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Autobiographie

Emma Goldman, une anarchiste au temps des révolutions


paru dans CQFD n°170 (novembre 2018), rubrique , par Mickael Correia
mis en ligne le 30/11/2018 - commentaires

C’est un livre-événement. Pour la première fois, l’intégralité de l’autobiographie d’Emma Goldman (1869-1940), Vivre ma vie – Une anarchiste au temps des révolutions, est publiée en français ce mercredi 21 novembre. Une lacune dans le paysage éditorial qui vient d’être comblée par les éditions L’Échappée.

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Entre fresque historique et ode à la révolte, cet ouvrage-fleuve de 1 000 pages serpente à travers la fièvre du mouvement ouvrier américain, les prémices autoritaires de la révolution bolchevique, les luttes antimilitaristes ou encore le combat pour l’émancipation des femmes. Mais il permet surtout de découvrir le parcours tumultueux d’Emma Goldman. Une vie d’exil empreinte d’amour libre, de radicalité politique et de sensibilité artistique. Entretien avec Laure Batier et Jacqueline Reuss, les deux traductrices de cette œuvre passionnante.

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Quand Emma Goldman a-t-elle écrit son autobiographie ? Comment se fait-il que ce n’est qu’aujourd’hui que paraît en français l’intégralité de Vivre ma vie ?

Jacqueline Reuss : Elle a commencé à rédiger son autobiographie en 1928 pour publication aux États-Unis, en exigeant qu’il soit édité à cinq dollars, un tarif «  abordable pour la classe ouvrière », facteur crucial en période de crise économique. À sa sortie en 1931, il est vendu 50 % plus cher. Elle était furieuse, d’autant plus que le livre a été un fiasco financier malgré d’excellentes critiques et un grand succès à travers sa diffusion en bibliothèque et de main en main.

On découvre son autobiographie en France avec le mouvement contestataire et le renouveau féministe à la fin des années 1960. Malheureusement sa traduction a été très partielle – seulement un tiers environ du livre initial a été publié en 1979 – ce qui, selon nous, trahit l’essence même de cette œuvre. Il fallait vraiment garder l’intégralité de l’ouvrage, car dans la vie d’Emma Goldman et dans sa philosophie politique, tout est intimement lié : la vie sexuelle, le combat politique, les amitiés, la violence.

Laure Batier : On efface facilement la vie des femmes, et là, durant quarante ans, c’est ce livre incomplet et intitulé L’Épopée d’une anarchiste qui a fait autorité à propos d’Emma Goldman. Ce qui a été tronqué dans cette première traduction concerne en grande partie ses années américaines et son rôle au sein du mouvement social aux États-Unis. Cela représente tout de même trente-cinq années de sa vie !

En quoi ces années américaines sont-elles fondatrices pour Emma Goldman ?

J.R. : Elle quitte l’Empire russe pour les États-Unis en 1885 âgée d’à peine 16 ans – elle est originaire d’une famille juive lituanienne. C’est une immigrée économique comme on dirait aujourd’hui. Mais un an après son arrivée, le 4 mai 1886, une manifestation ouvrière dégénère à Chicago, à Haymarket Square, causant plusieurs morts [1]. Nombre d’anarchistes sont arrêtés et quatre d’entre eux sont pendus en novembre 1887. Ce massacre légal est un grand choc pour l’adolescente Emma Goldman et dès lors, elle sait intimement que ce qu’elle nomme « la Cause » animera toute sa vie.

L.B. : Les États-Unis sont en pleine ébullition et traversés par une forte conflictualité de classe. La lutte pour obtenir la journée de huit heures est alors le grand combat ouvrier. Goldman était déjà une jeune femme rebelle, influencée par les nihilistes et les grandes figures féminines du mouvement révolutionnaire russe. Au-delà du drame de Haymarket Square, elle est aussi nourrie intellectuellement par les meetings politiques, très populaires à l’époque, ou encore par Johann Most, un militant anarchiste allemand fervent partisan de la propagande par le fait.

J.R. : Elle baigne dans le milieu de l’immigration européenne ouvrière avec nombre de révolutionnaires yiddish et allemands. Mais elle prend conscience de la nécessité de toucher le public américain. Pour elle, les anarchistes ne doivent pas rester enfermés dans leur ghetto politique. Déjà très populaire parmi les travailleurs immigrés, maîtrisant parfaitement la langue anglaise, elle sillonne d’est en ouest les États-Unis en tant que conférencière. Au gré des luttes, elle attire les foules, notamment autour de la défense du droit à la liberté d’expression, qui est alors un des chevaux de bataille des Industrial Workers of the World (IWW) [2].

Elle rencontre ensuite Alexandre Berkman, qui sera son compagnon dans la vie comme dans les luttes...

