Par naïveté, encore, et la situation a dégénéré, et je n’ai pas su gérer la situation. Il est vrai. J’ai pourtant essayé de discuter, d’apaiser. Ici un extrait d’un de mes emails envoyé à la fameuse Association “Passe Graine” dont il est question dans le livre :

    « Aujourd’hui, je souhaiterais calmer un peu les rumeurs et rassurer toutes celles et ceux qui le souhaitent sur les « méthodes de capitalistes » de Kokopelli. Je rappelle que nous sommes une vingtaine et ces histoires ont été répandues par une toute petite minorité, les autres étant ravis de travailler à Kokopelli.

    Je propose donc que nous prenions une matinée, ou un après-midi, pour se rencontrer afin de discuter de vive voix de tout cela en présence des principaux intéressés afin que chacun puisse se faire un avis objectif. Je précise, pour ceux qui ne le savent pas, que j’ai déjà tenté d’entamer la discussion avec le collectif du Bout de l’Azil, en faisant passer ma requête par des amis du collectif qui travaillent à Kokopelli, mais cette requête n’a pas abouti, car, en tant que « capitaliste », je ne suis pas digne d’être écouté. Je trouve cela un peu facile et j’espère vivement que Passe Graines aura l’intelligence que d’autres n’ont pas. Je vous invite donc à me joindre par mail afin que nous puissions définir ensemble un lieu et une date de rencontre.

    De plus je souhaite inviter Passe Graines à prendre part à la bourse aux semences que nous organisons au Mas d’Azil le dimanche 4 mai afin de rapprocher nos associations et que Passe Graines soit présente en tant que représentante locale de la lutte pour la protection de la biodiversité aux côtés de Kokopelli. »

    Ce message est resté en suspens, puis un membre m’a répondu en son nom propre, et c’est tout. Je n’ai ni eu le droit à la parole (car les capitalistes n’ont pas les mêmes droits que les autres, car ce sont tous des “patrons têtes de cons“).

    Quelques points marquants :

    - L’auteur du livre, qui habite à 300m de nos locaux, n’a jamais passé la porte et s’est basée ?? sur des rumeurs, uniquement. Il me semble que comme enquête journalistique, c’est très moyen au niveau objectivité.

    - un des témoignages nous accuse d’interdire la mutuelle OBLIGATOIRE. Donc Kokopelli, qui cumule les procès et les attaques, est donc aussi dans l’illégalité en interdisant la mutuelle ? Bah voyons… Et l’inspection du travail, la médecine du travail, etc. Laissent faire ??? Ah oui, dans ce témoignage, la personne explique que quand nous sommes malades, nous jouons du tambour. Cela explique sûrement pourquoi l’inspection nous laisse tranquilles malgré notre illégalité. Pardonnez mon sarcasme, mais soyons sérieux quoi…

    - Les seuls producteurs qui témoignent dans ce livre des pratiques “horribles” de Kokopelli envers son réseau de producteur sont un couple que nous avons effectivement écarté (pour rester polis) de notre réseau À LA DEMANDE DE NOTRE RESPONSABLE DE PRODUCTION et À LA DEMANDE D’AUTRES PRODUCTEURS tellement ils étaient mauvais !!!

    - Dans le livre, nous sommes accusés à la fois d’avoir des semences qui ne germent pas et à la fois de maltraiter notre réseau de producteurs… Heu, il n’y a que moi qui vois une incohérence ??? Parce que dans l’hypothèse que nos semences ne germent pas, ce qui n’est absolument pas le cas, ne seraient-ce pas les producteurs les méchants du coup ??? Vu que c’est eux qui produisent la semence ???

    Je ne vais pas continuer cette liste, je commence à fatiguer un peu de passer mon temps à me justifier à cause de 4 ou 5 pseudo révolutionnaire à la noix, à qui il manque une bonne dose de courage pour accepter une confrontation publique (ils préfèrent la mesquinerie des réseaux sociaux, et les coups par-derrière). Mais nous allons répondre à ce livre, une personne extérieure à Kokopelli y répondra en notre nom point par point. Car pour nous, Direction, salariés et producteurs, l’accusation nous paraît d’une telle injustice que nous partirions dans les sentiments. Ne suis-je pas déjà en train de le faire ? Mais avant de conclure, et pour illustrer l’état d’esprit des protagonistes, j’ajoute une petite photo de mon cadavre, peinte à la bombe rouge dans un bâtiment public de la commune accompagnée de menaces en tous genre. Cette nuit-là, nos véhicules et notre bâtiment ont étés intégralement gratifiés d’insultes en lettres rouges. Encore une fois, bonne âme que je suis, j’ai refusé de dénoncer la personne (qui a laissé de nombreuses traces) à la police qui était pourtant insistante. Connaissant le passif judiciaire de la personne, je n’ai pas voulu lui en rajouter… Mais encore une fois. Erreur, il semblerait. Et si cette menace de mort m’a laissé un arrière-goût d’inquiétude, elle a littéralement terrifié d’autres personnes de ma famille, et à juste titre, je suppose. Mais encore une fois c’est normal, je suis un salaud de capitaliste... Ne mériterais-je pas une mort sale dans un bâtiment public ?

