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Brèves du 98


paru dans CQFD n°98 (mars 2012), rubrique , par l’équipe de CQFD
mis en ligne le 15/03/2012 - commentaires

Double détente > Le 27 novembre 2007, des lycéens occupant le rectorat de Nantes étaient atteints par des tirs de Flash-Ball, et l’un d’entre eux perdait un œil. « Il n’y avait peut-être pas de légitime défense… », suggère le président du tribunal de grande instance lors de l’audience du 6 février dernier. Le rapport de l’IGPN, la police des polices, identifie catégoriquement le flic qui a tiré à travers les grilles. Quant au substitut du procureur, il admet qu’il y a « un lien de causalité certaine et directe entre le tir du prévenu [le flic] et les blessures causées au jeune ». Et ce Flash-Ball, c’est vrai, « est conçu pour riposter à des tirs d’armes réelles », rappelle le président. Basta ! Toutes les conditions sont rassemblées pour demander la relaxe du tireur. C’est ce qu’a fait le ministère public. Normal, non ? Délibéré le 3 avril…

J’aime pas > Les employés de Facebook devenus millionnaires suite à l’introduction en Bourse de leur boîte sont des « amis » un peu particuliers. Depuis que la fraîche tombe dru dans leurs poches, ils se bastonnent à coup de millions de dollars pour acheter des maisons dans leur ville, Palo Alto (Californie). En quelques mois, le prix de l’immobilier a connu une hausse de 60 %. Voilà qui doit réjouir East Palo Alto, premier quartier des États-Unis dont l’administration a été déclarée en faillite. Ses habitants, principalement des Noirs sans le sou, vont devoir dégager vite fait. Heureusement que Facebook « crée du lien » !

Contestation à grande vitesse > Barricades, affrontements, cortèges massifs, discussions intensives, réflexions stratégiques, passages à l’offensive, auto-organisation des opposants : la lutte contre la ligne à grande vitesse (Tav) qui doit traverser le Val de Suze (Italie) ne faiblit pas. Depuis fin février, les actions se multiplient, et le mouvement s’étend à toute la péninsule : à Milan, Paola, Bologne, Turin, Crémone, Pérouse et Rome, les gares ont été bloquées à plusieurs reprises par des manifestants No-Tav. Dans la capitale, un cortège a immobilisé la rocade pendant plusieurs heures, des opposants ont occupé des sièges de journaux et de partis politiques, et nombre d’entre eux ont rejoint la manifestation des métallos du 9 mars… Encore un effort ! Devant tant de détermination, flics et autorités finiront bien par décamper. Ad alta velocità !

L’Élysée ou Épinay > Une flic en faction devant le palais de l’élysée a reçu dans la joue une bille tirée par une arme en plastique. L’auteur du tir ? Louis, le fils du Nain himself. Pleine d’empathie à l’égard du gamin – sans doute désespéré à l’idée de quitter bientôt le luxueux édifice –, elle n’a pas porté plainte, et Son Excellence lui a présenté ses excuses. Heureusement que junior ne s’est pas livré à ce petit jeu à Épinay-sur-Seine. Le 9 novembre 2005, Éric Blaise s’amusait à tirer sur des canettes avec un jouet similaire à celui du petit Mesrine Sarkozy. Puis est passée une patrouille de condés, et s’en sont suivis arrestation, comparution immédiate, condamnation à quatre mois de prison et transfert à Fleury-Mérogis. Le 13 novembre, il est retrouvé mort dans une cellule du mitard, le visage tuméfié… Reste une question : pourquoi habiter Épinay-sur-Seine ?

La journée de la conne > Le 8 mars, journée de la femme, le quotidien L’Équipe rendait hommage à son personnel féminin : « le temps d’une journée », les dames de la rédaction ont pu choisir le plus beau des étalons sportifs, et mettre sa photo en pleine page dans le journal. Contactée par CQFD, une assistante de direction répond qu’elle a trouvé l’idée « marrante et ludique ». Vous serez ravis d’apprendre que Thierry Dussautoir l’a emporté pour son allure virile mais correcte et que Bertrand Gille a une présence très mâle. Mark Weber n’est que septième mais « c’est un bien beau garçon avec une belle voiture, c’est tout ce que demandent les filles, non ? » Marrant et ludique, en somme.

La CGT 100 % festive > Les résultats des élections professionnelles au collège des ouvriers et employés du Grand Port maritime de Marseille ont été rendus le 22 février : cent pour cent des voix sont allées à la CGT. Pour fêter dignement et collectivement cette remarquable victoire, le syndicat a appelé à la grève dès le lendemain, et les dockers ont cessé le travail pendant deux heures. Revendication ? Rien de plus que d’ordinaire ! Juste une belle fête syndicale…

Violences pataphysiques > Dimanche 26 février. Une bonne dizaine d’hommes vêtus de noir, portant des gilets pare-balles et armés de matraques et de bombes lacrymogènes se ruent à l’intérieur de l’usine Meister Benelux de Sprimont, dans le sud-est de la Belgique. But de l’opération : s’emparer des machines et des pièces de haute précision produites dans cette entreprise occupée par les ouvriers en grève contre la délocalisation. Ces derniers ont riposté fissa en bloquant les « miliciens » dans les bâtiments, qui ont dû attendre l’arrivée de la police pour être libérés. Sans même relever leurs identités, les flics les ont raccompagnés illico jusqu’à la frontière allemande toute proche. Depuis, les protestations se multiplient… contre les ouvriers ! Le patronat wallon dénonce ces « actes de violence et parfois de véritable terrorisme perpétrés au cours de conflits sociaux » par les salariés. Passées les bornes, il n’y a plus de limites, comme disait le bon Alfred Jarry !



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