L.B. : Après son divorce en 1888, Goldman s’installe à New York où elle rencontre l’anarchiste Alexandre Berkman. Il est nettement moins connu que Goldman, car ce n’est pas un orateur, mais cet homme sera son amant et camarade de lutte de toujours. Il disait que la place d’Emma, c’était la tribune, et la sienne, l’écriture.

J.R. : En 1892, une grande grève éclate dans les aciéries de Homestead, en Pennsylvanie. Le patron, Henry Clay Frick, embauche des policiers privés qui tirent à bout portant sur les grévistes. Goldman et Berkman décident alors de l’assassiner. Ce dernier agit seul ; ainsi, s’il est pris, Emma pourra mener campagne autour de cet acte de propagande par le fait. Après avoir tenté de fabriquer une bombe, il achète une arme mais échoue dans son action, ne parvenant qu’à blesser le capitaine d’industrie. Berkman écope de vingt-deux ans de prison – il en fera quatorze [3].

L.B. : C’est une époque de grèves massives, sujettes à une répression brutale. La violence policière et patronale était telle que selon eux, l’assassinat de Frick allait éveiller la conscience ouvrière.

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Qu’est-ce qui conduit Goldman à être expulsée des États-Unis en 1919 ?

J.R. : Avec l’entrée en guerre des États-Unis en 1917, est créée la conscription militaire. Goldman et Berkman se retrouvent au cœur d’un vaste mouvement contre la guerre en fondant la No-Conscription League. Ils sont rapidement traînés en justice pour propagande antimilitariste et dans leur condamnation est stipulé qu’à l’issue de leurs deux années d’emprisonnement, ils seront expulsés du pays. En 1919, ils sont donc embarqués pour la Russie sur un vieux rafiot avec 247 autres expulsés d’origine russe. Une sorte de « retour à l’envoyeur » aux yeux des autorités états-uniennes et ce, dans un moment de répression ouvrière féroce : les IWW encouraient jusqu’à vingt ans de prison pour activité syndicale.

L.B. : Oui, car entre-temps, la révolution d’octobre 1917 a éclaté. Et les quelques mois que Goldman passe entre sa sortie de prison et son expulsion, elle les consacre avec Berkman à défendre les bolcheviques via une série de conférences. Ils sont d’ardents défenseurs des soviets, de Lénine et de Trotsky – ils rencontrent même ce dernier en 1917, à New York.

À son arrivée en Russie, Goldman déchante pourtant vite...

L.B. : Ce qui est fascinant dans son parcours, c’est que Goldman interroge toujours la réalité sociale, sans lunettes idéologiques. Quand elle arrive en Russie, elle voit la misère, les ouvriers qui mangent du pain noir, la répression militaire, les marchés vides, les paysans dépossédés de leurs productions. Elle découvre le fossé énorme entre la vie du peuple et celle des dirigeants bolcheviques. Goldman et Berkman parviennent à rencontrer Lénine et à le questionner sur la situation sociale du pays, sans se démonter. Ils essaient cependant de se rendre utile et contribuent à la création d’un Musée de la Révolution – un comble, alors que pour eux il n’y a rien de plus vivant qu’une révolution ! Cela leur permet de voyager à travers le pays, en Ukraine, au nord de la Russie, et de découvrir la répression que subissent les anarchistes...

J.R. : Elle accepte durant un temps l’argument que la Russie est menacée de l’extérieur, que l’on fomente des troubles à l’intérieur du pays. Mais le moment de rupture, c’est la révolte de Kronstadt en 1921 [4]. Ils assistent aux grèves des ouvriers, aux arrestations massives des marins révolutionnaires, ils essaient même d’intervenir, en vain. Dès la fin de l’année, ils décident de quitter le pays pour dénoncer les dérives de l’État bolchevique.

Comment est alors reçue sa critique du communisme d’État ?

J.R. : On l’oublie souvent, mais Emma Goldman est la première révolutionnaire étrangère critique du régime bolchevique. Elle l’a exprimé dans Ma désillusion en Russie (1925), puis dans de nombreux articles et longuement dans cette autobiographie. Ses positions sont très mal reçues : les communistes américains et la majorité de ses anciens compagnons de lutte l’accusent d’être, avec Berkman, les alliés objectifs de la droite.

En plus de cette mise au ban, débutent de longues années d’exil, entre l’Angleterre, l’Allemagne, la Suède, la France… À chaque fois, son visa n’est pas prolongé, du fait notamment des pressions exercées sur les pays européens par l’URSS et les États-Unis – qui lui retirent d’ailleurs la nationalité américaine. C’est une période sombre : précarité de logement, peu de moyens financiers, isolement moral et politique...