    En fait, j’ajoute également une photo, positive celle-là, de mon bureau le lendemain de la dernière journée de la saison du printemps 2017 que nous avons terminé ensemble au restaurant du village (comme chaque année). Vous pourrez y voir des dizaines de Post-its collés sur mon écran de messages de remerciement, d’encouragement, etc… zoomez pour les lire et jugez par vous même…

    Ah oui aussi, les faits mentionnés dans ce livre sont-ils réels ? Pourquoi est-ce que les personnes en question n’ont-elles pas entamé de procédures au Prud’hommes ? Pourquoi prendre deux ans pour écrire ce crachoir plutôt que d’entamer une réelle procédure à l’encontre des pratiques salariales de Kokopelli ? Je pense que toute personne avec un peu de bon sens a la réponse : parce que comme le résumé du livre l’explique, la lutte salariale n’a pas eu lieu, car il n’y avait rien contre quoi lutter…

    Pour ce qui est de cet article de “Le Jardin des Possibles”, je ne l’ai pas lu. Trop de travail au jardin et ailleurs et je ne souhaite plus perdre de temps avec toutes ces bêtises. Mais je me doute que comme d’habitude la qualité de nos semences est mise en jeu. Je répondrais simplement. Nous faisons ce travail depuis 20 ans. Nous avons plus de 12.000 adhérents. Et des dizaines de milliers de gens passent commande chez nous tous les ans. Nous avons un réseaux de 25 producteurs professionnels qui ne sont pas du tout content d’apprendre que leurs semences sont critiquées par une minorité de “grincheux” qui doivent probablement avant tout se poser des questions sur leurs méthodes de semis. Enfin, tous les lots sont testés au minimum une fois, puis re-testés s’il reste du stock l’année suivante.

    J’ai contacté l’auteur pour entamer la discussion, mais encore une fois. Silence radio. Condamnation sans appel et sans que les condamnés ne puissent s’exprimer…

    Pour terminer, et en attendant la réponse officielle au livre, j’invite tous les sceptiques à venir nous rendre visite. Nos portes sont ouvertes, grandes ouvertes !

    Ananda Guillet, triste mais confiant car la vérité finit toujours par ré-émerger….

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    • Le 25 juin à 15h32 -

      Je ne connaissais pas la publication du Jardin des Possibles. Merci de nous la faire connaître, à la défaveur de A. Guillet

      Quant à vous, @Al Cke Mi, qu’apporte votre commentaire au débat via un long copié-collé d’une réponse d’A. Guillet sur un autre blog ? Quels sont vos arguments en propres ? Pourquoi êtes-vous déçu ? Nous ne le sauront peut-être jamais ...

      Quelle est l’autre face de cette pièce ? Qu’antifascisme et anti-capitalisme sont liés ? C’est nouveau ça ?

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      • Le 28 juin à 08h47, par jardinieramateur -

        Je découvre tout ... Je ne sais pas qui a raison et qui a tort, le temps fera sortir la vérité si la justice s’en mèle ... Tout ce que je sais en tant que simple consommatrice (ancienne) de graines de Kokopelli, c’est que j’en achète plus. Toutes elle que j’ai pu acheter n’ont jamais germé ...

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  • Le 25 juin 2017 à 23h04, par père magotte -

    Producteur chez kokopelli, un petit, tout petit même mais sérieusement j’ai pas de mots pour autant d’imbécilites, j’ai un contrat et oui désolé, seul point sur lequel je reviens puisque le reste n’en vaut vraiment pas la peine vérifiez juste vos sources.

