CQFD

En couverture : « Ouvrez, ouvrez la cage aux minots » (illustration : Cécile K.)

Quelques articles seront mis en ligne au cours du mois. Les autres seront archivés sur notre site progressivement, après la parution du prochain numéro. Ce qui vous laisse tout le temps d’aller saluer votre kiosquier ou de vous abonner...

Actualités d’ici et d’ailleurs

- Un incendie, ce n’est pas que les flammes – Depuis mi-août, de gigantesques incendies ravagent la côte Ouest des États-Unis. Au-delà des images spectaculaires, cette catastrophe a de sévères conséquences sociales. Récit intime et politique.

- Exilé·es en Méditerranée : le naufrage moral de l’Europe – La Méditerranée centrale vient de connaître un nouvel été de cauchemar, rythmé par d’incessants naufrages de bateaux d’exilé·es en route (...)



Par Tommy {JPEG}



C’est étrange, quand même, presque absurde. À l’heure où ces lignes sont martelées bruyamment sur un clavier hors d’âge, alors que le local du Chien Rouge aborde la dernière ligne droite d’un bouclage frénétique, on vient juste de se rendre compte que ce numéro n’aborde quasiment pas la brûlante question du Covid. Oh, il y a bien quelques mentions du virus de-ci de-là, au détour d’un papier ou d’une chronique, mais aucune tentative de prendre à bras- le- corps la désastreuse situation sanitaire et politique actuelle. Comme si, après lui avoir consacré deux dossiers lors du confinement, on ne savait plus quoi en dire. Pourtant, le constat n’a pas changé, bien au contraire : ce foutu virus reste plus que jamais une épée de Damoclès planant au-dessus de nos têtes. Il a colonisé tous nos espaces de vie (et de pensée) : des rues masquées aux bars fermés, de nos potes infirmières lessivées au blabla des politicard(e)s sur France Info, de nos discussions éthyliques à nos projections d’avenir, Mister Corona étend mollement son empire, jour après jour. Et nous, on n’arrive pas à avoir prise sur lui.

CQFD n’a jamais eu pour ambition d’être un journal d’actualité. Traiter les sujets à chaud n’est pas notre came, tant on préfère prendre du recul, aborder les thèmes qui nous tiennent à cœur – et notamment les luttes sociales – sur le temps long. Ceci dit, on tient également à avoir les pieds dans le présent, à batailler sur le front contemporain. Sinon, à quoi bon se démener pour sortir un canard de combat ?

Mais là, que dire, que faire, dans quelle étagère ? Les idées se succèdent, toutes plus embrouillées et contradictoires. Il y a, d’un côté, l’envie d’ôter le masque, de crier au monde qu’on a besoin de respirer, de se toucher, de faire la fête – l’être humain est (...)




Rarement remise en cause, la domination exercée par les adultes sur les enfants apparaît souvent comme « allant de soi », voire comme une condition sine qua non pour assurer la protection et le « bon développement » des plus jeunes. Autant de justifications qu’Yves Bonnardel, auteur du livre La Domination adulte : l’oppression des mineurs, refuse en bloc. Pour lui, cette domination est à envisager au même titre que les autres : systémique et politique, elle profiterait aux premiers sans manquer de nuire aux seconds. En compagnie de l’essayiste, tour d’horizon d’une pensée déroutante.

Par Liza Kaka {JPEG}

« Quel type de régime se caractériserait par l’imposition d’horaires pour manger, dormir et travailler, par le contrôle de ses fréquentations et de son emploi du temps, par l’impossibilité de saisir la justice, [...] par l’obligation de demander la permission pour tout et n’importe quoi ? Un régime dictatorial  ? un régime (...)


Comment continuer à désirer, aimer, s’extasier après avoir été agressée ? Si la trace des violences ne s’efface jamais, certaines femmes parviennent à tisser, autour du traumatisme, un nouveau lien avec leur sexualité. Parmi des milliers d’histoires, toutes différentes, celle de Fanny et celle d’Emma.

Par LMG {JPEG}

On ne se remet pas d’un viol [1]. C’est en substance ce que drainent beaucoup de discours sur les violences sexuelles. Meurtries dans leur chair, les femmes victimes n’auraient plus qu’à renoncer à leur désir, à faire une croix sur leur plaisir. Si pour certaines, déserter ces terrains est vécu comme une nécessité, d’autres (...)


Trois ou quatre agrès posés là, des sols qui amortissent les chutes, un peu de couleur pour égayer l’ensemble et des barrières pour contenir le tout. En ville, les aires de jeux n’envoient pas franchement du rêve. Ces rares espaces bien délimités sont davantage construits pour rassurer les parents qu’amuser les enfants. Thierry Paquot, philosophe, a entre autres, coordonné La Ville récréative – Enfants joueurs et écoles buissonnières [3]. En mobilisant l’histoire, il réfléchit à une ville faite pour et avec eux. Entretien.