L.B. : Goldman continue toutefois d’intervenir, notamment sur la montée des fascismes en Europe. Puis Berkman décède en juin 1936 – un moment très dur pour elle. La même année, la Révolution espagnole éclate. Elle se rend à trois reprises en Espagne sur l’invitation de la CNT-FAI [5], voyage entre Valence et Barcelone, rencontre Durruti [6] sur le front d’Aragon et mène campagne en Angleterre pour soutenir la révolution espagnole.

Elle désavoue, mais jamais publiquement, l’entrée de la CNT dans le gouvernement de Caballero en 1936 et son attitude conciliante envers les communistes russes. En effet, elle ne veut pas nuire à la révolution espagnole et même dans les moments difficiles après la guerre, elle défendra les réfugiés républicains – tout comme les prisonniers anarchistes en Russie. Un combat qu’elle mènera jusqu’à la fin de sa vie, en mai 1940.

Quel a été son rapport à la violence ?

J.R. : À l’époque de l’attentat contre l’industriel Frick, elle est un peu ambivalente quant à cette action tout en soutenant à 100 % Berkman. Mais d’autres attentats vont avoir lieu, notamment l’assassinat en 1901 du président des États-Unis, William McKinley, par l’anarchiste Leon Czolgosz. Elle remet progressivement en question la pertinence politique de la propagande par le fait tout en étant une voix unique pour défendre la cause de Berkman ou de Czolgosz. Pour elle, le fautif demeure le système d’exploitation, l’injustice qui fait que pour des individus révoltés par ce qu’ils voient et ce qu’ils vivent, ces actes de violence deviennent une façon légitime de s’exprimer.

L.B. : Elle dit d’ailleurs très justement : « Le geste est noble, mais il est erroné. » Elle est quand même emprisonnée pendant un mois parce qu’accusée d’avoir influencé l’acte de Czolgosz.

Goldman revendique par contre sans ambages l’action directe et la violence de classe. Dans un de ses discours célèbres sur l’Union Square à New York – et suite auquel elle fera de la prison pour incitation à l’émeute – elle exhorte les chômeurs à prendre en main leur propre lutte, à aller chercher le pain là où il est.

Elle a toujours également été très ferme sur ses positions antimilitaristes...

L.B. : Que ce soit le conflit entre les Anglais et les Boers à la fin du XIXe siècle, la guerre hispano-américaine de 1898 ou la Première Guerre mondiale, elle martèle : ce sont des guerres du Capital et des marchands de canon, pas celles des exploités. Et malgré toute l’affection et l’admiration qu’elle porte à Kropotkine [7], elle s’oppose farouchement à lui quant il se déclare partisan de l’union sacrée face à l’Allemagne.

J.R. : Durant la Première Guerre mondiale, le conflit se traduit concrètement aux États-Unis par des jeunes qui ne savent pas comment éviter que l’État les intègre de force dans l’armée. Dans tous les meetings qu’elle a organisés, elle appelait de façon implicite la jeunesse à refuser la conscription.

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Sur la question féministe, est-ce qu’on peut la considérer comme une pionnière ?

L.B. : Aujourd’hui cela peut paraître une banalité, mais à l’époque c’était une révolution d’affirmer qu’une femme avait le droit de choisir sa sexualité et sa maternité. Elle ne se reconnaissait pas dans le mouvement féministe d’alors, car il se limitait à revendiquer le droit de vote et l’égalité dans le salariat. En tant qu’anarchiste, contre l’État et l’exploitation par le travail, elle n’a pas rejoint ce combat. Pour elle, primait la liberté individuelle de toute femme de pouvoir faire ses choix. Goldman disait aussi que la question de la liberté rejoint celle de l’éducation : savoir s’émanciper des valeurs conservatrices et patriarcales, cela s’apprend.

J.R. : Elle est un temps infirmière et sage-femme dans les quartiers d’immigrés les plus pauvres de New York. Elle raconte comment des femmes vivant dans des taudis accouchaient, puis la suppliaient de tuer leur énième nouveau-né tellement elles n’en pouvaient plus... Face à cette insoutenable condition féminine, Goldman décide de distribuer durant ses meetings des brochures sur les méthodes contraceptives – ce qui était complètement illégal. Enfin Goldman a aussi ardemment défendu les droits homosexuels, ce qui est pour moi lié à sa revendication de l’amour libre.

L.B. : Il est important de rappeler que même dans son milieu radical et anarchiste, son discours sur l’homosexualité était très mal perçu à l’époque. Encore aujourd’hui, sa critique du conformisme social et sa revendication de la liberté sexuelle sont détonantes. Elle est d’une clarté politique sur ces questions qui est assez exceptionnelle.

Comment sa liberté sexuelle s’articule-t-elle avec sa vie politique ?

L.B. : Pour elle, le militantisme faisait partie de la vie, ce n’était en aucun cas le sacrifice et l’austérité, mais au contraire, vivre des moments intenses, revendiquer la beauté et le plaisir. Et si elle était attirée par un homme, elle ne s’en cachait pas !