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  • Le 26 juin 2017 à 11h34 -

    Je me souviens a des foires bio, il y avait kokopelli et je n’ai en effet eu aucune envie de leur acheter quoi que ce soit, ce qui est écrit dans l’article résume bien mon sentiment, une asso (comme tant d’autres d’ailleurs) qui se fait passer pour aidante, et qui en fait n’est qu’une vitrine pour faire du fric sur le dos de leur esclaves (sympathisants, employés, etc). Dans un autre domaine, l’OVEO (Olivier Maurel) est comme ça aussi, ils se font passer pour des gens qui veulent aider mais dès que vous ne leur donnez pas plein de frix à chaque appel au don, curieusement ils vous menacent de procès, vous insultent, etc...

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  • Le 26 juin 2017 à 17h04 -

    Bonjour

    Il ya plusieurs aspects à cette histoire bien sordide .

    Un aspect technique et commercial : D’abord la question du faible taux de germination connu depuis un moment . Oui mais c’est un acte militant que d’acheter à Kokopelli a t on entendu, d’ailleurs moi même je pensais que c’était militant .... Ah le label militant ... Une aura pleine de vertus sans aucun doutes !

    Et puis l’autre aspect c’est le social et là on est dans le "pas triste" Guillet sombre allégrement dans le totalitarisme. Les paroles du "petit maître" et gourou sont sans appel :

    "Je ne tolérerai aucune perversion des règles gaiennes"

    Les mots ont un sens ! Ce n’est pas transgression des règles c’est perversion ,rien moins que ça .

    Et la sécrétaire de l’assos qui défendant son boss en écrivant çi dessus :

    "les vrais travailleurs kokopelliens " Parce que les autres ...........sont sans doute de vrai faux travailleurs ? "Une minorité de grincheux"

    Et le gourou de continuer :

    Tu as une charge karmique négative"

    Là c’est le jugement religieux car le Karma est une notion religieuse ou il est question de vie précédente

    Definition du Karma .

    Principe fondamental reconnu par les trois grandes religions indiennes et reposant sur la conception de la vie humaine comme maillon d’une chaîne de vies (samsara), chaque vie particulière étant déterminée par les actions de la personne dans la vie précédente.

    Pour moi on a le droit de croire mais ça doit rester dans la sphère privée surtout que les religions ......bonjour les dégâts ! Dans le cadre du travail ,je vois pas ce que ça vient faire ! Par contre il y a maltraitance ,voir harcèlement de la part du gourou . On connaît les rapports qu’entretienne les gourous avec le pouvoir ! Alors Ya basta les adeptes kokopelliens !

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  • Le 4 juillet 2017 à 17h46, par Le Fils du Grand Gourou -

    Bonjour à tous, 

    Je ne m’étalerais pas, à quoi bon. Le procès a été fait, sans appel, sans discussion, sans prise en compte de la réalité de la situation sur le terrain. Le procès a été fait, et même si de nombreux adhérents et amis de Kokopelli témoignent sur le Net et sur les marchés, les oreilles sont toujours plus ouvertes à la critique facile, mais ô combien douce et suave ! 

    Je soulèverais simplement quelques points, le reste n’est pas digne d’intérêt : 

    - J’admire le travail de CQFD depuis des années, et la je suis dégouté. Même pas un petit coup de téléphone, même pas une consultation. Sans parler bien sûr de venir à la rencontre des salariés, des producteurs ou de moi-même... Sentiment d’incompréhension total devant un tel manque de professionnalisme

    - Kokopelli existe depuis 1999 et certains de nos producteurs actuels nous suivent depuis même avant, à l’époque de Terre de Semences. Depuis ce temps, nous avons donc recruté et formé de nombreux producteurs et avons vu passer des centaines de saisonniers dans les jardins et au siège de l’association. Des dizaines de CDI aussi, certain nous suivent également depuis 1999. Ce livre est basé sur les mensonges de 5 salariés, anarchistes de comptoir, qui ne sont, en effet, pas resté à Kokopelli. OUI J’EN AI MIS CERTAINS À LA PORTE !! Quand une ou plusieurs personnes mettent la structure en danger, mon rôle est d’agir. Et ce n’est pas drôle du tout ! Mais je vous passe de nombreux détails : les menaces d’une personne arrivant ivre chaque après-midi. Les mensonges. Les prises de décision stratégique sans consultation. Le sabotage de la base de données. Le vol de sachets et leurs reventes sur la place publique par une jeune fille m’ayant fait les yeux doux, car la pauvre petite n’avait pas d’ordinateur chez elle et avait besoin des clefs pour rester plus tard pour travailler sur ses projets perso, etc..

    - Les conditions de travail décrient dans le livre sont simplement totalement fausses. Si les journalistes ou critiqueurs de compétition faisaient l’effort de se déplacer, ils s’en rendraient compte par eux-mêmes. Nous n’avons jamais eu un seul cas de prud’homme. Les seuls vrais conflits ont été avec les personnes témoignant dans le livre. No mas. 