Par Jérémy Boulard Le Fur {JPEG}

Quel rapport les enfants entretiennent-ils avec l’espace public ?

« La rue a toujours été le lieu privilégié des enfants. Dans les cités grecques comme dans les villes chinoises d’avant notre ère, les enfants jouaient dans les rues. C’est d’ailleurs toujours le cas dans les villes africaines et sud-américaines du XXIe siècle. (...)


Un processus historique non achevé
L’autre révo. cul

paru dans CQFD n°189 (juillet-août 2020), par Iffik Le Guen

Rien à voir avec la purge orchestrée par le Grand Timonier chinois au tournant des années 1960 et 1970 ! La révolution sexuelle qui a marqué les pays occidentaux sur deux décennies jusqu’au début des années 1980 avait pour moteur et pour finalité l’émancipation individuelle via la promotion du corps et des plaisirs charnels.

Comme tout processus historique de grande ampleur, la révolution sexuelle s’est déployée sur une longue durée avec ses précurseurs, sa phase de radicalisation mais aussi ses contestations qui repoussent son illusoire achèvement aux calendes grecques.

Dans un ouvrage [1] consacré au sujet, le psychosociologue Alain Giami identifie (...)


Plus de 13 000 km2 ravagés par les flammes, des dizaines de milliers d’habitants évacués, des cieux apocalyptiques et au moins 26 morts. Depuis mi-août, de gigantesques incendies ravagent la côte Ouest des États-Unis. Au-delà des images spectaculaires, cette catastrophe a de sévères conséquences sociales. Gwenola Ricordeau, enseignante [2] qui vit en Californie du Nord depuis trois ans, en fait ici un récit personnel et politique.

Par Mc McGill {JPEG}

Les incendies, c’est comme toutes les catastrophes. Il y a ceux qui en ont vécu un, et puis il y a les autres. Moi, mon premier incendie, c’était il y a presque deux ans, en novembre 2018. Avant cela, j’avais vu des images à la télévision et de la fumée dans mon bout de ciel de Californie. Mais ce n’était rien du tout – pas (...)


La clique de la place Beauvau vient de sortir son dernier tube, intitulé « Schéma national du maintien de l’ordre », version 2020. Une production qui fera date, tant elle grave dans le marbre les récents errements en la matière.

Il affiche un drôle de petit sourire vicelard, Gérald Darmanin, sur la photo en médaillon qui surplombe l’édito du nouveau « Schéma national du maintien de l’ordre » (SNMO) rendu public le 17 septembre dernier. Comme s’il savait déjà que le contenu de cette publication du ministère de l’Intérieur allait scandaliser et qu’il (...)


Une mémoire à travailler
Le Portugal face à son passé colonial

paru dans CQFD n°191 (octobre 2020), par Mickael Correia, illustré par

Pendant des siècles, le Portugal s’est rêvé comme plus humain et moins raciste que les autres puissances coloniales. À l’heure où l’extrême droite s’y réveille, le mythe vole en éclats.

Par 6col {JPEG}

« En Angola, j’en ai tué plusieurs des comme lui. » Ces mots glaçants ont été proférés par Evaristo Marinho, un retraité de 76 ans, avant d’entrer en prison. L’après-midi du 25 juillet dernier, en pleine rue à Lisbonne, il abat tait de quatre balles Bruno Candé, un acteur noir de 39 ans originaire de Guinée-Bissau – (...)


De toutes les formes de domination, celle que les adultes exercent sur les minots est sans doute la plus répandue, la plus visible et, paradoxalement, la moins questionnée...

Par L. L. de Mars {JPEG}

La supériorité de l’adulte sur l’enfant est rarement remise en cause. De l’avis général, les mômes seraient naturellement inférieurs, êtres en devenir plutôt qu’entités concrètes. Interviewée en 2005 par la revue Offensive, l’autrice libertaire Catherine Baker ne disait pas autre chose : « Un enfant, c’est toujours (...)


Darmanin qui interdit aux associations humanitaires de distribuer de la nourriture aux migrants dans le centre de Calais. Pompili qui réautorise les néonicotinoïdes tueurs d’abeille dans les champs de betteraves. Zemmour qui continue de cracher sa bile sur tous les écrans. Cette journaliste du Figaro qui assimile aux terroristes du (...)



Spip ø Squelette ø Ce site ø Suivre la vie du site RSS 2.0 ø Naviguer en https ø Soutenir CQFD ø Contacts ø Affichage pour mobiles