Ses rencontres amoureuses émaillent tout le livre. Tel amant est prétexte à approfondir ses connaissances littéraires, avec un autre elle découvre de nouveaux pans de sa sexualité. Pour elle, l’amour lui permet de s’ouvrir à l’infinité de possibilités que possède chaque humain. Au début de sa relation avec Berkman, ils vivent dans un appartement communautaire avec le cousin de ce dernier, Modest « Fedya » Stein. Elle aura une aventure avec Fedya, qui est un artiste, au contraire de Berkman, animé par le politique. À ce sujet, elle dira simplement que chacun la nourrissait différemment. Ils tentent même de vivre une relation à trois, ce qui est alors totalement subversif... Goldman s’affirme avant tout comme une femme libre dans sa pensée comme dans son corps.

Nous le savons peu, mais Emma Goldman est aussi une grande passionnée de théâtre…

L.B. : En lien avec sa vision de l’anarchisme, elle se penche sur des dramaturges tels que le Norvégien Henrik Ibsen, avec ses pièces à dimension sociale comme Une Maison de poupée, ou encore le Russe Constantin Stanislavski, qui bouleverse la façon de jouer en mettant en avant l’émotion des comédiens.

J.R. : Aux États-Unis elle sera un temps « manager » d’une troupe de théâtre russe sans le sou. Elle écrit par ailleurs The Social Significance of Modern Drama, en 1914, qui n’a jamais été traduit en français.

En quoi la vie d’Emma Goldman peut-elle nous éclairer aujourd’hui politiquement ?

J.R. : Je dirais tout d’abord que son féminisme radical et son rapport à la sexualité sont plus que salutaires, et ce encore plus à l’heure où l’avortement et le remboursement de la contraception sont régulièrement remis en cause.

L.B. : Son attaque permanente contre toute forme de patriotisme, le fait d’affirmer que c’est aux salariés et aux chômeurs de prendre en main leur propre lutte et de ne rien attendre des syndicats ou des bureaucraties, c’est aussi éminemment d’actualité. Et enfin, le fait que le monde que l’on défend doit aussi se vivre autant que l’on peut dans son quotidien. Tenter de vivre sa vie selon ses idéaux et ne jamais y renoncer. Je trouve qu’aujourd’hui cela reste vital.

J.R. : Et cela bien sûr, sans rester arc-boutée sur ses principes idéologiques, car chez elle, ils sont constamment soumis à la confrontation avec le réel. C’est pour moi une vision assez moderne de la critique sociale en somme.

Propos recueillis par Mickaël Correia

Laure Batier et Jacqueline Reuss présenteront Vivre ma vie le 21 novembre à la librairie Quilombo (à 19 h au 23 rue Voltaire, Paris), le 28 novembre à la librairie Terra Nova (à 19 h au 18 rue Léon Gambetta, Toulouse), le 29 novembre à l’Hydre-aux-mille-têtes (à 19 h au 96 rue Saint-Savournin, Marseille), le 30 novembre à l’Athénée Libertaire (à 19 h au 7 rue du Muguet, Bordeaux). D’autres dates de présentation sur www.lechappee.org.


Notes


[1C’est en mémoire de ce massacre que la Fête internationale des travailleurs est célébrée chaque 1er Mai.

[2Organisation syndicaliste-révolutionnaire fondée à Chicago en 1905.

[3À ce sujet, lire ses Mémoires de prison d’un anarchiste, Presses de la Renaissance, 1977.

[4En mars 1921 débute une insurrection des marins de Kronstadt et des ouvriers de Petrograd contre l’autoritarisme du Parti communiste, réclamant plus de démocratie directe. La révolte sera écrasée dans le sang par l’Armée rouge.

[5Confédération nationale du travail – Fédération anarchiste ibérique.

[6Buenaventura Durruti (1896-1936), figure anarchiste de la Révolution espagnole et leader militaire pendant la guerre civile.

[7Pierre Kropotkine (1842-1921), géographe russe anarchiste et théoricien du communisme libertaire.



1 commentaire(s)
  • Le 26 novembre 2018 à 16h41, par Jean-Louis Panné -

    Bonjour,

    Je me permets de vous signaler une inexactitude. Il est dit qu’Emma Goldman est la « première révolutionnaire étrangère » à avoir critiqué le communisme d’État. En réalité, la première révolutionnaire à l’avoir fait dès 1921 est Angelica Balabanova qui quitte la Russie soviétique la même année ou en 1922. Cela n’a pas beaucoup d’importance en soi, mais Balabanova a joué un rôle important dans la création du Komintern.

    Ceci écrit de mémoire sans vérification dans ses ouvrages…

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Par Mickael Correia


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