    - Les mails des conversations entre Martin et Dominique sont les seuls éléments véridiques du livre, mais ces mails sont hors contexte totalement, et simplement de petits bouts ont été pris. Et bizarrement jamais les mails de bases ou réponse de Martin, seulement des bouts de réponse de Dominque. Mais Dominique, et c’est une erreur de sa part, parlait à Martin en tant qu’humain et non en temps que salarié. Car Martin est très impliqué dans les théories “Steiner” que Dominique défendait pendant une époque de sa vie. Il croyait Martin capable d’entendre un autre discours plus “décalé et profond”. Une erreur de sa part qui nous coûte actuellement la qualification de secte. Le reste des allégations sont inventées de toute pièce (vous n’entendrez jamais Dominique parler de Karma, il est contre ce concept et en parle sur son site personnel, il me semble) et sont donc archi mensongères. Pour la petite histoire, nous avions choisi le Mas d’Azil, car nous comptions sur Martin pour nous suivre en Ariège et avions trouvé une école “Steiner” pour ses enfants non loin de là. L’École de Chant Arize... Pour la seconde petite histoire, ce cher Martin s’est mis en avant longtemps après son départ de Kokopelli comme “ancien responsable des stocks chez Kokopelli” pour augmenter sa crédibilité. Si peu d’éthique me donne la nausée. 

    - Les attaques, dans ce livre, sont tellement énormes que je me demande comment elles peuvent être prises au sérieux, exemple : nous interdisons la mutuelle et jouons du tambour quand les salariés sont malades (sans blague ! Oui, oui, je vous assure. Ah bon OK, c’est normal c’est une secte d’extrême droite et la médecine tu travailles est surement dans le coup !), nous n’avons pas de délégués du personnel (ah tiens, et l’inspection du travail par compassion avec la secte d’extrême droite ferme les yeux ! L’inspecteur doit faire partie de la secte c’est sûr....), harcèlement moral (bon la j’avoue que quand j’ai surpris Laura en train d’écrire des poèmes à son amant, caché dans le stock, j’ai du lui demander de retourner travailler, qu’elle enfoiré de capitaliste je fais, la pauvre petite n’avais jamais travaillé avant et n’avait pas compris que le salaire n’était pas versé pour ses beaux yeux), j’embaucherais des Femmes seules, avec des enfants de préférence, et souvent sans papier... (Bas oui, et je les entrepose à la cave, à côté de mes esclaves importés d’Afrique noire et d’Amérique latine... (sans blague ! Oui, oui, je vous assure. Ah bon OK, c’est normal c’est une secte d’extrême droite, ils font surement des sacrifices humains !) 

    - La qualité germinative des semences est médiocre ? Ah bon ? Et donc cela fait depuis 1999 que nous vendons des semences qui ne germent pas et les gens reviennent chaque année. Bien quoi ? C’est pour soutenir la secte évidemment suis-je bête. Tiens, une petite histoire : M. Machin du jardin des possibles, qui est à l’origine de tout ce refus sur internet à propos d’un livre tellement mauvais et sans sources qu’il n’arrivait pas à décoller, nous accuse d’avoir vu pousser de la moutarde japonaise à la place de ses poivrons. Il n’y a que moi que cela choque ? Il fait payer 1500 balles des formations en permaculture (et c’est Kokopelli la secte !) et ne sait pas reconnaitre une graine de moutarde ! Et sur les milliers de sachets de poivrons, c’est le seul à avoir eu le problème évidemment, les autres savent jardiner. Donc oui je me doute que les graines de Kokopelli ont du mal à germer devant tant d’incompétence. Mais lui écrit un article, car là il est compétent. Et paf ! Kokopelli c’est de la m.... en boite ! Ça me fatigue, vraiment.... 

    - D’ailleurs, vous noterez que dans le livre, seul un témoignage de producteur est présent. Et s’ils n’ont pas eu le courage de se nommer, je les connais bien. Et oui, nous les avons virés du réseau. Car ce couple faisant n’importe quoi ! Ils hybridaient tout et leurs semences étaient d’hyper mauvaise qualité. Mais là encore, nous sommes coincés, si nous virons des producteurs produisant des semences de mauvaise qualité nous sommes des capitalistes tortionnaires, et si nous vendons de la graine de mauvaise qualité nous sommes des escrocs. Alors je vous le demande, étant donné que les producteurs sont en effet les producteurs, que devons-nous faire pour ne pas froisser ces anarchistes d’eau douce prêtes à tout pour créer le Buzz, et surtout à utiliser le nom de Kokopelli pour enfin vendre des livres ? 

    - Simplement pour finir, nous avons vécu des menaces, des insultes, de la détérioration de véhicule, de notre local, nous avons vécu dans la peur à cause de gens violents dans leurs actes et dans leurs paroles. Des gens qui insultent l’anarchisme, le vrai, de par leurs actes. Je suis dépeint comme un stalinien, et tortionnaire, etc., mais je n’ai jamais eu le droit de me défendre, ni d’ouvrir le débat avant la publication de ce torchon. Car il est plus simple de rester sur une idée bien fermer et publier des mensonges (très en retard, car le livre à mis 2 ans pour sortir) sans laisser de portes d’entrée à la vérité. Et tout le monde applaudit au courage des salariés exploités par le cartel Guillet. Quelle farce. Nous faisons une réunion chaque semaine à Kokopelli, et il a longuement été débattu de la manière dont les salariés et les producteurs pouvaient démentir les mensonges proférés. Une salariée s’y est risquée avec un témoignage de soutien sur Facebook, et tout de suite les réactions ont été : « en fait, les Guillet sont des royalistes ! Et ils ont des sujets bien sages inféodés à leurs dogmes. Etc.... ». Et là nous avons compris que le combat est vain. Quoi que nous fassions, nous aurons tort. Parce qu’en France, l’oiseau bien connu qui continue à chanter alors qu’il a les pieds dans la merde, préférer mourir que de dire : « je suis désolé, je me suis trompé ».

    J’ai déjà passé de trop nombreuses heures à nous défendre, mais je ne tarderais pas à demander un droit de réponse à CQFD, que je continuerais à lire, mais avec une certaine méfiance du coup. Car j’ai la preuve que même ce genre de média ne cherche pas toujours l’objectivité. Mais rassurez-vous, la réponse que nous proposerons à CQFD ne sera pas écrite par moi, car je suis trop émotif sur ce sujet, l’injustice que je ressens est trop grande pour que je puisse la traiter sereinement. Et mes réponses ne sont généralement pas à la hauteur de mon titre de Directeur, mais faute de professionnalisme froid sur ce sujet, ces réponses viennent du cœur.

    PS : Vous connaissez agriculture et environnement. Le site d’un troll de renommé international travaillant pour l’industrie agroalimentaire. Lui aussi se jette sur ce pain bénit offert pour les anarchistes de comptoir que sont les auteur(e)s de ce livre. Je ne vous donnerais pas le lien pour ne pas aider Google dans sa tâche de fichage. Mais faites la recherche vous trouverez tout de suite. Cela s’appelle : Descente dans l’enfer salarial de Kokopelli. (Oui moi aussi j’adore ce titre, c’est tellement vendeur). Voilà qui vous servez : les ennemies, les vrais.

    PS le retour : j’ai moi-même acheté, pour l’exemple et pour garder une trace de l’aberration, le fameux livre sur Amazon.fr. Ça vous dit quelques choses Amazon ? Je veut dire, quand on critique les conditions de travail d’une structure, ne serait-il pas de bon goût d’éviter Amazon ???? Enfin quand même ! Même nous, horribles tortionnaires capitalistes, nous ne vendons pas notre ouvrage sur Amazon.... 

    Ananda Guillet, Directeur de Kokopelli (vous savez, la seule association qui a eu le courage de rester dans l’illégalité et de partir devant les tribunaux pendant que tout le monde s’agenouillait devant le GNIS et la FNSEA, aujourd’hui encore nous sommes les seules à ne pas accepter notre carte au GNIS... À bon entendeur....)

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    • Le 8 juillet à 17h17, par Flyfucker -

      Côté droit de réponse ça a tout l’air de fonctionner . Donc pour résumer Kokopelli est victime d’une bande" d’anarchistes de comptoir" qui sont des menteurs ,des voleurs, des tricheurs et des diffamateurs qui passent leur temps à coincer la bulle ,à écrire des lettres à leur amant .... Sans doute pratiquent illes le sabotage ? Merci à toi de rétablir la vérité. Ben mon gars va falloir porter plainte ! C’est vrai tu peux pas parce que toi t’es un vrai anarchiste ! Chavais pas que vous étiez anar à Kokopelli mais ton père a l’air de le penser . Pense bizarre ton papa . Faudrait qu’il arrête la soucoupe volante ! Dommage ! En tout cas côté victimisation ,tu me fais penser à Chouard . T’as comme lui ,un certain talent . Va falloir écrire un livre sur tes anciens salariés d’Alès et du Mas d’Azil : "Comment les résistants de Kokopelli ont bravé l’adversité des anarchistes de comptoir"

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    • Le 10 juillet à 11h23, par Mathilde et Vivien -

      M. Guillet,

      Votre ligne de défense semble bien confuse... à coups de "vous ne pensez pas tout de même que", de "comment pourrions nous être des salauds de Capitalistes ?", et de "toutes les critiques proviennent de pseudo anarchistes et de mauvais jardiniers", vous ne donnez la preuve de rien sauf de votre maladresse et votre embarras.

      Nous avons nous-mêmes bien connu des producteurs "lourdés" par Kokopelli du fait de leur prétendue "incompétence", qui n’ont pas voulu témoigner dans ce livre pour ne pas "nuire à la cause des semences". C’est leur choix, ça ne fait pas de tous les silences additionnés des manifestations de soutien envers le clan Guillet. Ce ne sont pas les mêmes qui témoignent dans le livre : nous les connaissons bien aussi, et utilisons depuis 2013 des semences qu’ils avaient produit pour Kokopelli. Contrairement à ce que vous sous entendez, celles que nous avons pu utiliser, et multiplier, ne germaient pas mal et n’étaient pas hybridées...

      Nous avons nous-mêmes acheté des semences à Kokopelli, et avons pu déplorer des taux de germination parfois très décevants, et avons continué en nous disant que la cause était belle et bonne et que ça valait le coup de la soutenir malgré cela. Donc oui, nous pouvons penser tout de même que l’association bénéficie de soutien pour bien d’autres raison que son professionnalisme et sa vertu morale effective. Est-il inconcevable qu’une marque se vende grâce à son « image de marque », qui masque parfois efficacement des réalités moins idylliques ? Non M. Guillet, ce n’est pas inconcevable, ça s’appelle du marketing efficace.

      Oui, on peut penser qu’une association se donne des allures tout en pratiquant ni plus ni moins du management digne de la jungle capitaliste la plus malheureusement banale. Que vous fassiez "comme partout" est d’autant plus décevant qu’on attendait de vous que vous fassiez "autrement". Et on attendait pas ça comme ça, « parce qu’on s’était dit que » : à travers vos discours, vos écrits, votre pensée marketisée, vous nous avez vendu cette vision onirique. Ceux qui se réveillent ont la gueule de bois et c’est bien normal il me semble.

      Donc, votre agitation sémantique n’est pas un argument. Par contre en tant qu’employeur il devrait vous être extrêmement facile de prouver que les salarié.e.s en question bénéficiaient bien d’une mutuelle d’entreprise à l’époque mentionnée, et qu’un délégué du personnel a bien été élu conformément aux règlements. A moins que vous ne brûliez vos archives au fur et à mesure, ces documents sont là, sous votre main, pourquoi ne pas les publier au lieu de publier quatre photos de tags peut-être pas très constructifs mais un peu légers pour constituer des menaces ultra violentes ?Et qu’en est-il des comptes de votre association ? Pour une structure de la taille de la vôtre, ils devraient être irréprochables et consultables aussi bien par l’administration que par les membres. Pourquoi ne pas les publier si vous les tenez correctement ? Ils constitueraient une défense bien plus crédible que votre fiche de paie qui ne prouve que votre salaire officiel. Pour le harcèlement moral, effectivement, c’est plus difficile à prouver, même devant les prud’hommes, comme quiconque a eu affaire à ce genre de situation le sait.

      Vous dites que vous avez été jugé sans appel. Mais enfin Mr. Guillet, qui vous empêche de vous défendre ? Quelles sont les forces supérieures qui vous censurent et vous empêchent de « laver votre honneur » ? Ce discours servis à foison pendant vos années de procès effectif ne s’applique pas ici, et surtout, il ne vous dédouanera pas ! Rien ne vous empêche de publier vous même les preuves que les auteur.e.s du livre n’ont écrit que des élucubrations à des fins de vendetta personnelle. Cessez donc de dramatiser et de vous placer en victime. Vous avez la possibilité de vous défendre, utilisez là plutôt que de crier à la diffamation, nous serons là pour vous lire, et nous verrons alors ce qu’il est en. Je doute que vous ayez ces preuves en mains, sans quoi vous ne vous seriez pas gêné pour déjà les publier.

      M. Guillet, désolé, à l’avenir, il vous faudra déployer autre chose que le sempiternel "non mais regardez, on résiste face au GNIS, et puis les gens nous soutiennent" pour bénéficier de l’auréole militante et subversive qui vous accompagnait si facilement par le passé. Beaucoup de gens qui vous soutenaient, et ont maintenant entendu les voix discordantes des "pseudo révolutionnaires" brisant le mythe du joueur de flûte aux mains propres et à l’éthique irréprochable, ne vous soutiendront plus. Beaucoup continueront à vous soutenir par ignorance, angélisme ou même par réelle adhésion. Il y a bien des gens qui achètent leurs semences chez Leclerc sans contester leur projet politique, il n’est pas difficile de penser que kokopelli continuera à vendre des semences. Tant mieux pour vous. Tant pis pour ceux qui pensent que la cause des semences est éminemment politique et qu’on ne peut pas en faire n’importe quoi.

      Bien à vous,

      Mathilde et Vivien

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  • Le 8 juillet 2017 à 01h39, par greg gauthier -

    Bonjour,

    je suis maraîcher et producteur pour Kokopelli depuis 2014, et je souhaite autant que faire se peut (je manque cruellement de temps -en pleine saison- pour rebondir sur toutes les inepties lues par-ci par-là) réagir à cet article et éclaircir certains points, à savoir « de comment çà se passe avec les producteurs ». Avant toute chose, quelques considérations qui m’ont poussé à écrire ces lignes au milieu de la nuit alors que je serai dans mes cultures à 6-7h du mat et que çà me fait bien chier de sacrifier de mon sommeil :

    - je suis extrêmement déçu par cette publication qui n’est pas du tout à l’image de l’éthique journalistique que je connaissais de CQFD, journal qui m’avait emmené par des enquêtes de terrain dans le quoditien des migrants de Ceuta ou Melilla, chez les kurdes du Rojava ou dans les barricades de Oaxaca... merde ici on a un différent à quelques bornes et il semble inopportun de recouper des sources, envoyer un reporter, prendre du recul... résultat : un coup de fil à trois rédacteurs d’un bouquin à charge et un titre sans appel, un verdict "kokopelli, c’est fini.." Très sincèrement je ne comprends pas, vraiment pas.

    - il y a sûrement des erreurs chez les Guillets et la gestion de Kokopelli, mais il ne suffit semble-t-il pas de faire chuter Kokopelli (et quoiqu’on en dise une des dernières structures militantes, pour le moins dans la radicalité de son positionnement vis à vis du commerce des semences), il faut que chacun y vienne de son petit commentaire mensonger, jeter sa petite pierre... c’est abject. Elle est belle la pensée critique quand elle s’exprime !

    - en tant que producteur, je ne connais pas, ou très peu, l’ensemble de l’équipe salariale et les rapports qui s’y trame (je connais des interlocuteurs directs comme les chargés de production ou la personne qui contrôle les taux de germination -oui oui çà existe- mais n’ai quasiment pas de rapport avec le reste de l’équipe) et je ne m’avancerai donc pas dans les psychodrame qui s’y joue. Je considère toutefois qu’aucune structure est assez précieuse (pour la biodiversité ou autre) pour sacrifier la dignité de chacun. Reste à savoir si les expériences relatées (et je ne nie pas qu’elles aient pu être douloureuses) sont réellement objectives et n’aient pas la rancoeur pour seul moteur. Concernant la partie "producteur" j’ai de gros doutes, d’où mon souhait d’intervenir pour élargir la réflexion à d’autres sons de cloches ; mon expérience, en tant que jeune producteur, étant très satisfaisante.

    Donc, en quelques points :

    - Depuis que j’ai commencé à fournir Kokopelli (2014), les prix n’ont jamais varié à la baisse en cours de production. Ils ont peu ou prou jamais été révisé, si ce n’est à la hausse.

    - Les prix au kilo des différentes espèces sont dans l’ensemble correct. Certaines non, il suffit simplement au producteur de refuser la production de telle ou telle espèce. Les plannings de production sont proposés en hiver et ils sont ensuite discuté conjointement avec le producteur et Kokopelli. Personnellement, je n’ai aucun souci pour enlever ou ajouter une variété ou une autre. C’est quasiment du sur-mesure, et je ne me sens nullement pressurisé !

    - Egalement on ne pousse pas à l’hybridation (non mais j’ai vraiment lu n’importe quoi sur le net ou dans ce bouquin, je ne me souviens plus !). En règle générale, pour les espèces allogames une seule variété est donnée... après différentes méthodes existent pour garantir la conformité d’une variété d’une année à l’autre. Dans mon cas par exemple, j’ai en culture tous les ans – et sur ma demande – 4 à 6 variétés de Cucurbita maxima. Je procède donc moi-même tous les jours à la pollinisation manuelle des fleurs de 300 à 400 plants. Soit-dit en passant c’est un travail quotidien de rigueur qui demande 3h par jour pour de tels quantités (qui s’ajoute au travail de producteur et de maraîcher) qui rend d’autant plus insultant les propos dispensés gratuitement sur des lots hybridés ou des délires de moutarde levant à la place de poivron (pas plus de commentaire là-dessus çà n’en mérite pas)

    - Oui, depuis cette année il y a des contrats écrits, avec des droits et des contreparties. Personnellement je m’en tamponne, jusqu’ici l’accord oral me suffisait et il a toujours été respecté. Quant au paiement des récoltes, il n’y a jamais eu aucun souci. Bien au contraire, d’une part les excédents de récoltes sont généralement pris et payés et d’autre part, à l’inverse de nombreuse structure semencières (qui à leur décharge ont peut être moins de trésorerie ?) fonctionnant en une sorte de dépôt-vente (paiement après vente, donc parfois 2 ans près semis ), Kokopelli paye à la livraison, ce qui est beaucoup plus confortable.

    - Concernant le taux de germination et pour ce qui s’y trame en interne, j’ai vu que Kokopelli avait publié ici https://blog.kokopelli-semences.fr/2017/06/qualite-des-semences-tests-de-germination-chez-kokopelli/ Je ne sais qu’ajouter, si ce n’est qu’en tant que maraîcher j’utilise en grande partie les semences que je produits pour eux. A ce jour je n’ai jamais eu un lot vendu à Kokopelli qui ne germait pas chez moi à minimum 80-90 % , et la plupart du temps à 100 %. J’achète également des semences à d’autres enseignes et ,bien souvent j’en suis désolé, la qualité de germination est moindre, sans être pénalisante toutefois.

    - Enfin -avant de retrouver Morphée- concernant la gestion collective et vivante des semences. Bien que je partage cette vision, il me semble qu’elle n’a pas nécessairement lieu d’être chez Kokopelli. La gamme présente est bien trop large pour y prétendre sérieusement et le travail d’accompagnement dans le maintien de certaines variétés trop lié localement et culturellement (pour info, il existe cependant bien depuis peu un forum des producteurs de Kokopelli pour favoriser les échanges, mais celui-ci tâtonne encore et concerne essentiellement les aspects technique de la production). Oui Kokopelli maintient l’image d’un catalogue pléthorique et d’une fabuleuse diversité de variétés, mais en quoi ceci renforce « une logique de consommation individuelle » ? Je pense que Kokopelli s’est toujours vu comme un passeur de semences, de semences en pollinisation ouverte laissant chacun libre de reproduire et gérer collectivement s’il le souhaite une variété ou un ensemble de variétés (il y a d’ailleurs localement différentes associations qui œuvre dans ce sens, je peux citer autour de chez moi Agrobio Périgord qui travaille sur des variétés locales de maïs population).

    Voilà en gros ce que je pouvais dire et/ou rectifier de mon point de vue de producteur, espérant avoir pu apporter un autre éclairage. Je reste disponible, autant que la charge de travail d’agriculteur me le permette, pour répondre à tout question ou même recevoir une véritable équipe de journaliste sur mon lieu de production.

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  • Le 15 juillet 2017 à 17h37, par Michel BERTHELOT -

    J’étais loin d’imaginer qu’un jour CQFD tomberait dans ce travers-là !... j’ai bien connu les débuts et les tribulations de cet honorable journal d’essence Marseillaise... Je les savais et les appréciais de gauche. Qui aurait pensé qu’ils dériveraient aussi loin à l’extrême ?! Pas moi en tout cas. Mais il faut bien se rendre à l’évidence, les antifas semblent avoir copieusement phagocyté la rédaction. Dommage.

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    • Le 17 juillet à 15h33, par Flyfucker -

      Ouais c’est vrai quoi ! CQFD envahi par ces salauds d’antifa . Un vrai naufrage ! Mais que fait la police ! Guillet au pouvoir ! Merde alors !

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  • Le 18 juillet 2017 à 17h11, par Michel BERTHELOT -

    On aimerait savoir qui se cache derrière le pseudo "Joseph Alexandre" et avoir une petite bio de la personne pour savoir d’où elle parle et de quel maître elle est, elle, la fervente disciple !...

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Par Joseph Alexandre


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